deux établissements créent la polémique à Paris

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Depuis leurs ouvertures en novembre dernier, la boîte de nuit Medellin (VIIIe), à la gloire du baron de la drogue Pablo Escobar, et le restaurant Corleone by Lucia Riina (VIIIe), fille du boss de Cosa Nostra Totò Rina, suscitent l’indignation. Explications.

Au cœur de l’avenue Marceau trônait fièrement le mythique club Le Baron, où se précipitait une clientèle huppée et férue de nuits mondaines. Après avoir mis la clé sous la porte, un baron d’un autre genre, celui de la drogue, s’est emparé du lieu. Le Medellin est accusé de faire l’apologie du plus célèbre narcotrafiquant au monde: Pablo Escobar. Le bar à cocktails et club privé tire son nom de la ville colombienne, gangrenée par la violence à cause du cartel qui y sévissait. Un néon rouge «Chez Pablo» et un faux stand de tacos camouflent l’entrée secrète de l’antre sud-américain. Un frigidaire factice fait office de porte principale. Recouvert de miroirs du sol au plafond, le couloir vers la piste de danse est animé par une musique bien connue des adeptes de Netflix: Tuyo de Rodrigo Amarante, le générique de Narcos. La série à l’effigie d’Escobar est diffusée en boucle derrière le comptoir. Ambiance speakeasy: lumière tamisée et néons rouge électrique, serveurs en gilets par balle et stocks de shots dans leur ceinture à munitions, décoration style carnaval de Barranquilla et musique latino électro. À côté des toilettes, un mur expose l’organigramme du sanguinaire cartel de Medellin. Sur une poutre, on lit: «Tout ce qui est dangereux se transforme en argent», une des devises du «roi de la cocaïne». Happé par la folle ambiance, Frédéric Beigbeder en avait perdu sa chronique puis sa place à la radio. L’établissement scandalise.

Indignée, la population colombienne met en place le collectif Stop Medellin et les expatriés à Paris n’hésitent pas à manifester. La pétition en ligne recueille déjà plus de 5000 signatures. Andren Dimitris, propriétaire du bar, nie le culte à Escobar et plaide «un simple clin d’œil». D’ores et déjà, des modifications ont été effectuées pour apaiser les tensions. Les fêtards avaient pris l’habitude de se photographier sur une tombe reconstituée en «hommage» à Pablo Escobar. Dorénavant la pierre tombale est supprimée, même si la grande croix et les cierges allumés demeurent à l’emplacement. À la place d’un dessin du dealer brandissant une arme, les gérants ont voulu jouer la carte de l’humour: «No à Pablo, si à Shakira». À côté d’une carte du pays, une seconde représentation a été barrée, mais pas enlevée, et l’inscription «Pablo n’est pas la Colombie» est apparue. De même, les paquets factices de marchandise douteuse ne font plus partie de la décoration. À la carte, pas de changement. Les cocktails reprennent des noms de sicarios tristement célèbres ou celui de la veuve Escobar. On peut goûter «le mojito le plus cher au monde, à la poudre magique» ou le taco au caviar au nom fleuri de «Hijo de puta» pour la somme de 90€. Heurtés, les Colombiens poursuivent leurs actions: «Ce n’est pas un mec cool, c’est un assassin. Il faut le rappeler. La guerre en Colombie est arrivée à cause des trafics» remémore le collectif Stop Medellin.

Medellin. 6, avenue Marceau (VIIIe).

Une fille d’hors-la-loi dans les rangs?

Sous la pression, le nom de Lucia Riina sera bientôt enlevé de l'enseigne.
Sous la pression, le nom de Lucia Riina sera bientôt enlevé de l’enseigne. Corleone by Lucia Riina

Dans le même arrondissement, le fantôme d’un autre représentant du crime organisé international sème le trouble. Lorsque Lucia Riina quitte sa Sicile natale pour Paris à l’automne dernier, elle annonce avec enthousiasme sur son compte Facebook «un départ pour une nouvelle vie». Avec son mari, l’artiste-peintre de 38 ans se lance dans la restauration. Le dernier venu de la rue Daru n’est pas passé inaperçu. Corleone by Lucia Riina: l’enseigne a d’abord déchaîné la presse italienne, avant de faire enfler la polémique dans notre capitale. Il faut dire que la patronne n’est pas une inconnue. C’est la fille cadette de Salvatore Riina, surnommé Totò, le terrible parrain sicilien, décédé en 2017. Ce membre éminent de la mafia Cosa Nostra a insufflé la terreur à travers toute la Botte. En 1969, Mario Puzo publie le futur best-seller Le Parrain, basé en partie sur sa vie. Francis Ford Coppola s’en empare et sa trilogie devient un culte cinématographique. Le patriarche, incarné par Marlon Brando à l’écran, est nommé Vito Corleone. Corleone, en référence au village provincial où est implantée la famille Riina.

Victime d’insultes depuis l’ouverture de son établissement, la benjamine de «la Bête» voit à nouveau son existence tachée par l’encre de la Pieuvre. Son soutien financier Pascal Fratellini, à la tête de plusieurs boîtes parisiennes, dément faire du profit sur un nom. Pour le moment, Lucia Riina continue de cuisiner quotidiennement des recettes familiales siciliennes, au rythme de la variété italienne diffusée. La sobre décoration alterne entre ses propres toiles peintes et des clichés photographiques en noir et blanc de Corleone. Nicolò Nicolosi, maire de la ville, a déclaré au quotidien Corriere della Sera: «Rapprocher le nom de notre ville de celui d’un mafieux est dévastateur. Nous devons faire parler à nouveau de Corleone comme d’une ville de paix et de traditions culturelles. Je vais essayer de contacter le ministère des Affaires étrangères et faire tout ce que la loi me permet: le nom de Riina ne doit pas se trouver à côté de l’emblème de Corleone». La gérante a décidé d’enlever son nom de la devanture, mais pas celui du bourg.

Corleone by Lucia Riina. 19, rue Daru (VIIIe).

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Les accidents toujours aussi nombreux dans les établissements de santé

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Le nombre d’incidents et d’accidents, majoritairement des chutes, ne cesse d’augmenter dans les établissements de santé du Québec. Un plan d’action pour réduire la récurrence et la gravité de ces chutes devait être présenté cet automne, mais son dévoilement a été reporté à l’an prochain.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a publié mardi son rapport annuel sur les incidents (usager non touché) et accidents (usager touché) survenus lors de prestations de soins de santé. Résultat : 513 357 « événements indésirables » ont été déclarés entre avril 2017 et mars 2018. Si l’augmentation n’est que de 2 % comparativement à l’année précédente, le nombre croissant de chutes — parfois mortelles — inquiète sérieusement des experts et organismes de défense des patients.

« C’est très préoccupant comme situation, d’autant plus que ça concerne majoritairement les personnes âgées de plus de 65 ans. Sachant que le vieillissement de la population va s’accentuer dans les quinze prochaines années, il y a peu de chances que ces chiffres diminuent », craint Régis Blais, vice-doyen aux études à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

À ses yeux, le Québec a besoin d’un plan d’action concret pour diminuer le risque que des personnes âgées perdent la vie en tombant simplement dans un établissement de santé. « Si on n’analyse pas les raisons et les circonstances de ces chutes, ces chiffres ne disent pas grand-chose. Ils n’indiquent pas la façon d’éviter que ça se reproduise et d’améliorer nos soins de santé », explique-t-il.

Avec davantage de personnel, on aurait une meilleure surveillance, un meilleur accompagnement des patients. Quand on manque de monde, on fait des raccourcis et c’est ça que ça donne, un triste portrait de la situation.

Il y a deux ans, l’ancien gouvernement libéral avait pourtant mis sur un pied un Groupe de travail sur la sécurité des soins et des services (GTSSS), dont la mission principale était de « proposer des mesures concrètes visant à réduire la survenue, la récurrence et la gravité des chutes à conséquences graves ». Un plan d’action était prévu pour l’automne 2018, mais il a été reporté.

« Le GTSSS a fait des recommandations qui font actuellement l’objet d’une consultation auprès des différentes tables ministérielles concernées par la question des chutes. Une fois cette étape franchie, le suivi de ces recommandations sera effectué par l’entremise du plan de travail de la Table ministérielle sur la qualité et la sécurité des soins et des services en 2018-2019 », a indiqué au Devoir le ministère de la Santé et de Services sociaux, sans donner de date précise.

Surveillance

Dans son rapport, le ministère rappelle que « la surveillance des incidents et des accidents est d’abord une responsabilité locale ». Les gestionnaires de risques et les instances des établissements de santé sont déjà au travail pour analyser les données et prendre des mesures localement pour éviter que ces événements indésirables se reproduisent.

Les données du rapport annuel peinent toutefois à témoigner de leurs efforts, considère pour sa part le président du Conseil pour la protection des malades, Paul G. Brunet. « Que font les comités de vigilance des établissements ? Comprennent-ils la problématique ? Moi, je vois des chutes de plus en plus fréquentes, des morts plus nombreux, je ne trouve pas que leurs actions apportent des résultats », s’offusque-t-il.

À ses yeux, une part du problème repose sur les compressions effectuées par l’ancien ministre de la Santé Gaétan Barrette. « Avec davantage de personnel, on aurait une meilleure surveillance, un meilleur accompagnement des patients, dit-il. Quand on manque de monde, on fait des raccourcis et c’est ça que ça donne, un triste portrait de la situation. »

Régis Blais abonde dans le même sens. « Dans les coupes, on a sabré le personnel qui faisait de l’analyse et du soutien à la qualité des soins. C’est ce type de ressource qui pourrait interpréter les chiffres et en faire des suivis pour arriver avec des mesures concrètes sous les directives du ministère », fait-il remarquer.

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