Seuils d’immigration: Ottawa veut éviter une confrontation avec Québec

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Ottawa semble vouloir éviter à tout prix une confrontation avec Québec sur les seuils d’immigration même si le gouvernement caquiste prévoit une diminution en 2019 dans deux catégories d’immigrants qui relèvent du fédéral.

Le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc, a réagi mardi aux nouvelles cibles en immigration de Québec en pesant ses mots et en insistant sur la collaboration entre les deux gouvernements.

« Nous ne sommes pas surpris […], a-t-il dit. Nous sommes déçus cependant que le gouvernement, face à la pénurie de main-d’œuvre, ait décidé de réduire le nombre d’immigrants.

« Nous croyons qu’un système d’immigration qui fonctionne bien fait partie de cette solution-là, cependant la collaboration sur les questions d’immigration avec le Québec est très importante pour nous », a-t-il ajouté.

Le ministre québécois de l’Immigration, Simon Jolin-Barrette, a déposé mardi après-midi son plan pour l’année 2019. Le gouvernement caquiste prévoit recevoir environ 10 000 nouveaux arrivants de moins en 2019, dans les trois catégories, soit les immigrants économiques, les réfugiés et ceux issus du programme de réunification familiale.

Or, Québec n’a pas le pouvoir de limiter le nombre de réfugiés ni les immigrants acceptés par Ottawa pour rejoindre leur famille. Il peut seulement réduire le nombre d’immigrants économiques qui pourraient pourtant aider à atténuer la pénurie de main-d’œuvre.

Le ministre LeBlanc n’a pas voulu préciser si le geste de Québec provoquerait la réouverture de l’entente. Il a plutôt insisté sur la « relation constructive » qui existe entre les deux gouvernements depuis la signature en 1991 de l’Accord Canada-Québec. Cette entente permet au gouvernement québécois de sélectionner les nouveaux arrivants qui s’installent sur son territoire.

« Vous me connaissez assez bien, moi je ne suis pas quelqu’un qui veut me chicaner, moi je suis toujours de bonne humeur », a-t-il affirmé.

Il craint toutefois l’impact de la diminution de 2300 immigrants prévue par Québec dans la catégorie de la réunification familiale.

« On ne voudrait pas avoir un système à deux vitesses où les familles québécoises sont réunies moins vite qu’au Nouveau-Brunswick ou en Ontario, a-t-il fait valoir. Ça, ce n’est sûrement pas l’idéal. »

Il a également rappelé que le Canada a « un devoir face à la communauté internationale » pour l’accueil des réfugiés et que le gouvernement québécois avait « toujours accepté des responsabilités internationales ».

Le plan québécois contraste avec la hausse des seuils d’immigration du gouvernement Trudeau dévoilée à la fin du mois d’octobre. Le plan fédéral prévoit une augmentation graduelle du nombre d’immigrants chaque année pour atteindre 350 000 en 2021 pour l’ensemble du pays. Cela correspond à près de 1 % de la population canadienne.

Les ministres LeBlanc et Jolin-Barrette ont tous deux indiqué vouloir poursuivre les discussions déjà entamées sur cette question.

Les propos de Dominic LeBlanc font écho à ceux prononcés plus tôt dans la journée par le premier ministre Justin Trudeau, selon qui le moment est mal choisi pour réduire les seuils d’immigration en raison de la pénurie de main-d’œuvre qui sévit dans la province.

« On continue à être en discussion avec eux, mais moi ce que j’entends à travers le Québec, c’est les entrepreneurs, les entreprises préoccupées par la pénurie de main-d’œuvre, a affirmé M. Trudeau avant la réunion de son conseil des ministres, mardi matin. Je ne suis pas sûr que c’est (sic) le meilleur moment pour réduire le nombre de gens qui viennent. »

Ses paroles ont fait bondir le chef intérimaire du Bloc québécois, Mario Beaulieu.

« Ce n’est pas de ses affaires à M. Trudeau, c’est au Québec de décider de sa politique d’intégration, a-t-il tranché. Puis, la pénurie de main-d’œuvre, si on veut la régler, on serait mieux d’aller vers une régionalisation de l’immigration, une meilleure intégration de l’immigration que d’augmenter les seuils sans arrêt, sans être capables d’intégrer les nouveaux arrivants. »

Le chef conservateur Andrew Scheer s’est encore engagé à rehausser les compétences du Québec en immigration.

« Nous allons prendre le temps d’étudier le plan, mais chose certaine notre parti est ouvert à donner plus de pouvoirs aux provinces, dont le Québec, […] pour la gestion du système d’immigration », a-t-il répété.

Il n’a toutefois pas précisé s’il accepterait de lui céder le pouvoir de superviser la catégorie des réfugiés et des nouveaux arrivants issus du programme de réunification familiale.

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La MRC de Mékinac aurait pu éviter de payer les pirates informatiques

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Un texte de Marie-Pier Bouchard

Depuis 2016, une assurance en cas de cyberattaque est offerte par la Mutuelle des municipalités du Québec (MMQ), une compagnie spécialisée exclusivement dans l’assurance de dommages pour les municipalités et qui travaille étroitement avec la Fédération québécoise des municipalités (FQM).

Seulement 85 municipalités, sur un total de 1100 assurées avec la MMQ, se sont prévalues de cette assurance « cyberrisques ».

C’est quelque chose d’un peu ésotérique, un peu abstrait, jusqu’à ce que ça nous arrive et qu’on doive faire un chèque pour récupérer nos données.

Bernard Deschamps, président-directeur général de la Mutuelle des municipalités du Québec (MMQ)

Bernard Deschamps, président-directeur général de la Mutuelle des municipalités du Québec Photo : Radio-Canada

Dans le cas de la MRC de Mékinac, la MMQ affirme que l’assurance « cyberrisques » lui a été offerte, mais qu’elle l’aurait refusée. Si la MRC avait été assurée, tous les frais d’experts et la rançon lui auraient été remboursés.

Le travail d’éducation et de sensibilisation auprès des municipalités serait colossal, d’après Bernard Deschamps.

On va assurer son véhicule avec une franchise de 500 $, mais on ne paiera pas 500 $ pour une prime de « cyberrisques » parce qu’on ne comprend pas le risque, explique-t-il.

L’assurance, qui peut coûter de 750 $ à 1250 $ par année à une municipalité, ne permet pas d’être à l’abri d’une attaque informatique, mais elle assure une compensation pour les pertes engendrées dans le cas d’une cyberattaque et, surtout, le déploiement rapide d’une équipe d’experts.

D’autres cyberattaques

La Mutuelle des municipalités du Québec a répertorié neuf cas de cyberattaques chez ses membres, des municipalités ou des MRC, entre 2012 et 2018.

Fraude, virus, intrusion, menaces, rançon, vol de données : les types de cyberattaques ont été très variés, selon la MMQ.

Cependant, l’organisation précise qu’il ne s’agit là que des cas qui ont été portés à son attention, et que le nombre réel de municipalités touchées au cours des dernières années est probablement plus élevé.

Cyberattaques répertoriées chez les membres de la Mutuelle de municipalités du Québec. Photo : Radio-Canada

Le maire de Fossambault-sur-le-Lac, Jean Perron, n’a pas tardé à se prévaloir de l’assurance « cyberrisques » à la suite de l’attaque informatique dont a été victime sa municipalité en juin dernier.

M. Perron souligne qu’aucune rançon n’a été demandée, mais que cette cyberattaque a nécessité le remplacement de trois postes de travail, la modernisation du système de protection informatique et plusieurs heures de travail pour les experts, ce qui a coûté près de 30 000 $ à la Municipalité, sans compter le temps perdu par les employés.

On s’est rendu compte qu’on n’était pas assez protégé. On ne pensait pas qu’on avait besoin de s’assurer.

Jean Perron, maire de Fossambault-sur-le-Lac

Depuis, le système de protection est testé régulièrement, selon Jean Perron, et les employés de la Municipalité ont été sensibilisés.

Le gouvernement interpellé

Le président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ), Alexandre Cusson, se dit aussi inquiet d’assister à une hausse du nombre de cyberattaques.

M. Cusson estime que le Québec est en retard en matière de cybersécurité et il espère que le nouveau gouvernement en fera une priorité.

Je pense qu’il faut s’assurer que les lois sont très sévères, que les lois fassent en sorte qu’on puisse facilement intervenir.

Alexandre Cusson, maire de Drummondville et président de l’Union des municipalités du Québec (UMQ)

Alexandre Cusson, maire de Drummondville et président de l’Union des municipalités du Québec Photo : Radio-Canada

Payer une rançon ou pas?

Dans un mémo informatif qui a été envoyé à l’ensemble des municipalités de la province, la Sûreté du Québec (SQ) les met en garde contre les attaques informatiques et les invite à la plus grande prudence.

Par ailleurs, le corps policier déconseille fortement de payer une rançon à des pirates informatiques, contrairement à ce qu’a fait la MRC de Mékinac.

On ne recommande jamais de payer ça parce qu’on encourage les criminels à continuer dans ce domaine-là, à se perfectionner, explique la porte-parole de la SQ, Éloïse Cossette.

Il faut peut-être se ramener dans notre quotidien. Est-ce qu’on accepterait de donner 50 000 $, 100 000 $ à quelqu’un qu’on ne connaît pas et à lui transmettre par Internet?

Éloïse Cossette, porte-parole de la Sûreté du Québec

Éloïse Cossette, porte-parole de la Sûreté du Québec Photo : Radio-Canada

Ce phénomène est en hausse au niveau mondial depuis 2016 et la meilleure protection est d’avoir un système de sauvegarde performant, selon la SQ, qui rappelle l’importance de porter plainte en cas de cyberattaque.

En 2009, les pirates informatiques réclamaient en moyenne une rançon de 40 $. Une somme qui a grimpé à 1000 $ en 2016.

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Comment éviter l’exploitation des ressources arctiques

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On estime qu’un quart des réserves de pétrole et de gaz encore non découvertes se trouvent en Arctique. Il est donc crucial de les laisser intactes afin d’avoir un espoir de limiter le réchauffement climatique à 2 °C, dont l’importance a été rappelée récemment, notamment par le dernier rapport du GIEC. Les conditions difficiles rendent risquée l’exploitation des ressources arctiques : une marée noire pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les écosystèmes fragiles dans la région. Mais les conditions difficiles sont aussi synonymes de coûts élevés, estimés à plus de 100 $ (US) le baril dans certaines zones, ce qui n’est pas rentable au prix actuel.

Malgré tout, certains pays comptent sur les progrès technologiques et envisagent l’exploration future de l’Arctique. Et ce, même si le bien-être mondial en dépend. La question se pose : comment garder ces réserves intactes ?

Dans un récent article scientifique, nous détaillons une stratégie pour éviter l’extraction des ressources arctiques. La logique est la suivante : actuellement, il est intéressant d’exploiter l’Arctique uniquement si les innovations technologiques abaissent les coûts.

Mais les progrès technologiques n’arrivent pas d’eux-mêmes. Ils nécessitent des investissements, qui dépendent eux-mêmes de la taille du marché pour ces technologies. En effet, on sait que plus le marché pour une technologie (ici, plateformes pétrolières, navires pétroliers, etc.) est important, plus les investissements seront conséquents et, par suite, plus la technologie sera abordable pour tous les acteurs concernés.

On parle parfois de « ruée vers l’Arctique ». Notre analyse indique qu’il n’en est rien, puisque l’attente est une bonne stratégie.

 

Les porte-parole de l’industrie disent eux-mêmes que l’exploitation des ressources arctiques ne sera rentable que si le marché est suffisamment important. Cela veut dire que, si un pays comme le Canada décide de laisser ses ressources intactes, le marché pour les plateformes et les navires pétroliers adaptés aux conditions arctiques rétrécit. Cela a pour résultat de diminuer les investissements technologiques et, donc, de maintenir les coûts relativement élevés pour les pays qui choisiraient d’exploiter l’Arctique. Cela pourrait ainsi lancer une réaction en chaîne, où un autre pays déciderait que l’Arctique n’est désormais pas rentable, limitant ainsi davantage la taille du marché, et augmentant davantage les coûts pour les autres. Et ainsi de suite.

Difficile de chiffrer l’ampleur des retombées technologiques, mais des recherches ont montré qu’une réduction de la taille du marché pourrait considérablement faire augmenter les coûts d’exploitation : les coûts baissent généralement de 25 % lorsque la taille du marché double. Avec ce chiffre, et en considérant les réserves estimées en Arctique, on constate que l’absence du Canada équivaudrait à une augmentation des coûts pour les autres pays de 2 $ à 4 $ par baril (en dollars américains). Cela n’est qu’un ordre de grandeur, à cause de l’incertitude entourant l’ampleur des réserves, notamment. Toutefois, en combinant ces résultats avec l’aveu des porte-parole de l’industrie selon lequel la taille du marché importe pour leur rentabilité, cela indique clairement que le comportement du Canada pourrait être décisif quant à la rentabilité pour les autres pays.

Boule de neige

Dans la mesure où le Canada se préoccupe réellement des changements climatiques, il ne devrait évidemment pas être le premier à exploiter. Cela abaisserait les coûts pour les autres pays, les incitant à exploiter à leur tour et déclenchant ainsi un effet « boule de neige arctique ».

Il est possible que la tentation soit forte d’agir comme suiveur, une fois que plusieurs pays ont commencé à exploiter et que l’Arctique devient rentable. C’est précisément ce qu’espèrent les pays qui se soucient peu du climat. Nous proposons une stratégie pour que les pays qui se préoccupent réellement du climat puissent contrecarrer cette tactique : tenir un référendum sur l’exploitation de l’Arctique dans plusieurs années, disons dix ans. Cela maintiendra l’incertitude pendant dix ans de plus.

Les pays qui comptent sur la participation des suiveurs seront obligés d’y réfléchir à deux fois ou de courir le risque d’entrer seuls entre-temps, à des coûts plus élevés et avec des profits plus bas. Cela donnera aussi du temps à la société pour se sevrer des énergies fossiles. Avec un peu de chance, au moment du référendum, les ressources arctiques seront moins attrayantes dans dix ans qu’elles le sont aujourd’hui.

On parle parfois de « ruée vers l’Arctique ». Notre analyse indique qu’il n’en est rien, puisque l’attente est une bonne stratégie. C’est le moment pour les pays qui se disent réellement préoccupés par le climat de le prouver au monde entier en faisant acte de patience.

Rarement aura-t-il été aussi productif de ne rien faire.

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Royalmount: il faut éviter le pire

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À Montréal, comme un peu partout ailleurs, l’urbanisme a beaucoup évolué depuis les années 1960. À l’époque, un des objectifs principaux consistait à relier les banlieues à la ville. Comme l’utilisation de l’automobile était en essor, c’est l’autoroute qui s’est imposée : le tout-à-la voiture est devenu la solution. Or, aujourd’hui, on se trouve dans une tout autre situation : non seulement les autoroutes sont congestionnées, mais les véhicules à moteur thermique contribuent d’une façon alarmante aux changements climatiques. C’est désormais le transport collectif et actif qui doit prendre la relève, tout le monde ou presque en convient.

Les aménagements urbains qui favorisent le plus le transport collectif et actif sont les quartiers résidentiels de type TOD (transit-oriented development), à savoir des quartiers axés sur le transport en commun accessible à distance de marche. Le développement de ce type de quartiers est désormais privilégié par le Plan métropolitain de développement et d’aménagement (PMAD). Deux sites sur l’île montréalaise se prêtent d’une façon remarquable à ce type de développement, d’autant plus que la Ville de Montréal a un grand besoin de logements familiaux. D’abord celui de l’ancien Hippodrome de Montréal, dans l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, situé dans un rayon d’un kilomètre de la station de métro Namur. Puis, adjacent du côté nord, celui de Mont-Royal à l’intersection des autoroutes 15 et 40, lequel est également à distance de marche de la station de métro De la Savane.

Une catastrophe annoncée

Si le projet de développement du site de l’ancien Hippodrome de Montréal est encore à venir, ce n’est pas le cas pour celui de Mont-Royal. Séduite par le projet du promoteur Carbonleo, lequel projet s’avère plus ou moins une copie du Dix30 à Brossard, l’administration du maire Philippe Roy a ouvert toute grande la porte à une catastrophe annoncée. Car ce projet constitue une intrusion de la vie de banlieue en pleine ville et, sur le plan de l’urbanisme, il représente un recul d’une cinquantaine d’années.

Le promoteur Carbonleo a beau prétendre que son projet n’accroîtra pas la congestion de l’intersection des autoroutes 15 et 40 parce que nombre de gens vont prendre le métro pour s’y rendre, son pressentiment est de l’ordre de l’ignorance ou de l’illusion. Car, comme il l’a déjà laissé entendre, son projet s’adressera surtout aux résidents hors de l’île de Montréal. Or ces personnes ne sont pas toutes des adeptes du transport en commun, d’autant que la plupart n’ont pas facilement accès au métro. Bref ce n’est pas une passerelle au-dessus de l’autoroute Décarie pour relier Royalmount à la station De la Savane qui va les séduire.

Le projet Royalmount va nuire en plus aux centres commerciaux situés dans le voisinage, dont le Centre Rockland, Place Vertu et le Marché Central. Ce déséquilibre aura également des conséquences dommageables. Pour n’en nommer qu’une, les revenus de taxes que la Ville de Mont-Royal et la Ville de Montréal pourront récolter du Royalmount seront nécessairement diminués par la baisse de revenus de ces centres commerciaux mis en concurrence.

À Montréal, dans le passé, certains projets désastreux ont heureusement été mis sur une tablette grâce à la lutte de citoyens. On peut signaler, notamment, celui de la fermeture de l’avenue McGill College. C’est à ce type de stratégie qu’il faut avoir recours maintenant pour éviter la catastrophe prévisible du projet Royalmount. Il importe que les citoyens de Mont-Royal, qui comptent parmi les plus choyés de la métropole, aient le courage de faire comprendre à leur maire Roy qu’il s’est embourbé dans une voie sans issue. Parce qu’ils seront les plus touchés, il faut surtout que les citoyens de la Ville de Montréal appuient massivement et publiquement l’administration de Valérie Plante dans ses efforts pour mettre sur une tablette ce projet de banlieue fort désastreux.

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On commence par où pour éviter un naufrage planétaire?

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Pacte au Québec, blitz sur YouTube en France, l’immobilisme des États fait éclore des mouvements citoyens à la pelle. Des gens de plus en plus convaincus qu’à défaut de pilote dans l’avion, chacun peut mettre la main sur le volant pour éviter un naufrage planétaire.

Quand le thermomètre planétaire flirtera avec les trois degrés projetés à l’horloge climatique, ils seront les premiers à être sur les charbons ardents, à se farcir les montées de lait de dame Nature et à subir l’effondrisme annoncé par les chevaliers de l’apocalypse économique.

Julien Vidal, jeune auteur du livre à succès Ça commence par moi, est du nombre. Lorsque les indicateurs seront au rouge, il est de ceux qui auront 50, 60 balais. Alors pour lui, le sort du globe se joue ici, maintenant.

Pas demain en 2030 dans les parlements et autres cénacles du climat où l’on exhibe ses cibles carbone comme d’autres leurs pectoraux. Jouer les bons cop à la COP, avant d’aller recracher ses GES en catimini ou de devenir actionnaire de pipelines achetés en coulisse, ça vous détricote la foi d’une génération en la classe politique. Pas étonnant que toute une frange de la population ne parle plus de politique pour changer le cours des choses et conjugue maintenant au « je » l’avenir de la planète.

 

D’ici à ce que les gouvernements syntonisent le bon poste pour trouver « la fin du monde est à 7 heures », Julien, à l’instar des signataires du Pacte québécois la semaine dernière, est un de ceux qui font le choix d’ausculter leur propre nombril pour alléger leur poids sur la planète.

En Europe, le ras-le-bol citoyen couve aussi. En mars dernier, 25 clients d’un supermarché, en rogne contre le suremballage de leurs produits, lançaient à leur insu, en laissant sur place leur trop-plein de cartons et de sacs cellophane, un mouvement depuis devenu viral dans des centaines de villes sous le nom de Plastic Attack.

En France, à coups de clics et de vues, 60 jeunes youtubeurs inondent les réseaux sociaux depuis le 6 novembre pour inviter leurs potes à faire des gestes concrets pour alléger leur empreinte carbone d’ici la COP24.

Parmi eux, Norman, youtubeur qui draine dans son sillage numérique pas moins de 11 millions d’abonnés, ainsi que Cyril, Lucien Maine, Natoo et autres millionnaires du clic sur les réseaux sociaux. « Imaginez la chance qu’on a, on est la génération qui peut changer le monde », lance Natoo, la star du clip.

Comme les 50 000 personnes descendues dans la rue à Montréal, ils seront des milliers samedi à Paris à fouler le macadam pour dire que l’heure n’est plus à mettre les freins, mais carrément au rétropédalage.

Leur site Web Il est encore temps fait même état de la poussée d’urticaire des cousins québécois. « Le Québec bouge aussi. Nous sommes en passe de faire tomber le premier domino qui enclenchera une vraie transition écologique. Votre action, aussi petite soit-elle, s’additionne aux autres. »

Coup de fouet

Utopistes ? Peut-être. En tout cas, pragmatiques et surtout exaspérés de la procrastination de ceux qui auront levé les pieds depuis longtemps quand le mercure fera bouillir leur quotidien. Julien Vidal est de ces convertis à l’autoactivisme. Réédité quatre fois au Seuil depuis le 6 septembre, son bouquin raconte la conversion enthousiaste de ce trentenaire lambda en écocitoyen, et son périple à travers 365 gestes concrets, faits en autant de jours.

« Ça commence par moi, ça veut dire j’arrête de fermer les yeux, d’être incohérent dans mes gestes », dit l’auteur joint à Paris. En faisant de son quotidien sa ligne de front pour donner une bouffée d’air à l’atmosphère, il a attiré un million de personnes sur son site Web. Vidal a balancé la moitié de ses meubles, adhéré à une coopérative d’alimentation, transféré ses placements dans des fonds verts, sans pour autant devenir ascète. « Je vois ce défi comme une opportunité plutôt que comme une contrainte ou une menace à mon bien-être, à ma qualité de vie. » Car, dans le fond, assure Vidal, sa vie n’a pas tellement changé.

« Je mange, je dors, je travaille et, oui, je fais la fête ! Je me balade à vélo, je prends le train plutôt que l’avion. Ça n’est rien de la catastrophe à laquelle pensent bien des gens. Je consomme mieux, je retrouve le temps que je n’avais plus. Et je fais surtout beaucoup moins de dépenses futiles qu’avant. »

Un discours qui fait écho à celui de Jérémie Pichon, auteur de La famille (presque) zéro déchets, ze livre, un titre loin de sonner comme un thriller, pourtant écoulé à 150 000 d’exemplaires depuis deux ans.

Si 15 % des gens adoptent un mode de vie plus vert, c’est assez pour enclencher une petite révolution. On en est loin, mais ça pourrait arriver.

Dans ma cour

Rencontré lors de son passage à Montréal début novembre, cet ex-activiste écologiste aux côtés de Nicolas Hulot est aussi en désintox de la politique. Il persiste à dire que la somme des gestes individuels peut limiter la poussée de fièvre planétaire. « On ne peut attendre que les gouvernements agissent pour nous. J’ai travaillé avec les politiques pour signer les accords de Grenelle sur l’environnement. On croyait que ça changerait le monde. Or, malgré tous ces plans climat, aujourd’hui, tous les indicateurs sont au noir », déchante-t-il.

Le surfeur, qui vit dans les Landes avec sa famille, est aux premières loges de l’indigestion de plastique recrachée sur les plages. Quand il s’est mis au zéro déchet il y a cinq ans, il prêchait dans le désert. Plus aujourd’hui. « Si 15 % des gens adoptent un mode de vie plus vert, c’est assez pour enclencher une petite révolution. On en est loin, mais ça pourrait arriver. »

Trois ans après avoir amorcé son propre virage, sa petite famille produit 10 kilos de déchets par année, contre 300 kilos pour un Français moyen et plus de 800 kilos pour un Québécois. Il a complètement lessivé son portefeuille d’actifs placés dans des industries qui siphonnent plus que ce que le globe peut donner. « Pourquoi attendre un effondrement financier pour que les gens se réveillent ? On peut subir la transition, et ce sera brutal, ou la choisir, et ce sera plus doux. On a encore la chance de faire ce choix. »

 

Oui, mais la Chine

À ceux qui lui chauffent les oreilles en disant que ces gestes ne font pas le poids face à la Chine ou aux États-Unis, poids lourds des émetteurs de CO2 dans le monde, il rétorque que ces émissions sont en grande partie le fruit des produits que nous consommons, ici. « Si l’industrie produit, c’est que nous achetons. Ce sont nos achats qui alimentent ces industries. Arrêter d’acheter n’importe quoi, c’est la meilleure façon d’avoir un impact sur ce qui se passe à l’autre bout du monde. »

Avec les centaines de millions de visiteurs sur leurs sites, Jérémie Pichon comme Julien Vidal retrouvent une parcelle d’espoir. Si le bateau prend l’eau, hissons les voiles, pensent ces deux éco-optimistes, qui calculent maintenant leurs actifs en bonheur intérieur brut.

« Il faut faire contrepoids aux récits sombres et angoissants. On peut voir ce défi autrement et penser que, quand on agit, on le fait d’abord pour soi. En plus de réduire mon empreinte, dit Julien Vidal, je suis en meilleure forme, je mange mieux. En fait, je cumule du bonheur. »

Et de toute façon, comme le disait si bien Yann Arthus-Bertrand : « Il est trop tard pour être pessimiste. »

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