Le diesel, marqueur social de fragilité

[ad_1]

EN IMAGES – Selon une étude de l’hebdomadaire spécialisé l’Argus, les ménages français les plus modestes roulent majoritairement au diesel.

Le diesel, qui était encore voici peu le carburant préféré des automobilistes français, subit les assauts répétés de nos dirigeants. Même si, selon l’Argus, 68 % des automobilistes tricolores roulent encore au gazole, les pouvoirs publics le mettent directement en cause et veulent sa disparition, le rendant directement responsable de difficultés respiratoires de certains citoyens. Un comble pour une énergie qui était jugée «écologique» en raison de ses faibles rejets de gaz à effet de serre (CO2).

Les autres qualités de cette énergie souvent mises en avant sont sa sobriété et le faible prix du litre à la pompe. Elles lui ont permis de devenir le carburant préféré des gros rouleurs. Autant dire que l’augmentation du prix du diesel, qui a attisé la colère des Gilets Jaunes le week-end dernier, a dû désarçonner beaucoup de monde. En effet, le prix du litre de gazole a récemment dépassé celui du sans-plomb 95 dans 20 % des stations-service françaises. La chasse au diesel ne fait que commencer. Les pouvoirs publics ont déjà indiqué qu’ils souhaitaient à terme la disparition des véhicules recourant à cette énergie.

Selon l’étude de nos confrères de l’Argus, il ressort que les ménages les plus modestes sont les premiers touchés par l’augmentation du prix du diesel. Demeurant principalement dans les territoires que l’on appelle la France périphérique, ils n’ont pas d’autres alternatives pour se déplacer en raison de l’absence de transport de substitution. Dans le cadre de la transition énergétique, l’État a décidé de proposer des primes pour l’achat d’une voiture plus «propre», mais il semble, dans la majorité des cas, qu’un nouveau véhicule est hors de portée pour ces citoyens qui comptent à l’euro près.

L’Argus a rapproché dans chaque département, le pourcentage du parc de véhicules particuliers roulant au diesel, et le taux des ménages non imposables, marqueur révélateur du niveau de revenu d’un territoire. Il en ressort deux cartes, dont la superposabilité est frappante. Les zones urbaines dynamiques et attractives, marquées par une faible proportion de ménages non-imposés, présentent un parc automobile faiblement diésélisé. C’est le cas de l’île de France et de l’Oise, des régions lyonnaises et de la Savoie mais également des métropoles de Nantes, Bordeaux, Toulouse, Nice, ou encore de l’Alsace.

À l’inverse, certains départements très urbanisés et denses comme le Nord (452 habs/km2), le Pas-de-Calais (220 habs/km2) ou la Moselle (168 habs/km2) qui ont connu une forte désindustrialisation affichent une importante proportion de véhicules diesels.Tous les territoires ruraux ne sont pas logés à la même enseigne. Les régions viticoles comme la Bourgogne, la Champagne mais aussi le Val de Loire affichent à la fois une faible part de ménages non-imposables et un taux de diésélisation inférieur à la moyenne nationale. Les territoires les plus excentrés et les plus fragiles sont marqués par un parc routier constitué de gazole à plus de 72%.

«Il n’empêche qu’en raisonnant à l’échelle de l’unité départementale, preuve est faite que les plus fragiles seront les plus impactés par les mesures anti-diesel, et pas seulement sur le plan financier: avec l’interdiction pure et simple du Diesel planifiée pour 2024 à Paris et 2030 pour l’île de France, c’est toute une population rurale qui pourrait alors subir une véritable assignation à résidence, qui ne ferait qu’accentuer encore la fracture territoriale. Une réalité que l’exécutif, à l’heure où ses actions en faveur des plus modestes peinent à convaincre l’opinion publique, ne devrait pas négliger», déclare Thibaut Frank, éditorialiste de L’Argus.

L’Argus

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس