Marie-Victorin aurait appuyé les Franco-Ontariens

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Les combats du frère Marie-Victorin ont été multiples. Le connaissant surtout comme le fondateur du Jardin botanique de Montréal et l’auteur de la Flore laurentienne, on oublie qu’il a aussi promu les droits des Canadiens français. On ignore surtout qu’il a rédigé pour Le Devoir, entre 1915 et 1916, une série de billets sous le pseudonyme « M. SonPays ».

Le premier billet s’intitulait d’ailleurs « Not’ langue! » et portait sur la lutte des Ontariens pour sauver leurs écoles francophones face à l’infâme « Règlement 17 », adopté en 1912 et qui interdisait en Ontario l’usage du français comme langue d’enseignement dans les écoles.

Le texte du botaniste est très touchant et a des qualités littéraires indéniables. Le relire aujourd’hui en pensant au contexte actuel ne peut que stimuler davantage l’ardeur des militantes et des militants tout en reliant leurs présentes luttes à celles, trop facilement oubliées, du passé.

Revenant d’une visite à Ottawa au moment de la rentrée scolaire, Marie-Victorin écrit dans Le Devoir du 10 septembre 1915 :

« Hier, aux avant-postes.

C’est la rentrée des écoles. Sur la ville d’Ottawa, un beau soleil, clair comme les droits qu’on y viole, ruisselle, avivant le vert des pelouses et le vermeil des joues enfantines. Il y a de la poudre dans l’air : le règlement 17 plane comme une menace ».

Marie-Victorin visite alors une classe de l’école Saint-Jean-Baptiste, tenue par les Frères des écoles chrétiennes, et engage la conversation avec les enfants de sept, huit et neuf ans :

« – Votre école est bien belle! Mais il semble que l’an dernier, vous n’avez pas commencé ici!

– Oh! Non.

– Où donc l’avez-vous commencée?

– Dans la station des pompiers!

– Et pourquoi donc ?…

Les petits se regardent. Ils ne se sont pas demandé ça.

– Mais pourquoi, dis-je, venez-vous ici cette année, au lieu d’aller encore chez les pompiers de la rue Somerset ?…

Nouvelle hésitation. Enfin, un petit, charmant dans sa chemisette blanche, se lève, et d’un ton que je n’oublierai jamais :

– Parce qu’on a gagné !…

– Mais qu’avez-vous gagné ?…

Et l’enfant d’ajouter, superbe :

–Not’ langue !… 

Cher petit Ontarien, je pensais à toi, cependant que le train m’entraînait le soir même loin du champ de bataille […] Je pensais à toi et tu m’as fait pleurer!

Non, tu n’as pas encore gagné, mais ton coeur de huit ans sonne déjà la note héroïque, écho lointain de la fierté de ceux dont tu es le fils et dont tu dois poursuivre les combats commencés il y a cent cinquante ans ! Tu n’as pas encore gagné, mais tu es digne d’être le père, le grand-père… ou l’ancêtre… des heureux vainqueurs de l’avenir ! »

Devant la mobilisation actuelle des Franco-Ontariens pour encore défendre leurs droits linguistiques, M. SonPays ferait observer que parmi ceux et celles qui sont aujourd’hui aux avant-postes en tant que « vainqueurs de l’avenir » se trouvent peut-être et même sûrement les arrière-petits-enfants de ce jeune Franco-Ontarien qui se posait alors spontanément en porte-parole de sa nation. Il était fier d’avoir gagné ce petit combat pour « Not’ langue » et ignorait probablement qu’il contribuait ainsi à préparer cet autre combat, un siècle plus tard, pour « Not’ université ».

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L’alliance des Franco-Ontariens avec le Québec est fondamentale

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L’abolition du projet de l’Université de l’Ontario français à Toronto et du Commissariat aux services en français, a remis à l’avant-plan la question des relations entre francophones au pays. Contrairement au commentaire de Denise Bombardier à l’émission Tout le monde en parle, qui réanimait le bon vieux feu de la discorde et qui donnait une raison de plus aux francophones de se méfier de l’ensemble des Québécois, la résistance rallie et fait ressortir des sentiments de solidarité et d’indignation devant un gouvernement qui méprise sa minorité francophone. La large couverture médiatique au Québec, tant dans les journaux qu’à la télévision et dans plusieurs émissions de radio, dont a bénéficié cette affaire illustre la persistance d’un attachement du Québec envers les communautés francophones qui va bien au-delà de bons sentiments sans lendemain.

Il faut aussi rappeler que cette solidarité qui paraît toute récente s’inscrit dans une histoire où le Québec a souvent eu l’occasion d’appuyer la cause francophone à l’extérieur de ses frontières et particulièrement en Ontario. Les luttes scolaires dans les provinces, dont celle émanant du fameux règlement 17 (1912) qui interdisait l’enseignement du français dans les écoles en Ontario, ont été soutenues par la population et l’État québécois grâce à de larges campagnes de financement et à de fortes dénonciations. Nous pouvons aussi penser au soutien à l’hôpital Montfort, à la création d’institutions telles que le Secrétariat permanent des peuples francophones (1981), à l’adoption de la première politique du Québec à l’égard des communautés francophones et acadiennes du Canada « Un dialogue, une solidarité agissante » (1995) bonifiée par la suite en 2006 par le gouvernement libéral et additionnée du Centre de la francophonie des Amériques (2008).

Homologues provinciaux

Dans la plus récente politique québécoise traitant de la francophonie canadienne, « Être québécois, notre façon d’être canadien » (2016), la stratégie est d’engager ses homologues provinciaux à augmenter leur participation et leur adhésion à la cause francophone en travaillant avec les autres provinces « à la promotion, à la protection, à la pérennité et à la vitalité du fait français ».

Force est de constater qu’en Ontario, tout comme au Nouveau-Brunswick, la tâche sera ardue. Selon ses dires, François Legault s’est buté à une fin de non-recevoir lorsqu’il a demandé à Doug Ford de revenir sur sa décision. Invoquant l’obligation de donner des services en français, le premier ministre du Québec n’a pas semblé émouvoir davantage son homologue ontarien par le discours des « deux » peuples fondateurs dont font partie les francophones. Nonobstant le bon vouloir du gouvernement du Québec, sans rapport de force tangible, disons que les bons souhaits d’exercer une influence sur ces homologues provinciaux semblent plus que jamais irréalistes. Comme dit l’adage « It takes two to tango » et Doug Ford ne semble pas un très bon danseur.

Il est difficile de ne pas avoir une pensée pour René Lévesque qui, en 1977, souhaitait ardemment que les provinces s’engagent à offrir à leur minorité l’enseignement dans leur langue maternelle tout comme le Québec l’offrait à sa minorité linguistique. Le refus des provinces à la proposition de réciprocité fut unanime.

Aujourd’hui, malgré les difficultés du gouvernement du Québec à faire bouger les choses à Toronto, ce qui ressort des événements des dernières semaines, c’est la solidarité entre collectivités francophones et une sympathie réelle de la population québécoise envers la cause francophone en Ontario à l’extérieur des canaux étatiques.

Les Franco-Ontariens mènent ce projet d’université francophone depuis plus de 40 ans et semblent bien loin de vouloir jeter l’éponge. Heureux de l’appui du Québec, ils ne sont nullement en attente d’un sauveur. Néanmoins, l’alliance avec le Québec est fondamentale. Elle est une arme de plus dans l’arsenal de la lutte ; un élément à renforcer, à pérenniser et à valoriser au sein de la société civile.

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Franco-Ontariens: Ford n’a rien compris

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Deux semaines après le début de la crise entourant les droits linguistiques des Franco-Ontariens, le gouvernement Ford s’enlise pendant que s’organise une riposte d’une ampleur insoupçonnée.

« Nous sommes, nous serons ! » Tel est le cri de ralliement des quelque 14 000 personnes qui ont manifesté durant la fin de semaine un peu partout en Ontario, dans l’espoir de convaincre le premier ministre ontarien, Doug Ford, de faire marche arrière sur l’abolition du Commissariat aux services en français et l’abandon du projet de création de l’Université de l’Ontario français. Ce mouvement, qui trouve aussi un écho dans les autres communautés francophones du Canada, n’est pas près de s’essouffler. Il compte sur des réseaux bien établis, sur l’expertise de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, sur un vaste courant de sympathie, sur la relance opportune du Programme de contestation judiciaire par le gouvernement Trudeau et sur une figure de proue d’une incontestable dignité en la personne d’Amanda Simard.

La députée de Glengarry-Prescott-Russell a claqué la porte du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario, jeudi dernier, en déplorant l’absence d’écoute et de compréhension de Doug Ford à l’égard des Franco-Ontariens. La nouvelle députée indépendante le confirme : M. Ford considère les francophones comme n’importe quelle minorité ethnique en Ontario.

C’est le coeur du problème, et c’est pourquoi toutes les mesures de compromis proposées par le gouvernement Ford manquent de substance. Les conservateurs ontariens ont proposé d’intégrer les employés du Commissariat au sein du Bureau de l’ombudsman, ce à quoi s’oppose le commissaire, François Boileau. M. Ford a annoncé son intention de créer un poste de conseiller aux affaires francophones intégré à son bureau. Quant à la création de l’Université de l’Ontario français, elle a rejoint le rang des belles promesses et des voeux pieux. Elle sera lancée lorsque les finances publiques seront remises en ordre.

Ces propositions ne découlent pas d’un effort de compréhension et d’acceptation des droits linguistiques des Franco-Ontariens. Il s’agit plutôt d’un compromis bancal, dont la finalité ne devrait duper personne. M. Ford cherche à se débarrasser au plus vite d’un problème qui porte ombrage à sa mise à jour économique.

Les droits linguistiques des Franco-Ontariens ne sauraient être bafoués, diminués ou transgressés pour des raisons économiques, d’autant plus que ce prétexte est factice. L’abolition du Commissariat aux services en français et l’abandon du projet d’Université de l’Ontario français auront un impact à peu près nul sur l’effort de réduction des dépenses publiques.

Amanda Simard a très bien résumé l’enjeu existentiel de cette bataille, dans son allocution de soutien à une motion néo-démocrate d’opposition aux coupes, à Queen’s Park. « Notre langue, c’est au coeur de notre identité. Nous vivons en français. Les générations qui nous ont précédés ont travaillé très fort pour nos acquis et nous sommes constamment forcés de les protéger », a-t-elle dit.

C’est le genre de déclaration que l’on attend d’une ministre de la Francophonie, et Mme Simard manifeste d’ailleurs le courage, la fierté et la résilience attendus d’une ministre de la Francophonie en pareilles circonstances. Mais que fait au juste la titulaire du poste, Caroline Mulroney ? Celle-ci s’enfonce de jour en jour. Elle est ministre de la Francophonie ? Qu’elle monte au combat pour les Franco-Ontariens.

Même l’Ottawa Citizen, dans un éditorial publié en français, leur a donné son appui. « Les Franco-Ontariens méritent mieux », titrait le Citizen. On ne pourrait si bien dire.

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«Nous sommes, nous serons !», disent les Franco-Ontariens à Doug Ford

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Les rues de plusieurs villes ontariennes étaient tapissées vert et blanc, couleurs du drapeau franco-ontarien, alors qu’une quarantaine de rassemblements se tenaient samedi pour dénoncer les compressions du gouvernement Ford dans les services aux francophones.

 

De Hawkesbury à North Bay en passant par Toronto, ils ont été près de 14 000 à réclamer du gouvernement progressiste-conservateur qu’il revienne sur sa décision d’abolir le commissariat aux services en français et d’abandonner le projet d’université en français.


L’épicentre du mouvement était situé à Ottawa, où quelque 5000 personnes ont convergé au monument canadien pour les droits de la personne, selon une estimation de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), organisation à l’origine de la « résistance ».

 

« Nous sommes, nous serons ! », a scandé à répétition la foule massée dans cette place du centre-ville où avait été érigée une scène sur laquelle ont défilé une flopée de politiciens venus galvaniser les troupes.

 

La ministre fédérale du patrimoine et des langues officielles, Mélanie Joly, a été de ceux qui ont pris la parole. « Aujourd’hui, on vit un moment historique. Un moment qu’on va raconter à nos enfants, à nos petits-enfants », a-t-elle lancé.

 

Aux gouvernements qui font reculer les droits des minorités linguistiques, la ministre a donné ce conseil : « Allez lire vos livres d’histoire ! ». Car la « seule chose qui peut être faite, c’est renforcer nos droits linguistiques, jamais les affaiblir », a martelé la ministre Joly.

 

L’histoire, justement, a donné raison au mouvement franco-ontarien dans plusieurs batailles, dont celle pour la survie de l’hôpital Montfort. Et l’avocat qui a sauvé l’établissement de langue française, Ronald Caza, était là pour le rappeler samedi à Ottawa.

 

Il l’a fait dans la langue de Shakespeare — afin, a-t-il dit, que le premier ministre unilingue anglophone Doug Ford puisse « comprendre » son message.

 

« M. Ford, nous nous sommes battus pour nos écoles primaires et secondaires en Ontario, et nous avons gagné ! M. Ford, nous nous sommes battus pour nos collèges francophones en Ontario, et nous avons gagné ! », a lancé M. Caza.

 

« M. Ford, nous nous battons pour notre université francophone, et nous gagnerons ! », a-t-il clamé, déclenchant un tonnerre d’applaudissements.

 

Présence du Québec

Signe que la crise linguistique a eu des échos bien au-delà des frontières de l’Ontario, il y avait samedi à Ottawa une importante délégation d’élus de l’Assemblée nationale.

 

Le gouvernement québécois était représenté par le ministre Mathieu Lacombe. Dans son allocution, le député de Papineau, une circonscription dans la région de l’Outaouais, a lancé à la foule qu’il était des leurs, ayant grandi et étudié dans la communauté franco-ontarienne.

 

De nombreux députés libéraux avaient aussi traversé la rivière des Outaouais pour témoigner de leur solidarité.

 

Le chef intérimaire de l’opposition officielle, Pierre Arcand, a été chaudement applaudi lorsqu’il a mentionné à la foule que le drapeau franco-ontarien flottait actuellement sur l’une des tours du Parlement québécois.

 

Le Parti québécois n’avait dépêché aucun élu au rassemblement. Les péquistes avaient fait adopter unanimement, vendredi, une motion déposée par Véronique Hivon pour exprimer la solidarité des élus québécois envers les Franco-Ontariens et la députée Amanda Simard.

 

Celle-ci a claqué la porte du caucus progressiste-conservateur la semaine dernière après avoir tenté, en vain, de convaincre le gouvernement de Doug Ford de changer de cap.

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L’appui du Québec est grandement apprécié par les Franco-Ontariens

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La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada se réjouit des nombreux appuis provenant du Québec envers les francophones de l’Ontario qui s’opposent aux récentes décisions du gouvernement de Doug Ford.

Le premier ministre Ford a tenté de limiter la grogne vendredi, en assurant que le Commissaire aux services en français va finalement conserver son poste. Toutefois, il sera sous la direction de l’ombudsman. Puis, le gouvernement a annoncé qu’il transformerait l’Office des affaires francophones en véritable ministère des Affaires francophones. Celui-ci sera confié à Caroline Mulroney. Par ailleurs, la décision d’abandonner le projet d’Université de l’Ontario français demeure.

En conférence de presse vendredi soir, Carol Jolin, le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario, a qualifié le changement de ton du gouvernement d’« ouverture au dialogue », d’« un pas dans la bonne direction ». Mais, il a ajouté que les mesures étaient insuffisantes.

La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada se range sans réserve du coté de l’AFO, et elle louange la solidarité manifestée par les francophones de tout le pays.

Faisant allusion à François Legault, le président de la Fédération, Jean Johnson, dit qu’il n’a jamais vu un premier ministre du Québec défendre aussi fortement en public les communautés francophones du pays.

M. Johnson apprécie la mobilisation des Québécois, notamment le soutien de l’Union des municipalités du Québec, et du maire de Québec, Régis Labeaume.

Des manifestations sont prévues dans plusieurs villes ontariennes samedi prochain.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario n’a pas écarté la possibilité de contester en justice les mesures annoncées par le gouvernement ontarien, mais la priorité demeure le dialogue pour régler la situation.

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Trop tard pour les Franco-Ontariens?

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Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a évoqué la crise budgétaire de sa province pour justifier sa décision d’annuler la mise sur pied d’une université francophone à Toronto. L’état pitoyable des finances publiques ontariennes n’a pourtant pas empêché son ministre des Transports, Jeff Yurek, de promettre cette semaine de prolonger le métro de Toronto vers des banlieues lointaines de la ville — une promesse qui coûterait des milliards de dollars malgré les réserves des experts, pour qui il s’agirait plutôt d’une décision politique destinée à gagner des votes.

Les Franco-Ontariens se sentaient déjà laissés pour compte après le recul du gouvernement Ford quant à sa promesse d’aller de l’avant avec la création de l’Université de l’Ontario français, suivant l’engagement de l’ancien gouvernement libéral. L’annonce de M. Yurek n’a fait que confirmer leur statut d’une minorité linguistique parmi d’autres pour les progressistes-conservateurs maintenant majoritaires à Queen’s Park. Même la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, n’a pas pu convaincre M. Ford (ou plutôt son tout-puissant chef de cabinet, Dean French) d’y regarder à deux fois avant d’agir.

Les concessions mineures que le gouvernement Ford a annoncées tard hier, notamment la transformation de l’Office des affaires francophones en ministère en bonne et due forme sous la gouverne de Mme Mulroney, permettront à cette dernière de sauver quelque peu la face. Mais elles ne répondront pas du tout aux revendications des Franco-Ontariens. Ces derniers devront s’y habituer, dans l’ère Ford.

Après tout, comme M. Ford l’avait lui-même dit lors d’une conversation avec une électrice d’Ottawa, l’Ontario compte maintenant autant de citoyens pour qui une langue chinoise constitue la langue maternelle que de Franco-Ontariens. Et la proportion de francophones au sein de la population ontarienne va en diminuant, alors que l’immigration chinoise explose.

C’est ainsi que de 4,7 % qu’ils étaient en 2016, les francophones ne compteraient que pour 3,9 % de la population ontarienne en 2028, selon le dernier rapport du Commissariat aux services en français de l’Ontario. C’est d’ailleurs ce poste que le gouvernement Ford prévoit d’éliminer en transférant sa fonction principale — celle d’enquêter sur les plaintes des Franco-Ontariens concernant les services gouvernementaux — vers le Bureau de l’ombudsman de la province.

En 2015, le gouvernement libéral de l’époque s’est fixé comme objectif de hausser à 5 % la proportion de francophones parmi les plus de 100 000 immigrants que l’Ontario accueille chaque année. À 2,36 % en 2017, on demeure bien loin du compte. Plusieurs se demandent s’il ne s’agit que d’un objectif illusoire, d’autant que le Québec veut aussi attirer plus d’immigrants francophones.

Pourtant, la survie même de la communauté franco-ontarienne passe par l’immigration. À part la région d’Ottawa, les autres régions où les francophones se sont historiquement concentrés se dépeuplent rapidement. Si ce n’est pas le vieillissement des francophones du nord et l’est de la province qui menace la survie des Franco-Ontariens, c’est l’assimilation des jeunes francophones qui déménagent à Toronto pour les études ou pour le travail.

Le rapport du commissaire aux services en français fait remarquer que le taux de transmission de la langue française chez les couples dont un seul conjoint est francophone est seulement de 31 %. Or, la région métropolitaine de Toronto compte plus de six millions d’habitants, dont environ 1,6 %, soit 93 000 en 2016, ont le français comme langue maternelle. Plus de 500 000 Torontois ont soit le mandarin, soit le cantonais comme langue maternelle.

C’est en partie pour freiner l’assimilation des francophones vivant dans le sud de la province, destination de la plupart des immigrants francophones, que l’ancienne commissaire aux langues officielles Dyane Adam avait recommandé la création d’une université francophone à Toronto, comme le stipule le rapport qu’elle a préparé pour le gouvernement de Kathleen Wynne en 2017. « L’absence d’une institution universitaire clairement identifiée comme ayant une vocation communautaire francophone dans le [centre sud-ouest] de la province laisse les jeunes devant le choix : soit quitter leur région pour Sudbury ou Ottawa, soit fréquenter dans leur région un établissement de langue anglaise qu’ils perçoivent à tort ou à raison comme plus facile d’accès. » En fait, c’est pour ce dernier choix qu’ils optent la plupart du temps, semble-t-il.

Il est peu probable que la création de l’Université de l’Ontario français, avec un budget minuscule et une offre de cours extrêmement limitée, aurait pu renverser la tendance à court ou à moyen terme. C’est pour cela que l’idée même de la création de l’UOF ne faisait pas l’unanimité au sein de la communauté franco-ontarienne. L’idée de scinder l’Université d’Ottawa, actuellement bilingue, en deux établissements — un anglophone, l’autre francophone — avait été évoquée comme une meilleure solution par le professeur d’études politiques de l’Université d’Ottawa François Charbonneau.

Il reste à voir si le tollé qu’a suscité la décision du gouvernement Ford de tout simplement abandonner l’idée d’une université francophone, au moins jusqu’à ce que les finances publiques soient rétablies, aura des répercussions politiques au-delà de celles qu’on a déjà vues. La base d’électeurs de droite de M. Ford a plutôt tendance à le féliciter de sa décision. Et Mme Mulroney, pour l’instant en tout cas, est rentrée dans les rangs.

Les Franco-Ontariens n’ont pas une éternité devant eux pour changer la donne.

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Franco-ontariens: ne touche pas à mon université

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La décision mal avisée du gouvernement Ford de mettre fin au projet très avancé de l’Université de l’Ontario français nous ramène aux heures noires d’il y a un siècle avec le Règlement 17. À l’époque, l’attaque était dirigée contre l’accès aux études primaires en français. Depuis ce temps, les Franco-Ontariens ont réussi à bâtir un solide système d’éducation qui permet un accès aux études en français.

Cependant, même si nous sommes loin de cette période héroïque, l’abandon du projet de l’Université de l’Ontario français a des conséquences aussi néfastes. C’est à notre époque la plus grave attaque contre la francophonie ontarienne. C’est encore plus grave que l’attaque contre l’hôpital Montfort. Je n’ai rien contre l’existence d’un hôpital francophone à Ottawa. Un hôpital, cela soigne des malades dans un endroit bien localisé et c’est important. Cependant, la création d’une université à vocation provinciale, c’est encore plus important puisque c’est une ressource de développement scientifique, économique, social et culturel. C’est un projet d’avenir qui aurait des impacts durables non seulement pour la communauté francophone, mais pour toute la province.

Donner accès à l’universel

Le gouvernement doit savoir qu’une université, c’est plus qu’un ensemble de programmes pédagogiques, car ses impacts dépassent la formation donnée aux étudiants qui la fréquentent. Une université — dont le nom signifie « l’univers dans la cité » — donne accès à l’universel. C’est un lieu de développement scientifique avec ses centres de recherche, c’est un lieu de développement culturel qui soutient les créateurs et les artistes, c’est un lieu de débats qui font avancer les mentalités et qui fournissent des réponses aux défis qui se posent à la société. C’est aussi un lieu de développement économique, en soutenant les entrepreneurs et les gestionnaires de l’avenir. On pourrait continuer longtemps sur les avantages de l’université. Il faut cesser de voir ce projet d’université comme une dépense, c’est un investissement dans l’avenir qui rapporte gros par ses retombées économiques.

Priver l’Ontario français de son université, c’est lui couper les ailes en plein essor. Espérons que les universités bilingues de l’Ontario ne joueront pas dans un mauvais film parce qu’elles y verraient leur intérêt à court terme. Il faut une mobilisation monstre, incluant toutes les forces des universitaires ontariens, qu’ils soient anglophones ou francophones !

Une façon efficace de contrer la volonté du gouvernement Ford de mettre fin à ce projet serait de faire une magistrale campagne de collecte de fonds à l’échelle du pays, avec un objectif ambitieux, par exemple 100 millions de dollars. Cela constituerait une réponse retentissante et donnerait des moyens importants aux promoteurs du projet. On pourrait même demander au gouvernement fédéral de soutenir les dons privés à 50 %.

Il n’y a pas de limites à l’imagination et à la créativité des Franco-Ontariens quand ils sont attaqués de front !

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Le combat de Franco-Ontariens à l’ère du numérique | L’Ontario et les services en français

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Un texte de Maud Cucchi

Carole Lafrenière-Noël anime avec deux autres administrateurs le groupe « Franco-Ontariens du Nord de l’Ontario » sur Facebook. Elle évalue à 500 personnes le nombre de nouveaux abonnés ayant rejoint, en cinq jours seulement, son groupe public.

Les gens ne sont pas aussi volubiles que ça d’habitude, mais là tu vois qu’ils échangent, ils sont passionnés, ils veulent mettre leur grain de sel, dire qu’ils sont fiers d’être Franco-Ontariens.

Carole Lafrenière-Noël, administratrice de Franco-Ontariens du Nord de l’Ontario

Son groupe Facebook réunissait initialement les bien convaincus de la francophonie. Elle remarque désormais qu’il attire aussi des gens qui parlent français, mais rarement, qui ont été élevés en français, l’ont perdu, mais s’intéressent toujours aux affaires francophones.

Au service du citoyen connecté

Avec les innombrables commentaires publiés, les gazouillis, les groupes et événements, les réseaux sociaux sont devenus un immense espace public, une agora privilégiée où l’on échange informations et réactions pour dénoncer, proposer ou même influencer.

Martin Normand, de l’Université d’Ottawa Photo : Radio-Canada

Martin Normand, stagiaire post-doctorant à la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques à l’Université d’Ottawa, observe que l’outil numérique constitue un moyen de pression direct et spontané auprès des dirigeants politiques.

Au lendemain de l’annonce des compressions, la pétition « Rétablissez nos acquis ! » a été mise en ligne sur le site change.org. Elle a permis de recueillir 3000 signataires en 24 heures. En moins d’une semaine, le nombre de signatures a quadruplé.

C’est une initiative individuelle, mais les gens ont rapidement embarqué dans cette stratégie-là. Une stratégie très simple, mais qui peut rejoindre facilement la population.

Martin Normand, stagiaire post-doctorant de l’Université d’Ottawa, spécialisé en francophonie et politiques publiques

La militante franco-ontarienne, Gisèle Lalonde. Photo : Radio-Canada

À chaque époque, ses outils de mobilisation. Gisèle Lalonde, figure de proue du mouvement SOS Montfort, se souvient des débuts laborieux de ce mouvement franco-ontarien en 1997. Les appels à passer, la communauté à mobiliser par le bouche-à-oreille.

Elle évoque la forte solidarité provoquée par la décision controversée, qui s’est ensuite concrétisée par le rassemblement de près de 10 000 personnes environ, un mois après l’annonce de la fermeture de l’hôpital.

Ça a été long au tout début, mais lorsqu’on a vraiment eu la foule avec nous, […] ça a vraiment secoué le gouvernement.

Gisèle Lalonde

Un outil de recrutement efficace

Les associations francophones impliquées savent bien comment mettre à profit cet engouement soudain des internautes. Ajà Besler, directrice générale de l’Association des communautés francophones d’Ottawa, utilise les réseaux sociaux aussi bien pour la mobilisation que pour recruter de nouveaux abonnés.

Ajà Besler, de l’Association des communautés francophones d’Ottawa Photo : Radio-Canada/Godefroy Chabi

On essaie de bonifier les listes d’envoi, pour avoir des façons de contacter ces gens-là.

Ajà Besler, directrice générale de l’ACFO Ottawa

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a lancé un formulaire d’adhésion « Joignez-vous à la résistance » avec l’objectif de recruter de nouveaux abonnés. Elle les informe également des manifestations prévues dans leur région.

Revers des réseaux

Les réseaux sociaux sont toutefois accusés d’enfermer l’internaute dans une bulle qui déforme sa vision du monde. Facebook classe en effet les contenus selon un algorithme et met de l’avant ceux qui devraient plaire le plus à l’usager.

C’est souvent en vase clos. On se parle entre nous, très souvent on se parle entre convaincus. Ce sont les autres qu’il faut aller rejoindre pour donner une ampleur plus grande à cette mobilisation-là.

Martin Normand, stagiaire post-doctorant de l’Université d’Ottawa, spécialisé en francophonie et politiques publiques

L’immédiateté d’aujourd’hui peut donner une impression d’efficacité. Une semaine après les annonces du gouvernement Ford, les premières mobilisations peinent toutefois à se concrétiser sur le terrain. Une manifestation devait avoir lieu vendredi midi, à Ottawa. À 48 h de l’événement, elle a été reportée au 1er décembre.

Quand tu veux mobiliser toute une province et des centaines de milliers d’individus, c’est pas instantané, ça prend une certaine coordination, ça prend du temps d’aligner tous les engrenages dans la machine, conclut Ajà Besler.

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Un coup de pouce d’Ottawa pour les Franco-Ontariens

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La bataille autour des services francophones ontariens se transportera-t-elle sur le terrain juridique ? L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) s’est en tout cas réjouie mardi de la remise sur pied par Ottawa du Programme de contestation judiciaire, qui servira notamment pour ce type d’action.

« C’est une excellente nouvelle pour nous de voir ce programme rétabli », a indiqué au Devoir le président de l’AFO (principal représentant des Franco-Ontariens), Carol Jolin. « Dans notre cas, on va réunir jeudi des juristes [spécialisés en droits linguistiques] pour voir quelles sont les actions possibles, et si le programme peut nous aider par la suite. »

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) a aussi applaudi au retour du Programme de contestation judiciaire (PCJ), qui avait été utilisé par les opposants à la fermeture de l’hôpital Montfort il y a une vingtaine d’années. « À la lueur des événements de la semaine dernière en Ontario », il s’agissait selon la fédération d’une « urgence ».

« Les francophones de l’Ontario sont en train de s’organiser pour résister et pour faire valoir leurs droits — sans compter toutes les autres causes qui attendent déjà un peu partout au pays, a souligné le président de la FCFA, Jean Johnson. Il faut qu’ils puissent avoir accès au PCJ s’ils en ont besoin. »

Ce programme a connu une histoire mouvementée : créé en 1978, aboli en 1992, rétabli en 1994, aboli de nouveau en 2006 (mais partiellement remplacé par un autre programme d’appui aux droits linguistiques). Les libéraux fédéraux avaient annoncé en février 2017 qu’ils restauraient le PCJ, tout en élargissant son mandat.

Il aurait fallu plus de dix-huit mois pour concrétiser cet engagement : la gestion du programme a d’abord été confiée à l’Université d’Ottawa ; un comité est ensuite parti à la recherche de candidatures pour composer les deux comités d’experts indépendants du PCJ (un pour les dossiers liés aux langues officielles, l’autre pour les droits de la personne).

La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, a confirmé mardi que la composition de ces comités est terminée. Le financement est déjà là — 5 millions par année, dont un minimum de 1,5 million réservé aux dossiers linguistiques. Ne reste qu’à élaborer les « critères d’admissibilité et les lignes directrices du financement », ce qui serait une question de « semaines ».

« Il y a aujourd’hui un outil de plus qui est à la disposition de la communauté franco-ontarienne pour se défendre devant les tribunaux », a soutenu Mme Joly en point de presse.

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Mais il n’est pas certain pour autant que les Franco-Ontariens choqués par la décision du gouvernement Ford d’annuler le projet de création d’une université francophone et d’abolir le Commissariat aux services en français se qualifieraient, a pris soin d’ajouter la ministre. Ce sera au comité d’experts d’évaluer toute demande. Pour autant qu’Ottawa soit fâché des coupes de Doug Ford — ce que le premier ministre Trudeau a réitéré mardi —, son aide à la contestation sera indirecte.

Le PCJ accorde du financement aux gens ou aux groupes qui veulent recourir au système judiciaire pour « faire valoir leurs droits linguistiques ». C’est le comité d’experts qui reçoit les demandes et évalue leur pertinence. « Au fil des ans, le programme a contribué à clarifier et à faire valoir ces droits, qui sont garantis en vertu de la Constitution canadienne », rappelait le gouvernement Trudeau mardi.

Mélanie Joly a souligné qu’il sera désormais possible de faire financer des causes touchant notamment le « soutien à la vitalité des communautés linguistiques ».

Sur le front politique, Mme Joly a autrement confirmé qu’elle aura un entretien vendredi avec Caroline Mulroney, ministre ontarienne déléguée aux Affaires francophones. Cette dernière a autrement refusé une invitation d’un comité parlementaire fédéral d’aller défendre la décision de Queen’s Park à Ottawa. Plus largement, le dossier a continué mardi d’alimenter les divisions entre conservateurs et libéraux, et ce, aux deux paliers de gouvernement.

Une cause ?

Au-delà du PCJ, des constitutionnalistes consultés par Le Devoir ne s’entendent pas à savoir si les Franco-Ontariens ont entre les mains une cause juridique.

« C’est clair que oui », pense Frédéric Bérard, codirecteur de l’Observatoire national en matière de droits linguistiques (Montréal). « Non », répond pour sa part l’autre codirecteur de cet observatoire, Stéphane Beaulac. « Je crois qu’en principe, c’est un oui pour l’université, mais que ce serait plus compliqué pour le Commissariat », avance Érik Labelle Eastaugh, directeur de l’Observatoire international des droits linguistiques (Moncton).

« Il y a des similitudes avec le cas de Montfort, selon M. Bérard. On a protégé l’hôpital en vertu de l’article 16 de la Charte canadienne — qui consacre l’égalité du français et de l’anglais —, pour arriver à la conclusion qu’on ne pouvait réduire les services aux francophones. Il me semble que le même raisonnement peut s’appliquer pour le rôle du commissaire », dont les fonctions seront transférées vers l’Ombudsman.

M. Labelle Eastaugh voit lui aussi des ressemblances avec Montfort… mais pour le cas de l’université, cette fois. « Si c’est une décision administrative, comme dans le cas de Montfort, elle peut faire l’objet d’un contrôle judiciaire pour voir si cela se fait dans le respect du droit et des principes de la Constitution. »

Stéphane Beaulac estime quant à lui que « les protections constitutionnelles n’incluent pas le fait d’avoir un Commissaire aux services en français, ou une université en français ».

Le débat que l’AFO tiendra jeudi s’annonce ainsi contrasté… et ses conclusions, incertaines.

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Legault et les Franco-Ontariens: la maudite «business»

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Le premier ministre François Legault a qualifié sa première rencontre avec son homologue ontarien, Doug Ford, de « beau succès ». D’une déconcertante mollesse, le caquiste estime que la défense du fait français au Canada, qui a pourtant son importance pour les Québécois, est une broutille qui ne saurait nuire aux relations entre le Québec et l’Ontario. Après la gifle infligée aux Franco-Ontariens, une minorité qui n’est pas particulièrement choyée, François Legault place la business au-dessus de tout.

En point de presse après la rencontre lundi, François Legault a dit qu’il avait fait savoir à Doug Ford qu’il était « déçu » de ses décisions d’abolir le poste de Commissaire aux services en français et d’abandonner le projet de l’Université de l’Ontario français, qui devait ouvrir ses portes en 2020 à Toronto. Déçu et impuissant, mais surtout pressé de passer aux affaires qui comptent.

Tout de même, le premier ministre a souligné ne pas avoir aimé qu’on compare les Franco-Ontariens, issus d’« un des deux peuples fondateurs », avec des Ontariens d’autres origines. Comme l’a rapporté le quotidien Ottawa Citizen, Doug Ford a affirmé qu’il y avait peut-être 600 000 Franco-Ontariens, mais qu’il y avait aussi 600 000 « Ontariens chinois » et 600 000 Ontariens d’origine italienne et que la province ne pouvait plaire à tout le monde. Devant une telle conception bêtement communautariste, on comprend que le statut des Canadiens français en Ontario est précaire.

Mais voilà, François Legault était avant tout « très heureux » lundi de sa rencontre avec Doug Ford. « Tous les deux, nous sommes des gens d’affaires », s’est-il réjoui. Il est quelque peu inquiétant de constater que l’actuel premier ministre du Québec se découvre autant d’affinités avec un homme obtus, qui « ne brille ni par le goût ni par l’esprit », pour reprendre les mots de Brassens, et qui, surtout, affiche un tel mépris envers la minorité francophone.

Car ce qui saute aux yeux dans cette affaire, c’est la différence de traitement de la minorité de langue anglaise au Québec — une minorité qui fait paradoxalement partie de la majorité au Canada — et celui de la minorité de langue française en Ontario, une minorité « historique » au même titre que les Anglo-Québécois. À juste titre, François Legault a rappelé à Doug Ford que notre minorité historique disposait de trois universités anglaises, sans compter un centre universitaire de santé de calibre mondial.

Évidemment, rien de tel en Ontario. Depuis les années 1970, les Franco-Ontariens caressaient l’ambition d’avoir leur université française, qu’ils auraient contrôlée, mais voilà que, si près du but, on leur tire le tapis sous les pieds.

Contrairement à l’hôpital Montfort à la fin des années 1990, que le gouvernement conservateur de Mike Harris voulait fermer pour des « raisons budgétaires », lui aussi, l’Université de l’Ontario français n’était qu’un projet. Si les tribunaux ont empêché la fermeture du seul hôpital universitaire francophone en Ontario, les contestations judiciaires ont peu de chances de réussir dans le cas du projet d’université.

Or si le maintien d’un hôpital francophone était essentiel pour les Franco-Ontariens, la fondation d’une université française à Toronto, où convergent de plus en plus de francophones, est tout aussi importante, sinon davantage. Le Québec ne peut rester indifférent.

Certes, le gouvernement québécois ne peut contester le droit de l’Ontario de gérer comme elle l’entend son réseau d’universités sans remettre en question ses propres prérogatives. D’ailleurs, dans des causes portant sur l’ouverture d’écoles françaises dans les autres provinces, le Québec, qui défendait ses compétences constitutionnelles, s’est souvent retrouvé à s’opposer à des parents francophones.

Il y a 20 ans, pour l’hôpital Montfort, Lucien Bouchard, sans couper les ponts avec le gouvernement ontarien, avait tout de même tenté de convaincre Mike Harris de revenir sur sa décision. Puis, son gouvernement, sous l’impulsion de Bernard Landry, alors ministre des Finances, avait versé 300 000 $ au mouvement S.O.S. Montfort.

Est-ce que l’Université de Montréal ou l’Université Laval pourrait ouvrir un campus à Toronto avec l’aide du gouvernement québécois, comme le suggèrent dans nos pages deux de nos lecteurs ? C’est à envisager. Les Franco-Ontariens méritent d’obtenir leur université française à Toronto et ils ont besoin de l’appui des Québécois.

Entre-temps, François Legault devrait au moins avoir la décence d’éviter de faire copain-copain avec le fossoyeur de l’Université de l’Ontario français. Il devrait se rappeler qu’au-delà de la business, il y a des principes qu’un premier ministre digne de la fonction doit défendre.

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