Ce qui fait souffrir les personnes handicapées

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Un procès vient de commencer dans lequel les demandeurs veulent mettre fin à leurs jours avec l’aide d’un médecin. Actuellement, l’aide médicale à mourir est offerte aux personnes dont la fin de vie est proche selon l’évaluation des médecins. Toutefois, dans ce cas, les demandeurs ne sont pas en fin de vie. Voilà que la question du suicide assisté, car il s’agit bien ici de suicide, se retrouve sous les projecteurs.

Cependant, cette question dépasse grandement la situation personnelle de ces deux personnes, et ses conséquences sont trop importantes pour la traiter uniquement devant les tribunaux. Ce procès attire évidemment son lot d’articles, de chroniques, de reportages et de déclarations publiques, dont la grande majorité n’arrive pas à transmettre l’extrême complexité des enjeux sous-jacents. Voici donc quelques pistes à creuser pour réellement aborder ce qui cause la souffrance des personnes handicapées au Québec.

D’abord, les services de soutien à domiciles ont été réduits au strict minimum. En conséquence, de nombreuses personnes handicapées doivent manger des plats congelés et dépendre de leurs aidants naturels déjà épuisés pour des tâches leur permettant de vivre chez elles et de contribuer à la société. Les personnes dont le handicap est jugé trop sévère se trouvent, quant à elles, condamnées à vivre en CHSLD. Ai-je besoin de répéter que la qualité de vie y est médiocre et que ce milieu n’est aucunement adapté aux gens loin de l’âge d’or ? Des modèles permettant aux personnes handicapées de vivre de façon autonome et de participer à la société grâce à de l’assistance individuelle existent. Pourquoi le gouvernement ne cesse-t-il de restreindre le soutien à domicile et de ghettoïser les personnes handicapées ?

Importantes compressions

Toutefois, les compressions ne s’arrêtent pas là. Les programmes permettant de réduire les obstacles auxquels font face les personnes handicapées ont tous connu d’importantes compressions. L’éducation, l’emploi, les transports en commun, les lieux ouverts au public, les soins de santé, aucune sphère de la vie n’a été épargnée par la diminution du soutien nécessaire pour pallier ou éliminer les obstacles à la participation sociale des personnes handicapées.

La Commission des droits de la personne nous informe que 60 % des plaintes qu’elle reçoit concernent le handicap. Dans un monde où les emplois, les lieux ouverts au public, les transports, l’éducation sont inaccessibles, où le financement pour faire disparaître ces barrières fond comme neige au soleil et où des stéréotypes négatifs et discriminatoires sont véhiculés dans la sphère publique, est-il surprenant que certaines personnes handicapées veuillent se suicider ?

La Loi concernant les soins de fin de vie adoptée par le Québec a fait l’objet d’une réflexion publique approfondie. Une importance particulière a été accordée au renforcement des options offertes en fin de vie, comme la disponibilité des soins palliatifs. Évidemment, il faut demeurer vigilant et s’assurer que ces options sont réellement mises en place, car sans elles, il ne s’agit plus d’un choix éclairé. Quelles options s’offrent aux personnes handicapées qui sont forcées de vivre en CHSLD ou à celles qui ne voient plus de sens à leur vie tant elles sont exclues de la société ? En l’absence d’options adéquates pour vivre dans la dignité, le consentement des personnes qui souhaitent mourir a-t-il la même valeur ?

Plus que jamais, le gouvernement doit agir pour que les personnes handicapées puissent vivre dignement. La réponse à la volonté de mourir d’une personne handicapée devrait être la même que pour une personne non handicapée : le suicide n’est pas une option. Ensemble, nous devons bâtir une société dans laquelle chacun peut vivre dans la dignité et sentir qu’il occupe une place importante et valorisée.

 

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Pour un Bureau de l’accessibilité universelle et des personnes handicapées à Montréal

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Jusqu’au 30 novembre, Montréal tient des consultations publiques sur la version préliminaire de son « Plan d’action 2019-2020 en accessibilité universelle ». Le manque d’accessibilité est un problème endémique qui brime les droits de personnes handicapées. Le plan est intéressant sur plusieurs points, mais il lui manque un élément essentiel : la création d’un Bureau de l’accessibilité universelle et des personnes handicapées.

Malgré les avancées notables en accessibilité universelle réalisées dans les espaces et bâtiments municipaux au cours des dernières années, des problèmes majeurs persistent : l’accessibilité des commerces traîne sérieusement de la patte, elle est peu encouragée, et les subventions offertes sont trop souvent inconnues des acteurs concernés ; les personnes handicapées demeurent sous-représentées dans les instances de la Ville ; la population montréalaise n’est pas vraiment mobilisée autour de cet enjeu de société. Et les progrès sont naturellement trop lents pour les personnes handicapées par l’environnement urbain jonché d’obstacles.

Pour accélérer la cadence et la maintenir sans flancher, l’administration doit mettre sur pied un bureau relevant de la mairesse qui servirait de pivot entre les services municipaux, et entre ceux-ci et les entités publiques et privées. Sa mission consisterait notamment à stimuler et à encadrer les interventions en accessibilité, à concevoir une politique de lutte contre le capacitisme (discrimination systémique fondée sur le handicap), à former les employés et à s’assurer que la réglementation est respectée et appliquée de manière cohérente dans tous les arrondissements. Le bureau emploierait des personnes handicapées spécialistes de l’accessibilité universelle et des droits des personnes handicapées.

Cette démarche s’inspire d’initiatives analogues de villes comme New York, San Francisco, Los Angeles, Boston, Houston, Denver et Chicago qui disposent d’un Mayor’s Office for People with Disabilities jouant un rôle clé et jouissant d’une belle visibilité tant dans l’appareil municipal que dans le public.

Lutte contre le capacitisme

Il faut souligner l’importance du volet « lutte contre le capacitisme ». Pour construire une ville juste, sécuritaire et inclusive pour les femmes et les personnes racisées, il faut comprendre et combattre le sexisme et le racisme. Pour construire une ville juste, sécuritaire et inclusive pour les personnes handicapées, il faut comprendre et combattre le capacitisme. La discrimination fondée sur le handicap est le motif de discrimination invoqué le plus fréquemment devant la Commission des droits de la personne. Selon le plan soumis à la consultation, l’administration compte offrir à ses employés une formation en accessibilité universelle. Pour être complète, celle-ci devra traiter de la question incontournable du capacitisme.

Il est hautement souhaitable que la Ville embauche des personnes handicapées ayant les compétences appropriées pour donner la formation. Cela fait plusieurs années que Montréal prend des engagements et pose des gestes significatifs pour devenir plus accessible et plus inclusive. L’administration actuelle semble déterminée à démontrer son leadership. Tant mieux ! Mais étant donné que la Ville n’a jamais pris que des mesures ponctuelles ne s’inscrivant pas dans une vision concertée, la tâche à accomplir est monumentale. La Ville doit donc donner des preuves tangibles de son engagement en faveur de l’inclusion et de l’accessibilité en créant le Bureau de l’accessibilité universelle et des personnes handicapées.

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