Notre histoire, ce n’est pas du passé

[ad_1]

Il paraîtrait qu’il ne faudrait pas parler d’événements comme celui-là, histoire de ne pas nourrir un sentiment de défaitisme chez les Québécois, chez les jeunes surtout. Des pendaisons comme celles des patriotes, c’est bien connu, ça ne fait pas danser dans les chaumières.

Trop tristes ? Trop sombres ? Trop de larmoiements provoqués ? Trop d’idées noires entretenues trop longtemps ? « Il faut regarder en avant et cesser de rabâcher ces vieilles histoires », soutiennent ceux pour qui n’existerait qu’un futur ayant fait l’impasse sur le passé. Sur notre passé.

Cette idée qu’il faudrait ranger une partie de notre histoire au placard est récurrente. On l’a retrouvée dans la chronique de Mme Francine Pelletier le mercredi 23 janvier dans Le Devoir. « Peut-être faudrait-il regarder plus souvent devant plutôt que toujours derrière, se rappeler là où on veut aller, pas seulement là d’où l’on vient », a-t-elle écrit.

Voilà un passé que d’aucuns s’acharnent à faire oublier, qualifiant de radotage contre-productif les rares occasions qui nous sont données de se souvenir pour ne pas oublier.

Le professeur Jocelyn Létourneau, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en histoire et en économie politique du Québec contemporain de l’Université Laval (ouf !), avait mené une enquête, qui a duré dix ans, portant sur la perception qu’ont les jeunes de notre histoire.

Les résultats sont parus chez Fides il y a cinq ans. « La plupart des jeunes Québécois ont ainsi en tête que l’histoire de leur province est teintée par l’idée de la survivance et de la résistance, résume M. Létourneau dans son ouvrage », a-t-on lu dans La Presse.

Plus de 4000 jeunes avaient décrit ce qu’ils pensent du Québec. L’un d’entre eux en avait dit ceci : « La domination des autres pays rendent le Québec ce qu’elle est aujourd’hui. » Létourneau en fait la traduction suivante : « Pour ce jeune, l’aventure québécoise dans le temps se veut tragique en ce qu’elle résulte d’une volonté extérieure au Nous, sorte de contrainte que l’Autre a imposée au Québec et qui a freiné son accomplissement dans ce qu’il aurait pu être ou dû devenir. »

Ici, le jupon du lauréat en 2006 de la bourse de 225 000 $ de la fondation Pierre-Elliott-Trudeau dépasse. Cet Autre, qui revient toujours sous une forme ou sous une autre, n’aurait rien imposé au Nous ?

Doit-on comprendre que la trajectoire du peuple québécois, tout au long de son histoire, n’aurait été qu’une suite ininterrompue d’orgasmes collectifs, de sublimes plaisirs partagés, de moments de grâce irrésistibles ? Qu’il aurait été de mise de se tordre de plaisir en voyant l’armée britannique conquérir le pays ?

Qu’on aurait dû sortir les chaises pliantes, comme pour les feux d’artifice de La Ronde, pour admirer le spectacle offert par les troupes dirigées par le major Scott, qui ont mis le feu aux maisons de la Côte-du-Sud, de Kamouraska à Lévis, dans ce qu’on a appelé l’année des Anglais, en 1759, après avoir détruit les fermes de la Côte-de-Beaupré, de Baie-Saint-Paul et de La Malbaie et en assassinant au passage, à Montmagny, l’ancêtre direct de Philippe Couillard et ses deux oncles ?

Qu’il aurait été plus seyant d’applaudir quand ils ont pendu Chevalier de Lorimier, Joseph-Narcisse Cardinal, les frères Sanguinet et tous les autres, comme nous l’a rappelé l’historienne Micheline Lachance dans un texte saisissant publié dans Le Devoir à l’occasion du 175e anniversaire des exécutions ?

« Ce qui m’a le plus frappée dans les récits et témoignages laissés par leurs contemporains ? La répression féroce exercée par les autorités coloniales : patriotes traqués comme des bêtes dans les bois, femmes et enfants chassés de leurs foyers à moitié nus, jeunes filles ligotées et violées, récoltes pillées, fermes saccagées… »

Qu’il aurait été plus poli de tuer le veau gras à la formation de la Confédération canadienne, même si on a oublié de nous consulter ?

Dans ses Insolences publiées en 1960, il y a donc 59 ans, le célèbre Frère Untel racontait comment il avait testé les connaissances de ses élèves de 10e année en leur faisant écrire la première strophe de l’hymne Ô Canada. Parmi les trouvailles des étudiants d’Alma, il y avait celle-ci :

« Ton histoire est une des pas pires » en lieu et place de « Ton histoire est une épopée » !

Un lapsus révélateur que celui-là ! Quand on y regarde de plus près, en effet, on a une histoire pas pire pantoute.

Déplorer, comme l’avait fait Létourneau, que le peuple québécois ait pratiqué la résistance pour assurer sa survivance, après les heures difficiles qu’il a dû traverser, cela relève d’une mauvaise foi éhontée. Un bon petit peuple par ailleurs, qui honore ses conquérants en leur érigeant des statues ou en donnant leur nom à des lieux publics : Wolfe, Amherst, Sherbrooke, Durham.

Enfin, quand on constate à quel rythme effarant sont démolies, dans une indifférence quasi généralisée, des centaines de maisons historiques ou patrimoniales pour faire place bien souvent à des centres commerciaux d’une laideur consommée ou à des parkings, on se dit que c’est la même logique exposée par Mme Pelletier qui s’applique : faire table rase du passé pour le remplacer par du n’importe quoi. Pour autant que ce soit recouvert du vernis du postmodernisme…

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس

La vraie histoire du calibre El Primero

[ad_1]

Présenté en 1969, à la barbe de ses concurrents, ce chronographe automatique créé par Zenith demeure le plus célèbre de l’horlogerie suisse. Et pourtant, il a bien failli disparaître.

Lorsque au début des années 2000, nous écrivions dans ces colonnes que le mouvement El Primero était un prototype pas tout à fait opérationnel quand il fut dévoilé précipitamment à la presse en janvier 1969, pour damer le pion au groupe Chronomatic* qui travaillait sur un projet similaire, Thierry Nataf, alors président de Zenith, prit la mouche. «Nous avons été les premiers au monde à sortir un calibre chronographe à remontage automatique. Un point c’est tout! C’est d’ailleurs pour cela qu’il a été nommé El Primero, “le premier” en espéranto.»

Vingt ans après, Julien Tornare, quatrième PDG de cette entreprise depuis que LVMH l’a rachetée en 1999, avance d’autres arguments. «Dans les années 1960, les Suisses et les Japonais étaient en compétition pour développer un chronographe à remontage automatique. Cela s’est joué à quelques mois. Tous les calibres sont sortis pratiquement la même année. Selon les documents retrouvés dans nos archives, quand le 10 janvier 1969, Zenith présentait le calibre El Primero, il fonctionnait parfaitement. Sa force réside dans sa construction, soit un mouvement à roue à colonnes 100 % intégré à laquelle est associée une haute fréquence de 36.000 alternances par heure. Sans compter qu’El Primero affiche une épaisseur d’à peine 6,5 mm. Certains ont oublié à quel point ce mécanisme, avec ces innovations, a révolutionné l’industrie.»

Un plan original  du calibre de 1969.
Un plan original  du calibre de 1969. Zenith

Le trésor de Charles Vermot

Pourtant, avant de devenir le chronographe favori de Bill Clinton, de Sean Connery et de Sean Penn, El Primero a connu une traversée du désert. Sa naissance fut longue et douloureuse. Sept ans de gestation dans un contexte agité. Dans les années 1960, le quartz asiatique est sur le point de menacer l’industrie traditionnelle suisse qui tente d’élaborer des montres mécaniques plus précises. En 1962, Zenith s’y attelle. Sous le nom de code «3019PHC» se cache le projet d’un chronographe automatique d’un nouveau genre: un calibre qui ne serait pas le fruit du simple rajout d’un module de chronographe à une base automatique. La marque traîne, la concurrence avance. En 1967, la rumeur d’un projet similaire, mené par le groupe sus-cité, pousse Zenith à accélérer le mouvement. L’horloger parvient à lancer El Primero deux mois à peine avant la sortie de celui de ses petits camarades. Sa haute fréquence de 36.000 alternances par heure (contre 18.000 pour un mouvement classique) le rend deux fois plus précis qu’un chronographe standard. Et lui permet surtout d’être le premier du genre à mesurer les temps au 1/10 de seconde. Mais ces qualités intrinsèques ne profitent pas encore au Speedy Gonzales de l’horlogerie.

» LIRE AUSSI – El Primero, le chronographe automatique le plus rapide du monde

En 1971, la marque fondée au Locle (Suisse) en 1865 par un certain Favre-Jacot est vendue à la Zenith Radio Corporation, à l’origine un fabricant de radios et de téléviseurs de Chicago… En prenant le destin de la manufacture helvétique en main, les Américains le brisent. En compétition avec le quartz, El Primero ne se vend pas. Au milieu des années 1970, en pleine débâcle de l’horlogerie traditionnelle, ordre est donné à Zenith d’arrêter la production des mouvements mécaniques et de détruire tous les outillages et les machines nécessaires à la fabrication d’El Primero. C’est grâce à Charles Vermot, responsable de l’un des ateliers que le calibre a pu sauver ses rouages. Avec l’aide de son frère Maurice, il planque 150 étampes, plans et outils, créés pour le fameux calibre, dans le grenier de la manufacture dont ils cimentent la porte d’entrée.

Zenith est revendu, en 1978, à un consortium d’industriels suisses, lesquels entendent ressusciter la production d’El Primero, notamment pour le vendre à de grandes marques de compatriotes en quête d’un mouvement chronographe automatique de haute facture. Grâce au trésor des Vermot, la fabrication peut être relancée.

«Notre objectif est de nous appuyer sur le passé pour construire l’avenir. Ainsi, pour les 50 ans d’El Primero, nous proposons un coffret édité à 50 exemplaires comprenant trois chronographes»

Julien Tornare, PDG de Zenith

Dans les années 1980, Ebel, Panerai, Rolex en équipent leurs montres. El Primero devient une référence horlogère. À tel point que, pendant des années, 80 % de la production de ce sujet d’exception est vendue à autrui. Zenith perd son image, El Primero, sa notoriété en étant enfermé dans des boîtiers qui ne portent pas son nom. Le rachat de l’entreprise par LVMH va changer la donne. En 2001, le Français Thierry Nataf fait de ce calibre la pierre angulaire de sa stratégie et parvient à rendre sexy une marque qui ne l’était pas. Il ouvre le cadran des montres et rend visibles les «battements du cœur» d’El Primero, multiplie les complications horlogères développées sur la base de son mécanisme fétiche. Seulement, les prix flambent. Les puristes et l’industrie crient à la trahison… Nataf est remplacé par le Genevois Jean-Frédéric Dufour (ancien directeur de la manufacture LUC de Chopard et futur président de Rolex) qui s’emploie jusqu’en 2014 à remettre Zenith dans des rails plus orthodoxes avec une offre au design plus apaisé et des modèles rendus nettement plus abordables.

Les trois chronographes du coffret du 50 <sup>e</sup> anniversaire, édité à 50 exemplaires.
Les trois chronographes du coffret du 50 e anniversaire, édité à 50 exemplaires. photomontage Le Figaro

Aujourd’hui, si entre 60 et 70 % des montres Zenith sont équipées d’une base El Primero, sa place soulève plusieurs questions. «Un mouvement aussi connu, plus célèbre que la marque, qui prend autant d’importance, est-ce une faiblesse ou une force pour Zenith ?» s’interrogeait Jean-Claude Biver lorsqu’il dirigeait la branche horlogère de LVMH. «C’est une force quand, aux côtés de ce mouvement icône, on apporte une montre icône, répond Julien Tornare dont l’entreprise produit environ 20.000 garde-temps par an. Notre objectif est de nous appuyer sur le passé pour construire l’avenir. Ainsi, pour les 50 ans d’El Primero, nous proposons un coffret édité à 50 exemplaires comprenant trois chronographes. Le premier est une réédition fidèle de la montre de 1969, le second est un Chronomaster classique dont le mouvement a été optimisé, le troisième est une Defy qui mesure les temps au 1/100 de seconde. Et nous avons disposé dans ce coffret un quatrième coussin pour accueillir un prochain chronographe au 1/1000 de seconde…» En attendant, Zenith annoncera après la foire de Bâle 2019 avoir produit un million de mouvements El Primero depuis cinquante ans.

* Groupe Chronomatic: Breitling, Hamilton-Büren, Heuer et Dubois-Dépraz.

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس

Histoire du premier quartier multiracial de Montréal

[ad_1]

Cette semaine, il est beaucoup question de ces étudiants qui, en 1969, ont occupé le centre informatique de la Sir George Williams University (aujourd’hui l’Université Concordia) pour protester contre le racisme, ses causes sous-jacentes et ses conséquences à l’échelle du Canada et du monde. À quelques centaines de mètres plus au sud, en bas de la côte, dans la Petite-Bourgogne, un autre événement — sans doute tout aussi important — se produit : la démolition d’une grande partie du premier quartier multiracial de Montréal et les expropriations qui en résultent. C’était il y a 50 ans.

Entre 1967 et 1973, la construction à Montréal d’un nouvel axe routier est-ouest (l’autoroute Ville-Marie) sectionne, outre le quartier chinois, la Petite-Bourgogne. Le reste du secteur est en grande partie détruit pour faire place à des logements sociaux. Dans leur ensemble, ces projets ont des répercussions considérables sur les Noirs montréalais. Ce n’est pas une coïncidence. En effet, la restructuration radicale des villes nord-américaines touche de façon disproportionnée les minorités raciales et les communautés blanches démunies. Tout comme le déclin des villes, le renouveau urbain a de profondes racines historiques et crée quantité d’injustices.

S’introduisant chez des particuliers, des estimateurs municipaux prennent des photos pour étoffer les dossiers d’expropriation. Dans la Petite-Bourgogne seulement, plus de mille clichés sont ainsi réalisés. Chacun d’eux montre un représentant de la Ville de Montréal ; bien vêtu, il tient à la main une fiche d’identification. Très modestes, les logements visités suggèrent une réelle pauvreté. Parfois, un résident figure sur la photo. Pendant que l’estimateur photographie son lieu d’habitation, il reste délibérément assis à la table de cuisine. Ces images puissantes illustrent éloquemment les notions de pouvoir, de violence et de perte.

Avant les expropriations, le secteur délimité par les quartiers de Griffintown et de Saint-Henri, dans le sud-ouest de Montréal, porte plusieurs noms : Saint-Antoine, Sainte-Cunégonde et Saint-Joseph. De nombreux Noirs montréalais le surnomment simplement « West End ». Au fil du temps, l’appellation « Petite-Bourgogne » — qui désigne en fait le projet de renouveau urbain — s’impose.

Proximité des gares

Si, historiquement, les membres de la communauté des Noirs anglophones de Montréal s’installent dans ce qui constitue aujourd’hui la Petite-Bourgogne, c’est que le quartier se trouve à proximité des gares Windsor et Bonaventure. Rappelons que l’arrivée du chemin de fer à Montréal s’accompagne d’une migration importante de Noirs. En effet, les entreprises ferroviaires comptent parmi les rares employeurs embauchant des gens de couleur. Toutefois, ces derniers sont uniquement porteurs ou bagagistes. Carl Simmons explique : « Dans la plupart des foyers, le chef de famille travaille pour une compagnie de chemin de fer. Il n’a pas le choix. Quel autre emploi pourrait décrocher un Noir ? Le racisme est omniprésent. » Du reste, la ségrégation s’étend aux lieux d’habitation. À preuve, de nombreux citoyens se voient forcés de s’entasser à plusieurs dans un « logement glacial », sans eau chaude.

Alors que Jean Drapeau occupe la mairie, Montréal multiplie les projets de modernisation. Sous prétexte d’éliminer les taudis, des quartiers entiers sont rasés au bulldozer. La Petite-Bourgogne est l’un des plus touchés. De nombreuses familles noires partent pour de bon. Le nouveau quartier compte peu d’espaces commerciaux, et les entreprises noires en souffrent. La population de la Petite-Bourgogne passe de 14 710 résidents en 1966 à tout juste 7000 en 1973.

Le renouveau urbain et les expropriations qui s’ensuivent sapent la densité du réseau d’établissements communautaires servant la collectivité noire de Montréal. Dans la Petite-Bourgogne, les écoles primaires anglophones cessent leurs activités les unes après les autres. En 1981, la fermeture de la Royal Arthur School porte un coup fatal au quartier. Le Centre communautaire des Noirs s’y maintient vaille que vaille jusqu’en 1989. Interviewé par Dorothy Williams, l’organisateur communautaire Gordon Butt précise qu’« il faut l’avoir vécu pour mesurer l’étendue des destructions qu’a subies cette collectivité. Où sont passés les gens ? La communauté est dépouillée. Elle est éviscérée. Elle est anéantie. »

[…] Aux fins du renouveau urbain de la Petite-Bourgogne, non seulement des bâtiments, mais aussi des liens de voisinage, sont réduits à néant. Il ne faut surtout pas l’oublier.

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس

Ethique : Oeuf NYC, une histoire de femmes

[ad_1]

Derrière la marque Oeuf NYC se cache une Française vivant à New York, Sophie Demenge, et, derrière elle, quelque 400 femmes boliviennes, aux mains expertes desquelles Sophie confie le soin de tricoter ses vêtements et accessoires en maille. De Brooklyn à la Bolivie, retour sur l’histoire cousue de fil baby alpaga d’une marque dont le motto « Be good » résume à lui seul les valeurs éthiques qui l’animent.

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس

Opel, une histoire de concept cars

[ad_1]

NOUVEAUTÉ – «Le Figaro» a été invité à découvrir le dernier concept car de la marque Opel. Des prototypes du passé se sont mêlés à la présentation organisée dans les studios du groupe PSA, à qui appartient désormais le label allemand.

À une autre époque, les concept cars étaient l’œuvre des carrossiers, et non des constructeurs automobiles. Opel fut ainsi la première marque européenne à sortir du rang en dévoilant un prototype en 1965, l’Experimental GT présenté au Salon de Francfort. Ce concept a ensuite donné naissance à l’Opel GT, une voiture sportive voulue accessible au plus grand nombre, et dont l’apparence rappelait les Chevrolet Corvette de l’époque.

Les concept cars ont pris depuis une importance capitale pour la marque allemande, avec la forte impulsion donnée par la GT, qui n’a jamais quitté l’esprit des designers d’Opel. À notre arrivée dans les studios du groupe PSA, à qui appartient Opel depuis 2017, pour découvrir la dernière réalisation du constructeur à l’éclair (le fameux blitz), une surprise nous attendait. Une Opel Manta A des années 1970 dans un état irréprochable était exposée: la marque s’inspire toujours beaucoup de ses anciens modèles pour concevoir ses véhicules actuels.

Une Opel Manta A des années 1970 .
Une Opel Manta A des années 1970 . Axel Wierdemann

Il s’agissait d’une version sportive dotée d’un moteur 4 cylindres de 1,9 litre de cylindrée, et qui, signe d’une époque différente, n’avait pas honte d’annoncer haut et fort son tempérament musclé, à l’aide de bandes de couleurs vives et de badges «1900» (pour 1900 cm3). Une vision qu’Opel souhaite faire renaître, dans une certaine mesure, sur ces modèles futurs. S’installer au volant donne immédiatement une furieuse envie de partir à l’aventure sur le réseau secondaire français. La simplicité du tableau de bord et le moelleux étonnant des sièges donnent une vraie leçon aux voitures actuelles.

Deux anciens concept cars se sont également invités à la fête. Le premier était le prototype CD de 1969, fondé sur la luxueuse Opel Diplomat. Le verre est omniprésent sur la voiture, de manière à rendre l’habitacle très lumineux et la visibilité parfaite. Un précepte que les concepts plus récents n’ont d’ailleurs pas renié. Gage de sa modernité et de son avant-gardisme: si l’on fait l’impasse sur les pneus surdimensionnés et les phares avant escamotables, le CD peut presque passer pour voiture néorétro actuelle.

Le prototype CD de 1969, fondé sur la luxueuse Opel Diplomat.
Le prototype CD de 1969, fondé sur la luxueuse Opel Diplomat. Axel Wierdemann

À l’intérieur, on note l’apparition du «Pure Panel» qui consiste à regrouper toutes les informations utiles à la conduite sur un tableau de bord compact, et ainsi bénéficier d’un habitacle épuré. La version de 1969 et ses nombreux compteurs et jauges à aiguilles répartis sur le tableau de bord semblent très loin de ce qu’on peut imaginer pour la future planche de bord automobile, même si le «Pure Panel» pourrait reprendre du service.

Le second prototype nous fait effectuer un bond en avant dans le temps, puisqu’il s’agit du GT Concept de 2016. Ce modèle de sport, très compact, est constitué de trois couches de couleurs (noir, rouge et gris) et possède des pneus avant rouges, inspirés de la Moto Club de 1928 produite par Opel. On retrouve la grande bulle transparente initiée par la CD qui s’étend du pare-brise jusqu’à l’arrière du toit. Elle permet d’avoir une vue dégagée sur la route malgré la faible hauteur de toit du coupé.

Le GT Concept de 2016.
Le GT Concept de 2016. Axel Wierdemann

Le Concept GT reprend le précepte de Colin Chapman «light is right», trop souvent ignoré par les sportives actuelles. Tout a été mis en œuvre pour réduire la masse de l’engin au maximum, mais aussi pour en diminuer le coût. Il embarque ainsi un moteur de grande série, un 3 cylindres emprunté à la citadine Adam, qui ne devrait avoir aucun mal à composer avec le faible poids de l’auto. Une idée qui n’est pas sans rappeler une certaine Mazda MX-5.

En se glissant à l’intérieur du cockpit, on se rend compte que des caméras remplacent les bons vieux rétroviseurs. Inutile de chercher à régler le siège: ce sont le volant et le pédalier qui s’ajustent, à la manière de la supercar LaFerrari. La position de conduite idéale, le petit volant et le tableau de bord futuriste donnent envie de goûter au pilotage de cet engin.

Le combiné d’instrumentation est un pavé digital, mais il est différent de ce que l’on peut trouver sur les voitures contemporaines. En effet, l’écran vient s’enfoncer dans la planche de bord en formant deux cercles qui représentent les compteurs. Le Pure Panel a traversé les années, et a pu se parfaire grâce à l’arrivée des écrans qui permettent de réunir autant de données que nécessaire, de manière virtuelle. Opel ayant jugé que trop d’informations étaient nuisibles à la concentration du pilote, l’écran n’affiche aucune donnée à l’extérieur des compteurs. Lorsque le conducteur à besoin de savoir quelque chose (information de navigation, agenda), une fenêtre jaillit de l’écran vide et affiche l’élément requis de manière automatique.

Le concept GTX XPRMNTL de 2018.
Le concept GTX XPRMNTL de 2018. Opel

Si beaucoup de voitures de sport ont aujourd’hui un habitacle raffiné avec des matériaux nobles, le GT concept exprime une vision différente. Sans renier le confort, le petit coupé reprend des textiles utilisés dans de nombreuses pratiques sportives, afin d’avoir un habitacle résistant, léger et peu coûteux. Le cuir des sièges est ainsi remplacé par un tissu provenant du monde des chaussures de sport, et la suédine qui recouvre habituellement le volant des véhicules à hautes performances laisse place à du néoprène, un matériau utilisé notamment pour les combinaisons de plongée.

Avant de passer au nouveau concept car, la marque à l’éclair nous a parlé davantage de sa stratégie. Le groupe PSA laisserait une grande marge de manœuvre à sa récente acquisition, mais possédant déjà trois marques françaises, il impose à Opel de rester «allemand». Les labels germaniques sont réputés pour leur qualité perçue et leur fiabilité, beaucoup moins pour leur fantaisie. Opel demeurera une marque allemande généraliste, mais devrait proposer des produits plus fun pour se démarquer de l’austère production d’outre-Rhin. Bref, la «Deutsche Qualität» avec un peu plus de gaieté.

Le concept GTX XPRMNTL est équipé d'une motorisation 100 % électrique.
Le concept GTX XPRMNTL est équipé d’une motorisation 100 % électrique. Opel

Nous voici enfin devant le concept GTX XPRMNTL (ce dernier mot n’appartient pas au vocabulaire shadok, mais signifie «expérimental») , qui annonce la voie que vont emprunter les modèles d’Opel à partir de 2020. Parmi les éléments qui seront retenus sur la future gamme du constructeur, on retrouve le fameux Pure Panel, mais aussi la face avant «Vizor» qui représente la visière protectrice d’un casque. Le concept est équipé d’une motorisation 100 % électrique. Ce n’est pas le premier essai du constructeur dans ce domaine, puisque l’Opel Ampera (sœur jumelle de la Chevrolet Volt aux USA) était déjà un véhicule électrique avec prolongateur de charge. La plus petite Chevrolet Bolt, connue sous le nom d’Ampera-e, ne sera guère répandue en Europe.

Le constructeur précise qu’il imagine les voitures roulant à l’électricité comme une partie du futur, et n’envisage pas un marché automobile avec un seul type de motorisation. La technologie nécessaire la réalisation d’un véhicule électrique représenterait 40 % du coût de fabrication, ce qui rend difficile de les proposer à un prix attractif.

À l’extérieur, trois couches de couleurs se superposent (bleu foncé, jaune et blanc), comme sur le concept GT. Le GTX reprend la silhouette, devenue classique, du SUV. Sur les bas de caisse, on retrouve un témoin de la charge du véhicule, qui permet au possesseur de la voiture de vérifier le taux d’électricité emmagasiné par la batterie sans avoir à consulter le tableau de bord.

Les phares Matrix Light peuvent afficher le logo «GTX», mais aussi une animation des jeux Snake et Pacman. Détail plus amusant encore, les jantes sont inspirées des réalisations de la marque BBS, qui faisaient le bonheur des conducteurs de Golf GTI et de BMW sportives dans les années 1980. Au centre de ces jantes, un écran affiche un sigle Opel qui ne tourne pas avec les roues, à la manière des Rolls-Royce. Opel a toutefois tenu à ce que cette image du logo ne soit pas totalement fixe, car les imperfections donneraient, selon le constructeur, un certain charme a la voiture.

À l’instar du concept GT, les matériaux utilisés dans l’habitacle sont issus de l’industrie des vêtements et des chaussures, et les rétroviseurs sont remplacés par des caméras. Les sièges n’étant pas reliés au plancher, on a l’impression qu’ils flottent dans les airs. Inutile, ici aussi, de chercher à ajuster celui du conducteur, puisqu’il se règle seul en fonction de la hauteur des yeux du pilote! L’intérieur semble vide grâce au Pure Panel qui regroupe toutes les commandes, et qui s’utilise via un petit pavé tactile. Les portes n’incorporent même pas de haut-parleurs, puisque ces derniers s’incrustent dans les sièges. On a donc le choix d’équiper les sièges ou non de cette option, mais aussi de choisir le nombre de sièges qui en bénéficieront.

On constate aussi l’absence d’aérateurs centraux, remplacés par une ouverture sous le pare-brise qui ramène l’air extérieur dans l’habitacle, comme sur les voitures anciennes. Il est possible de prendre un selfie via le tableau de bord et de le poster directement sur les réseaux sociaux, et même de l’imprimer. Une fonction pour le moins inattendue sur une voiture.

Le dernier concept car d’Opel sait faire preuve d’ingéniosité pour réduire ses coûts de fabrication tout en cherchant à améliorer la vie à bord. La marque ose aussi récupérer des éléments du passé pour ses voitures de demain, une formule qui a déjà fait ses preuves avec la vague néo-rétro. Pour les sensations de conduite, on se tournera plutôt vers le Concept GT de 2016 qui est plus que jamais d’actualité avec son petit moteur et son poids plume qui devraient limiter ses émissions de C02, tout en proposant une voiture aux performances suffisantes pour se faire plaisir sans être tenté de rouler à des vitesses prohibées. Après tout, suite à la disparition du Peugeot RC Z, la gamme PSA n’est-elle pas en manque d’un coupé sportif?

Le GT Concept de 2016 aux côtés du Concept CD de 1969.
Le GT Concept de 2016 aux côtés du Concept CD de 1969. Opel

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس

La formidable histoire des jardins collectifs et familiaux

[ad_1]

Délaissés pendant les Trente Glorieuses, ces petits lopins de terre sont de nouveau prisés par les citadins.

Tous au jardin! Depuis une vingtaine d’années, l’engouement pour les jardins familiaux ou collectifs ne se dément pas. Volonté de renouer un contact avec la nature, de cultiver ses propres légumes, gages d’une alimentation saine, mais aussi de contribuer au verdissement de leur ville, de plus en plus de citadins frappent aux portes des mairies ou des associations qui gèrent ces petits lopins de terre, générant des listes d’attente longues comme un jour sans pain. Jusqu’à trois fois le nombre de parcelles disponibles!

Mardi dernier, la bibliothèque de la Société nationale d’horticulture de France (SNHF) a consacré une journée d’études à ce phénomène dont l’origine remonte à la fin du XIXe siècle avec la création de ce que l’on appelait alors les «jardins ouvriers», ancêtres de nos actuels jardins familiaux. Plusieurs grandes figures sont à l’origine de ce mouvement, comme l’abbé Jules Lemire, député maire d’Hazebrouck (Nord) qui fonde, en 1896, la Ligue française du coin de terre et du foyer.

«Garant de la paix sociale»

Culture de tomates à Lyon, dans le quartier Saint-Jean en 1949.
Culture de tomates à Lyon, dans le quartier Saint-Jean en 1949. Janine Niepce

L’objectif de cet ecclésiastique classé à gauche, qui sera plus tard sanctionné par le pape pour avoir soutenu la loi de 1905 sur la séparation de l’Église et de l’État, est de «mettre à disposition du chef de famille un coin de terre pour y cultiver des légumes nécessaires à la consommation du foyer». Outre l’aspect nourricier, il s’agit également d’inciter les travailleurs des grands bassins miniers et industriels à pratiquer une activité saine, au grand air, qui les tienne éloignés de leur «taudis» et du «cabaret», générateurs de tuberculose et d’alcoolisme.

«Dans les ménages d’ouvriers où les plantes sont en faveur, règnent l’ordre et la propreté; le cabaret est délaissé», peut-on lire dans une chronique publiée en 1896 dans les Annales de la Société centrale d’horticulture de France, ancêtre de la SNHF. Un autre article publié dans la même revue loue le rôle de «garant de la paix sociale» des jardins ouvriers que nombre d’entreprises mettent, au même moment, à la disposition de leurs employés. «Il est vrai que le jardinage contribue aussi à éloigner ces derniers du syndicalisme», note Daniel Lejeune, administrateur de la SNHF en charge de la bibliothèque.

À lire également: Jardiner, c’est bon pour le moral!

Tout acquis à la doctrine du terrianisme selon laquelle chaque homme a le droit de jouir d’un morceau de terre, l’abbé Lemire va créer des structures associatives en vue de permettre aux ouvriers de s’affranchir de la tutelle de leur employeur. Et de pouvoir garder leur parcelle s’ils étaient amenés à perdre leur travail. Le moindre espace disponible situé à proximité des logements ou des usines est mis en culture dans le Nord mais aussi en région parisienne et dans la plupart des grands centres urbains, comme à Saint-Étienne sous l’impulsion du père Félix Volpette.

«Il règne au début du XXe siècle un formidable bouillonnement, souligne Jean Wohrer, administrateur de la Fédération nationale des jardins familiaux et collectifs issue de la Ligue de l’abbé Lemire. L’ouvrier a la liberté de cultiver ce qu’il veut pour sa consommation personnelle mais dans un esprit collectif, basé sur l’échange des idées qui fait que l’on est plus intelligent ensemble que seul.»

L’équivalent d’un treizième mois

En 1928, la France compte 383 000 jardins ouvriers dont 70 000 sont exploités par des cheminots sur des terrains concédés par les sociétés de chemin de fer (qui seront nationalisées en 1937). «À partir de cette époque, le profil des jardiniers commence à se diversifier avec l’arrivée de nouvelles catégories socioprofessionnelles:  artisans, employés, commerçants…» souligne Béatrice Cabedoce, chargée de recherche en histoire sociale au conseil départemental du Val-d’Oise.

Avec l’Occupation, et les privations qui en découlent, le nombre des jardins ouvriers va quasiment doubler pour atteindre 700 000 en 1945 avant de chuter à 150 000 trente ans plus tard. Les Trente Glorieuses, l’urbanisation galopante, l’irruption de la société de consommation, avec l’avènement des supermarchés, sont passées par là, donnant de ces jardins une image ringarde et dépassée. «Avec la crise, le regain d’intérêt auquel on assiste aujourd’hui s’explique en grande partie par des motivations économiques», explique Serge Lamarre de l’association Jardinot, en citant les résultats préliminaires d’une enquête réalisée en partenariat avec la SNHF qui montrent qu’un jardin permet à un ménage de réaliser une économie de 1 500 euros par an, soit l’équivalent d’un treizième mois.

Créer du lien social

Le contexte a toutefois changé en un siècle. La taille des parcelles, nettement plus petites, est modulée en fonction du temps disponible pour se consacrer au jardinage. La dimension écologique est également prépondérante tout comme le besoin de créer du lien social et d’être intégrés à la ville, à l’image des jardins familiaux du parc des Grandes Bruyères à Villejuif (Val-de-Marne). Ou de ces bailleurs sociaux qui installent avec succès des jardins partagés au pied de certaines barres d’immeubles.

La pression foncière, de plus en plus prégnante, rend toutefois l’avenir incertain. «Nous sommes face à des injonctions contradictoires, presque schizophréniques: d’un côté une demande croissante de logements et de l’autre le besoin de végétaliser les villes», constate Jean Wohrer. Les listes d’attente ne sont pas près de se résorber.

Suivez en direct toutes nos offres sur LE LIVE BLACK FRIDAY 2018 pour ne perdre aucune promo et bons plans.

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس

Histoire et enjeux d’un armistice

[ad_1]

Il y a 100 ans, le 11 novembre 1918, un armistice est signé, mettant fin aux combats de la Première Guerre mondiale. Au Canada, c’est un soupir de soulagement qui prévaut : la guerre est enfin finie ! À Montréal, le gros bourdon de Notre-Dame sonne à toute volée, accompagné par les cloches des églises. La première réaction est une joie débordante en pensant au retour prochain des soldats volontaires ou conscrits. La fin des hostilités annonce aussi la fin des privations et pressions liées à l’effort de guerre. C’est sans compter que, jusque-là, le mois de novembre a été éprouvant à cause de la grippe espagnole : de 30 à 40 morts en moyenne par jour à Montréal. L’annonce de l’armistice est une lueur dans un quotidien bien terne.

La joie s’exprime aussi par une parade militaire dans la rue Sherbrooke. Cette parade, initialement prévue pour encourager l’épargne de guerre, la fin des combats en fait le défilé de la victoire. Mais cette euphorie collective est rattrapée par la conscience du prix payé et, très vite, cette joie retombe et le deuil s’installe.

Le paradoxe du 11 novembre 1918 est d’être une victoire endeuillée. Le traumatisme de la mort de masse fait naître le besoin de donner un sens aux disparus, en plus d’un devoir de reconnaissance pour ne pas oublier leur sacrifice. Pour la première fois après un conflit, au regard des pertes, le besoin d’un deuil collectif émerge.

Au Canada, ce besoin est d’autant plus présent que les corps sont absents. Très tôt, des monuments aux morts émergent, lieu de ralliement des deuils et suprême hommage d’une communauté au sacrifice des siens. Les communautés canadiennes-anglaises, si présentes dans le Corps expéditionnaire canadien, sont les plus actives pour ériger ces monuments. Au contraire, devant l’inaction des Montréalais pour un tel projet, le cénotaphe de Montréal est offert à la ville par une association patriotique canadienne. Si la mise en place du monument reflète les tensions du temps de guerre, le deuil des disparus commande de les taire. Autour de ces monuments, le noir des veuves domine et leurs silhouettes hanteront les cérémonies du 11 novembre jusqu’à leur disparition progressive au fil des décennies.

Une invention britannique

La cérémonie du 11 novembre, établie dès 1919, est une invention britannique. C’est de Londres que vient l’idée d’observer deux minutes de silence à la date anniversaire de l’armistice, silence devant unir l’Empire autour des disparus. Mais le Canada de l’après-guerre n’est plus celui de l’été 1914. Le poids des 60 000 morts constitue l’assise aux prétentions à plus d’autonomie vis-à-vis de la métropole. C’est sur ses morts et ses anciens combattants que le Canada développe un discours national pour offrir au monde, et aux Canadiens eux-mêmes, l’image d’une nation adulte et maîtresse de sa destinée. Le point culminant de ce discours est le dévoilement du Monument commémoratif du Canada à Vimy en 1936.

Au Canada, la cérémonie du 11 novembre a une aura particulière, surtout depuis 1921 alors que, sous la pression des anciens combattants, le Parlement vote la Loi du jour de l’Armistice, modifiée, en 1931, en Loi du jour du Souvenir. La commémoration du 11 novembre se développe alors comme un moment clé de communion nationale autour des disparus et des vétérans du premier conflit mondial. Leur sacrifice constitue le socle du Canada contemporain.

Au sein du discours national canadien, qui s’impose dans les années 1920-1930, nulle place n’est faite aux différences ou aux tensions passées. De fait, les Canadiens français se détournent de cette mémoire canadienne englobante. Très longtemps, le Québec a boudé cette cérémonie du 11 novembre. Ce n’est que depuis la fin des années 1990, à la faveur d’anniversaires commémoratifs et de travaux d’historiens sur la place des Canadiens français dans les conflits mondiaux, que la tendance tend à s’inverser. Cependant, avec la disparition des derniers vétérans des guerres mondiales, le 11 novembre devient un instant de communion entre les Canadiens et les membres des Forces armées canadiennes. Cette dimension militaire nourrit des réticences au Québec, que l’on pense à la polémique du coquelicot blanc : le Québec veut préserver sa singularité face à ce qui est vu comme une valorisation du passé militaire canadien. La commémoration du 11 novembre n’est en rien un exercice dépourvu de sens au Canada.

La guerre est-elle finie pour autant, ce 11 novembre 1918 ? Si les peuples alliés pleurent leurs morts et clament « Plus jamais ça », en Allemagne, des groupes d’extrême droite parlent rapidement de revanche. Devant une paix impossible, le souvenir des disparus de 14-18 ne parvient pas à freiner la marche vers la Deuxième Guerre mondiale. Hitler savoure sa revanche le 22 juin 1940, quand il impose à la France vaincue de signer un armistice à l’endroit même où l’Allemagne avait dû le faire le 11 novembre 1918. Il fait ensuite dynamiter les lieux pour en effacer toutes traces. Le centenaire de l’armistice de 1918 nous rappelle aussi combien la paix peut être fragile face aux extrêmes.

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس

Prostitution: petite histoire d’un grand débat

[ad_1]

On assiste aujourd’hui, à l’occasion de la position récente adoptée par le Conseil général de la Fédération des femmes du Québec incluant la reconnaissance du travail du sexe dans une de ses résolutions, à la résurgence d’un débat au moins centenaire et dont l’impact se fait encore sentir maintenant. En effet, une des premières grandes batailles qui ont mobilisé les féministes de toutes tendances dans la plupart des pays occidentaux au tournant du XXe siècle concernait le système prostitutionnel. De fait, la prostitution apparaît, en même temps que la revendication du droit de suffrage des femmes, comme la question sociale dont les groupes de femmes s’emparent pour en faire la cause féministe majeure qu’ils vont défendre sur la place publique.

À l’initiative d’un mouvement dit abolitionniste, mené par la zélée Josephine Butler, une féministe d’origine suisse, de nombreux groupes de femmes actifs en Europe tentent de mettre fin à la situation de parias que vivent les femmes prostituées. Au nom de la pureté morale mais aussi pour établir une « unité de la morale » entre les hommes et les femmes, ces féministes réclament l’abolition de la réglementation de la prostitution, instaurée au milieu du XIXe siècle par des hygiénistes non moins zélés qui voulaient réformer le système prostitutionnel. Pour ces derniers, dont le médecin hygiéniste Parent-Duchâtelet préoccupé de santé publique et en particulier de la propagation des maladies vénériennes, transmises selon lui essentiellement par les prostituées, il fallait contenir la prostitution en instituant une réglementation stricte. Il s’agissait d’obliger ces dernières (des femmes uniquement) à subir un examen médical et à s’enregistrer auprès de leur municipalité, sans quoi elles pouvaient être poursuivies par la police des moeurs et mises en prison, sans autre forme de procès.

Lois européennes

Des féministes de tous les horizons s’insurgèrent immédiatement contre l’adoption de lois réglementaristes en Europe, en empruntant le vocabulaire de la lutte contre l’esclavage pour caractériser leur combat abolitionniste. Elles soulignaient d’abord l’inégalité flagrante qui consistait à poursuivre les prostituées et non ceux qui faisaient commerce du corps de ces femmes, au nom de l’égalité entre les sexes, mais aussi au nom d’une morale qu’elles seules, comme femmes, pouvaient défendre ; qu’elles aient été des femmes puritaines pour la prohibition de la prostitution ou des militantes socialistes qui voyaient ces femmes vulnérables comme des victimes de l’exploitation économique, leur mobilisation levait le voile du silence et de la réprobation morale à l’endroit des prostituées. Désormais victimes d’un système prostitutionnel, ces femmes méritaient que d’autres femmes se mobilisent en leur faveur.

Cette convergence de groupes aux objectifs souvent diamétralement opposés sur la question de la prostitution signale le début d’un long combat féministe, d’une mobilisation multiforme qui aboutira à des réformes importantes, incluant des mesures pour combattre la traite sexuelle, autrefois appelée traite des Blanches. La plupart des grandes organisations féministes nationales, comme les Conseils nationaux de femmes dans de nombreux pays, et transnationales, comme le Conseil international des femmes, se constituent dans la foulée de ce rassemblement inédit de femmes contre le système prostitutionnel. Même la toute jeune Société des Nations se dote en 1927 d’un comité pour l’unité de la morale et contre la traite, avec à sa tête une abolitionniste notoire, Ghénia Avril de Sainte-Croix.

Cet épisode de l’histoire des femmes permet d’entrevoir combien ce débat a été déterminant dans l’éveil des féminismes il y a un siècle, constituant ainsi nombre de ses composantes, qui se retrouvent aujourd’hui dans un débat semblable. Même si l’opposition actuelle entre travail du sexe, abolitionnisme et système prostitutionnel reste très ancrée dans les pratiques féministes des unes et des autres, ces divisions ne sont guère propices au débat et encore moins à une action commune. Dans ce contexte, il faut voir la résolution adoptée par la FFQ comme un gage d’ouverture aux groupes qui revendiquent ces différentes positions, dans une volonté d’inclusion qui signale la centralité et la vitalité de revendications féministes multiformes dans l’espace public.

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس