Cannabis: il faut réunir les scientifiques et les politiques

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Le gouvernement de la CAQ semble déterminé à honorer ses promesses électorales. C’est le cas en ce qui concerne le resserrement de l’encadrement du cannabis. Cette position de principe n’est pas difficile à comprendre, et est même légitime d’un point de vue strictement politique. En effet, les électeurs de la CAQ s’attendent à ce que le gouvernement pour qui ils ont voté soit conséquent.

Dans le cas précis qui nous occupe, le gouvernement reçoit des appuis d’une partie de la communauté médicale et une opposition de l’autre partie. Cette division apparente en est une de surface et s’estompe lorsqu’on en examine un peu les dessous. D’un côté, des cliniciens, certains psychiatres et pédiatres, militent pour des restrictions additionnelles au nom de la protection des adolescents et jeunes adultes (développement du cerveau, troubles d’apprentissage, etc.). On comprend bien leur position, car dans leur pratique quotidienne, ils rencontrent souvent des situations où il y a consommation souvent abusive de cannabis. Or, rien n’indique que le cannabis soit la cause des problèmes.

D’un autre côté, les spécialistes de santé publique, d’autres psychiatres et pédiatres spécialistes de l’adolescence adoptent une vision plus large où la légalisation du cannabis est vue comme un changement sociétal majeur qui doit reposer sur les enseignements les plus solides de la science. Au nom de la protection de la population, incluant les adolescents et les jeunes adultes, ils mettent en cause non pas la légalisation, mais bien l’omniprésence de la substance sur le marché illicite et les risques associés à sa mauvaise qualité. Les deux camps sont d’accord pour adopter une attitude de prudence, mais ils ne s’entendent tout simplement pas sur l’approche adéquate à suivre.

Chez les médecins, le principal soutien aux restrictions additionnelles proposées par le PL2 vient d’un syndicat, l’Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ). Tout comme la CAQ, l’AMPQ aussi poursuit des buts qui lui sont propres. Dans son cas, c’est l’obtention de ressources supplémentaires pour la prise en charge des jeunes psychotiques. Il faut toujours garder en tête qu’un syndicat n’est pas une société savante, mais bien un regroupement qui veille à l’avancement de ses membres et de leurs objectifs. Les arguments de la science sont dans ce cas-ci choisis pour faire avancer un objectif supérieur. Pas difficile de voir que la science ou la pensée rationnelle n’y changeront rien pour un temps. C’est pourquoi on assiste à une sélection d’études pour servir des positions politiques. En anglais, ce genre de stratégie a un nom, le cherrypicking, ou sélection des plus beaux fruits…

Une mauvaise utilisation des arguments scientifiques

Dans ce débat, la CAQ et l’AMPQ deviennent des alliés, car même si leurs objectifs diffèrent, la conjoncture les amène à exprimer un accord parfait. Leur argument commun porte sur le développement du cerveau. Tous les scientifiques s’entendent pour dire que le cannabis, consommé avant l’âge de 17 ans, à haute concentration et de façon régulière, présente un risque réel, tout particulièrement chez ceux qui présentent certaines vulnérabilités. Cependant, hausser l’âge légal de 18 à 21 ans n’y changera rien. Au contraire, le marché illégal maintiendra ses activités en ciblant particulièrement ce groupe.

L’argument du développement du cerveau s’inscrit aussi dans une foule d’autres cas où l’imagerie cérébrale a été utilisée, contre l’avis des chercheurs eux-mêmes, à des fins de politique publique ou même à des fins juridiques. Cependant, les scientifiques s’entendent pour dire que les données présentant un lien entre les processus neuro-développementaux et le comportement adolescent dans le monde réel sont trop faibles pour être utilisées dans l’élaboration de politiques publiques (Jacobus 2014, Johnson et coll. 2009). Une pionnière de l’imagerie cérébrale, la Dre Elizabeth R. Sowell, a déclaré ceci à la revue Science : « Les données scientifiques ne sont pas prêtes à être utilisées par le système judiciaire […]. La chose la plus difficile consiste à situer la recherche sur le cerveau dans les contextes de la vie réelle. » La science, si on l’écoute bien, invite à plus de prudence.

Réunir les scientifiques et les politiques

Même si tout le monde a la santé du public à coeur, un gouffre persiste entre ceux qui ont un intérêt politique légitime à changer la loi et ceux qui fondent leur position sur la science. Pourquoi ne pas considérer une approche convergente, un forum réunissant les scientifiques et les politiques, permettant à la fois de réconcilier ces deux points de vue et de rassurer le public. Confier ce mandat à un groupe indépendant, tel que l’Institut national d’innovation en santé et en services sociaux (INESSS), permettrait de clarifier la meilleure route à suivre tout en tenant compte des multiples aspects de la question. Sur un horizon à relativement court terme (12 à 18 mois), le mandat pourrait être de désenchevêtrer cette question de l’âge et, pourquoi pas, celle, aussi épineuse, de la consommation à l’intérieur des logements et dans les lieux publics.

La loi actuelle est assez bonne pour servir de point de départ. Son impact mérite d’être bien évalué. Pendant ce temps, le gouvernement pourra se pencher sur d’autres questions plus cruciales pour l’avenir de ce dossier : le rôle de l’industrie et sa dérive vers l’hypercommercialisation, la consommation de produits à haute concentration, la vaporisation, les produits comestibles, la nécessité de la prévention chez les enfants, les adolescents et les adultes ayant un profil de vulnérabilité et, enfin, l’harmonisation des règles qui gouvernent le cannabis, l’alcool et le tabac.

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Il faut défendre la liberté académique des universitaires

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Au-delà de leur vocation de former des étudiant.e.s, les cégeps, collèges et universités ont aussi été créés pour la recherche, la diffusion et l’enseignement des connaissances nécessaires à l’évolution de notre société et à la participation libre, entière et éclairée des citoyen.ne.s à la vie démocratique. Or, prendre la parole pour aborder publiquement des pans controversés de la réalité, diffuser des études ou mettre en exergue des analyses critiques susceptibles de nuire aux intérêts de certaines personnalités ou organisations puissantes demande du courage. Pour exercer leurs fonctions et assumer la responsabilité qui leur incombe, les professeur.e.s, chercheur.e.s, chargé.e.s de cours et enseignant.e.s des collèges et des universités doivent impérativement bénéficier de protections institutionnelles garantissant leur liberté académique.

L’importance des protections institutionnelles

Depuis quelques années, plusieurs membres des établissements d’éducation supérieure ont fait l’objet d’inquiétantes attaques menaçant leur autonomie d’enseignant.e.s et de chercheur.e.s.

L’affaire Maillé en constitue un exemple patent. Cette professeure associée de l’UQAM a défendu en cour, en grande partie sans le soutien de son université, la confidentialité des données sur lesquelles était construite sa thèse (voir l’ouvrage L’affaire Maillé, 2018). Pensons aussi à la mise en demeure envoyée par le Séminaire des Pères Maristes au cégep François-Xavier Garneau dans l’affaire entourant la transmission par des étudiants de cette école secondaire de photos intimes d’une étudiante de l’école ; le séminaire enjoignait à la direction de l’établissement d’intervenir auprès de deux professeur.e.s qui, pour l’une, avait pris position publiquement sur l’affaire et, pour l’autre, souhaitait faire travailler ses étudiant.e.s sur cette question socialement vive.

De manière générale, de nombreux obstacles limitent actuellement la capacité des citoyen.ne.s de diffuser des informations critiques à l’encontre de personnalités et/ou d’institutions de pouvoir. On pense notamment aux dispositions interdisant la diffamation (qui furent invoquées dans la sinistre poursuite contre le livre Noir Canada d’Alain Deneault publié par Écosociété en 2008 ; voir aussi l’ouvrage récent d’Anne-Marie Voisard Le droit du plus fort, 2018) ou à une conception très rigide de l’obligation de loyauté en matière de relations de travail, selon laquelle tout.e employé.e pourrait être sanctionné.e pour avoir publiquement critiqué son employeur.

Ces obstacles rendent d’autant plus importantes les protections institutionnelles dont doivent bénéficier les membres des établissements d’éducation supérieure, en ce que ces établissements représentent l’un des derniers lieux où toute information d’intérêt public peut, voire doit, être librement diffusée et discutée.

Ces protections institutionnelles ne pourront s’incarner de manière effective qu’à travers un appui sans équivoque des directions de ces mêmes établissements. En effet, le courage nécessaire à la diffusion d’informations et/ou à la discussion de questions socialement délicates ou controversées pourrait mener certain.e.s professeur.e.s, chargé.e.s de cours ou chercheur.e.s à ne pas exercer leur liberté académique s’ils ou elles ne se sentent pas appuyé.e.s par leur établissement de rattachement. C’est pourquoi les directions des établissements d’éducation supérieure ont la responsabilité d’agir de manière vigoureuse en faveur de leurs membres lorsque ces derniers sont pris à partie dans le cadre de leurs fonctions.

Un effritement des protections

La réaction globale des directions d’établissement d’enseignement supérieur à des situations comme celles que nous avons évoquées témoigne d’un changement de paradigme inquiétant, voire dangereux, en ce qui concerne le fonctionnement de ces établissements.

En effet, l’intégration progressive de la mentalité associée au mode de « gouvernance » propre aux entreprises du secteur privé semble avoir été associée, pour plusieurs directions d’établissement, à une conception verticale du fonctionnement des cégeps et universités, où les enseignant.e.s, professeur.e.s, chercheur.e.s, chargé.e.s de cours et étudiant.e.s se trouveraient en simple situation de subordination par rapport aux dirigeant.e.s de ces établissements. Sans oublier les considérations liées à une obligation de loyauté qu’auraient les membres de ces établissements à l’égard de leur établissement.

Cette conception des rapports existant entre les directions d’établissement et les membres qui composent les communautés collégiales et universitaires est problématique, notamment parce qu’elle subordonne la liberté de parole et d’action des membres de ces établissements aux intérêts poursuivis par les directions.

Ce changement de paradigme pourrait également faire en sorte que certaines directions d’établissement soient tentées, pour protéger des partenariats financiers — éventuels ou avérés —, de ne pas prendre fait et cause pour des membres de leur établissement faisant l’objet de représailles ou d’attaques pour avoir diffusé des informations contraires à des intérêts privés ; elles préfèrent ainsi plier l’échine plutôt que de faire preuve du courage que l’ensemble de la population est en droit de s’attendre d’elles.

Un appel à l’engagement des directions d’établissement d’enseignement supérieur

Face à de telles dérives, il convient donc de rappeler que les membres des communautés collégiales et universitaires doivent jouir d’une large liberté de parole et d’action dans le cadre de leurs fonctions, tant en matière d’enseignement qu’en matière de recherche. Par les travaux qu’ils mènent et sur lesquels ils doivent être libres de s’exprimer, les membres des établissements supérieurs d’enseignement, qu’ils soient professeur.e.s, chercheur.e.s, chargé.e.s de cours ou d’enseignement, ou étudiant.e.s, sont appelés à jouer un rôle fondamental au sein de notre société.

À la lumière de ce qui précède, nous demandons aux directions des cégeps et des universités québécoises d’affirmer publiquement leur engagement à défendre leurs membres contre toute mesure ou pression, interne ou externe, qui pourrait entraver leur autonomie, compromettre la poursuite de leurs travaux et miner leurs capacités à participer à la vie intellectuelle, scientifique et citoyenne de la société québécoise.

Il en va de la santé de nos institutions publiques et démocratiques.

* Cette lettre est également signée par plus de 450 professeur.e.s, chercheurs, chercheuses et chargé.e.s de cours des cégeps et universités d’un peu partout au Québec.

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Voici pourquoi vos appareils fonctionnent mal quand il fait froid

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Winnipeg, jeudi 31 janvier : -42°C avec le refroidissement éolien. Bien emmitouflé dans vos habits d’hiver, vous mettez le pied dehors pour prendre une bouffée de votre cigarette électronique. Le vent glacial vous mord les joues, mais pas pour longtemps. Après seulement quelques minutes dehors, la pile de votre cigarette électronique, pourtant fraîchement chargée, vient de rendre l’âme.

Le froid polaire qui balaie actuellement les Prairies canadiennes et le Midwest américain n’affecte pas que les vivants. Les appareils électroniques aussi en souffrent. Mais pourquoi ces bijoux technologiques, sur lesquels travaillent certains des meilleurs ingénieurs au monde, ne supportent pas l’hiver?

Plusieurs éléments des appareils sont potentiellement en cause, mais la principale coupable est généralement la pile.

Des piles pour l’été

Photographes, cyclistes hivernaux, vapoteurs et tous ceux qui essaient de se divertir avec leur téléphone en attendant l’autobus le savent : les piles ne conservent pas leur charge très longtemps par temps froid.

Les ubiquistes piles lithium-ion qui alimentent la plupart des appareils électroniques portatifs ont en effet une caractéristique très utile à des températures plus modérées : elles dégagent très peu de chaleur. Lors d’épisodes de grand froid, la réaction chimique interne de la pile ralentit, puisqu’elle n’est pas protégée par la chaleur résiduelle.

Concrètement, cela se traduit par des piles qui gardent leur charge moins longtemps.

Attention à la recharge!

Les fabricants d’appareils électroniques sont conscients de cette limitation des piles et la plupart d’entre eux déconseillent de les utiliser à des températures inférieures à 0°C. Le mieux que vous puissiez faire est de les garder proche de votre corps pour les réchauffer et ne les utiliser que si vous en avez absolument besoin.

Et si votre pile rend l’âme en raison du froid, ne branchez pas votre appareil immédiatement. L’alimenter en électricité alors que sa température interne n’est pas revenue à la normale pourrait l’endommager.

Les écrans, l’autre point faible

Mais les piles ne sont pas les seules à craindre le froid. Les écrans ACL comme ceux de la plupart des téléphones ou des GPS des voitures peuvent aussi mal réagir quand la température plonge sous zéro.

Comme leur nom l’indique, ces écrans sont composés de millions de petites cases (des pixels) contenant des cristaux liquides. Lorsqu’il fait trop froid – ou même trop chaud – les propriétés de ce liquide changent, ce qui modifie leur temps de réaction.

À basse température, les cristaux liquide mettent plus de temps à se positionner pour afficher la bonne couleur. Cela fait en sorte que les images qui apparaissent à l’écran peuvent être floues.

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Il faut stopper l’étalement urbain à Montréal

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En matière de congestion, de pollution et d’étendue des réseaux viaires à entretenir et à déneiger, l’aire métropolitaine de Montréal souffre gravement du fait qu’elle est deux fois plus étalée que sa concurrente torontoise.

Rappelons qu’en appliquant la même méthode pour délimiter les aires métropolitaines de Montréal et de Toronto, on observe qu’alors que la population de l’aire métropolitaine de Toronto est 37,5 % plus grande que celle de l’aire métropolitaine de Montréal, la superficie de cette dernière est 29 % plus grande que celle de sa rivale torontoise. En d’autres mots, le Toronto métropolitain est 1,8 fois plus dense que le Montréal métropolitain.

Toute personne consciente de ces choses devrait conclure que la priorité absolue de la région métropolitaine de Montréal devrait être de stopper l’étalement urbain et de densifier le centre de l’agglomération beaucoup plus vite que sa périphérie. Or, nos politiciens font l’inverse en proposant pour Montréal des prolongements d’autoroutes et un REM se rendant jusqu’à Chambly.

Nos politiciens ont leurs responsabilités, mais les groupes de pression ont aussi les leurs. Il n’y a qu’à comparer les cas du projet DIX30, projet tablant sur l’étalement urbain, et du projet 15/40 (Royalmount), visant une densification résidentielle et commerciale du centre. La levée de boucliers suscitée par ce dernier projet n’a aucune commune mesure avec les quelques protestations suscitées il y a 15 ans par le projet DIX30.

Entre ces deux projets, le plus néfaste en matière d’étalement urbain, d’allongement et de multiplication des déplacements en automobile, de pollution et de coûts futurs d’entretien des réseaux est incontestablement le DIX30 ; pourtant, il est passé comme une lettre à la poste. Où sont les groupes de pression prônant une planification métropolitaine sensée ? Je pose la question.

Le principal problème posé par le projet Royalmount concerne le fait qu’il augmenterait la congestion dans la zone où les autoroutes 15 et 40 se rencontrent. Ce problème est réel et il existe depuis des décennies. Il n’a rien à voir avec le projet Royalmount. Il découle de la plus grande erreur de planification des transports des 60 dernières années à Montréal, soit la décision de ne pas faire se croiser les autoroutes 15 et 40.

À cause de cette décision parfaitement absurde, depuis l’ouverture de l’autoroute Décarie en 1967, les trafics autoroutiers nord-sud et est-ouest sont contraints d’emprunter les mêmes voies sur 2,5 kilomètres entre Rockland et Décarie, ce qui fait de ce tronçon de la 40 un bouchon perpétuel du lever au coucher du soleil.

Le plus incroyable, c’est qu’une solution existe à ce problème gravissime. Elle consiste à relier directement l’échangeur Décarie/40 à l’autoroute 15 en suivant le tracé de la voie ferrée passant tout près de l’échangeur Décarie/40 et touchant presque à l’autoroute 15, plus au nord, à la hauteur d’Henri-Bourassa, là où se trouve la gare du Ruisseau de la ligne du train de banlieue Deux-Montagnes. Le lien proposé fait seulement quatre kilomètres.

Cette solution a un coût, mais ce dernier est infiniment moindre que celui que nous payons actuellement pour construire le REM qui favorise l’étalement urbain. Il aurait un effet important sur la consolidation du centre, sur la fluidité automobile, sur la rationalisation de la planification métropolitaine et sur la compétitivité de Montréal.

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Oui, il faut beaucoup, beaucoup plus en matière de langue!

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Impératif français offre son appui à la ministre de la Culture, Nathalie Roy, quant à son intention de faire respecter et de faire appliquer la Charte de la langue française, ou ce qu’il en reste, pour endiguer la défrancisation de l’affichage à Montréal et, nous l’espérons, aussi ailleurs au Québec. Mais il faut plus ! Beaucoup plus !

Au premier chef, le français langue de travail donne plutôt l’impression d’être une langue seconde. À peine 21,2 % des Montréalais travaillent uniquement en français. Au Québec, un travailleur sur huit est unilingue anglais, et de nombreux commerces de Montréal et de l’Outaouais, malgré la loi, persistent à imposer l’anglais en n’apprenant pas eux-mêmes le français ou en embauchant du personnel incapable de parler français, ou si peu.

Dès l’énoncé de ce premier problème, tout citoyen peut s’apercevoir que des changements profonds et pressants s’imposent dans la vision organisationnelle et la culture de cadres anglicisantes de l’OQLF. Pour bonifier sans plus attendre la Charte, il faut d’abord réinstaurer l’autonomie de cet organisme, notamment en révisant le mécanisme de nomination à sa présidence et en revalorisant l’outil citoyen de francisation, le recours aux plaintes. C’est ce dernier qui permet l’expression des revendications des citoyens. Il importe d’y faire disparaître sans attendre les insignifiances libérales du genre « lorsque la plainte relève de l’intérêt collectif et général, le plaignant n’est pas informé des actions posées par l’Office ».

Offre culturelle en français

La démarche globale de francisation exige que le nouveau gouvernement intervienne activement pour accroître la création et la diffusion culturelle en français. Voir et écouter les programmations de nos médias télévisuels et radiophoniques suffit à convaincre tout observateur objectif de l’avancement de l’anglicisation quand ce n’est pas l’américanisation des ondes. Certaines sociétés et boîtes de communication en sont rendues à produire et diffuser leurs messages publicitaires dans un environnement musical américain, montrant ainsi leur désintérêt pour nos artistes et notre culture. C’est blessant ! Pourtant, le Québec culturel regorge de talents. Nous invitons Mme Roy, qui est également ministre de la Culture et des Communications, à agir sur la colonisation des cerveaux et des préférences culturelles.

Maisons d’enseignement

Devons-nous encore rappeler que nos établissements d’enseignement postsecondaire participent eux-mêmes allègrement à l’anglicisation de la relève en imposant aux étudiants de plus en plus de parcours scolaires en anglais ? Nos établissements postsecondaires de « langue française » le sont de moins en moins. Ils ont pourtant toujours pour mission essentielle de former des diplômés qui, demain, au sein des entreprises privées ou ailleurs, auront à faire du français — et non de l’anglais — la langue normale et habituelle de travail.

Et puisque le français, en plus d’être langue nationale, est la langue de travail et la langue commune d’usage public au Québec, nous croyons qu’une politique efficace de francisation doit aussi repenser les programmes d’enseignement des écoles, cégeps et universités de langue anglaise. De sorte que tous les élèves et étudiants puissent y acquérir la maîtrise du français, ce qui leur permettra ainsi de leur ouvrir l’avenir, entre autres, de la Francophonie. Et non, faute d’avoir appris le français, de les voir réclamer l’anglicisation des services publics et privés pour accommoder leur unilinguisme ou, pire, quitter le Québec après avoir profité de nos impôts au cours de leur instruction.

Le gouvernement pourrait considérer sérieusement d’augmenter l’offre et la fréquentation des programmes d’immersion ou, mieux encore, d’encourager les parents anglophones à inscrire leurs enfants dans le réseau scolaire ou de garderies de langue française.

Rappelons un cas délirant d’anglomanie : le gouvernement du Québec va offrir, en 2020 en Outaouais, une région massivement francophone, une formation en médecine qui relèvera de l’université de langue anglaise McGill. Pis encore, celle-ci s’est empressée de délocaliser une partie du programme d’études de ce cursus en médecine obligeant les étudiants des Outaouais à suivre leur année préparatoire… en anglais, à McGill University.

De tels exemples scandaleux témoignent d’une aliénation politique totale. Or ils foisonnent au Québec ! Rappelons la déclaration de l’OQLF cautionnant l’intention d’Hydro-Québec de facturer en anglais « les clients » qui en font la demande ! Ces décisions gouvernementales soulèvent clairement des questions sur le rôle anglicisant de l’État national, et sur le rôle anglicisant de ses créatures publiques et parapubliques de tous les niveaux !

Mandat de l’OQLF

Nous voyons d’un bon oeil l’intention du gouvernement de repenser la vision gouvernementale sur l’immigration, laquelle représente nettement un enrichissement collectif dans la mesure où son intégration au Québec français est primordiale et réussie. Or nous sommes actuellement en face d’un échec lamentable, comme le confirmait le Rapport annuel 2017 de la vérificatrice générale.

Nous déplorons actuellement que l’OQLF n’ait toujours pas rempli son mandat, alors que l’article 160 de la Charte de la langue française l’exige pourtant clairement. Nous déplorons tout particulièrement qu’il n’ait pas produit un bilan quinquennal ayant « trait à l’usage et au statut de la langue française ainsi qu’aux comportements et attitudes des différents groupes linguistiques ». Dans l’hypothèse d’une intervention appropriée, il faut un bilan objectif de la situation !

Oui, Mme Roy, Impératif français est entièrement d’accord avec l’application de la Charte, mais il faut beaucoup, beaucoup plus, car il n’y a pas que l’affichage ou les raisons sociales qui sont en cause. Une politique linguistique « nationale » et surtout « transversale » s’impose impérativement après quinze ans de dérive libérale.

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«Il y a encore du chemin à faire» pour les victimes d’agression sexuelle, admet Sonia LeBel

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La ministre de la Justice, Sonia LeBel, a rencontré jeudi Les Courageuses, des victimes alléguées de Gilbert Rozon, qui lui ont fait part de leurs expériences au sein du système de justice. Une rencontre qu’elle qualifie de « prise de conscience » sur le manque d’accompagnement des victimes d’agression sexuelle.

« Sans parler d’étonnement, ce dont je me suis rendu compte, c’est qu’il y a encore du chemin à faire […]. Je ne veux pas jeter le blâme sur personne, mais il y a actuellement des moments dans le processus où ça fonctionne bien, parce que les intervenants sont mieux outillés, et d’autres où les personnes victimes sont déçues », a indiqué la ministre LeBel lors d’une entrevue avec Le Devoir.

Cette rencontre survient une semaine après que le directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a confirmé avoir examiné les dossiers de 14 présumées victimes du fondateur du festival Juste pour rire à la suite de la vague de dénonciations #MoiAussi. Après trois jours à les rencontrer tour à tour, le DPCP a annoncé que la plainte d’une seule d’entre elles avait été retenue. Gilbert Rozon a été accusé de viol et d’attentat à la pudeur pour des actes qui auraient été commis en 1979. Il est aussi visé au civil par une action collective des Courageuses, qui regroupent une vingtaine de présumées victimes.

« Mon intervention n’est pas une intervention dans le sens de donner plus de crédibilité [aux Courageuses] versus M. Rozon […]. C’est pour voir, dans l’administration de la justice, comment je peux améliorer des processus pour qu’au moins, peu importe la décision, il y ait une compréhension et une acceptation sociale plus grandes », a-t-elle précisé.

Redonner confiance

La ministre LeBel réitère qu’à ses yeux le système de justice fonctionne, mais admet que la confiance du public est ébranlée.

« Quand je dis que le système fonctionne, je parle des règles de droit criminel actuelles. La présomption d’innocence, je pense qu’on a choisi au Canada, dans une société libre et démocratique, de mettre en avant ce type de système là », explique-t-elle.

D’ailleurs, Mme LeBel n’a pas l’intention à court terme de se lancer dans « une révolution fédérale » et de demander une réforme du Code criminel. « Je suis très préoccupée par le fait de redonner confiance et ce que je souhaite, c’est voir comment on peut améliorer le processus judiciaire en regardant les solutions qui sont à ma portée à moi », a-t-elle souligné.

Tout comme le premier ministre François Legault, elle se dit ouverte à l’idée d’avoir un tribunal spécialisé en matière d’agression sexuelle et de violence conjugale. « Cet élément fait partie de la réflexion, mais je veux y aller plus large. Il faut regarder le problème de façon globale », dit la ministre, soulignant qu’il y a un volet de sensibilisation au comportement sexuel qui doit se faire dès un jeune âge.

Mme LeBel évoque aussi la possibilité d’avoir un accompagnateur pouvant expliquer les étapes du processus et le rôle de chacun des intervenants rencontrés.

La ministre de la Justice a prévu des séances de travail avec des élues des trois autres partis présents à l’Assemblée nationale, soit la députée libérale Hélène David, la députée péquiste Véronique Hivon et la députée solidaire Christine Labrie. « C’est un sujet transpartisan et je veux vraiment explorer leurs idées, entendre les solutions qu’elles ont à proposer et les regarder ensemble », dit-elle.

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Il y a 50 ans, c’est la Terre qui se levait avec Apollo 8

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Pour ceux et celles qui ont 60 ans et plus, vous souvenez-vous du 24 décembre 1968 ?

Trois astronautes américains, Frank Borman, âgé aujourd’hui de 90 ans, James Lovell, aussi âgé de 90 ans et William Anders, âgé aujourd’hui de 85 ans, avaient quitté la Terre le 21 décembre. Et 2,8 jours plus tard, le vaisseau Apollo 8 qui les emportaient se retrouvait en orbite autour de la Lune. Pour la première fois, des astronautes étaient dans l’espace, complètement détachés gravitationnellement du berceau terrestre. Tout problème de manoeuvre astronautique aurait pu les envoyer pour toujours en orbite autour du Soleil ou les faire s’écraser sur la Lune. La mission se déroula sans anicroche sérieuse du point de vue de la navigation. Durant 20 heures, les trois astronautes effectuèrent 10 orbites autour de notre petite compagne céleste. Les communications entre l’équipage d’Apollo 8 et Houston étaient brèves, mais combien significatives et émouvantes. Le 27 décembre, les astronautes étaient déjà de retour sur Terre. Ces six jours furent un moment clef de l’exploration spatiale.

Le philosophe matérialiste grec Anaximandre de Milet (né vers 610 et décédé vers 546 av. J.-C.) fut le premier à proposer que la Terre flottait librement dans l’espace sans soutien. Le soleil et les étoiles qui disparaissaient le soir ou réapparaissaient le matin au-delà de l’horizon étaient toujours les mêmes astres, affirmait Anaximandre. Il y avait de l’espace de l’autre côté ; c’étaient les mêmes astres qui y passaient et qu’on revoyait chaque jour. Vingt-six siècles plus tard, l’astronaute William Anders obtint de magnifiques photographies, prises de la position privilégiée en orbite autour de la Lune, de la Terre se levant au-dessus de l’horizon lunaire. À ce moment privilégié, un humain cadra toute l’image de la Terre dans le champ de son appareil photo et montrait de manière dramatique la Terre dans l’espace, ce qu’avait audacieusement imaginé Anaximandre. Les images prises par Anders cette veille de Noël 1968 sont devenues quasi-fétiches et ont marqué les esprits.

Vous serez peut-être étonnés du fait que les astronautes d’Apollo 8 ne purent observer la Terre qu’en arrivant proche de la Lune. Trois des fenêtres du module de commande étaient voilées par les huiles du dégazage de joints de silicone qui le scellaient, et l’orientation du vaisseau en route vers la Lune faisait que la vue de la Terre était bloquée. D’où l’émoi à l’arrivée au voisinage lunaire. Comme l’a dit plus tard William Anders : « Nous étions venus pour découvrir la Lune, nous avons trouvé la Terre ! »

Une bribe de conversation entre les trois astronautes est ce que les jeunes d’aujourd’hui qualifieraient de cool.

Anders : « Oh, mon Dieu ! Regardez cette vue là-bas ! C’est la Terre qui se lève. Wow, que c’est beau. »

Borman : « Hé, ne prends pas cette photo, ce n’est pas au programme. (en blaguant) »

Anders : « Tu as un film couleur, Jim ? Passe-moi vite ce rouleau couleur, s’il te plaît… (en riant) »

Lovell : « Oh man, c’est superbe ! »

La mission Apollo 8 fut une des plus inusitées de l’exploration spatiale. Il existe des versions officielles quelque peu tronquées des événements qui précédèrent l’historique mission d’Apollo 8. La version que je préfère est celle rapportée par l’astronaute David Scott et le cosmonaute Alexis Leonov dans leur magnifique livre Two Sides of the Moon (Thomas Dunne Books, 2004).

Imprévu jusqu’à quelques mois avant son exécution, le vol circumlunaire fut improvisé à la dernière minute. Le plan initial de la mission Apollo 8 était de demeurer en orbite terrestre ; il s’agissait de vérifier tous les systèmes du module lunaire dans l’espace, ainsi que les manoeuvres de rendez-vous et d’arrimage à accomplir lors de la mission d’alunissage prévue pour l’année suivante. Or, le module lunaire n’était pas du tout prêt pour la mission de tests en orbite terrestre planifiée pour décembre 1968.

Entre-temps, les Soviétiques entretenaient une activité spatiale fébrile. Plusieurs vols circumlunaires non habités successifs furent effectués en mars, en septembre et en novembre 1968. Ces vols étaient effectués au moyen de vaisseaux Zond, basés sur un Soyouz modifié. Une de ces missions emporta à son bord deux tortues sibériennes qui firent le voyage aller-retour sans encombre. Ces missions répétées énervèrent l’administration de la NASA. On supposait que l’URSS allait encore une fois effectuer autre coup d’éclat : un vol circumlunaire habité avant les États-Unis, indiquant leur avance ou marquant l’égalité des deux programmes spatiaux.

On ignorait toutefois les grandes difficultés qu’avait rencontrées le programme spatial soviétique. Depuis le décès de Sergueï Korolev (1907-1966), le leader charismatique de l’astronautique en URSS, le programme spatial soviétique piétinait, affecté par une gestion défaillante et de sérieux problèmes de vibrations liés à l’immense fusée N1-L3, compétitrice de la Saturne 5 de la NASA. Les essais de N1 furent catastrophiques, les fusées successives explosant à différentes phases du lancement ou peu après le décollage. Mais tout cela, les Américains l’ignoraient. Voulant à tout prix battre les Soviétiques, George Low, responsable du programme Apollo, proposa un vol circumlunaire, idée risquée qui emballa les astronautes et l’administration de la NASA. Ce qui suivit fit l’histoire.

Célébrons avec émerveillement cette audacieuse mission effectuée il y a un demi-siècle dans un contexte politique tendu. Contemplons les images de la Terre et de la Lune ; tirons-en la lourde signification. Il n’y a pas que les astronautes qui sont dans l’espace, nous le sommes tous ! Nous étions 3,6 milliards d’humains sur cette petite boule blanc et bleu voguant dans l’espace le 1er janvier 1969. Nous sommes maintenant plus de 7,6 milliards. En 50 ans, nous avons plus que doublé en nombre. Le génie humain demeure des plus créatif, mais ni la surface de la Terre ni les ressources disponibles ne croissent. Que l’image de la Terre qui se lève au-dessus de l’horizon lunaire nous rappelle les valeurs de justice sociale sur lesquelles nos sociétés démocratiques se fondent.

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Il piège des voleurs de colis avec une bombe de paillettes

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Las de se faire voler des paquets sur le pas de sa porte, un ex-ingénieur de la NASA a fabriqué un faux colis qui propulse des paillettes sur les voleurs et les asperge de gaz puant, en plus de les filmer.

Le colis piégé, oeuvre de l’ingénieur et youtubeur Mark Rober, a pris six mois à concevoir. La plupart des pièces ont été fabriquées sur mesure, puis assemblées à la main par M. Rober et l’un de ses amis.

Les défis étaient nombreux pour le duo : le paquet devait contenir un mécanisme capable de projeter des paillettes dans toutes les directions et de vaporiser le gaz puant. Il devait avoir une autonomie d’énergie assez grande pour être laissé sans surveillance pendant une journée entière. Il devait pouvoir contenir quatre téléphones cellulaires et les caméras et le GPS de ceux-ci devaient s’activer automatiquement si le colis était déplacé. Enfin, le tout devait tenir à l’intérieur d’une boîte d’Apple HomePod, qui a environ la même taille qu’un grille-pain.

Mark Rober a conçu l’appareil pour atomiser du gaz puant toutes les 30 secondes après son ouverture dans l’espoir que les voleurs s’en débarasseraient rapidement et qu’il pourrait ensuite le récupérer à l’aide du GPS. L’irrésistible colis a été volé à plus d’une reprise et son mécanisme a fonctionné chaque fois, forçant les malfaiteurs à l’abandonner sur le bord de la route ou à le jeter aux poubelles.

M. Rober dit avoir eu l’idée de cette bombe de paillettes après que les policiers aient refusé d’enquêter sur des vols de colis chez lui, à Los Angeles.

Au New Jersey, Amazon fait désormais équipe avec les services de police pour tenter d’éradiquer les vols de colis. Les policiers de cet État de la côte Est déposent de faux colis équipés d’un GPS et cachent des caméras pour attraper les voleurs.

Voici la vidéo complète (en anglais seulement) qu’a publiée Mark Rober sur sa chaîne YouTube. On peut y voir une démonstration du mécanisme à partir de 3:56. Les premières images des véritables voleurs débutent à 5:54.

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Il faut revoir le cours Éthique et culture religieuse

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Lettre au ministre de l’Éducation Jean-François Roberge

À la suite de votre intervention du 12 décembre à l’émission Les francs-tireurs, où vous avez déclaré vouloir maintenir le cours Éthique et culture religieuse (ECR) dans le programme scolaire, nous réitérons l’importance de revoir ce cours, particulièrement son volet « culture religieuse ».

Nous saluons l’engagement pris par la CAQ de déposer un projet de loi sur la laïcité dès la rentrée parlementaire. Quel soulagement qu’un gouvernement soit enfin à l’écoute des Québécois dans leur aspiration, plus que légitime, de parachever le modèle de laïcité hérité de la Révolution tranquille ! Nous saluons tout particulièrement la volonté d’appliquer la loi sur la laïcité à l’école. En effet, quoi de plus prioritaire qu’une école laïque qui garantisse la liberté de conscience de nos enfants ? Or, dans ce contexte, il est impensable de ne pas revoir le cours ECR, qui, tel qu’il est enseigné présentement, constitue une atteinte à la liberté de conscience des enfants et de leurs parents.

En effet, son volet « culture religieuse » stigmatise les enfants en fonction d’une pratique religieuse, discrimine les enfants non pratiquants, propage des stéréotypes et véhicule des dogmes religieux. Il va à l’encontre des droits des femmes à l’égalité, comme le montre clairement l’avis du Conseil du statut de la femme (CSF) « L’égalité entre les sexes en milieu scolaire », déposé à l’Assemblée nationale en novembre 2016. La recherche menée démontre que ce cours véhicule le sexisme des religions, les femmes étant présentées dans des rôles et statuts traditionnels. Comment, à l’heure du #MeToo, ignorer cet avis dévastateur du CSF ?

Et comment ignorer, au-delà des objectifs vertueux du programme, le constat alarmant qui ressort de l’analyse des manuels scolaires et du matériel pédagogique pour ce cours ? Des chrétiens en soutanes et grosses croix, des musulmanes portant le voile, des Autochtones avec des plumes sur la tête, voilà le genre d’images stéréotypées qui circulent pour ce cours. « Quelle est ta religion ? Demande la religion de tes amis. » Par ces questions inquisitoires, à la limite inconstitutionnelles, les enfants sont appelés à dévoiler leur religion et la façon dont ils la pratiquent (régime alimentaire, prières, circoncision), ce qui constitue une intrusion dans l’intimité des familles. Comment ignorer, en particulier, l’inquiétude formulée par des parents musulmans, à travers de nombreux témoignages, selon qui ce cours exerce une pression sur leurs enfants en leur présentant une version fondamentaliste de l’islam, et le voilement des femmes musulmanes comme une norme ?

Vous ne pouvez ignorer le mécontentement de nombreuses familles québécoises qui constatent que ce cours porte atteinte à leur liberté de conscience et qui réclament l’abolition du volet « culture religieuse », notamment pour les jeunes (primaire et début de secondaire) n’ayant pas encore développé leur sens critique. Nous vous rappelons qu’une pétition à cet effet, ayant récolté plus de 5000 signatures, a été déposée à l’Assemblée nationale en novembre 2016.

Une décision de la Cour suprême rendue en mars 2015 a permis à l’école secondaire Loyola, dirigée par les pères jésuites à Montréal, de ne pas donner le cours ECR tel qu’il a été conçu par le ministère de l’Éducation. Pourquoi les citoyens du Québec, qui n’envoient pas leurs enfants dans cette école catholique, n’auraient-ils pas ce droit ?

Nous félicitons l’ouverture que vous avez exprimée à revoir le cours afin d’y apporter des modifications. Dans ce contexte, il est important de considérer le travail effectué depuis 2008 par de nombreux groupes, dont le Mouvement laïque québécois (MLQ), l’Association des humanistes du Québec (AHQ), le groupe Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec) et l’Association québécoise des Nord-Africains pour la laïcité (AQNAL), qui ont produit mémoires, livres, rapports et conférences pouvant vous guider dans votre réflexion.

Par ailleurs, vous avez déclaré à l’émission Les francs-tireurs vouloir maintenir un enseignement permettant de comprendre le rôle des religions dans l’histoire. Pour ce faire, il nous semble important de mettre en application les recommandations du CSF, c’est-à-dire « qu’une réforme du programme d’éthique et culture religieuse soit menée, afin que la dimension religieuse soit intégrée dans le programme d’histoire et que l’éducation à l’égalité, à la citoyenneté et à la sexualité soit intégrée au cours d’éthique, du premier cycle du primaire jusqu’à la fin du secondaire […] ».

C’est avec enthousiasme que nous avons accueilli votre engagement d’être à l’écoute des familles et de mettre les enfants au coeur de vos priorités. Or, le cours ECR est certainement le cours du programme éducatif qui suscite le plus de mécontentement et de plaintes depuis son implantation en 2008. Il préoccupe les parents et devrait constituer, à notre avis, un dossier prioritaire dans le cadre de la réforme de l’éducation.

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Di Iorio n’a pas encore décidé à qui il donnera son salaire de député

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Le député fantôme Nicola Di Iorio n’a toujours pas versé à un organisme de charité le salaire qu’il empoche malgré son absence d’Ottawa, contrairement à ce qu’il a prétendu en début de semaine.

L’élu montréalais, qui n’avait pas mis les pieds en Chambre depuis le printemps dernier, a refait surface dans l’enceinte mardi passé pour répliquer à ceux qui lui ont reproché d’avoir été payé même s’il ne se pointait pas au parlement.

Deux fois, il a martelé qu’il « n’empochait pas de salaire », et il a de nouveau fait allusion au don charitable, rappelant avoir annoncé qu’il ne « conserverait pas son salaire de député pendant cette période de septembre à janvier ».

Or, dans un échange avec La Presse canadienne, deux jours plus tard, le député Di Iorio a écrit qu’il n’avait pas encore décidé à qui donner son salaire.

« Je vais faire une annonce du montant et de l’organisme […] dans la nouvelle année », a-t-il débuté, promettant qu’il s’agira d’un montant « substantiel » puisqu’il le bonifiera d’une « donation personnelle ».

Puis, il a ajouté ceci : « Depuis que j’ai révélé la décision que j’avais prise de faire don de mon salaire, j’ai été approché par des organismes que je n’avais pas considérés. Certains ont porté à mon attention des causes que je n’avais pas envisagées et qui méritent réflexion ».

Trudeau embêté

Le premier ministre Justin Trudeau a semblé agacé de se faire interroger sur la situation de son député, vendredi, lors d’une entrevue de fin d’année avec La Presse canadienne.

Si bien que lorsqu’on lui a demandé s’il jugeait normal, comme chef, de voir un de ses députés toucher un salaire sans se présenter au parlement, il a paru vouloir se dissocier de Nicola Di Iorio.

« Je suis chef du parti politique auquel il est associé, a-t-il lâché. Mais en tant que député il a des responsabilités aussi directement [envers les] citoyens qui l’ont élu. »

Le whip en chef du gouvernement, Mark Holland, indiquait la veille que selon « sa compréhension », le député de Saint-Léonard — Saint-Michel « donne son salaire […] depuis septembre ».

Délai de démission

L’élu libéral a réannoncé sa démission il y a un peu plus d’un mois — il l’avait annoncée une première fois en avril dernier, pour ensuite signaler, en septembre dernier, qu’il pourrait revenir sur sa décision.

Finalement, il est revenu à sa position initiale : il quittera son siège aux Communes… mais pas avant le 22 janvier prochain.

Ces tergiversations ont fait sourciller l’opposition à Ottawa.

Le député néodémocrate Nathan Cullen a soulevé le 26 novembre dernier une question de privilège en Chambre afin de faire part de ses préoccupations face à la situation.

C’est pour lui répliquer que Nicola Di Iorio est revenu s’asseoir dans son siège de député, mardi dernier.

Et lorsqu’il s’est levé pour offrir sa version des faits, il a signalé qu’il n’avait rien à voir avec l’élaboration du calendrier de sa démission. « La date prévue pour mon départ n’a pas été choisie par moi », a-t-il tranché, sans pour autant préciser d’où venait la décision.

Le whip Mark Holland a assuré que son bureau n’avait « absolument pas » joué de rôle dans le choix de la date.

« J’ignore à quoi il faisait référence, a-t-il offert en parlant du député montréalais. Les députés décident eux-mêmes de leur date de départ. »

Le premier ministre Trudeau s’est aussi tenu à distance lorsqu’on lui a demandé s’il avait donné une consigne sur la date. « Moi, personnellement, je n’ai pas dit ça », a-t-il plaidé.

A-t-il délégué quelqu’un pour dire à Nicola Di Iorio quand il devrait plier bagage ? « Pas à ce que je sais », a répondu Justin Trudeau.

Longue vacance

La circonscription de Saint-Léonard — Saint-Michel restera vraisemblablement vacante jusqu’aux prochaines élections générales.

Car une disposition de la Loi sur la modernisation des élections, qui a reçu la sanction royale jeudi dernier, empêche le premier ministre de déclencher une élection complémentaire « dans les neuf mois précédant […] la tenue d’une élection générale ».

Le scrutin fédéral doit avoir lieu le 21 octobre 2019. Le député Di Iorio quittera son poste neuf mois, moins un jour, avant cette date.

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