Laïcité scolaire: protection de la jeunesse plutôt que coercition

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D’ici quelques semaines, le gouvernement déposera son projet de loi sur la laïcité de l’État québécois. Le projet de loi inspiré par les travaux de la commission Bouchard-Taylor déterminera les métiers et les professions de l’appareil étatique qui seront soumis à l’interdiction de porter un signe qui manifesterait une orientation religieuse. Au coeur de cette proposition se trouve la notion d’autorité coercitive qui servira de fondement pour désigner les employés qui devront respecter la loi. Nous savons de source gouvernementale que les enseignantes et les enseignants du primaire et du secondaire se trouvent parmi les professions visées par la future loi. Étant d’accord avec l’objectif de la loi, je me permets toutefois de souligner que le personnel enseignant ne détient pas une autorité coercitive vis-à-vis des élèves à qui il s’adresse et que la détention d’un pouvoir de coercition ne doit pas être le fondement de l’interdiction du port de signes religieux par le personnel enseignant.

Dans une société démocratique, le but premier de l’école est la transmission des connaissances dans les matières rendues obligatoires par l’État. C’est le caractère universel de la science qui fait du savoir un bien commun et donc un droit pour tous et toutes d’en jouir à travers les institutions publiques. Cette transmission se déroule à l’école publique dans des classes où se retrouvent les élèves et les enseignants. C’est donc en vertu d’un parti pris commun des citoyennes, des citoyens et du gouvernement en faveur de l’instruction que chaque enfant se trouve dans l’obligation de fréquenter l’école.

Il en découle que le lien qui unit le prof et l’élève est un lien moral entre une personne qui détient un savoir et un enfant qui accepte la transmission de ce savoir. Cette autorité n’est pas coercitive, elle est d’une autre nature. Elle est d’ordre éducationnelle. Elle trouve sa source dans la somme des connaissances acquises, dans l’histoire de l’humanité et dans la responsabilité des profs de transmettre cet acquis. Il y a un accord mutuel entre ces deux partis et c’est cette entente qui fonde l’autorité du maître. Ce sont bien sûr les parents qui prennent la décision au nom de l’enfant, étant entendu que ceux-ci sont présumés obéir à leurs parents. Le prof détient une autorité éducationnelle qui n’a rien de commun avec l’autorité coercitive que peuvent détenir les policiers ou les juges.

Les abus intellectuels

Quel sera alors le fondement de la laïcité à l’école si ce n’est plus le pouvoir de contraindre ? Le principe de base qui doit fonder la laïcité scolaire est celui de la protection de la jeunesse. Ce principe qui existe déjà dans la loi québécoise ne doit pas viser la seule protection physique ou psychologique des enfants, mais aussi la protection contre tout embrigadement idéologique, qu’il soit religieux, politique, social ou économique, contre toute forme de manipulation qui chercherait à profiter d’enfants et d’adolescents qui ne sont pas des adultes, n’ayant pas atteint l’âge de la majorité, qui est de 18 ans.

La laïcité scolaire sert à protéger la jeunesse contre les abus intellectuels. Elle doit permettre à l’élève d’apprendre sans être soumis à la partisanerie, qu’elle soit religieuse ou autre. Une enseignante ou un enseignant n’affiche pas ses choix politiques ou religieux devant ses élèves par respect pour l’intelligence de ceux-ci. Les élèves doivent apprendre à penser par eux-mêmes, en toute liberté. De ce point de vue, le port d’un signe religieux par le professeur constitue une pression indue qui s’exerce sur le développement intellectuel d’un jeune dans la mesure où l’affection, l’admiration ou la détestation qu’un élève voue à un prof peut transformer celui-ci en prosélyte ou en repoussoir d’une quelconque croyance.

En conclusion, il faut craindre et comprendre que si la loi devait imposer la laïcité à l’école en la fondant sur l’autorité coercitive plutôt que sur la protection des élèves, elle changerait d’une manière fondamentale le statut du personnel enseignant. Elle donnerait au personnel enseignant des pouvoirs qui transformeraient les profs en apprentis gendarmes, et des moyens de répression qui dénatureraient leur travail. Il faut souhaiter une laïcité scolaire fondée sur la protection de l’intelligence des jeunes contre toutes les forces sociales qui pourraient avoir intérêt à les manipuler. L’histoire du Québec d’avant la Révolution tranquille montre que nous ne sommes pas à l’abri d’une telle régression.

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Jeunesse en détresse | Le Devoir

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Ô ironie : le jour où le premier ministre François Legault associait la consommation de cannabis à un potentiel de « problèmes graves comme la schizophrénie », insistant avec excès sur la dangerosité de la substance, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), lui, pointait un véritable problème : des données inquiétantes sur les problèmes de santé mentale dont souffrent les jeunes.

Le portrait est troublant. Il dépeint une jeunesse anxieuse, déprimée, médicamentée, peu traitée, toutes réalités autour desquelles on fait peu de bruit, mais qui demeurent aussi négligées, tant sur le plan de la prévention que du point de vue de l’action et du financement. Voilà des problèmes bien plus préoccupants qu’un infime pourcentage d’adeptes du pot glissant vers la schizophrénie !

L’Enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire 2016-2017, dont la seconde édition était dévoilée mercredi, révèle que les niveaux de détresse psychologique ont augmenté en l’espace de six ans, que les taux d’anxiété vont galopant, que les troubles du déficit de l’attention sont en croissance. Entre 3 et 4 % des élèves sondés ont affirmé avoir pris des médicaments pour soigner anxiété ou dépression. Quelque 15 % de l’échantillon raconte avoir eu recours à une médication prescrite pour « se calmer ou se concentrer ». Les jeunes mangent plus ou moins bien, dorment trop peu, n’abusent pas d’activité physique. Des études ont documenté les effets néfastes et directs de l’utilisation excessive des réseaux sociaux — et son corollaire, la passivité et ses dérives — sur la santé mentale.

Et que faisons-nous ? Selon des données produites par la Commission de la santé mentale du Canada, seuls 20 % des jeunes (1,2 million) vivant un problème de santé mentale au Canada auront reçu un traitement approprié. Trop souvent taboue, la santé de la tête, pourtant si cruciale dans la santé globale de l’humain et par ricochet celle d’une société, est tue, et donc en apparence oubliée.

Dans les budgets, c’est effort minimal. Malgré le consensus international sur la nécessité d’agir tôt, la prévention en ce domaine est peu visible, particulièrement pour les jeunes. Dans les soins de première ligne, l’attente est considérablement plus longue pour ces maux invisibles que l’on imagine moins importants. Des cas pourtant jugés graves à l’hôpital sont relâchés en société sans le moindre suivi. L’occasion est belle d’allier santé, famille et éducation autour de cet enjeu aussi crucial que négligé.

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Salon du Livre et de la Presse Jeunesse : nos coups de coeur

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Le thème de cette édition “Nos futurs”, invite les autrices et auteurs à croiser leurs créations avec la façon dont la jeune génération imagine et invente son avenir. Un sujet qui questionne sans concession le pouvoir de l’écriture sur nos trajectoires intimes comme sur notre futur commun. Une thématique qui explore les multiples manières dont les artistes de littérature jeunesse revisitent le passé, s’impliquent dans les grandes questions d’aujourd’hui et contribuent à imaginer l’avenir. L’occasion de nous rappeler le pouvoir et l’impact que les livres peuvent avoir sur la jeune génération.

Morceaux choisis des ouvrages qui ont retenu notre attention. Un choix non exhaustif, tant la proposition est gigantesque et de qualité. Allez-y ce week end !

Pour plus d’infos, c’est par ici 

Les crayons rentrent à la maison

de Drew Daywalt et Oliver Jeffers

éditions Kaléidoscope

La suite de l’excellent Rébellion chez les crayons, un premier opus dans lequel les crayons de Duncan étaient épuisés à force de lui servir à coucher ses dessins sur papier… Les voilà mis au repos bien mérité ! Chaque crayon lui envoie une carte postale de la destination où il passe ses vacances.

La rumeur

de Zaza Pinson et Christine Davenier

éditions Kaléidoscope

Un hérisson, nouveau venu dans la classe et différent des autres est mis à l’écart, et fait l’objet de rumeurs… il serait un voleur…hérisson va finir par craquer et ne pas revenir en classe, ce qui va faire réfléchir ses camarades… et s’i ils l’avaient mal jugé ?… Un bel album utile pour évoquer avec les enfants la notion tristement d’actualité de harcèlement scolaire, qui survient parfois dès la maternelle.

Le Carnaval Jazz des Animaux

de Taï-Marc Le Thanh et Rose Poupelain

éditions Gaultier Languereau

Le célèbre Carnaval des Animaux de Camille Saint Saëns, fait l’objet d’une audacieuse revisite jazz, racontée par le non moins audacieux Edouard Baer. Le Carnaval des Animaux comme vous ne l’avez jamais entendu !

Vive la danse !

de Didier Lévy et Magali Le Huche

éditions Sarbacane

Hector est un enfant remuant, comme on en qualifie tant…Le jour où il se met à la danse c’est le coup de foudre et la révélation ! Mais pas facile pour tout le monde d’accepter que cette discipline soit la passion d’un garçon… Un bel album qui traite de l’acceptation de soi et du regard des autres.

Anatole qui ne séchait jamais

de Stéphanie Boulay et Agathe Bray-Bourret

éditions Fonfon

Anatole est inconsolable et personne ne semble pouvoir soulager sa peine, jusqu’à ce que sa grande soeur Régine se donne pour mission de comprendre ce qui le rend si malheureux… Un autre très bel album sur la quête identitaire et l’acceptation de soi, malgré le regard des autres.

Top Car

de David Cali et Sébastien Mourrain

Les éditions des éléphants

Jacques rêve jour et nuit de la sublime Vénus, voiture objet de son désir qu’il convoite désespérément, imaginant mille et une façons de gagner les 99 999 pez qui lui permettront de l’acheter. Quand il parvient enfin à trouver une solution pour se l’offrir… sort l’Aphrodite, encore plus belle, encore plus grande… Un bel album qui donne à réfléchir sur la société de consommation…

Le Crapaud au pays des trois lunes

de Moïra Conrath, Olivier Prou et Ivan Sollogoub

Le label dans la forêt

Edgar, un gros crapaud un poil ronchon n’aime pas se mouiller et ne sait pas nager. Jusqu’à ce qu’un soir une rainette ne lui révèle ses quatre vérités : “Mon pauvre Edgar, tu es le plus laid des plus laids de tous les crapauds de la mare. Et bon sang que tu sens mauvais !” Edgar aperçoit alors son reflet dans l’eau… Une aventure initiatique à la recherche de la beauté intérieure, menée sous l’oeil d’une drôle de lune et au fil des sons de chants traditionnels du monde. Un album musical tout en poésie à découvrir absolument.

Au 10 rue des Jardins, Recettes du monde à partager

de Felicita Sala

Editions Cambourakis

Une fête se prépare au 10, rue des Jardins, où chacun s’affaire dans son appartement à préparer une spécialité pour garnir la table du grand repas convivial que tous partageront ensuite ! Un magnifique album qui se révèle aussi un véritable livre de cuisine proposant une quinzaine de recettes sucrées ou salées, du monde entier. Un tour du monde culinaire qui invite au partage et à la convivialité.

Le meilleur resto du monde

de Dorothée de Monfreid

Editions Loulou & Cie de l’Ecole des Loisirs

Revoilà les toutous de Dorothée de Monfreid ! Kaki, Zaza, Omar, Micha ou Popov, la fine équipe canine installe cette fois un restaurant dans la forêt. Chacun a une mission bien précise qu’il s’applique à respecter. Sauf que le cuisinier va oublier le principal… préparer les plats mis au menu ! Heureusement comme toujours avec eux tout va finir par s’arranger au mieux…

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