Une journée dans la vie d’une journaliste privée de téléphone intelligent

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Charlotte-May Mondoux-Fournier

9 h – J’arrive au bureau le matin remplie d’appréhension, sachant que je vais bientôt devoir me séparer de mes deux téléphones : celui que j’utilise dans ma vie personnelle et celui qu’on me prête pour le travail. Mes collègues me taquinent gentiment. Je crois que je ne ferai aucun jaloux. Plusieurs affirment qu’ils ne pourraient jamais se passer de portable dans le cadre de leurs fonctions.

Le téléphone intelligent est un incontournable dans la boîte à outils d’un journaliste : il s’en sert au quotidien pour tweeter, prendre des photos, envoyer des courriels, enregistrer et monter des entrevues, ou encore parler en direct à la radio. Sans surprise, je constate que je passe au moins une heure par jour les yeux rivés sur mon téléphone de bureau.

La journaliste Charlotte Mondoux-Fournier consulte ses téléphones intelligents.Le téléphone intelligent est un incontournable dans la boîte à outils d’un journaliste. Photo : Radio-Canada

10 h – Je range mon cellulaire dans le tiroir de mon bureau que je verrouille. Un peu à contrecœur, je rends la clé à Mateo, le caméraman qui m’accompagne pendant la journée.

11 h – Je dois rédiger des tweets au sujet de la journée sans cellulaire. Si je les envoie d’habitude de mon portable, je dois cette fois me rabattre sur mon ordinateur de bureau. Je dois également rédiger quelques notes manuscrites pour le vox pop que Mateo et moi devons réaliser.

12 h – Nous sortons dans la rue pour interroger des gens sur leur relation à leur téléphone. La plupart des personnes à qui nous parlons affirment qu’elles ne pourraient jamais se passer de leur appareil, surtout lors d’une journée de travail. Certaines affirment même que si elles oublient leur cellulaire à la maison le matin, elles font demi-tour dès qu’elles s’en aperçoivent.

Nomophobe (adjectif et nom) : Se dit de quelqu’un qui ne peut se passer de son téléphone portable et éprouve une peur excessive à l’idée d’en être séparé ou de ne pouvoir s’en servir.
– Définition du Larousse

Je jette un coup d’oeil à la montre que j’ai empruntée à une collègue. Je n’ai jamais senti le besoin de faire réparer celle que je possède, car mon cellulaire m’a jusqu’ici toujours servi d’horloge.

Je sens tranquillement monter l’angoisse.

Est-ce que j’ai manqué un courriel important?

Est-ce que certains essaient de me contacter sans y parvenir?

Pourquoi mes poches sont-elles vides?

Je tâte souvent l’intérieur de mon manteau à la recherche de mes téléphones. Chaque fois, je semble avoir oublié que ceux-ci sont restés au bureau.

13 h – De retour à la station, c’est déjà l’heure du lunch. Je m’assois seule à une table. Impossible de me rabattre sur mon téléphone portable pour contourner l’ennui. Je me dis que j’aurais mieux fait d’apporter un livre.

14 h – Je prépare mon intervention au Téléjournal Ontario. Pour la première fois, je suis soulagée de ne pas avoir mes téléphones pour me distraire. C’est bien le premier bon côté que je vois à cette journée sans cellulaire. Je commence même à sentir un léger sentiment d’euphorie à l’idée de ne pas pouvoir être joignable en tout temps.

La journaliste Charlotte Mondoux-Fournier et le chef d'antenne Frederic Pepin échangent lors d'un segment au Téléjournal Ontario.Au moins 8 Canadiens sur 10 possèdent un téléphone cellulaire. Photo : Radio-Canada

16 h – J’enregistre mon intervention au Téléjournal. Après, c’est le temps de faire le bilan de ma journée. Je suis agréablement surprise de constater qu’après tout, ça n’a pas été trop difficile. Je n’ai pas l’impression d’avoir vécu le fait de ne pas avoir de téléphone comme un réel handicap.

Toutefois, une journée c’est bien assez pour moi. Passer trois journées complètes sans cellulaire, ça aurait été un vrai défi… que je ne crois pas que j’aurais pu relever!

17 h – Je récupère mes téléphones avec enthousiasme. Assez rapidement, je constate que je n’ai pas manqué grand-chose. Je n’ai qu’un seul appel manqué… de ma mère!

Sommes-nous tous un peu accros à nos téléphones intelligents? Oui, probablement. À nous de trouver comment gérer cette dépendance pour qu’elle ne nous rende pas malades.

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Comment punir l’Arabie saoudite pour l’assassinat d’un journaliste

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Les gestes commis par des agents de l’Arabie saoudite dans son consulat d’Istanbul sont inacceptables. Même si les responsables de cet État ont admis la mort du journaliste Jamal Khashoggi dans les locaux consulaires, ils ne semblent pas être en mesure de remettre le corps à la famille alors que les autorités turques le prétendent dissous. Par ailleurs, si l’émirat promet un procès pour les agents qu’ils détiennent, il est à craindre que le nom du principal donneur d’ordre ne soit jamais prononcé lors de cette procédure.

Le Canada, à l’instar d’autres pays, a réagi à cette monstruosité avec quelques déclarations. Il n’entend pas mettre un terme aux contrats actuels de livraisons d’armes en raison des pénalités associées, mais il ne semble pas vouloir permettre d’autres livraisons. Le président des États-Unis met également le commerce au-dessus des êtres humains en préférant conserver des emplois. En définitive, seule l’Allemagne a clairement annoncé stopper son commerce d’armes avec ce pays. Le message est clair, aucun État n’affrontera l’Arabie saoudite de peur du prix à payer.

Il existe toutefois une action pouvant être utilisée collectivement au sein de l’ONU permettant de toucher ce qui est sans doute le plus sensible chez l’Arabie saoudite : son amour propre. Il est en effet possible d’introduire devant l’Assemblée générale de l’organisation une procédure afin que le droit de l’Arabie saoudite de siéger au Conseil des droits de l’homme soit suspendu.

Le 15 mars 2006, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution créant le Conseil des droits de l’homme. Il était prévu que « les États Membres élir[aient] les membres du Conseil en prenant en considération le concours que chaque candidat a apporté à la cause de la promotion et de la défense des droits de l’homme et les engagements qu’il a pris volontairement en la matière ». Eu égard à son passif en ce domaine, il est en soi étonnant que ce pays siège en cette instance.

L’admission dans cet organe induit des obligations pour les États, qui doivent observer les normes les plus strictes en matière de promotion et de défense des droits de l’homme. Clairement, l’assassinat et le démembrement d’un journaliste ne répondent pas à ces obligations. Or, il est possible pour les États membres de l’ONU de procéder à un vote pour suspendre l’Arabie saoudite de son droit de siéger au Conseil. La mission n’est certes pas simple puisqu’il faudra le vote des deux tiers des membres présents et votants à l’Assemblée générale, mais elle n’est pas impossible.

Des obligations

Le Conseil des droits de l’homme est un des principaux organes de l’ONU travaillant à la protection des droits de la personne. Il est notamment responsable de la nomination des experts indépendants devant faire des rapports sur divers sujets. L’Arabie saoudite a d’ailleurs présidé en 2015 le panel chargé de ces nominations. Paradoxalement, le 27 juin 2017, ce conseil a reconduit le mandat du Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires en soulignant que tous les États ont l’obligation de mener des enquêtes exhaustives et impartiales sur tous les cas présumés d’exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires. Ils doivent également identifier et traduire en justice les responsables de tels actes. Finalement, obligation est faite aux États d’indemniser comme il convient, dans un délai raisonnable, les victimes ou leur famille.

En étant membre du Conseil, l’Arabie saoudite a rappelé aux États de la planète des obligations qu’elle ne semble pas vouloir mettre en pratique. La seule présence de ce pays au Conseil le discrédite et transmet le message qu’il n’est pas nécessaire de respecter ses obligations internationales dans le domaine des droits de la personne.

On ne peut tolérer qu’un État qui ne respecte pas les règles minimales des droits de la personne et des relations internationales siège au Conseil des droits de l’homme et le Canada peut agir pour corriger la situation sans perdre de contrats. Il est même possible que ce leadership puisse l’aider à gagner le siège convoité au Conseil de sécurité. La présentation d’une telle résolution à l’Assemblée générale protégerait une institution qui est mise à mal par de nombreux États et transmettrait le message qu’aucun pays n’est à l’abri de l’action légale de ses pairs.

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Meurtre d’un journaliste: les Saoudiens, des alliés toxiques

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Le meurtre présumé du journaliste Jamal Khashoggi au consulat de l’Arabie saoudite à Istanbul, en Turquie, vient rappeler à la face du monde l’inconfort dans les relations pernicieuses qu’entretiennent les régimes démocratiques occidentaux avec l’une des pétromonarchies les plus rétrogrades et les plus répressives du Moyen-Orient.

Selon des informations non confirmées, attribuées aux services de renseignement turcs, Khashoggi aurait été interrogé, torturé, tué et démembré par des agents saoudiens, le 2 octobre dernier, dans le consulat de l’Arabie saoudite à Istanbul. Le régime du prince héritier Mohammed Ben Salmane Al-Saoud a nié toute implication dans la disparition de Khashoggi, un ressortissant saoudien tombé en disgrâce en raison de ses critiques du régime.

À la suite d’un entretien avec le prince, lundi matin, le président américain, Donald Trump, a évoqué la possibilité que l’assassinat du collaborateur du Washington Post soit l’oeuvre de tueurs solitaires, une hypothèse qui sied à merveille aux intérêts saoudiens.

Pour M. Trump, c’est la dernière d’une suite d’explications sans l’apparence d’un fil conducteur. Dans les premiers jours de ce funeste feuilleton international, le président américain a minimisé l’importance de la disparition de Khashoggi, en indiquant qu’il n’était pas un citoyen américain. Samedi, il a menacé l’Arabie saoudite d’un « châtiment sévère » s’il s’avère qu’elle est impliquée dans la mort de Khashoggi. Dimanche, il a indiqué qu’il n’avait pas l’intention de suspendre les livraisons américaines d’armes à l’Arabie saoudite, de peur de perturber l’économie américaine. En réponse à cette escalade verbale, l’Arabie saoudite a exprimé son intention ferme de riposter à d’éventuelles sanctions.

   

C’est le fin mot de l’affaire. L’empreinte économique de l’Arabie saoudite sur les États-Unis est suffisamment importante pour que ceux-ci ménagent leurs critiques. La question ne pourrait se résumer à l’importation du pétrole saoudien et à l’exportation des armes américaines. Riyad est aussi un allié américain au Moyen-Orient. Un allié imparfait, répressif, insensible aux revendications pour l’avancement des droits de la personne, en particulier ceux des femmes. Le prince hériter se présente comme un réformateur, alors qu’il libère les forces répressives, à l’échelle intérieure et aussi au Yémen, théâtre d’une guerre impitoyable. Un allié imparfait, mais le seul sur lequel les États-Unis peuvent encore miser pour contenir l’autre puissance régionale au Moyen-Orient qu’est l’Iran.

Ce mélange d’intérêts économiques et géopolitiques explique en partie les réponses mesurées de Paris, de Londres et de Berlin, qui ont exigé une enquête impartiale sur la disparition de Khashoggi. Le Canada vend toujours des blindés à un régime qui flagelle les blogueurs et assassine les journalistes, a déploré aux Communes le député bloquiste Luc Thériault, en référence à l’emprisonnement de Raïf Badawi et à la disparition de Khashoggi.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, n’a pas l’intention de faire marche arrière à ce chapitre. Le gouvernement Trudeau a sans doute gardé un amer souvenir de son intervention maladroite pour exhorter l’Arabie saoudite à libérer des militants pour les droits de la personne emprisonnés à tort, en août dernier. En riposte, Riyad a expulsé l’ambassadeur du Canada, en plus de suspendre les relations commerciales et les vols aériens entre les deux pays. Ainsi, la ministre Freeland s’est contentée lundi de joindre sa voix au concert des nations timorées, en exigeant à son tour une enquête « approfondie, crédible et transparente » sur la disparition de Khashoggi.

 

En résumé, le Canada va défendre l’avancée des droits de la personne, mais pas trop, et surtout pas au point de compromettre des relations diplomatiques déjà tendues à l’excès avec l’Arabie saoudite. Le moment est pourtant propice pour une intervention concertée des régimes occidentaux, dans la tradition du multilatéralisme, afin que le vent des réformes souffle plus fort que celui de la répression en Arabie saoudite. Depuis le printemps arabe, en 2011, le régime cherche à satisfaire les volontés d’émancipation du peuple et à moderniser ses institutions, sans rien céder de son pouvoir monarchique.

L’affaire Khashoggi, ne serait-ce que par l’indignation qu’elle suscite, offre un prétexte pour exiger plus d’efforts des Saoudiens, et non l’inverse.

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