Blindés à l’Arabie saoudite: General Dynamics parle de milliards en pénalités

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La société ontarienne ayant un contrat de vente de véhicules blindés d’une valeur de 15 milliards $ avec l’Arabie saoudite avertit le gouvernement libéral que l’annulation de l’entente coûterait des milliards de dollars en pénalités.

General Dynamics Land Systems-Canada a déclaré lundi par communiqué que l’annulation du contrat aurait aussi un impact négatif sur ses travailleurs.

Cette déclaration survient alors que le gouvernement fédéral réexamine le contrat controversé.

Le Canada se penche sur toutes les ventes d’armes à l’Arabie saoudite et ne délivrera aucun nouveau permis d’exportation avant la fin de cet examen.

Le meurtre en octobre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, après son entrée dans le consulat d’Arabie saoudite en Turquie, a suscité une condamnation internationale de Riyad.

Le meurtre de M. Khashoggi a également ravivé l’indignation de la population canadienne face à l’accord controversé de 15 milliards $ approuvé par Ottawa sur la vente de véhicules blindés légers au royaume saoudien.

General Dynamics a affirmé maintenir la mise en oeuvre de son « contrat valide et contraignant ».

Si le Canada « résiliait le contrat unilatéralement », il encourrait des milliards de dollars de responsabilité envers General Dynamics Land Systems-Canada, selon l’entreprise.

« En outre, la résiliation du contrat aurait des conséquences négatives importantes sur nos employés hautement qualifiés, notre chaîne d’approvisionnement au Canada et le secteur de la défense au Canada », a affirmé General Dynamics.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a déjà déclaré que les explications de l’Arabie saoudite sur le décès de M. Khashoggi n’étaient pas crédibles et qu’il devait y avoir une enquête indépendante.

« Dans le passé, le Canada a suspendu les permis d’exportation existants et nous avons toujours été prêts à le faire si cela est jugé nécessaire », a dit Mme Freeland en entrevue lundi.

Le premier ministre Justin Trudeau avait aussi affirmé que l’annulation du contrat entraînerait pour le Canada des pénalités dans les « milliards de dollars ».

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L’Arabie saoudite à la croisée des chemins

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Après trois semaines de couverture intensive, l’affaire Khashoggi est reléguée à l’arrière-plan, le temps pour les dirigeants saoudiens et occidentaux de reprendre la main et de décider du sort du prince héritier Mohammed ben Salman. Par son caractère choquant, le meurtre expose des réalités désormais difficiles à éluder. Des yeux se dessillent et des langues se délient. Les milliers de cadavres au Yémen attirent enfin l’attention. La mise à mort du journaliste tourne aussi les regards vers les maux de l’Arabie saoudite.

Ses troubles immédiats débutent fin 2014 avec l’effondrement de 50 % des cours du pétrole. Elle y contribue pour nuire aux bêtes noires que sont la Russie, l’Iran et le Venezuela. Ce faisant, elle se tire dans le pied, car les hydrocarbures représentent 70 % de son PIB et 90 % de ses exportations. La richissime monarchie entre dans l’ère nouvelle des déficits budgétaires et des compressions. Les dorures des palais cachent mal les finances obérées. Cette chute des revenus de l’État n’est pas sans périls politiques.

Les deux tiers des salariés saoudiens sont employés dans le secteur public et la moitié des dépenses va aux salaires et indemnités, ainsi qu’à l’éducation et la santé. Les restrictions touchent beaucoup de monde. La moitié de la population a moins de 30 ans et son taux de chômage, déjà à 30 %, empirera. Pour une population qui augmente, les conditions de vie se détérioreront. Or, la libéralité de l’État est indispensable à l’achat de la paix sociale. Pour l’avenir, la concurrence des réserves de schiste américaines pèse sur le pétrole saoudien.

L’Arabie saoudite traverse une étape charnière, un tournant historique. L’heure de vérité a sonné pour les autorités. Les problèmes conjoncturels appellent des mesures structurelles.

Des réponses ?

Les responsables s’engagent sur deux terrains, l’un économique, l’autre politique. Le 25 avril 2016 est dévoilé le plan Vision 2030 confectionné par le cabinet d’étude américain McKinsey pour diversifier l’économie en 15 ans et préparer l’après-pétrole. En 2017, la volonté de bétonner le pouvoir se traduit par le resserrement du mode de gouvernance familiale. Bouleversant par un coup de force l’ordre de succession de frère en frère, le roi Salman impose Mohammed Ben Salman, son fils, comme héritier du trône et roi de facto. Le pouvoir personnel se substitue à la gestion collégiale en conseil de famille. De premier entre les pairs, le roi devient un monarque autoritaire, hors de contrôle. S’ensuivent des actions répressives (milliers d’arrestations), agressives (guerre au Yémen, conflit avec le Qatar), extraordinaires (détention de riches saoudiens pour renflouer les coffres de l’État, démission forcée du premier ministre libanais Saad Hariri, meurtre de Khashoggi).

L’histoire ne fournit aucun précédent d’une pétromonarchie à économie rentière se réinventant en économie productive. Remplacer un système économique implique des transformations sociales et des changements politiques. Une société modernisée ne saurait coexister avec les privilèges d’une caste pléthorique de princes ou avec un modèle politique sans parlement, séparation des pouvoirs, partis politiques ou loi codifiée, tout en étant soumise au wahhabisme, idéologie officielle. Mais la concentration du pouvoir va dans le sens opposé au programme économique. Le contraire d’une « réforme », elle semble conçue pour prévenir les indispensables mutations politiques.

Quid de la dimension internationale ? Point de transformations économiques sans révision de la politique étrangère. Enrichie par la hausse des prix pétroliers depuis les années 1970, l’Arabie saoudite est catapultée au rang de puissance régionale et d’intervenant dans le monde, toujours dans le cadre de la politique américaine qui en fait une pièce centrale de son dispositif. Elle exporte pétrole, pétrodollars et wahhabisme. Vache à lait, elle fait vivre des industries de guerre occidentales par de colossales commandes d’armements dont elle n’a pas besoin et qu’elle ne peut utiliser. Premier ou deuxième importateur d’armes au monde, elle dépense le plus par habitant au chapitre militaire.

À partir des années 1980, elle commandite des djihadistes qui déstabilisent plusieurs pays. Trois ans de guerre au Yémen ont grevé son budget de 100 milliards de dollars. À cela s’ajoute l’obsession anti-iranienne dans laquelle elle communie avec les États-Unis et Israël. Son chéquier sera mis à contribution pour acheter l’appui de pays réticents, tout comme il le sera pour promouvoir le « contrat du siècle » de Nétanyahou-Trump auprès des Palestiniens. Les deux opérations étaient confiées à nul autre qu’à Mohammed Ben Salman. Alignement sur la politique américaine et ambitions démesurées entraînent un gaspillage de ressources nécessaires à la diversification, à la modernisation et au développement. Vision 2030 ne sera qu’un mirage en l’absence d’une authentique réforme et d’un retour au rôle international circonscrit et prudent d’avant les années 1970.

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L’Arabie saoudite est au centre de la politique internationale depuis sa création

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Dans sa chronique du 31 octobre 2018, Francine Pelletier avance plusieurs idées erronées qui ne résistent pas à l’analyse des faits. Je me contente, ici, d’en examiner cinq.

1. La chroniqueuse écrit : « Mais depuis quand légifère-t-on chez soi en fonction de ce qui se passe dans un pays isolé de la planète ? » L’Arabie saoudite, un « pays isolé de la planète » ? Archifaux ! L’Arabie saoudite est au centre de la politique internationale depuis sa création en 1932. Fort de son alliance avec les États-Unis depuis le pacte du Quincy (1945), ce pays a propagé sa doctrine du wahhabisme de façon à infléchir les mouvements nationalistes arabes en Égypte, en Irak, en Syrie et en Algérie, par exemple.

La monarchie des Saoud, pays dominant au sein de l’OPEP, provoque le premier choc pétrolier de 1973. Cette année-là, le prix du baril quadruple. Quelques années auparavant, le royaume wahhabite créait deux leviers politiques des plus influents dans le monde : la ligue islamique mondiale (1962), à l’origine de la demande des tribunaux islamiques en Ontario en 2004, et l’Organisation de la conférence islamique (OCI : 1969), le seul lobby religieux constitué de 57 États.

La pénétration du wahhabisme en Afrique correspond, d’ailleurs, à cette décennie. En 1979, grâce à son allié pakistanais, l’Arabie saoudite s’installe en Asie et joue un rôle déterminant dans la guerre en Afghanistan contre les Soviétiques. Dans les années 1990, son influence s’étend à la Tchétchénie et à l’Algérie en plus de prendre pied au Kosovo et en Bosnie en raison de la guerre en ex-Yougoslavie. Cette nouvelle fenêtre lui permet d’asseoir durablement sa présence sur le continent européen, où elle pilote déjà la grande mosquée de Bruxelles depuis 1969 et le Centre islamique de Genève à partir de 1961. Actuellement, l’Arabie saoudite a une influence directe sur l’Égypte, de loin le pays arabe le plus populeux, comptant près de 100 millions de personnes, en plus de son implication dans le bourbier syro-irakien. Sans oublier l’atroce guerre menée contre le Yémen et l’autre guerre, plus sournoise, contre son rival iranien.

Récapitulons. Dynamisme politique, alliances majeures, emprise idéologique déterminante, réserves pétrolières pharaoniques. Et ce n’est pas tout. Car l’Arabie saoudite jouit d’un autre atout considérable : sa diplomatie religieuse. Elle est la gardienne des lieux saints de l’islam, avec des retombées économiques astronomiques chaque année, deux millions de musulmans y convergeant pour le pèlerinage. Avec son réseau de mosquées, d’universités islamiques et de fondations caritatives, le pays est devenu la plaque tournante des prédicateurs salafistes à travers le monde. Cette lame de fond idéologique a conduit à la montée de l’islam politique et de son corollaire, le djihadisme.

2. Venons-en à la déclaration que les musulmans sont moins pratiquants que les catholiques. Sur quoi repose cette affirmation ? Mesurer la vigueur et la rigueur religieuses n’est pas une mince affaire. Dans le cas des musulmans, cela est encore plus vrai. La piste de la fréquentation des mosquées n’est pas concluante, et ce, pour deux raisons. La plupart des mosquées, au Québec comme ailleurs, sont sous le contrôle des États musulmans, en plus de faire l’objet de la surveillance des services de sécurité.

3. Rien ne permet d’affirmer que 15 000 femmes portent le voile au Québec. Par ailleurs, une étude publiée par Radio-Canada en 2016 indiquait que quelque 48 % des musulmanes canadiennes se couvrent la tête, comparativement à 38 % en 2006.

Si le phénomène du port du voile est difficile à mesurer quantitativement, son impact est observable de trois façons : a) l’âge du voilement des femmes est de plus en plus bas, si bien que le voilement des petites filles s’est généralisé avec les tensions que cela engendre (famille Shafia par exemple) ; b) dans plusieurs quartiers comptant une majorité d’immigrants, le port du voile est devenu le modèle dominant ; c) avec le voile intégral, des modèles de voilement plus rigoristes jusque-là inexistants ont gagné en popularité. Cette perspective historique sur une échelle d’une dizaine d’années permet de confirmer que la tendance du voilement est en nette progression, surtout parmi les jeunes.

4. Une autre déclaration qui soutient que la communauté musulmane est plus éduquée que les Québécois de souche est tout aussi problématique. De quoi parle-t-on au juste, de diplômes québécois, canadiens, ou de ceux délivrés par les pays d’origine de ces ressortissants ? Dans le palmarès des 10 pays d’où proviennent principalement les immigrants depuis 2011, on retrouve l’Algérie, le Maroc, l’Iran, l’Égypte, la Tunisie et le Liban. On ne peut faire une simple équivalence entre les diplômes délivrés par ces pays et ceux du Québec. D’abord, le niveau universitaire est loin d’être le même. La fonction même qu’occupe l’université est différente d’un pays à l’autre, en plus du tissu social et culturel.

5. Là où la journaliste s’égare complètement, c’est lorsqu’elle s’appuie sur une étude faite sur la société américaine pour en transposer les conclusions dans le monde musulman en déclarant : « L’éducation, on le sait, milite contre l’obscurantisme religieux. » Cela ne se vérifie pas dans le monde musulman. C’est même le contraire qu’on observe. En Égypte, en Algérie, en Iran, par exemple, l’islam politique a d’abord pris pied dans les universités avant de travailler le corps social. C’est dans les facultés des sciences exactes, d’éducation et de médecine, entre autres, que se sont formées les premières cohortes des militants islamistes.

Réplique de Francine Pelletier

L’analyse de ce qui se passe ici, au Québec, ne révèle pas de grave menace intégriste. D’abord, l’influence pernicieuse de l’Arabie saoudite dont vous parlez a été démentie par un rapport de la GRC affirmant que le djihadisme n’est pas disséminé dans les mosquées mais est le fait « d’individus isolés ». Les réseaux sociaux semblent donc beaucoup plus en cause que les quelconques pamphlets wahhabites qu’on retrouve à Montréal.

Ensuite, comme le dit un rapport de la Commission des droits de la personne, « les musulmans québécois font partie des groupes qui affichent les taux de dévotion religieuse parmi les plus faibles au Canada ». De façon générale, les immigrants qui s’établissent ici sont deux fois plus nombreux que les natifs à ne se réclamer « d’aucune religion ». C’est une perception erronée de penser que les immigrants sont beaucoup plus attachés à la religion que nous.

S’il est vrai que le nombre de femmes qui portent le voile tient de l’extrapolation très souvent, il est également vrai que l’étude canadienne que vous citez n’est absolument pas applicable au Québec. Les groupes musulmans canadiens sont majoritairement issus de l’Inde, du Pakistan et du Bangladesh, des pays très conservateurs et très pratiquants, alors qu’au Québec, le groupe majoritaire est maghrébin, une population beaucoup plus éduquée et moins conservatrice.

Il est également incontestable que plus on est éduqué, moins on est croyant, en Occident tout au moins. Vrai, aussi, que la communauté musulmane affiche deux fois le taux de diplomation des Québécois francophones, les chiffres du gouvernement du Québec sont là pour le prouver. Il faudrait pouvoir s’en réjouir plutôt que de se lamenter.

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Comment punir l’Arabie saoudite pour l’assassinat d’un journaliste

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Les gestes commis par des agents de l’Arabie saoudite dans son consulat d’Istanbul sont inacceptables. Même si les responsables de cet État ont admis la mort du journaliste Jamal Khashoggi dans les locaux consulaires, ils ne semblent pas être en mesure de remettre le corps à la famille alors que les autorités turques le prétendent dissous. Par ailleurs, si l’émirat promet un procès pour les agents qu’ils détiennent, il est à craindre que le nom du principal donneur d’ordre ne soit jamais prononcé lors de cette procédure.

Le Canada, à l’instar d’autres pays, a réagi à cette monstruosité avec quelques déclarations. Il n’entend pas mettre un terme aux contrats actuels de livraisons d’armes en raison des pénalités associées, mais il ne semble pas vouloir permettre d’autres livraisons. Le président des États-Unis met également le commerce au-dessus des êtres humains en préférant conserver des emplois. En définitive, seule l’Allemagne a clairement annoncé stopper son commerce d’armes avec ce pays. Le message est clair, aucun État n’affrontera l’Arabie saoudite de peur du prix à payer.

Il existe toutefois une action pouvant être utilisée collectivement au sein de l’ONU permettant de toucher ce qui est sans doute le plus sensible chez l’Arabie saoudite : son amour propre. Il est en effet possible d’introduire devant l’Assemblée générale de l’organisation une procédure afin que le droit de l’Arabie saoudite de siéger au Conseil des droits de l’homme soit suspendu.

Le 15 mars 2006, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution créant le Conseil des droits de l’homme. Il était prévu que « les États Membres élir[aient] les membres du Conseil en prenant en considération le concours que chaque candidat a apporté à la cause de la promotion et de la défense des droits de l’homme et les engagements qu’il a pris volontairement en la matière ». Eu égard à son passif en ce domaine, il est en soi étonnant que ce pays siège en cette instance.

L’admission dans cet organe induit des obligations pour les États, qui doivent observer les normes les plus strictes en matière de promotion et de défense des droits de l’homme. Clairement, l’assassinat et le démembrement d’un journaliste ne répondent pas à ces obligations. Or, il est possible pour les États membres de l’ONU de procéder à un vote pour suspendre l’Arabie saoudite de son droit de siéger au Conseil. La mission n’est certes pas simple puisqu’il faudra le vote des deux tiers des membres présents et votants à l’Assemblée générale, mais elle n’est pas impossible.

Des obligations

Le Conseil des droits de l’homme est un des principaux organes de l’ONU travaillant à la protection des droits de la personne. Il est notamment responsable de la nomination des experts indépendants devant faire des rapports sur divers sujets. L’Arabie saoudite a d’ailleurs présidé en 2015 le panel chargé de ces nominations. Paradoxalement, le 27 juin 2017, ce conseil a reconduit le mandat du Rapporteur spécial sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires en soulignant que tous les États ont l’obligation de mener des enquêtes exhaustives et impartiales sur tous les cas présumés d’exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires. Ils doivent également identifier et traduire en justice les responsables de tels actes. Finalement, obligation est faite aux États d’indemniser comme il convient, dans un délai raisonnable, les victimes ou leur famille.

En étant membre du Conseil, l’Arabie saoudite a rappelé aux États de la planète des obligations qu’elle ne semble pas vouloir mettre en pratique. La seule présence de ce pays au Conseil le discrédite et transmet le message qu’il n’est pas nécessaire de respecter ses obligations internationales dans le domaine des droits de la personne.

On ne peut tolérer qu’un État qui ne respecte pas les règles minimales des droits de la personne et des relations internationales siège au Conseil des droits de l’homme et le Canada peut agir pour corriger la situation sans perdre de contrats. Il est même possible que ce leadership puisse l’aider à gagner le siège convoité au Conseil de sécurité. La présentation d’une telle résolution à l’Assemblée générale protégerait une institution qui est mise à mal par de nombreux États et transmettrait le message qu’aucun pays n’est à l’abri de l’action légale de ses pairs.

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Affaire Khashoggi: Trudeau assure vouloir mettre de la pression sur l’Arabie saoudite

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Le Canada est en voie de réviser tous ses permis d’exportation d’armements vers l’Arabie saoudite dans la foulée de l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi. Et à ceux qui se demandent quel effet pourra bien avoir la suspension temporaire des ventes d’armes, le premier ministre Justin Trudeau réplique qu’il s’agit d’une puissante façon de forcer Riyad à expliquer ce qui a bien pu se passer.

« Nous sommes en train de réviser actuellement nos permis d’exportation à l’Arabie saoudite », a déclaré M. Trudeau alors qu’il s’adressait à la presse en compagnie de son homologue des Pays-Bas, en visite à Ottawa.

Les permis d’exportation ne doivent pas être confondus avec les contrats. Les contrats lient le fabricant d’armes au pays acheteur. Le rôle du gouvernement canadien est de délivrer par la suite les permis autorisant l’exportation des produits. Il y a souvent plusieurs permis associés à un même contrat.

Depuis quelques jours déjà, M. Trudeau répète que le Canada a suspendu ses permis d’exportation d’armes vers l’Arabie saoudite dans le passé et n’hésiterait pas à le faire à nouveau.

Suspension de quatre mois

À la fin de l’été 2017, le Canada avait en effet suspendu les permis autorisant la vente de blindés Gurkha, fabriqués en Ontario par l’entreprise Terradyne, parce qu’il était allégué que de tels véhicules avaient été utilisés par le régime saoudien dans le siège sanglant de la ville d’Awamiyah.

Les exportations ont repris de plus belle quatre mois plus tard, une fois que les fonctionnaires canadiens eurent conclu qu’il n’existait « aucune information crédible vérifiable » prouvant l’utilisation des blindés canadiens.

On fait partie d’une communauté internationale qui a des questions graves […] sur le comportement des Saoudiens par rapport au meurtre de Jamal Khashoggi

Invité à dire à quoi peut bien servir une telle suspension temporaire, M. Trudeau a été catégorique : il s’agit d’un moyen de pression.

« Ça nous donne des moments et un levier pour pouvoir exiger plus de réponses de l’Arabie saoudite. On fait partie d’une communauté internationale qui a des questions graves pour l’Arabie saoudite sur le comportement des Saoudiens par rapport au meurtre de Jamal Khashoggi et tant qu’il n’y aura pas de réponses, nous allons continuer de chercher des moyens pour mettre de la pression concertée sur ce pays pour nous assurer qu’il comprend l’importance de respecter les droits de la personne et la liberté de la presse. »

Tué au consulat à Istanbul

Après avoir soutenu pendant deux semaines que Jamal Khashoggi avait quitté son consulat d’Istanbul après s’y être rendu pour obtenir des documents de divorce, l’Arabie saoudite a reconnu en fin de semaine qu’il n’en était jamais ressorti.

Le régime a soutenu tour à tour que le journaliste avait été tué par des éléments voyous n’agissant pas sous les ordres du prince héritier, puis qu’il était mort accidentellement au cours d’une bataille à mains nues. On ignore sur les ordres de qui le commando de 15 personnes s’est rendu de Riyad au consulat le jour du rendez-vous de M. Khashoggi. Un des membres du commando a revêtu les habits du journaliste et une fausse barbe pour simuler sa sortie du consulat.

Si Ottawa songe à suspendre les permis d’exportation d’armes, il ne semble pas être question de résilier le contrat de 15 milliards de dollars liant l’ontarienne General Dynamics Land System au régime saoudien. Un tel geste coûterait non pas 1 milliard de dollars, comme l’a avancé M. Trudeau plus tôt cette semaine en entrevue avec le réseau CBC, mais « des milliards ».

Faut-il y voir une façon de parler ou un chiffre tiré du contrat ? Le premier ministre refuse de répondre.

« J’ai dit que, peut-être, ça pourrait coûter des milliards de dollars de sortir de ce contrat, mais je ne peux pas donner plus d’information par rapport à ce contrat à cause des clauses de confidentialité signées par l’ancien gouvernement. »

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L’Arabie saoudite en guerre contre le Yémen

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Depuis 2015, l’Arabie saoudite, avec l’appui des États-Unis, s’est investie au Yémen contre un régime qu’elle estime récalcitrant et trop proche de l’Iran. C’est surtout une guerre aérienne menée par des bombardements massifs contre des cibles au sol, et malheureusement contre la population yéménite. Un grand nombre d’écoles, de centres hospitaliers et d’infrastructures ont été détruits, causant dans ce pays un véritable désastre humanitaire. On estime que plus de 20 000 raids ont à ce jour causé la mort de 10 000 personnes, en grande majorité des civils. Entre-temps, 8 des 28 millions de Yéménites sont selon l’ONU victimes de la famine, qui a déjà causé la mort de plusieurs milliers de personnes, en majorité des enfants. Selon Helle Thorning-Schmidt, p.-d.g. de Save the Children, l’une des principales agences humanitaires impliquées dans ce pays, le conflit en cours prend l’allure d’une véritable « guerre contre les enfants ».

Diverses tentatives de médiation proposées par l’ONU ont visé principalement l’établissement de « corridors humanitaires » permettant l’acheminement de vivres et de biens essentiels à une population durement éprouvée. Mais les négociations achoppent sur l’offensive en cours contre le port d’Al-Hodeïda, principale porte d’entrée maritime du pays. Malgré les bombardements massifs contre cette ville qui compte 400 000 habitants, les forces coalisées par l’Arabie saoudite ont échoué à prendre le contrôle contre les forces yéménites commandées par une alliance composite de nationalistes et de rebelles houthis (une secte politico-religieuse). L’économie s’est effondrée faute d’approvisionnements. Les prix des aliments et de l’essence ont plus que doublé, alors que la majorité de la population doit lutter pour sa survie tous les jours. Les houthis, pour leur part, s’avèrent incapables de gérer la crise ni même de contrôler les soldats sous leur contrôle qui commettent eux aussi des atrocités.

Un contentieux de longue date

Depuis longtemps, le Yémen est le parent pauvre de la région du Golfe, alors que l’Arabie saoudite et d’autres pétromonarchies comme les Émirats et le Koweït regorgent des richesses tirées de la production pétrolière. Des centaines de milliers de Yéménites travaillent dans ces pays riches dans des conditions misérables. Malgré diverses tentatives de reconstruire un espace régional pour réduire les disparités, l’Arabie saoudite a maintenu le cap, bien que soient apparus dans les dernières années de nombreux signes avant-coureurs de la crise actuelle. L’explosion du mécontentement dans la région qualifiée de « printemps arabe » a contaminé le Golfe, notamment Bahreïn, où une révolte populaire a été écrasée par l’Armée saoudienne appelée de plus en plus à jouer le rôle d’un gendarme régional. Par la suite, la monarchie s’est fortement investie dans la guerre civile en Syrie pour appuyer diverses factions islamistes jugées par Riyad et Washington comme des candidats valables à la succession du régime de Bachar al-Assad. L’énorme chaos qui a suivi, avec des centaines de milliers de victimes et des millions de personnes jetées sur les routes, est le résultat de cette foire d’empoigne finalement remportée, dans la violence extrême, par le régime syrien et ses alliés russes et iraniens. C’est dans ce contexte que l’Arabie saoudite s’est jetée dans la fournaise yéménite depuis maintenant trois ans.

Des enjeux douteux

L’Arabie saoudite, avec Washington, qualifie l’espèce de gouvernement qui règne sur des parties du Yémen de menace mortelle, d’autant plus que les rebelles houthis, qui dirigent une coalition hétéroclite, sont appuyés par l’Iran. Dans le fond, le conflit au Yémen est devenu une guerre par procuration, avec l’objectif d’empêcher l’Iran (et ses alliés) de renforcer son influence dans la région. Pour Riyad, il faut absolument consolider le rôle du pays comme « gendarme régional », capable de mener des conflits de grande intensité, en concordance avec les intérêts des États-Unis dans la région. À Washington, on a pensé qu’une alliance inédite entre l’Arabie saoudite, Israël et d’autres régimes autoritaires de la région pourrait fermer le verrou, isoler l’Iran et reprendre le contrôle d’une région plongée dans un profond chaos. Mais à date, le plan n’a pas fonctionné. La situation est donc grave pour l’Arabie saoudite, aux prises d’ailleurs avec une grave crise économique découlant de la baisse des prix du pétrole, qui compte pour 90 % de ses exportations. À rebours, cette crise affecte les États-Unis, dont la puissante industrie d’armements dépend en partie des achats saoudiens d’avions supersoniques et d’autres équipements sophistiqués, qui sont à vrai dire inutilisés par l’armée saoudienne faute de personnel compétent. C’est ce qui explique l’incapacité de cette armée à vaincre quelques milliers de combattants houthis relativement peu armés, mais qui, pire encore, déstabilisent le royaume par des tirs de missiles primitifs, aggravant ainsi les désordres économiques et le sentiment de découragement qui traverse ce pays jusqu’à maintenant choyé.

Une crise menaçante

La dernière « affaire » entourant la disparition (et l’assassinat probable) du journaliste dissident Jamal Khashoggi dans le consulat saoudien d’Istanbul crée dans ce climat délétère beaucoup d’angoisse. Le prince héritier, Mohammed ben Salman, véritable centre du pouvoir, est sur la sellette. Dépêché de toute urgence à Riyad, le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, essaie de trouver une porte de sortie dans cette histoire qui démontre encore une fois la barbarie du système érigé par la monarchie. Tout cela n’annonce rien de bon, sinon la perpétuation de la guerre au Yémen et probablement l’aggravation des tensions dans toute la région au moment où se profile une montée des tensions entre Washington et Téhéran.

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Affaire Khashoggi: Trudeau demeure ferme face à l’Arabie saoudite

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Justin Trudeau assure que le Canada a toujours été clair et ferme avec le royaume d’Arabie saoudite, et qu’il continue de l’être, au chapitre des droits de la personne.

Le premier ministre a aussi déclaré vendredi que le Canada était « très préoccupé » par la disparition du journaliste américain Jamal Khashoggi, même si M. Trudeau admet que les informations sont pour l’instant parcellaires dans ce dossier.

Interrogé par les journalistes au Sommet de la Francophonie, en Arménie, M. Trudeau a ajouté que le Canada déployait depuis plusieurs années en Arabie saoudite un important effort diplomatique sur la question des droits de la personne, et qu’il avait eu personnellement une conversation avec le roi Salmane ben Abdelaziz Al Saoud au printemps dernier.

Le premier ministre a soutenu que le Canada maintiendra une posture claire et ferme pour défendre les droits de la personne dans le monde, « quel que soit l’interlocuteur ».

Le mystère entourant la disparition de M. Khashoggi n’a fait que s’intensifier depuis qu’il a été vu pour la dernière fois entrant dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, la capitale turque, il y a 10 jours.

Selon les médias américains, des responsables turcs disposeraient d’enregistrements audio et vidéo prouvant que le chroniqueur du Washington Post a été interrogé, torturé et tué par des membres du service de sécurité saoudien à l’intérieur du consulat, où il était venu retirer des documents officiels pour son mariage prochain.

La controverse survient après le conflit diplomatique entre le Canada et le royaume saoudien, déclenché lorsque la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a appelé à la libération immédiate d’activistes détenus, dont Samar Badawi, militante des droits des femmes et soeur du blogueur Raif Badawi, lui-même emprisonné depuis 2012 pour avoir critiqué des leaders religieux.

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