Les 10 députés du Bloc québécois se représenteront à l’élection fédérale

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Les 10 députés du Bloc québécois seront candidats à l’élection fédérale du 21 octobre.

En entrevue au Devoir dimanche, le nouveau chef de la formation indépendantiste, Yves-François Blanchet, a confirmé que l’ensemble de la députation bloquiste sollicitera un nouveau mandat.

Les derniers mois ont été éprouvants pour les députés bloquistes. En février dernier, sept d’entre eux avaient claqué la porte du parti alors dirigé par Martine Ouellet, ce qui avait plongé le Bloc québécois dans une profonde crise interne. Les sept dissidents sont finalement rentrés au bercail dans la foulée de la démission de Martine Ouellet, défaite lors d’un vote de confiance en juin dernier.

Le vent a tourné depuis, assure celui qui a été couronné chef du parti jeudi dernier. « Le caucus est parfaitement fonctionnel, affirme Yves-François Blanchet. Cette crise-là, elle est passée, elle est finie et tout le monde regarde dans la bonne direction. »

M. Blanchet avance même qu’un « momentum » serait perceptible au sein des rangs bloquistes. En décembre, le parti a recueilli 300 000 $, son mois le plus fructueux depuis la campagne de 2015.

« Le Bloc sortait tout juste de la crise, n’avait pas encore de chef et a recueilli 300 000 $ en plein mois de décembre. Il s’est passé quelque chose de positif à l’intérieur des instances, on sent clairement un momentum à l’intérieur du Bloc. »

« Notre travail, et j’en prends la responsabilité, c’est de porter et de partager cet enthousiasme avec les Québécois », lance l’homme de 53 ans.

Un éveil

Selon le politicien, le Bloc québécois, dont l’éloge funèbre a été maintes fois prononcé, bénéficie en quelque sorte d’un « éveil » né de la débâcle du Parti québécois lors de la dernière élection provinciale.

« Au lendemain du 1er octobre, les souverainistes — qui représentent encore le tiers du vote au Québec — ont bien réalisé que si le Bloc était écrasé à la prochaine élection fédérale, c’est l’idée même de la souveraineté qui allait beaucoup souffrir. Et ça, je pense que ça a été une sorte d’électrochoc. »

Grâce à cet élan, Yves-François Blanchet dit avoir bon espoir de recruter des candidats de qualité pour représenter le Bloc québécois dans les 78 circonscriptions fédérales du Québec en vue de l’élection générale du 21 octobre.

Déjà cette semaine, le parti annoncera qui défendra les couleurs du Bloc québécois lors de l’élection partielle du 25 février dans la circonscription d’Outremont. « C’est une candidature de très haute qualité qui va surprendre tout le monde », promet Yves-François Blanchet.

Celui qui a été ministre de l’Environnement au sein du gouvernement péquiste de Pauline Marois fera de l’environnement un des thèmes centraux de la campagne bloquiste. Un thème qui sera imbriqué dans ceux de la souveraineté et de l’économie, une sorte de triumvirat duquel naîtra un nouveau modèle écologique québécois. Yves-François Blanchet estime que ce modèle, qu’il souhaite développer, est « totalement incompatible avec les politiques du gouvernement fédéral », rappelant au passage l’achat de l’oléoduc Trans Mountain par le gouvernement libéral.

Le bal des investitures

À neuf mois du vote, le Bloc québécois a investi dimanche son premier candidat. Des dizaines de militants ont bravé la tempête pour assister à Boucherville à l’assemblée d’investiture de Xavier Barsalou-Duval, qui tentera de se faire réélire dans la circonscription de Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères.

« On a commencé un travail dans la circonscription qui doit être terminé, notamment dans les dossiers de la réglementation du trafic sur la rivière Richelieu et de l’érosion des berges du fleuve Saint-Laurent », clame le jeune papa.

Cet ancien enseignant au collégial, qui se dit très présent auprès de ses commettants, se définit d’abord et avant tout comme un indépendantiste. « Tant que le Québec ne sera pas un pays, ça va être nécessaire pour moi de continuer mon action politique », insiste-t-il.

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Les conservateurs remportent l’élection partielle fédérale en Ontario

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Photo: Justin Tang La Presse canadienne
Le député conservateur Gord Brown est décédé en mai dernier.

Ottawa — Les conservateurs ont remporté aisément l’élection partielle fédérale, lundi, dans une circonscription de l’est de l’Ontario qui a longtemps été une forteresse conservatrice. Avec 215 des 238 bureaux dépouillés en fin de soirée à Leeds-Grenville-Thousand Islands et Rideau Lakes, le candidat conservateur Michael Barrett, un conseiller municipal, s’emparait d’une forte avance avec 58,3 % des voix. La candidate libérale, Mary Jean McFall, se trouvait à bonne distance, à 35,2 % des voix, tandis que les candidates du NPD et du Parti vert obtenaient 3,2 % et 3 %, respectivement. La circonscription est devenue vacante à la suite du décès du député conservateur Gord Brown en mai. M. Brown était député depuis 2004. Les conservateurs ont tenu la circonscription pendant 24 des 40 dernières années.

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L’élection de la CAQ, la victoire du Québec moyen

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L’élection du 1er octobre 2018 fut à bien des égards historique. Le relâchement de la tension autour de la question nationale a permis à un nouveau parti de prendre le pouvoir, la CAQ, et à un autre, QS, d’émerger comme une force politique. Les deux partis qui se sont partagé le pouvoir depuis 50 ans sont à des creux historiques.

Les observateurs de la scène politique québécoise, y compris des commentateurs chevronnés, se perdent en conjectures pour expliquer ce vote. Mais il suffit d’analyser quelques données socio-démographiques pour comprendre que la CAQ l’a emporté en misant sur le Québec modéré.

Comment comprendre ces élections en cinq étapes faciles :

Étape 1 : Procurez-vous les données macro (big data) du recensement de 2016.

Étape 2 : Triez les circonscriptions selon la proportion de la population non francophone. Vous observerez que 27 des 28 (ainsi que 29 des 34) circonscriptions ayant la plus forte proportion d’électeurs non francophones* sont allées au Parti libéral. Les exceptions s’expliquent ainsi :

Jean-Talon est la circonscription où les évaluations foncières sont les plus élevées en dehors de l’île de Montréal. Roberval est la circonscription du premier ministre sortant, tandis que l’élection dans Gaspé est contestée.

La conclusion : le vote du Parti libéral est essentiellement le fait des non-francophones et d’un niveau socio-économique très élevé. Il s’agit d’un vote qui s’éloigne sensiblement du Québec moyen, constitué d’une majorité de francophones à revenu moyen.

Étape 3 : Enlevez les circonscriptions non francophones du PLQ et triez vos données en fonction de la proportion de locataires dans la circonscription. Vous observerez que les 8 circonscriptions ayant la plus forte proportion de locataires sont allées à QS, de même que 9 des 10. L’exception étant Rouyn-Noranda–Témiscamingue. Ainsi, la proportion de locataires (dont beaucoup d’étudiants) explique presque entièrement le vote solidaire.

Étape 4 : Mettez les circonscriptions non francophones et/ou à forte proportion de locataires de côté, et jetez un coup d’oeil aux indicateurs socio-économiques. Le premier constat est que le vote péquiste est généralement caractérisé par une très faible perspective socio-économique.

Trois des quatre circonscriptions où les transferts gouvernementaux occupent une plus grande place dans le revenu des ménages sont péquistes, la quatrième étant Gaspé, où un dépouillement judiciaire a lieu, peut-être au profit du Parti québécois. De plus, 8 des 19 circonscriptions où le taux d’emploi chez les hommes est le plus faible sont péquistes (9 sur 19 si Gaspé bascule vers le PQ). La seule circonscription péquiste où les perspectives socio-économiques sont moins défavorables est Marie-Victorin, où Catherine Fournier l’a emporté avec seulement deux points de pourcentage d’avance.

Étape 5 : Faites la liste des circonscriptions caquistes et vous constaterez que ce sont des circonscriptions très diverses et très représentatives du Québec « moyen », c’est-à-dire ni très riche ni très pauvre, plutôt francophone et pas disproportionnellement locataire.

En conclusion, on peut affirmer que les trois partis d’opposition se sont marginalisés par rapport au Québec moyen. Le Parti libéral est devenu essentiellement le parti des riches et surtout des non-francophones. Le Parti québécois est devenu le parti des électeurs qui dépendent le plus des transferts gouvernementaux, tandis que Québec solidaire est le parti des locataires, souvent de jeunes étudiants.

La CAQ aura réussi de son côté à se brancher solidement sur le Québec moyen, ce qui a assuré sa victoire éclatante.

(*) Nous excluons les langues autochtones aux fins de l’analyse.

* L’auteur a été consultant au cours de la dernière campagne en tant qu’analyste stratégique de l’opinion publique pour la CAQ. Il était auparavant vice-président au sein de la maison de sondage CROP.

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L’élection du changement | Le Devoir

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Il ne faut pas être le pogo le plus dégelé de la boîte pour comprendre que les électeurs ont eu envie de renouveau. C’est le premier constat qui s’impose à la suite de cette élection « historique ». Les deux partis qui ont admirablement tiré leur épingle du jeu, lundi soir, n’existaient pas il y a à peine 12 ans. Ceux qui ont été congédiés, voire anéantis, sont sur scène par ailleurs depuis longtemps.

Impossible de ne pas remarquer aussi que les deux grands gagnants, François Legault et Manon Massé, n’appartiennent pas à la même facture politique. Pour reprendre un terme cher à la co-porte-parole de QS, les électeurs cette fois ont choisi du « monde ordinaire », des leaders sans artifices et envolées oratoires, un homme d’affaires et une travailleuse communautaire qui viennent nous chercher moins par la force des arguments que par la force du coeur. Il y a certainement une leçon à tirer de cette méfiance vis-à-vis des finfinauds et les beaux parleurs.

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, nous sert d’ailleurs d’exemple. Celui qui, de l’avis de plusieurs, menait la meilleure campagne, du moins jusqu’au fatidique Face à face du 20 septembre, le leader le plus spirituel, le débatteur le plus éloquent et le stratège le plus vite sur la gâchette, se retrouve aujourd’hui répudié comme nul autre.

De toutes les surprises de la soirée — la CAQ majoritaire, les quatre victoires de QS à l’extérieur de Montréal, la piètre performance du PLQ —, rien ne se compare, à mon avis, à l’effondrement du Parti québécois. Pensons-y : le parti responsable des plus grandes transformations du Québec moderne, celui qui nous a donné nos héros, nos artistes et nos mentors depuis 50 ans, celui qui a changé nos lois et nos vies, agonisait littéralement devant nos yeux. La crucifixion de Jean-François Lisée dans sa propre circonscription a d’ailleurs scellé cette mise à mort en direct. Après les attaques fielleuses de fin de campagne à l’égard de QS, on voit mal comment le Parti québécois pourrait prétendre encore « rassembler » ou se dire porteur d’un « projet de société ».

Le « changement » aura donc été le véritable moteur des électeurs, peu importe l’axe politique. Qu’on ait voté à droite, pour la CAQ, ou à gauche, pour QS, une majorité de Québécois ont exprimé le désir de changer de décor. Mais de quel changement parle-t-on au juste ? Pour François Legault, il s’agit simplement d’en finir avec la « division » semée au Québec par le projet indépendantiste. Tel un bon père de famille rassemblant ses enfants à ses côtés (ce qu’il a d’ailleurs fait sur scène lundi soir), il souhaite juste que la chicane cesse pour qu’on puisse enfin travailler tous ensemble. C’est la raison qui l’a poussé à créer la CAQ en 2011, dit-il, et c’est, à ce jour, la seule idée forte derrière le parti. Tout le reste, « faire moins mais faire mieux », n’est que comptabilité et slogan d’entreprise. Il n’y a pas l’ombre d’un projet de société là-dedans, aucun virage vert, culturel, social, aucun idéalisme sauf celui de traduire son amour des Québécois — et M. Legault est convaincant à cet égard — en prospérité financière. « Plus d’argent dans nos poches. »

Le changement que promet Québec solidaire est évidemment aux antipodes de ce menu minceur. La partie est loin d’être gagnée, QS a encore beaucoup de propositions à expliquer et de coins à aplanir avant que la peur et le ridicule qu’on lui prête ne cessent de le peinturer dans un coin. Cela dit, la transformation d’un parti de « pelleteux de nuages » en un parti capable de prendre et d’exercer le pouvoir est bel et bien commencée. Cette élection marque un tournant décisif à cet égard. Comme l’ont souligné certains sondeurs, la seule vraie mobilisation tout le long de cette campagne, la seule courbe qui a systématiquement pointé vers le haut, c’est QS qui en a bénéficié. Pourquoi ? Le vote des jeunes attirés notamment par les propositions sur l’environnement. C’est grâce aux 18-34 ans, du moins, ceux qui ont bien voulu voter, que QS connaît son meilleur résultat, tant en ce qui a trait au vote populaire qu’au nombre de sièges.

« Les électeurs de tous âges ont voulu changer, dit Mainstreet Research, mais cette campagne restera dans l’histoire comme l’élection d’un changement de génération. » La maison de sondage prédit du même souffle que « Québec solidaire est ici pour rester ».

Pourra-t-on en dire autant de la CAQ dans quatre ans ? À voir. Pour l’instant, le changement tant vanté par le chef de la CAQ se résume à avoir momentanément réduit la taille des libéraux.

Un changement bien mineur en comparaison des chocs sismiques qui se sont produits à gauche de l’échiquier politique. L’écroulement du Parti québécois, d’abord, l’arrivée d’une nouvelle génération d’électeurs, ensuite. Une génération qui s’attend à plus d’un gouvernement que de simples changements cosmétiques.

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Souveraineté: est-ce que l’élection 2018 marque un tournant au Québec?

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L’indépendance a-t-elle été évacuée de cette campagne électorale, comme plus d’un l’ont fait remarquer au cours des dernières semaines ? Après tout, cette question est-elle inextricable des élections ?

« La question de l’indépendance n’apparaît vraiment qu’avec les années 1960, note le sociologue Jean-Philippe Warren, de l’Université Concordia. Avant, il y a bien eu les rébellions des patriotes de 1837-1838, qu’il faut situer dans le cadre plus large du “printemps des peuples”. Mais c’est vraiment à compter des années 1960 qu’on voit cette question prendre forme » et être incarnée au temps des élections. Depuis l’an 2000, cette incarnation se fait moins prégnante.

Dans les années 1960, un nouvel élan d’idées « conduit à concevoir le Québec comme un État à part entière, totalisé par le projet de souveraineté », explique Jean-Philippe Warren. « La réinvention de l’identité québécoise fait en sorte que le foyer de la nation fait désormais corps avec le territoire. » L’État québécois qui s’invente « utilise les pouvoirs dont la fédération de 1867 ne voulait pas ». L’éducation, la santé, tout ce qui avait été laissé jusque-là à peu près en dehors de l’intervention étatique, deviennent de « vraies affaires ». Dans ces circonstances, il devient possible de penser le Québec et l’État hors du cadre canadien. « À partir des élections de 1962, on commence à entendre parler d’indépendance. » L’idée devient un horizon, une finalité vite avouée.

Mais cette idée de l’indépendance flotte déjà en transparence, du moins à l’occasion, avant ces bouleversements profonds des années 1960. Avant la Seconde Guerre mondiale, elle est évoquée de façon épisodique comme un horizon aussi lointain qu’incertain. Le journaliste Jules-Paul Tardivel en fait le propos d’une uchronie dans un roman intitulé Pour la patrie (1895). Le député Louis-Napoléon Francoeur s’en sert comme d’une menace pour s’opposer à la conscription (1917). Les proches de Lionel Groulx la voient comme une solution à une crise constitutionnelle, à l’occasion d’une grande enquête intitulée Notre avenir politique (1922). Des jeunes des années 1930, les Jeune-Canada ou encore les Jeunesse-Patriote, brandissent l’idée au coeur de leurs passions en ces temps troublés et sombres.

Libération

Durant les élections, c’est vraiment à compter de 1936, avec Maurice Duplessis, qu’apparaissent de façon forte des préoccupations nationales, indique Jean-Herman Guay, de l’Université de Sherbrooke, en entrevue au Devoir. « Auparavant, les partis au Québec n’étaient que des succursales des organisations fédérales. » Avec Serge Goudreau, le politologue vient de faire paraître Les élections au Québec. 150 ans d’une histoire mouvementée (PUL). « La question nationale ne deviendra vraiment systématique qu’avec les années 1960 », observent-ils.

À la fin des années 1950, une nouvelle inspiration intellectuelle va reconsidérer l’idée d’un État national au Québec à l’aune des théories de la décolonisation. L’influence de penseurs comme Frantz Fanon, Jacques Berque, Albert Memmi et Jean-Paul Sartre se fait sentir. Les vieux nationalistes canadiens-français pestent contre cette nouvelle façon d’envisager la société qui se trouve mâtinée selon des préoccupations plus humanistes.

Lionel Groulx, petit père de la nation pour la génération précédente, peste contre les nouveaux venus qui n’ont plus les mêmes références que lui. Dans Chemins de l’avenir (1964), il regrette de nouvelles bases intellectuelles. La nouvelle génération, observe-t-il, n’a lu « ni Claudel, ni Maritain […], ni Daniel-Rops, jugé sacristain, ni Jean Guitton, ni Daniélou pourtant si actuels et si prenants ». Elle a plutôt lu « goulûment l’existentialiste Sartre, sa triste égérie, Simone de Beauvoir […]. La jeunesse lut encore Albert Camus, plus dangereux peut-être que Sartre pour ses aveux de “préoccupations chrétiennes” », ainsi que « le plus dangereux de tous, André Gide ».

Les journaux de l’époque témoignent de nouvelles préoccupations à l’égard des nations. Il est beaucoup question de luttes de libération nationale. Un éditorialiste comme André Laurendeau a beau plaider de façon éclairée que la situation du Québec n’est pas celle au fond de l’Algérie de Ben Bella, du Congo belge de Patrice Lumumba ou du Cuba de Castro, la portion coloniale des rapports sociaux en place n’en demeure pas moins vraie. Mais n’a-t-il pas lui-même dénoncé, au temps de sa jeunesse, les ravages d’un certain colonialisme au Canada français au profit de la domination d’intérêts anglo-saxons ?

Contraction

« À compter des années 2000, une contraction de cette question intervient, en partie à cause des deux référendums perdus », observe Jean-Herman Guay. Le sociologue Jean-Philippe Warren estime que lorsqu’on entend les partis souverainistes répéter qu’« on va faire ça plus tard, dans un prochain mandat, personne n’y croit ». Il rappelle qu’en 1995, trois tendances avaient été réunies pour rendre l’option viable. Elles étaient représentées dans un pacte entre Lucien Bouchard, qui incarnait « le vieux Canada français revanchard, conservateur », Jacques Parizeau, « plutôt l’affirmation de la confiance, de l’économie, de l’élan de la Révolution tranquille », et de Mario Dumont, « la génération X, plutôt carriériste, arriviste, qui se dit qu’on peut trouver notre miel là-dedans ». Or, chacune de ces tendances, au-delà de leur personnification, « est partie de son côté depuis ». Peuvent-elles à nouveau se réunir ?

Jean-Herman Guay estime qu’« avec cette élection de 2018, la question nationale passe au second plan, voire au troisième ». Pourquoi ? La question de l’indépendance a beau continuer à créer une fracture sur la scène électorale, il faut désormais prendre en compte la division gauche-droite, dit-il. « La question de l’indépendance reste la grande fracture dans notre système électoral, mais on dirait qu’on a fait un rattrapage aussi sur d’autres questions sur l’axe gauche-droite. On ressemble en cela de plus en plus à d’autres sociétés. » À l’axe fédéraliste-indépendantiste s’ajouterait désormais l’axe gauche-droite. « Cette double fragmentation s’exprime maintenant à travers quatre partis. Mais le bipartisme, favorisé par notre système électoral, pourrait revenir », du moins si on continue à reléguer à un avenir plus ou moins distant cette question nationale, croit Jean-Herman Guay.

Avec cette élection de 2018, la question nationale passe au second plan, voire au troisième

Pour le politologue Alain-G. Gagnon, professeur à l’UQAM, « à part l’article 1 du PQ qui concerne l’indépendance, il n’y a pas grand-chose qui le distingue du Parti libéral, du moins dans la longue durée ». Chaque parti, au cours des quarante dernières années, a eu à coeur la question nationale, dit-il. Ce dont témoignent à son sens plusieurs motions de l’Assemblée nationale adoptées à l’unanimité, dans l’intérêt national. Ce qui a changé, croit le politologue Gagnon, est que pendant longtemps, le PQ a eu l’avantage de porter un projet de société, de faire rêver plusieurs électeurs à un monde différent, au nom de son projet indépendantiste. « Le PQ et Québec solidaire se disputent aujourd’hui là-dessus. Or, il semble que ce soit Québec solidaire qui fasse désormais rêver. Il semble être le seul qui dit : “Je vais vous faire rêver.” Même si ses propositions ne sont peut-être pas parfaites, ceux qui ont mis la main là-dessus, sur la capacité à faire rêver, ça me semble bien être Québec solidaire. »

 


Un version précédente de ce texte, qui indiquait que Pour la patrie, de Jules-Paul Tardivel, a été écrit en 1905, a été modifiée.
 

 

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L’élection générale ne scellera pas le sort de l’option indépendantiste

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Le prochain scrutin s’annonce douloureux pour les indépendantistes. Le sort du projet indépendantiste semble être lié aux succès électoraux du Parti québécois, mais il ne l’est pas entièrement. Ce projet est assurément plus grand que cette formation. Comment pourrait-il en être autrement pour un projet d’une telle portée politique ; d’un projet qui touche le destin politique d’un peuple tout entier ? Le rêve indépendantiste existe bel et bien aussi à l’extérieur de ce parti. En fait, il se porte même assez bien au sein de la société civile. Mais il est illusoire de penser qu’une cuisante défaite pour ce parti serait sans nuire aux chances de voir le Québec accéder à l’indépendance dans un avenir rapproché, et ce, bien davantage d’ailleurs que ce qu’a pu signifier la déroute du Bloc québécois en 2011.

Dans le scénario à venir d’une défaite des indépendantistes lors du prochain scrutin général, quel horizon s’ouvrira alors aux indépendantistes ?

Sauver l’indépendance

Il y a fort à parier que certains indépendantistes, et au premier chef ceux qui se réclament d’une appartenance plus franche aux valeurs progressistes, risquent de se poser cette question : si l’option indépendantiste apparaît aujourd’hui affaiblie, cela ne tient-il pas au fait que le discours nationaliste, qui s’articule autour des questions identitaires, n’est plus aujourd’hui adéquat pour bon nombre de Québécois, notamment les plus jeunes générations ? Si l’on veut un jour faire du Québec un pays, la voie la plus sûre ne serait-elle pas d’abandonner ce qui précisément tire l’option vers le bas, soit le discours nationaliste ?

Toutefois, l’indépendance du Québec sans le nationalisme est-elle possible ? Autrement dit, les forces progressistes pourraient-elles, à elles seules et sans l’appui stratégique que peuvent leur procurer les forces nationalistes, conduire le Québec à l’indépendance ? Tout simplement non. Il est bien évident que les progressistes ne réussiront jamais à eux seuls à conduire le Québec à l’indépendance, tant les forces politiques contre lesquelles elles doivent lutter sont puissantes et organisées. Mais de même, pour les nationalistes, sans les progressistes, l’indépendance restera inatteignable.

Abandonner l’indépendance

L’horizon qui risque de s’ouvrir au lendemain du scrutin d’octobre pourra également amener d’autres indépendantistes à envisager un autre scénario, lequel serait tout aussi risqué pour le Québec.

Aussi entend-on déjà certains nationalistes en appeler à une sorte de repli stratégique consistant à mettre de côté le projet indépendantiste. Si l’on ne parvient pas à l’indépendance, il faut au moins sauver les meubles ! Cette stratégie n’est évidemment pas sans rappeler celle des réformistes de 1840, en réponse à l’échec du projet des patriotes. Est-ce bien réaliste ?

Au bout du compte, nul doute que l’option d’un « retour au Canada » impliquerait un prix politique beaucoup plus élevé que ce qui risque de leur en coûter si les Québécois se décidaient enfin à voler de leurs propres ailes ou s’ils devaient continuer à travailler à la réalisation de l’indépendance.

L’indépendance du Québec est un projet politique d’une portée qui ne saurait entièrement se laisser déterminer par les cycles électoraux. En ce sens, même si l’élection générale de 2018 devait se solder par des résultats désastreux pour les forces parlementaires indépendantistes, elle ne scellera assurément pas le sort de l’option indépendantiste, même si elle risque toutefois d’en reporter la réalisation à plus tard. L’indépendance du Québec est un projet touchant le destin collectif de tout un peuple et les peuples vivent dans des horizons de temps long. La joute électorale s’articule quant à elle dans un horizon de temps court. L’histoire est remplie d’exemples de peuples qui ont mis des générations avant de pouvoir accéder à la communauté des nations.

Dans l’immédiat, il importe de travailler à garder vivante l’option indépendantiste dans la société civile. Concrètement, cela devra passer par la tâche de rebâtir l’alliance historique entre les progressistes et les nationalistes. Sans cette alliance, le projet indépendantiste est condamné. La tâche ne sera pas simple, tant la logique multiculturaliste à la canadienne semble avoir pénétré l’esprit de nombreux progressistes québécois, à un point tel que plusieurs sont aujourd’hui devenus allergiques à toute revendication nationaliste ou identitaire, même les plus modérées. De l’autre côté, il faudra aussi amener de nombreux nationalistes qui remettent de plus en plus en cause l’adhésion des progressistes au projet indépendantiste, à accepter que le projet de l’indépendance du Québec porte en lui un projet de société et des revendications globales qui ne peuvent être réduites aux seules questions identitaires.

La politique est faite de surprises et de revirements. Le contexte politique aujourd’hui en apparence peu favorable à l’indépendance pourrait à nouveau se montrer plus favorable, et ce, même dans un avenir rapproché. Aux indépendantistes de travailler à se tenir prêts pour être à nouveau en mesure de déployer leurs forces lorsque la conjoncture s’y prêtera.


Des commentaires ou des suggestions pour Des Idées en revues ? Écrivez à rdutrisac@ledevoir.com.

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