Voitures électriques, l’enjeu des ressources

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ÉTUDE – Les pouvoirs publics s’engouffrent dans la voie du 100 % électrique, mais les ressources nécessaires pour produire les accumulateurs sont au centre d’enjeux économiques, géopolitiques et environnementaux.

L’ADEME a publié une étude réalisée avec IFP Énergies Nouvelles (IFPEN), sur les dynamiques de l’offre et de la demande de lithium, à partir de différents scénarios d’électrification du parc automobile mondial à l’horizon 2050. Le lithium est un métal stratégique pour la production de batteries «li-ion», utilisées notamment dans les voitures électriques.

Notre gouvernement semble n’avoir d’yeux que pour le véhicule roulant à l’électricité. Ainsi, l’offre du précieux métal requis pour la construction de leurs accumulateurs, va devoir augmenter fortement pour satisfaire la demande future. Pour mesurer l’impact de cette modification du marché automobile, l’étude envisage plusieurs scénarios représentant chacun un degré d’électrification différent.

Dans tous les cas envisagés, l’étude prévoit un parc de plus de 2 milliards de véhicules à l’horizon 2050. Dans le scénario BAU (Business As Usual, qui décrit une situation d’évolution naturelle dans la logique du marché actuel), on constate que le thermique est toujours la motorisation prépondérante, et représente deux tiers du parc. Il y a toutefois une pénétration progressive de la filière 100 % électrique, passant de 19 % en 2020 à 22,6 % à l’horizon 2050.

Le lithium est un métal utilisé pour la production de batteries «li-ion».
Le lithium est un métal utilisé pour la production de batteries «li-ion». Audi

En utilisant le modèle imposé par les pouvoirs publics, visant la disparition totale des moteurs thermiques (essence et diesel) sur le marché à partir de 2040, on observe le mix de motorisations suivant: 12,3 % d’électrique pur, 77,9 % d’hybrides, 8,6 % de biocarburants et 1,2 % de gaz. Pour les 2 scénarios avec des objectifs de réduction des émissions de CO2 très ambitieux, les véhicules thermiques sont progressivement retirés de la circulation jusqu’à atteindre respectivement 9 % et 3 % du parc, alors que les voitures électriques suivent une tendance inverse (67 % et 71 % du parc mondial).

La demande totale de lithium à l’horizon 2050 est estimée à plus de 14 millions de tonnes. S’agissant du scénario BAU, pas d’inquiétude à avoir: la marge de manœuvre entre la demande et les réserves de lithium est de 65 %. En revanche, dans le cas d’une ruée vers le véhicule électrique due à des subventions (imaginées) couvrant 20 % du prix d’achat de la voiture, la marge n’est que de 8%!

La Chine, qui a mis en place une politique de sécurisation des approvisionnements, va disposer d’avantages compétitifs et pourra favoriser son marché intérieur au détriment des pays importateurs. Les évolutions de la politique commerciale de la Chine deviendront donc un paramètre essentiel du marché du lithium. De plus, si le prix du lithium a peu d’influence sur le tarif des batteries, d’autres composants pourraient au contraire le faire exploser (le cobalt par exemple).

Ces matériaux sont parfois produits dans des conditions difficiles (65 % de la production de cobalt est localisée en République Démocratique du Congo, un pays fortement instable), et leur extraction n’est généralement pas sans conséquences pour l’environnement.

Après avoir analysé l’étude de l’ADEME, un bouquet de solutions technologiques semble plus approprié pour le marché automobile, car une ruée vers la voiture électrique pourrait nous conduire à une pénurie de lithium, ainsi qu’à des vulnérabilités géopolitiques et environnementales. Mais, dans les scénarios les plus plausibles proposés par l’étude, l’équilibre paraît s’imposer.

L'offre du lithium, requis pour la construction des accumulateurs, va devoir augmenter fortement pour satisfaire la demande future.
L’offre du lithium, requis pour la construction des accumulateurs, va devoir augmenter fortement pour satisfaire la demande future. Matthias Rietschel/REUTERS

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Pacte pour la transition: l’enjeu de la mobilisation

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Un peu moins d’une semaine après son lancement, le Pacte pour la transition, auquel sont associés le metteur en scène Dominic Champagne et quelque 400 personnalités du monde artistique, a recueilli plus de 180 000 signatures ; l’objectif, c’est qu’un million de Québécois le signent. S’il est vrai que le gouvernement Legault doit résolument engager l’État dans la lutte contre les changements climatiques et la protection de l’environnement, la mobilisation de la société civile, et des citoyens en général, sur cet enjeu n’est pas accessoire : au contraire, elle est au coeur du nécessaire changement de société auquel il nous faut procéder.

D’aucuns ont critiqué ces « donneurs de leçon » aux visées élitistes, ces « nantis » qui cultivent leur bonne conscience « utopiste » mais qui taisent leurs contradictions. Ce serait oublier, d’une part, que ces premiers signataires ne roulent pas tous sur l’or, loin de là, et que, d’autre part, la lutte contre les changements climatiques est aussi l’affaire des privilégiés, pas seulement des moins nantis, davantage même parce que leur empreinte écologique est la plus lourde. Quant aux contradictions, elles sont le fait de l’ensemble de la société. Que cette initiative vienne d’artistes, où est le mal ? Quand ce Pacte pour la transition recueillera plusieurs centaines de milliers de signatures, voire un million, il deviendra un mouvement populaire.

Ce pacte a ceci d’original qu’il combine un engagement individuel à des demandes adressées aux gouvernements. Ainsi, autant il importe que l’État agisse afin de respecter ses engagements climatiques, autant l’individu doit assumer sa part. La lutte contre les changements climatiques n’est pas seulement l’affaire des gouvernements ; le citoyen a un rôle essentiel à jouer et doit déployer des efforts.

Ce pacte « n’est pas un engagement à être parfait mais un engagement solennel à réduire notre empreinte écologique », peut-on lire dans le document. Rien de draconien ou de sectaire ici : simplement, le signataire s’engage, « à la mesure de [sa] réalité et de [ses] capacités », à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) pour les deux prochaines années en faisant des gestes concrets : diminuer la consommation de pétrole en utilisant moins la voiture, consommer moins de viande d’élevage et plus d’aliments biologiques et produits localement, améliorer la performance énergétique de son domicile, réduire sa production de déchets et le recours au plastique.

Parce qu’ils font eux-mêmes des gestes, les signataires acquièrent une forme de crédibilité quand ils s’adressent aux trois ordres de gouvernement. Ce qu’ils leur demandent n’a d’ailleurs rien de farfelu et tombe sous le sens, soit, notamment, évaluer les impacts climatiques des décisions gouvernementales, concevoir un plan pour respecter l’Accord de Paris, lancer un grand chantier d’efficacité énergétique et d’électrification au Québec, adopter une politique sur la protection de la biodiversité et respecter les engagements en matière d’aires protégées.

Au Québec, on se targue d’être un modèle en matière de lutte contre les changements climatiques. Ce n’est pas le cas. Nous pouvons compter sur l’hydroélectricité pour dorer notre image, mais pour le reste, le Québec affiche un médiocre bilan.

Si le Pacte pour la transition connaît du succès, il exercera une salutaire pression politique sur les élus. Sans signer le document — l’initiative est celle de citoyens et doit le rester —, le gouvernement Legault doit appuyer cette mobilisation qui va dans le sens d’objectifs nationaux et prendre au sérieux un mouvement populaire qui, bien qu’embryonnaire, trace la voie pour la suite des choses.

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