Les cinq Porsche les plus bruyantes de l’histoire

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PERFORMANCE – Voici les cinq modèles de compétition du constructeur de Stuttgart qui battent des records de décibels. Avis aux amateurs de mécaniques endiablées.

5/ Porsche 911 SC Safari: 122,9 décibels

La 911 SC Safari est une voiture de rallye qui a vu le jour en 1978. Assez proche d’une 911 de série, elle embarque le fameux flat six de Porsche, d’une cylindrée de 3 litres. Un organe qui s’exprime haut et fort par le biais d’un échappement peu obstrué.

Les 911 SC Safari arrêtées à une assistance lors du Safari Rally de 1978.
Les 911 SC Safari arrêtées à une assistance lors du Safari Rally de 1978. Porsche

4/ Porsche 911 RSR: 123,4 décibels

La 911 RSR.
La 911 RSR. Porsche

Dérivée de la radicale version GT3 de la Porsche 911 type 996, cette machine de course a notamment participé aux 24 Heures du Mans. Ses vocalises sont également produites par un six cylindres à plat, d’une cylindrée de 3,6 litres cette fois-ci.

3/ Porsche 928 «Trigema»: 126,4 décibels

La 928 Trigema.
La 928 Trigema. Porsche

Cet engin de compétition, dérivé d’une Porsche 928 S, s’est aligné au départ de nombreuses courses d’endurance dont les 24 Heures de Daytona en 1984. Préparez-vous à un changement de registre musical, puisque cette voiture fait confiance à un V8 de 4,7 litres de cylindrée.

2/ Porsche 804: 137,8 décibels

Cette monoplace de 1962 est l’une des rares Formule 1 badgées Porsche. Elle permit à la marque de remporter sa seule victoire en F1 en tant que constructeur avec le pilote américain Dan Gurney. C’était le 8 juillet 1962 sur le circuit de Rouen Les Essarts. Elle était équipée d’un moteur huit cylindres à plat. Pour se conformer à la réglementation en vigueur à l’époque dans la formule reine du sport automobile, la cylindrée du moteur de la 804 ne dépassait pas 1,5 litre.

La 804 F1 lors d'une parade à Goodwood.
La 804 F1 lors d’une parade à Goodwood. Markus Leser

1/ Porsche 911 Carrera RSR Turbo 2.1: 138,1 décibels

La Porsche la plus bruyante est, contre toute attente, un modèle turbocompressé. Véritable prototype déguisé, cette 911 Turbo de course a terminé à la seconde place des 24 Heures du Mans 1974. Sa cylindrée est réduite à 2,1 litres, mais la barre des 500 chevaux est atteinte. Une puissance largement suffisante quand on sait que la machine ne pèse que 750 kilos!

Prototype de développement, la 911 Carrera RSR du Mans 1974 a donné naissance à une lignée de 911 Groupe 4 et 5.
Prototype de développement, la 911 Carrera RSR du Mans 1974 a donné naissance à une lignée de 911 Groupe 4 et 5. Porsche

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Le populisme est une constante dans l’histoire canadienne

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L’arrivée spectaculaire sur la scène fédérale du Parti populaire du Canada ayant pour chef Maxime Bernier a encouragé plusieurs à prédire la montée du populisme au Canada. Ce serait finalement l’arrivée ici d’une tendance mondiale. Le terme populisme est pourtant polysémique. Alors que pour certains il s’agirait d’une étiquette péjorative pour décrire les menaces à nos démocraties venues de l’extrême droite, d’autres y trouvent des vertus politiques ouvrant un champ des possibles en matière de participation citoyenne. Qu’en est-il ?

La littérature en science politique nous propose plusieurs définitions du populisme. On peut toutefois, en synthétisant un peu, les résumer à trois aspects essentiels. Le populisme est tout d’abord une idéologie qui met en scène un corps social imaginé qui serait mû par des passions et des valeurs communes. C’est pourquoi des expressions telles « la rue », « le peuple » et « le vrai monde » sont souvent mobilisées. Ce peuple imaginé est évidemment en opposition aux élites et aux institutions mises en place par celles-ci. Finalement, les populistes recherchent l’efficacité politique en passant soit par des leaderships personnalisés (une ou plusieurs figures emblématiques), soit par des mécanismes décisionnels simplifiés (les référendums d’initiative populaire par exemple), soit par une combinaison des deux.

Le populisme n’est ni de droite ni de gauche. Ses appuis électoraux viennent d’ailleurs de gens se trouvant un peu partout sur le spectre politique. Il y a la France insoumise, Podemos ou Die Linke d’un côté, et le Rassemblement national, Vox ou l’Alternative pour l’Allemagne de l’autre. Bien que ces partis européens soient pour certains récents, le populisme est présent depuis longtemps dans nos démocraties représentatives. Et le Canada en sait quelque chose.

Une longue histoire

En effet, le populisme est une constante dans l’histoire politique canadienne depuis cent ans. Il y a eu le Parti progressiste dans les années 1920, un parti de l’Ouest issu du mouvement agraire. Le mouvement finit par intégrer le Parti conservateur. Il y eut par la suite le CCF, encore une fois ancré dans le mouvement agraire, mais de gauche, qui se transforma en parti travailliste traditionnel pour devenir le Nouveau Parti démocratique. Il y eut aussi le Crédit social, qui connut une percée électorale peu de temps après avec un programme politique iconoclaste. Finalement, le Parti réformiste profita de la déconfiture des progressistes-conservateurs pour devenir un acteur important de notre vie politique pour un temps.

En ce sens, le Parti populaire n’est pas une anomalie de notre vie politique, mais plutôt une expression récente mais assez traditionnelle de l’insatisfaction d’une frange de l’électorat vis-à-vis de nos institutions et de nos élus.

Les causes de la présence régulière du populisme au Canada sont multiples. S’il faut en nommer deux, les principaux suspects seraient l’hétérogénéité du Canada et la domination constante des élites traditionnelles. La très grande variété de tissus économiques créée toujours de l’aliénation. Il y a les gagnants et les perdants dans chaque choix politique, de l’extraction des ressources jusqu’aux investissements en infrastructures. Cette insatisfaction est amplifiée par le sentiment que les mêmes réseaux construits autour de Montréal, Ottawa et Toronto contrôlent le jeu politique. Il y a la présence de dynasties politiques (les Mackenzie, Martin, MacKay, Layton, Trudeau, Mulcair, Mulroney, etc.), mais aussi une impression persistante que les périphéries sont laissées pour compte. Que cette frustration soit justifiée ou non n’est pas le propos. Ce qui compte, c’est de voir qu’elle permet le développement de réponses populistes.

Malgré tout, force est de reconnaître que les partis populistes semblent destinés à des destins tragiques. Deux raisons expliquent cela. Premièrement, l’apparition du NPD dès les années 1950 a permis la mise en place d’une option politique de gauche certes, mais qui ne rejette pas le jeu démocratique et ses institutions. Deuxièmement, notre mode de scrutin complique sérieusement la tâche aux populistes qui doivent croître rapidement pour assurer leur survie. Ce n’est pas le cas sur le continent européen.

Une fois ces constats faits, y a-t-il une place pour le Parti populaire ? Si le passé est garant de l’avenir, le parti de Maxime Bernier a un potentiel de croissance réel à court terme. Surtout s’il réussit à percer chez un électorat ouvrier ayant abandonné le NPD. Mais il est difficile d’imaginer que ce parti puisse se tailler une place incontournable comme en Allemagne, en Italie ou encore en Espagne. Notre mode de scrutin n’accepte pas les demi-mesures. Et remplacer les partis établis semble impossible dans le contexte canadien.

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L’Histoire et la dentelle | Le Devoir

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À écouter le Bye Bye 2018, on pouvait parfois avoir le sentiment que le Québec vivait loin du monde. En 2018, ce dernier a été déchiré par la révolte des gilets jaunes, l’élection de Jair Bolsonaro au Brésil, le triomphe des populistes italiens et la montée des nationalismes un peu partout dans le monde. Mais de cela, on n’entendit pas vraiment parler dans cette émission culte par ailleurs souvent hilarante. Les gags les plus percutants portant toujours sur des sujets éminemment provinciaux.

Il faut dire que, pour nos élites artistiques shootées aux hormones du gauchisme culturel américain, le monde semble parfois se résumer à l’hyperprésident Trump. Sans oublier les ridicules polémiques sur l’« appropriation culturelle ». Comme si l’actualité de l’oncle Sam et ses modes idéologiques suffisaient à combler notre soi-disant insatiable besoin d’« ouverture sur le monde ».

L’année qui s’achève n’avait pourtant rien de l’univers vaporeux fantasmé par Justin Trudeau. Elle aura fait mentir tous les prophètes de la mondialisation heureuse et du rêve post-national. Là où les nations devaient continuer à se fondre dans un même creuset progressiste et multiculturel, elles se sont entrechoquées, réveillant un sentiment national et identitaire que certains croyaient disparu.

Lors de l’élection du jeune et brillant « sauveur » de l’Europe qu’était Emmanuel Macron il y a un an à peine, qui aurait prévu que, deux Noëls plus tard, des milliers de gilets jaunes réveillonneraient aux ronds-points de Toulouse, de Rouen et de Béziers ? Et qui pouvait prévoir qu’ils le feraient en brandissant le tricolore et en chantant la Marseillaise, comme en 1989 ? Dans les marchés de Noël, la semaine dernière à Paris, la morosité de ces dernières années semblait s’effacer. Comme si les Français découvraient avec un certain bonheur que la France est toujours… la France !

Or, la révolte des gilets jaunes n’est que la dernière en date. Elle fait écho à celle des Italiens qui ont porté en mars dernier une coalition populiste à la tête du pays. Au coeur de cette fronde, on trouve la même colère des mêmes perdants de la mondialisation contre une Europe qui cherche à diluer toujours un peu plus les nations qui la composent. Ici aussi, ce sont les régions abandonnées qui ont pris la direction du mouvement pour en découdre avec ces élites prêtes à sacrifier sur l’autel de la mondialisation les règles nationales et les frontières qui assuraient jusque-là la protection des classes moyennes.

Au Royaume-Uni, un an plus tôt, le Brexit avait été le premier à illustrer ce que le politologue David Goodhart appelle si joliment la révolte des « gens de quelque part » contre ceux « de n’importe où ». Tout se passe comme si les nations du Vieux Continent, revenues du mirage européen, étaient en voie de renationalisation. À commencer par les Allemands, qui sont les premiers à transiger directement avec Pékin et Washington chaque fois que leurs intérêts vitaux sont en jeu. Même s’il revêt des formes plus erratiques qu’ailleurs, le retour du protectionnisme aux États-Unis est à inscrire dans cette vague de fond dont personne ne sait où elle pourrait nous mener en 2019.

 

Havre de paix dans un monde en chambardement, le Québec n’est pas pour autant à l’écart de ces grandes manoeuvres. À quoi a-t-on assisté le 1er octobre dernier sinon au rejet du gouvernement le moins nationaliste de notre histoire depuis Alexandre Taschereau ? En lieu et place, les électeurs ont porté au pouvoir un premier ministre qui se veut, pour l’instant du moins, le représentant du nationalisme historique des Québécois.

Un autre fait majeur nous relie étroitement au reste de la planète. Au Québec comme dans le reste du monde occidental, la gauche semble devenue incapable d’incarner la nation. C’est une des raisons principales de son déclin, pour ne pas dire de sa disparition. Les débats ésotériques sur le « genre » et l’« appropriation culturelle » ne sont que l’illustration la plus caricaturale de cette gauche en apesanteur coupée de la réalité.

En France, la jacquerie des gilets jaunes a confirmé ce déclin. En pleine révolte des ronds-points, alors même que le président était déstabilisé et que la violence éclatait à Paris, la gauche (toutes tendances confondues) ne rassemblait que 24 % d’intentions de vote. On comprend dès lors qu’elle n’a pas réclamé la dissolution de la chambre. En Italie, cette même gauche est pratiquement disparue de la carte électorale. En Allemagne, son déclin amorcé depuis 20 ans semble impossible à freiner.

Si les causes sont multiples, notons qu’à l’usage, le compromis social démocrate ne semble pas aller de soi avec l’ouverture tous azimuts des frontières. « Aussi longtemps que la gauche rusera avec la question de l’immigration au lieu de l’aborder de front, elle se heurtera à la défiance de sa base naturelle », écrivait récemment dans Marianne l’historien des gauches françaises, Jacques Julliard.

Ce retour des nations aussi bien en Europe qu’en Amérique n’est pas sans susciter des inquiétudes. Après 30 ans d’une mondialisation exacerbée, les classes dirigeantes sauront-elles négocier les compromis nécessaires pour éviter le pire ? La réponse en 2019… mais sachons que l’Histoire fait rarement dans la dentelle.

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S’approprier l’histoire du monde | Le Devoir

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L’histoire a été écrite par les vainqueurs. Il reste que ce lieu commun me fait inévitablement penser à l’histoire des vaincus. Qui écrira leur histoire, si tant est qu’il faille à tout prix laisser une trace écrite pour échapper à l’oubli. On sait pourtant que l’obsession de l’écrit est un trait de notre civilisation, avec ses commandements écrits coulés dans le béton, alors que d’autres cultures et sociétés, parfois plus sophistiquées que la nôtre, ont préféré l’oralité comme mode de fonctionnement et de transmission.

Tant de civilisations passées, faute de trace écrite, seraient donc vouées à l’oubli. Quel dommage, n’est-ce pas, pour les curieux de tous les horizons, mais surtout pour ceux qui pensent que l’oubli est un crime, comme si ce qui n’a pas été couché sur papier n’avait jamais existé. C’est alors qu’un autre constat s’impose dans sa clarté logique et implacable : si l’histoire a été écrite par les vainqueurs, notre connaissance du monde est forcément partiale.

Comment accéder à la vérité des mondes disparus ? Par quelle corne prendre le taureau devant l’immensité de la gueule du néant ? Et si, par une nuit de pluie londonienne, le directeur du célèbre British Museum, Neil MacGregor, décidait de penser à l’histoire des vaincus ? Par quel bout il allait la raconter, cette histoire opaque et volontairement écartée, si les vaincus, pour la plupart, n’ont pas laissé de traces écrites ? Heureusement pour nous, ils ont laissé derrière eux les objets, et leur avantage réside dans le fait qu’ils ont plusieurs vies.

Cet homme génial, farouchement universaliste et militant passionné contre toute appropriation nationaliste du patrimoine de l’humanité (il s’était juré, de son vivant, de ne jamais redonner à la Grèce les sculptures du Parthénon) s’est donné pour objectif de créer une collection grâce à laquelle, à partir des objets concrets, chaque citoyen peut se faire une idée des sociétés et civilisations disparues. Pour notre grande joie, ladite collection se trouve désormais sous forme de trace écrite : Une histoire du monde en 100 objets (Les Belles Lettres, 2018).

Mais pourquoi et comment ce souci incessant de l’objet ? Parce qu’un objet est une chose concrète, appartenant à une société, à une époque, à un usage particulier et à une vision du monde et, à partir des objets quotidiens des peuples disparus, l’historien peut en tirer, notamment grâce au pragmatisme typiquement British, des conclusions générales pour le bien de tous.

Il faut dire que la prétention n’est pas moindre : dégager le caractère universel de l’expérience humaine par-delà toutes les distances temporelles et géographiques. Pendant longtemps, on pensait que les tambours africains étaient transportés par les esclaves sur les bateaux jusqu’à l’Amérique et qu’ils servaient à reproduire la nostalgie du foyer d’origine. Or, si l’objet a plusieurs vies et que dans sa dernière il peut bénéficier des nouvelles technologies, on apprend que les esclaves ne transportaient strictement rien. Le tambour Akan, fabriqué en Afrique de l’Ouest et trouvé en Virginie dans les années 1700, a été sans doute offert au capitaine par un membre de la cour royale africaine.

Dans sa deuxième vie, l’instrument servait à obliger les esclaves à danser pour qu’ils restent en bonne santé et pour éviter qu’ils ne se suicident. Sur le même objet aux multiples vies, les historiens ont aussi trouvé une chose très curieuse : la peau de daim, qui vient sans doute de l’Amérique du Nord et de l’échange entre les Afro-Américains et les Amérindiens, surtout à partir du XVIIIe siècle. Cette rencontre, souvent négligée et peu racontée, grâce à cet objet à l’incroyable odyssée, explique pourquoi parfois il est aussi appelé « le tambour indien ».

Les 99 autres objets de la collection racontent à leur tour une histoire humaine commune et universelle, parfois parsemée de mystères mais néanmoins belle. C’est comme ça qu’on apprend qu’entre l’an 300 et 500 de notre ère, un peu partout sur la planète, autant le christianisme que le bouddhisme et l’hindouisme ont délaissé les symboles conceptuels de la représentation du divin au profit de l’image. La naissance d’une nouvelle iconographie est universelle, c’est-à-dire ni territorialement, ni conceptuellement, ni spirituellement propre à l’Occident.

Cent objets pour raconter l’histoire commune du monde. Il y en aurait un million d’autres ensevelis dans les sous-sols des musées et endroits insolites du monde. À entendre Neil MacGregor, la vraie histoire du monde reste à être racontée à la lumière des nouvelles données et à partir de tous les points d’observations, humains ou technologiques. Magnifique et nécessaire ouvrage qui sert à réfléchir sur la portée de la récente vague de restitutions d’objets et d’œuvres d’art à leur pays d’origine, mais aussi sur cette étrange idée « d’appropriation culturelle ». Face à une histoire commune du monde, cette idée semble, comme diraient les British, « totally irrelevant ».

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Quand l’histoire s’invite dans les débats sur les signes religieux

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Une fois par mois, Le Devoir lance à des passionnés d’histoire le défi de décrypter un thème d’actualité à partir d’une comparaison avec un événement ou un personnage historique.

Au cours des dernières années, plusieurs polémiques liées à l’immigration et aux signes religieux ostentatoires ont fait irruption dans l’espace public québécois : crise des accommodements raisonnables, charte des valeurs, accueil de réfugiés et, plus récemment, lors de la dernière campagne électorale, la proposition d’un « test des valeurs » qui serait soumis aux immigrants. Au lendemain de son élection, le gouvernement de François Legault a fait resurgir l’idée d’interdire certains signes religieux dans la fonction publique, avec un projet de loi qui serait déposé au printemps 2019.

Lors de ces débats, des personnalités politiques, des chroniqueurs, des citoyens et des groupes identitaires ont formulé des discours mobilisant l’histoire du Québec pour réclamer un encadrement plus strict des accommodements raisonnables et des signes religieux. L’analyse d’articles de journaux, de chroniques, de lettres ouvertes et de manifestes, que j’ai réalisée pour la période 2007-2018, révèle le recours à un récit dominant : celui de l’avènement d’une nation moderne, laïque et égalitaire, située dans l’héritage de la Révolution tranquille.

Plusieurs sociologues et politologues, dont Caroline Jacquet, ont également observé la mobilisation de ce récit durant les dernières années. Cette stratégie rhétorique soulève plusieurs questions quant à l’usage — ou l’instrumentalisation — de l’histoire comme « argument d’autorité » dans le cadre de débats de société actuels.

Modernité, laïcité, égalité

Le récit dominant dans ces discours met en scène une histoire du Québec qui se traduit par une longue marche, suivant un progrès linéaire, vers la modernité. La Révolution tranquille et la décléricalisation des institutions publiques sont perçues comme des moments décisifs de cette transition vers la modernité, marquant une rupture avec la Grande Noirceur.

Pour plusieurs, ce processus resterait à achever en instaurant ce qu’ils qualifient de « véritable » laïcité de l’État, notamment par l’interdiction du port de signes religieux pour les employés du gouvernement. Ce projet serait en continuité avec la modernisation amorcée durant la Révolution tranquille, ou même plus tôt par certains mouvements de résistance, comme celui qui a mené à la publication du manifeste Refus global.

Pour ces intervenants, la laïcité se trouve inscrite dans cette même vision de progrès linéaire. La Déclaration des intellectuels pour la laïcité, publiée en 2010 et cosignée par plusieurs personnalités, dont Bernard Landry et Guy Rocher, en offre un bon exemple. Une partie importante du texte est consacrée à démontrer la place de la laïcité dans l’histoire québécoise, abordant tour à tour la séparation de l’Église et de l’État défendue par les patriotes, le droit de vote des femmes, la Révolution tranquille et la déconfessionnalisation des structures scolaires.

Par cette historicisation, les signataires souhaitent démontrer que l’idée de laïcité au Québec remonterait aux XVIIIe et XIXe siècles et que les débats actuels ne seraient donc pas « une réaction défensive face aux minorités issues de l’immigration récente ».

Dans le récit mis en avant, l’égalité pour les femmes et les minorités sexuelles dépendrait du passage vers la modernité et de la mise en place d’un État laïque. De nombreux discours laissent entendre que cette égalité aurait déjà été acquise grâce à la Révolution tranquille et qu’elle serait même inscrite dans les « valeurs fondamentales » de la société québécoise. Une menace venant surtout de l’« extérieur » rendrait toutefois cet acquis précaire : certains accommodements ou signes religieux représenteraient, par leur présence même, un recul pour l’égalité entre les genres. Dans cette logique, l’intervention laïque de l’État viserait alors à protéger et à garantir les droits des femmes, et s’inscrirait même en continuité avec les luttes féministes menées dans les années 1960 et 1970.

Histoire ou stratégie rhétorique ?

Ce récit a moins à voir avec l’histoire du Québec qu’avec une stratégie rhétorique visant à refuser les accommodements et la présence de signes religieux — essentiellement ceux associés aux religions musulmane, juive ou sikhe — au nom d’un passé qui serait à préserver.

L’idée que l’histoire du Québec consisterait en un long parcours vers la modernité, avec une séparation marquée entre la Grande Noirceur — qui sert de repoussoir — et la Révolution tranquille, ne fait pas l’unanimité parmi les historiens. Plusieurs travaux ont contesté cette rupture en montrant les éléments progressistes de la société québécoise, et même du clergé, avant 1960.

De plus, l’idée d’une Révolution tranquille qui nous aurait légué comme valeurs les droits égaux pour les femmes et pour les minorités sexuelles semble invraisemblable pour quiconque s’intéresse aux discours et aux mobilisations des mouvements sociaux de cette époque. Le mouvement de libération des femmes, qui a émergé au tournant des années 1970, visait notamment à lutter contre la subordination juridique, économique, politique, sexuelle et conjugale des femmes, encore bien tangible malgré les réformes de la Révolution tranquille.

Il semble risqué de dégager un fil conducteur à partir des débats entourant la laïcité dans l’histoire du Québec. Plusieurs intervenants ignorent les différentes concrétisations sociohistoriques de la laïcité et lui attribuent plutôt une portée transhistorique. La séparation entre l’Église et l’État défendue par les patriotes peut-elle vraiment être mise en relation avec le mouvement de sécularisation des années 1960, puis avec les récents débats sur les accommodements raisonnables, étant donné que les principes défendus, notamment la décléricalisation, la déconfessionnalisation ou la sécularisation, n’étaient pas les mêmes et s’inscrivaient dans un contexte fort différent ?

Plusieurs spécialistes ayant examiné le recours au concept de laïcité au Québec, dont la sociologue Micheline Milot, révèlent que ce dernier a été peu utilisé jusque dans les années 1990. C’est surtout au début des années 2000 qu’il a émergé dans les débats portant sur les religions minoritaires, notamment dans le contexte post-11-Septembre et à l’occasion de la crise des accommodements raisonnables. La mobilisation de la laïcité renvoie donc moins à un récit traversant l’histoire québécoise qu’à une réponse défensive au « problème » du pluralisme religieux.

Reculs importants

En ce qui concerne l’égalité entre les genres, les travaux de plusieurs historiens ont dévoilé qu’elle n’était pas nécessairement liée à la modernité et à la laïcité. Ainsi, il est possible de constater des reculs importants dans la condition des femmes à de nombreux moments associés à la modernisation ou à la laïcisation.

À titre d’exemple, l’historien Allan Greer observe une « masculinisation » de la citoyenneté et de la politique lors des rébellions de 1837-1838, alors que les femmes ont été reléguées à l’espace domestique. Trois ans plus tôt, les femmes propriétaires avaient perdu leur droit de suffrage à l’initiative des députés patriotes, qui défendaient pourtant des valeurs de républicanisme et de laïcité.

La mobilisation de la laïcité renvoie donc moins à un récit traversant l’histoire québécoise qu’à une réponse défensive au « problème » du pluralisme religieux

 

Plus d’un siècle plus tard, au moment de la décléricalisation des établissements scolaires et hospitaliers dans la foulée de la Révolution tranquille, les sociologues Danielle Juteau et Nicole Laurin ont souligné que ce sont surtout les hommes qui ont profité des nouveaux postes de pouvoir dans le secteur public, au détriment des femmes et particulièrement des religieuses.

Selon l’historienne Joan Scott, la laïcité et la modernité auraient introduit « un nouvel ordre de subordination des femmes » en instituant la séparation entre les sphères privée et publique, séparation qui se serait vue renforcée par un discours soi-disant rationnel et scientifique. Elle montre que la laïcité n’a, en fait, jamais été instituée pour garantir l’égalité hommes-femmes dans la modernité occidentale. Dans le contexte français, ce n’est qu’au XXIe siècle que l’égalité est devenue une préoccupation importante aux yeux des politiciens, et ce, toujours face à l’islam.

S’éloigner du récit

Les notions de modernité, de laïcité et d’égalité doivent donc être interrogées en fonction de leurs significations, selon le contexte et les gens qui les portent, pour révéler les rapports sociaux qui les sous-tendent.

Comme le souligne la sociologue Leila Benhadjoudja, le récit d’une longue marche vers un État moderne, laïque et égalitaire, qu’elle qualifie de « sécularonationaliste », alimente un antagonisme entre la conception d’un « Nous » québécois laïque, féministe et pro-LGBTQI et d’un « Eux » musulman homophobe et sexiste. Il semble alors important de déconstruire les oppositions binaires entre laïcité et fondamentalisme religieux, entre libération des femmes par la laïcité et oppression des femmes par les pratiques religieuses. Celles-ci minent les débats et empêchent de comprendre comment, dans plusieurs circonstances, les pratiques religieuses peuvent être émancipatrices pour certaines femmes et que, dans d’autres, la laïcité peut constituer une perte de leur pouvoir.

Bien qu’il soit nécessaire de tenir des débats sur la place que nous souhaitons accorder aux accommodements et aux signes religieux — et conséquemment aux individus et aux groupes concernés —, le passé ne devrait pas s’imposer dans ces discussions comme argument d’autorité, avec des symboles et des valeurs transhistoriques à préserver. L’histoire ne constitue pas un ensemble de leçons qui nous permettrait de trancher, aujourd’hui, lors de controverses.

Si l’histoire peut nous être utile, c’est moins comme une série de récits figés à mettre à la disposition d’un public qu’en tant que pratiques et approches critiques face au passé, tout en offrant — autant que possible — des outils pour l’interpréter. Avec l’arrivée prochaine d’un autre projet de loi sur les signes religieux, il semble plus important de réfléchir en tournant, cette fois, notre regard vers l’avenir.

Pour proposer un texte ou pour faire des commentaires et des suggestions, écrivez à Dave Noël. Pour lire ou relire les anciens textes du Devoir d’histoire, c’est ici.

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Donner le goût de l’histoire

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Si, comme moi, vous aimez l’histoire, si vous la trouvez passionnante en soi, mais aussi indispensable à la construction de l’identité, individuelle et collective, ainsi qu’à la formation du citoyen, vous souhaitez sûrement qu’elle occupe une place importante à l’école et que les élèves désirent l’apprendre. Comment réussir cette mission ?

Des recherches ont illustré que, même si les jeunes États-Uniens ne sont pas particulièrement versés dans l’histoire de leur pays, ils ont des idées assez précises au sujet de la guerre du Vietnam : il y a eu plusieurs manifestations pour la contester et les vétérans en sont les victimes. Où donc ont-ils appris ça ? En écoutant Forrest Gump (1994), le film de Robert Zemeckis.

On peut tirer deux conclusions de cette révélation. La première : les jeunes n’apprennent pas l’histoire qu’à l’école et retiennent souvent plus celle qu’ils découvrent ailleurs, notamment dans les films. La seconde : ce serait donc une bonne idée d’utiliser le cinéma, comme la littérature et d’autres formes d’art, pour intéresser les élèves et pour leur apprendre à développer un esprit critique quant à ces versions populaires du passé. Connaître la guerre du Vietnam par Forrest Gumpet l’Holocauste par La liste de Schindler (1993), de Steven Spielberg, n’équivaut pas, en effet, à une fine connaissance de ces événements.

Dans Mondes profanes. Enseignement, fiction et histoire (PUL, 2018, 532 pages), une foule de didacticiens en histoire, sous la direction des professeurs Marc-André Éthier, David Lefrançois et Alexandre Joly, se penchent justement sur les usages possibles des films, chansons, jeux vidéo et lieux historiques, avec le souci d’apprendre aux élèves à développer une pensée historienne critique. L’ouvrage, savant et porté sur le vocabulaire spécialisé, contient néanmoins des propositions d’activités d’enseignement très concrètes, susceptibles de dynamiser la classe d’histoire.

Augustine à l’école

Les films historiques, note Vincent Boutonnet, attirent les élèves, leur permettent d’avoir de l’empathie envers les gens du passé et s’avèrent une manière de « transmettre des connaissances historiques, tout en brisant la monotonie ». La preuve est faite, de plus, qu’ils marquent les élèves. Ces films, toutefois, n’ont pas la rigueur du discours historique savant. Il convient donc, pour les mettre à profit, de fournir aux élèves des outils d’analyse critique.

Ces outils sont notamment ce qu’on appelle les euristiques de l’histoire, c’est-à-dire, selon Olivier Côté et Alexandre Lanoix, l’analyse de la source (un film allemand sur la Deuxième Guerre mondiale aura un point de vue différent d’un film français), la contextualisation (budget, financement, diffuseur, public), la corroboration (consultation d’autres documents sur le sujet) et la lecture en profondeur (souci du détail). L’approche, inspirée par le Renouveau pédagogique, est exigeante, mais très formative.

Comme le soulignent l’historien et pédagogue Wineburg et ses collègues, l’histoire n’est pas une matière scolaire tout à fait comme les autres. Contrairement à l’algèbre, qui ne s’apprend pour l’essentiel qu’à l’école, les récits historiques sont omniprésents dans l’univers médiatique des élèves.

L’historien Dominique Laperle propose une stimulante activité d’apprentissage destinée aux élèves de 4e secondaire. Il s’agit de visionner La passion d’Augustine (2015), le beau film de Léa Pool, pour « faire comprendre les mutations qui ont affecté la société québécoise durant la Révolution tranquille » et pour faire connaître « certaines contributions positives d’agents liés à l’Église catholique ».

Dans un premier temps, les élèves notent ce qu’ils connaissent de cette période. Ensuite, ils regardent le film en en retenant les thèmes, l’ambiance et les éléments historiques. Ils lisent, enfin, des textes d’historiens sur cette époque. À l’arrivée, les jeunes ont vu un excellent film, ont appris qu’il existe différentes versions d’une même histoire et que seule une démarche critique sérieuse peut nous permettre d’avoir un point de vue valable sur le passé.

Déboulonner Maurice Richard

L’activité conçue par Chantal Rivard et Sylvain Larose est aussi captivante et porte sur le déboulonnage des statues. Si la Ligue nationale de hockey décidait enfin d’interdire les bagarres, faudrait-il songer à déboulonner la statue de Maurice Richard, un joueur qui n’hésitait pas à jeter les gants ?

Après ce préambule visant à « déstabiliser les élèves en leur apprenant que les valeurs de la société actuelle […] ne seront peut-être pas celles de leur propre société dans le futur », Rivard et Larose plongent les élèves dans le débat concernant la statue de John A. Macdonald. En lisant des documents d’époque et des textes d’historiens, les jeunes font le portrait du personnage, pèsent le pour et le contre et se familiarisent avec la complexité de l’histoire.

Pour donner le goût de l’histoire aux élèves, il faut les convaincre que cette matière n’est pas plate. Or, les jeunes aiment le cinéma, les histoires, les chansons et, souvent, les débats. Servons-nous de tout ça, intelligemment, pour rendre le passé présent.

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Le Parti libéral du Canada et le poids de l’histoire

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À peine sortis d’une élection au Québec, nous voilà entrés dans une année électorale au fédéral. Il faudra s’y faire, car l’adoption de lois sur des élections générales à date fixe dans la plupart des gouvernements du Canada finira par cimenter des cycles électoraux, ce qui aura un impact majeur sur notre vie politique. En attendant, nous devons réaliser que l’élection fédérale de 2019 sera d’un caractère unique en près de cent ans. J’expliquerai pourquoi, mais d’abord un peu d’histoire.

Les travaux récents de Richard Johnston et R. Kenneth Carty, tous deux professeurs à l’Université de Colombie-Britannique, ont mis en lumière les changements qu’a connus notre vie politique depuis la montée du nouveau Parti conservateur sous Stephen Harper. Pendant près de cent ans, trois piliers explicatifs résumaient presque parfaitement la politique électorale canadienne.

Premièrement, les catholiques (Canadiens français et Irlandais, surtout) votaient massivement libéral. Cela était dû à la stratégie de Wilfrid Laurier, qui proposa en son temps aux communautés non protestantes un projet national en opposition au monarchisme britannique. Cette entente presque contre nature entre les catholiques et un parti anticlérical permettait au PLC d’amorcer chaque campagne électorale, pour paraphraser Richard Johnston, avec une forte longueur d’avance.

Deuxièmement, les forces conservatrices avaient adopté par choix ou par dépit une logique d’insurgés. Une fois par génération, une coalition hétéroclite et inflammable d’opposants aux libéraux (populistes agraires, nationalistes québécois, communautés rurales paupérisées, etc.) réussissait à renverser le parti naturel de gouvernement. Les victoires massives de Diefenbaker en 1958 et de Mulroney en 1984 sont les exemples les plus souvent cités. Le problème pour ces insurgés de la politique canadienne était que l’expérience finissait invariablement en catastrophe.

Troisièmement, le Parti libéral réussissait l’extraordinaire exercice de remporter des élections à répétition malgré l’existence de partis conséquents à sa gauche et à sa droite. La littérature en science politique suggère que notre mode de scrutin devrait mener à un bipartisme modéré, mais surtout à l’éviction d’un parti centriste attaqué par ses deux flancs. Ce ne fut pas le cas au Canada. R. Kenneth Carty montre bien que la recette gagnante du PLC était simple : une décentralisation de l’organisation du parti pour permettre aux associations locales de s’adapter à leurs contextes, un refus catégorique de pactiser ou de coaliser avec des forces extérieures au parti, et finalement un refus catégorique de se camper idéologiquement à part sur la question des droits individuels.

Changements aux partis

Tout cela s’est écroulé. Les catholiques ne votent plus systématiquement pour le PLC, remplacé par d’autres communautés (sikhes et musulmanes, notamment) pas assez nombreuses pour servir de tremplin solide. Si on y ajoute que l’identité québécoise est beaucoup moins soluble dans le projet national du Parti libéral et que la religiosité n’est plus l’ombre de ce qu’elle fut autrefois, on ne peut que constater que la donne a changé.

Le Parti conservateur n’est plus une coalition d’insurgés, mais plutôt une véritable machine électorale riche en militants, en financement populaire, avec une identité politique claire, pancanadienne. En fait, la défaite de 2015 est sans aucun doute la plus belle défaite du parti après un passage au gouvernement depuis près de cent ans. L’héritage de Stephen Harper est encore mal compris sous plusieurs aspects, mais on doit au minimum reconnaître son apport essentiel à la création d’une vraie option de gouvernement à la droite du PLC. Andrew Sheer est donc dans une position beaucoup plus favorable que plusieurs de ses prédécesseurs.

Finalement, le Parti libéral a choisi de se réorganiser. Il a d’abord centralisé sa vie militante en réduisant significativement la marge de manoeuvre de ses associations locales. Il a aussi décloisonné ses activités, notamment en créant le statut de partisan, avec pour conséquence la dévalorisation de ses instances militantes. Finalement, le PLC est devenu un parti cohérent sur le plan idéologique. Il a ainsi marginalisé le NPD, au risque de perdre un centre droit autrefois acquis.

En conclusion, l’élection générale de 2019 sera originale en ce sens que tout ce que nous savions sur les dynamiques électorales fédérales est remis en question. Si on y ajoute l’état de délabrement des cousins provinciaux du PLC, la table est mise pour une année remplie de rebondissements.

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L’Histoire revue, corrigée, critiquée et peut-être recorrigée

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Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, n’écarte pas l’idée de modifier le contenu du matériel didactique du cours d’Histoire du Québec et du Canada à la lumière des critiques découlant du retrait d’une terminologie et d’une iconographie autochtone jugée stéréotypée.

« Vous savez, moi, j’ai enseigné pendant 17 ans, ça arrivait assez fréquemment que je changeais de manuel », a-t-il déclaré lundi, réagissant à la levée de boucliers de plusieurs historiens. « Je vais regarder vraiment attentivement leurs critiques et voir si vraiment il y a lieu de changer les manuels », a ajouté l’ancien professeur entre deux kiosques du Salon du livre de Montréal.

Le rappel et la réimpression des ouvrages ont coûté 1,6 million de dollars. L’opération a permis l’ajout de « nuances sur la perception des Autochtones face à l’exploration invasive de Jacques Cartier » et l’ajout d’un « texte sur l’appropriation du territoire par les Français ». On a également éliminé toute référence à l’appellation « Amérindiens » au profit de « Premières Nations » et « Autochtones ».

Champlain

La centaine de changements apportés aux manuels par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) a satisfait le Conseil en éducation des Premières Nations (CEPN). « Ce qui n’a pas été retenu, vite de même, je ne pourrais pas vous le dire », dit le conseiller à la réussite scolaire de l’organisme, Bruno Rock.

Mais, appelé à donner un exemple des stéréotypes toujours véhiculés dans les manuels, M. Rock montre du doigt la célèbre gravure de la bataille remportée par Samuel de Champlain et ses alliés algonquins, hurons et montagnais contre les Iroquois, le 29 juillet 1609. « Champlain se sent menacé. Le jeune qui voit cette représentation-là, ça peut biaiser sa pensée. Faut au moins que ce genre d’image là, qui est très forte, soit expliquée. De là à demander qu’elle soit retirée, ça, je ne sais pas. »

Iconographie

Le retrait des illustrations d’époque n’est pas souhaitable, estime le président de la Société des professeurs d’histoire du Québec, Raymond Bédard. « L’iconographie nous permet de comprendre aussi l’histoire. Ce sont des documents que nous pouvons utiliser de façon pédagogique intelligente. »

Par ailleurs, M. Bédard souligne que les intervenants autochtones ont tardé à se manifester dans le cadre du processus de révision du programme d’Histoire. « Ils ont été consultés dès le début du processus, c’est un peu dommage que ça soit arrivé si tardivement. C’est le programme d’Histoire où il y a eu le plus de consultations dans l’histoire du ministère de l’Éducation. Faire plaisir à tout le monde, ce n’est pas évident, on le sait. »

Le CEPN revendique le fin mot de l’histoire des Premières Nations. « C’est les personnes concernées qui devraient choisir », estime la responsable des communications, Eve Bastien.

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Un autre jour sombre dans l’histoire de la grande aventure du français en Amérique

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Mardi 13 novembre 2018, funérailles de Bernard Landry. Assise au premier jubé de la basilique Notre-Dame de Montréal, je contemple la beauté et l’immensité de cette institution pour la première fois de ma vie adulte. En observant les quelques bancs demeurés vides près de moi et tous ceux du deuxième jubé fermé au public, je confie cette pensée à mon amie « c’est fou de penser qu’à une époque, tous ces bancs pouvaient être remplis ! »…

Peu de temps après, dans un hommage rendu à son grand ami, Lucien Bouchard offrait une forme de « réponse » à cette pensée qui m’avait habitée un peu plus tôt. En évoquant le dernier repas partagé avec Bernard Landry, il a rappelé que, lors de cette soirée, ils ont commémoré avec émotion un grand moment de notre histoire collective : le célèbre discours prononcé par Henri Bourassa au sein même de cette basilique lors du Congrès eucharistique de 1910, devant une foule si nombreuse que des citoyens avaient dû se rassembler sur le parvis de la basilique, faute de pouvoir trouver place à l’intérieur. Ce discours dans lequel Bourassa s’est farouchement opposé aux volontés de Mgr Bourne, archevêque de Westminster, de faire de l’anglais la seule langue de l’Église au Canada. Ce discours dans lequel Bourassa affirmait : « Que l’on se garde, oui, que l’on se garde avec soin d’éteindre ce foyer intense de lumière, qui éclaire tout un continent depuis trois siècles…/Mais, dira-t-on, vous n’êtes qu’une poignée, vous êtes fatalement destinés à disparaître ; pourquoi vous obstiner dans la lutte ? […] Nous ne sommes qu’une poignée ; mais nous comptons pour ce que nous sommes, et nous avons le droit de vivre… »

Il me semble que ces mots prononcés par Bourassa ne peuvent que résonner fortement au lendemain d’un autre jour sombre dans l’histoire collective de la grande aventure du français en Amérique. Quelques jours plus tard, à quelques heures de route de cette basilique dans laquelle les funérailles d’État de Bernard Landry nous rappelaient notre devoir de mémoire, notre devoir de lutter collectivement, plus de 600 000 Franco-Ontariens ont appris au détour d’une phrase d’un énoncé budgétaire in english du gouvernement de Doug Ford qu’ils perdaient le Commissariat aux services en français déjà en place et l’Université de l’Ontario français, qui devait voir le jour sous peu, après des décennies de lutte.

C’est dispendieux, les services en français. Les francophones ont juste à se forcer pour parler anglais, comme tout le monde. Et en plus, il faut bien financer la promesse d’offrir de la bière à 1 $, n’est-ce pas ? !…

Un peu partout on parle d’une « gifle », d’un « recul », d’un autre combat que les Franco-Ontariens devront mener, comme ils l’avaient fait pour sauver l’hôpital Montfort en 1997, lorsque le gouvernement Harris avait annoncé la fermeture du seul hôpital francophone de la province.

Le 22 mars 1997, j’avais 13 ans. J’étais au grand rassemblement au Centre Civic d’Ottawa avec ma mère, ma soeur et je découvrais avec émotion que je faisais partie d’un peuple dont l’histoire avait été remplie de dures batailles pour conserver le droit (non le privilège ; le droit) de vivre en français.

Le 13 novembre 2018, c’était avec une partie de ce même peuple que j’étais rassemblée en cette basilique où la célébration de la vie d’un patriote a fait ressurgir le souvenir de luttes passées. À la différence près que ceux qui se nomment Québécois depuis les années soixante ont le privilège de se sentir majoritaires sur un territoire, en oubliant trop souvent qu’ils sont minoritaires sur tout un continent, tandis que ceux qui choisissent de continuer à parler français partout ailleurs au Canada n’ont pas ce « luxe » de l’oublier.

Le mépris envers le peuple français d’Amérique a revêtu plusieurs formes, noms et visages depuis des siècles. Mais peut-être faudrait-il rappeler que c’est aussi une part de chacun de nous qui parlons et vivons en français qui se trouve attaquée dans des moments comme ceux-ci, que l’offensive vienne d’Ottawa, de Queen’s Park ou de Fredericton. Aussi, j’espère que cette fois, les Québécois sauront se montrer solidaires de ce combat, comme nous avons su l’être dans un passé pourtant pas si lointain.

En cette époque où plusieurs Québécois souverainistes ou nationalistes cherchent des solutions magiques pour se sortir de cette léthargie dans laquelle le mouvement semble s’enliser ; en cette époque où le Parti québécois et le Bloc québécois croient devoir se réinventer pour rendre « leur option » plus attrayante, il me semble que ces événements de l’actualité récente rappellent que l’histoire parle d’elle-même. Mais encore faut-il être à l’écoute.

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L’histoire des enseignants | Le Devoir

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J’aurais bien aimé enseigner l’histoire du Québec au secondaire ou au collégial. Je n’aurais pas hésité, pour stimuler l’intérêt des jeunes, à me faire conteur et à emprunter la veine épique. Une histoire nationale, bien mise en narration, est toujours une épopée, et je connais peu de gens qui résistent à un bon récit.

Pour captiver mes élèves, j’aurais pigé sans vergogne dans la trame nationale politique, dans les bons travaux d’histoire sociale, et je n’aurais pas hésité à élever quelques monuments aux héros de notre aventure, tout en esquintant au passage les zéros du passé.

Par souci d’objectivité, et parce que la controverse fait partie de la nature de l’histoire, j’aurais privilégié un enseignement axé sur les débats historiographiques. Pour parler de la Conquête, j’aurais convoqué Guy Frégault, pour qui elle fut une catastrophe, et Marcel Trudel, pour qui elle eut « aussi ses avantages ». Nous aurions eu du plaisir.

Des controverses

Dans la réalité, j’aurais immanquablement rencontré des obstacles. Une chose est certaine : mon enseignement aurait été contesté. L’histoire, à l’école, l’est toujours. On l’accuse d’être trop nationaliste ou de ne pas l’être assez ; d’aucuns lui reprochent de trop insister sur la transmission d’un récit en négligeant l’initiation à la méthode historique ; d’autres affirment au contraire qu’elle n’insiste pas assez sur les grands événements et sur les personnages célèbres pour plutôt perdre son temps avec des compétences vaseuses. On ne s’en sort pas : à l’école, l’histoire n’est jamais à la hauteur.

Qu’en est-il vraiment ? Dans Matière à mémoire (M éditeur, 2018, 128 pages), Alexandre Lanoix, didacticien en histoire, a voulu explorer ce nid de controverses en questionnant ceux et celles qui, contrairement à moi, ne se contentent pas de rêver d’enseigner l’histoire du Québec au secondaire, mais le font vraiment. Bonne idée.

Pour ce faire, le chercheur a constitué un échantillon d’une quarantaine d’enseignants et d’enseignantes. Pour les désigner sans discrimination, l’éditeur a choisi d’utiliser le pronom « iels » (pour ils et elles). Ce n’est pas très élégant et ça perturbe la lecture.

Selon l’historien François Audigier, l’enseignement de l’histoire répond à trois types de finalités. Il vise, dans un souci patrimonial et culturel, à transmettre un passé commun auquel adhéreraient les élèves ; il souhaite, dans une visée critique, initier les élèves à la méthode historique ; il s’attache, enfin, à l’utilité, au présent, des savoirs historiques.

La finalité pratique, qui consiste à « mieux comprendre la société actuelle à l’aide du passé », fait plutôt consensus. Ce sont les deux autres qui font débat. Quel patrimoine faut-il transmettre ? Doit-on faire assimiler un récit national (connaissances) ou plutôt insister sur l’acquisition de la méthode historique (compétences) ?

La nation sans le nationalisme

Les entrevues et consultations réalisées par Lanoix permettent de faire ressortir certaines tendances fortement majoritaires dans l’enseignement du programme Histoire du Québec et du Canada en 3e et 4e secondaires.

La matière enseignée, note d’abord Lanoix, est « résolument située et ancrée dans la mémoire québécoise ». Les enseignants rejettent systématiquement toute forme de propagande, disent présenter les « deux côtés de l’histoire » et tiennent à distinguer l’attachement à la nation de « l’adhésion à l’option politique de la souveraineté ». La nation, pour eux, toutefois, c’est le Québec, envers lequel ils souhaitent susciter un attachement critique. Par conséquent, note Lanoix, « la crainte de voir les enseignants d’histoire du Québec délaisser l’identification à la nation dans leur représentation sociale et dans leur pratique ne m’apparaît pas fondée ».

Le didacticien constate aussi que le souci de transmettre une culture historique générale aux élèves demeure plus important, aux yeux des enseignants, que celui d’initier les jeunes aux méthodes de la pensée historique. Le Renouveau pédagogique n’a pas, en d’autres termes, changé grand-chose aux cours d’histoire du secondaire, même s’il exerce une influence par l’examen final de 4e secondaire, axé sur les compétences, auquel il faut bien préparer les élèves.

On peut se réjouir de cette résistance des enseignants à la fameuse réforme, si on considère que le but de l’enseignement de l’histoire aux jeunes n’est pas d’en faire des historiens, mais des citoyens au fait du passé de leur nation. Lanoix, pour sa part, continue d’espérer un enseignement qui reposerait sur un équilibre entre la transmission d’un savoir patrimonial et l’initiation à la méthode historique.

Le didacticien partage sûrement aussi mon espoir : qu’il y ait, tout simplement, plus d’histoire à l’école et qu’on impose enfin un cours d’histoire du Québec obligatoire au collégial.

 

Alexandre Lanoix sera au Salon du livre de Montréal le 17 novembre.

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