Des applications vous suivent à la trace et vendent l’information

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C’est le constat d’une enquête menée par le New York Times, qui a découvert que les grandes applications populaires ne sont pas les seules à miser gros sur la géolocalisation. Les petites le font parfois aussi bien, voire mieux.

Au moins 75 entreprises reçoivent ces données, selon le quotidien, et plusieurs d’entre elles affirment suivre jusqu’à 200 millions d’appareils américains. Cette mine d’or d’informations est ensuite organisée, analysée et vendue à des entreprises de publicité ou de vente au détail, ou encore à des fonds d’investissement spéculatifs. Le journal américain rapporte que la vente de données de localisation totalisera environ 21 milliards de dollars américains cette année.

Les données recueillies peuvent permettre d’afficher des publicités ciblées, mais aussi de comprendre et d’influencer le comportement des utilisateurs, a expliqué au New York Times Elina Greenstein, une dirigeante d’une entreprise de localisation.

Certains pourraient trouver une certaine paix d’esprit dans le fait que ce pistage est le plus souvent anonyme, mais la précision avec laquelle ces applications opèrent permet de facilement identifier une personne.

Grâce à ces données, il est possible par exemple de suivre le trajet d’un appareil à partir d’une maison jusqu’à un lieu de travail. Pis encore, le New York Times indique qu’il a pu retracer les pas d’une personne de chez elle jusqu’à une clinique d’avortement. Dans un autre cas, un enfant se déplace dans la cour de son école, puis vers sa salle de classe. Un autre individu a pu être suivi alors qu’il se déplaçait avec le maire de New York.

Certaines applications enregistrent parfois la position des gens toutes les deux secondes, ce qui permet également de connaître la durée de leurs déplacements et de leurs rendez-vous.

Les services qui récoltent les données se défendent d’espionner les utilisateurs de leurs applications en insistant sur le fait que leur identité n’est pas enregistrée. Mais même si les propriétaires des appareils ciblés ne sont pas identifiés, il serait facile de déduire de qui il s’agit en se basant sur leur adresse ou leur lieu de travail, puis de découvrir des informations qu’elles auraient préféré garder pour elles.

Presque rien ne permet de deviner que le service de localisation d’une application de météo ou de nouvelles locales récolte des données qui seront ensuite vendues. La permission d’obtenir ces données est souvent présentée comme un avantage qui permettra à l’utilisateur d’obtenir un service plus personnalisé. Il faut généralement consulter la politique de confidentialité ou les conditions d’utilisation de l’application, qui sont souvent longues, denses et complexes, pour le savoir.

Les entreprises interrogées par le quotidien new-yorkais ont des pratiques diversifiées en matière de confidentialité. Certaines conservent les données pendant des années, d’autres les effacent après les avoir utilisées pour diffuser des publicités ciblées et certaines ne conservent aucune donnée sur l’adresse des individus.

Une analyse partielle des boutiques d’applications d’Apple et de Google a permis de découvrir qu’Android serait davantage utilisé pour la récolte de ces données qu’iOS dans une proportion de cinq pour un.

Tant d’applications récoltent des données de localisation qu’il est impossible de toutes les nommer. La meilleure chose à faire pour s’en protéger demeure de désactiver les services de géolocalisation de son téléphone.

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Droit du public à l’information

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La décision rendue vendredi par la Cour suprême montre que la liberté de la presse ne confère pas une immunité sans limites aux médias. La Cour a décidé que les conditions n’étaient pas réunies pour accorder une protection aux informations que Vice Media aurait voulu soustraire aux demandes policières. Mais elle a fortement réitéré que les médias d’information bénéficient des garanties constitutionnelles de la liberté de presse en raison du rôle essentiel qu’ils tiennent dans l’information du public et dans le fonctionnement des processus démocratiques. La liberté de presse protège plus que la faculté des individus de s’exprimer. Elle garantit la capacité des médias de recueillir et de diffuser l’information au public.

Liberté de s’exprimer et d’écouter

Les juges Wagner, Abella, Karakatsanis et Martin écrivent que les libertés expressives garanties par la Constitution visent à protéger la recherche de la vérité et la capacité de participer à la prise de décisions démocratiques. Ces libertés protègent aussi bien la personne qui s’exprime que celle qui la lit ou l’écoute. Ils écrivent qu’elles visent à « permettre des discussions complètes et impartiales sur les institutions publiques, condition vitale à toute démocratie ». Ils ajoutent que le débat public « suppose que ce dernier est informé, situation qui à son tour dépend de l’existence d’une presse libre et vigoureuse ». Dans cette logique, les médias ont un rôle fondamental « à titre de véhicule pour la libre circulation de l’information et la tenue de débats ».

Les juges expliquent que ces garanties des libertés expressives sont « conçues pour faciliter le bon fonctionnement de notre démocratie ». Mais ces garanties seraient incomplètes si la liberté d’expression était considérée uniquement comme un droit individuel. Dans ses dimensions sociales, la liberté d’expression est protégée par la liberté de la presse. Car « une presse vigoureuse, rigoureuse et indépendante tient les individus et les institutions responsables, découvre la vérité et informe le public. Elle fournit au public l’information dont il a besoin pour participer à un débat éclairé. Autrement dit, c’est le “droit [du public] d’être renseigné” qui explique et donne vie à la protection constitutionnelle distincte de la liberté de la presse ». Depuis plusieurs décennies, on n’avait pas lu un prononcé aussi clair de la Cour au sujet du rapport essentiel qui existe entre des médias libres et le droit du public à l’information.

Pour les juges Wagner, Abella, Karakatsanis et Martin, la liberté de la presse comprend « non seulement le droit de transmettre des nouvelles et d’autres informations, mais également le droit de collecter cette information sans “l’intervention indue du gouvernement”  ». Ils ajoutent que « le droit de transmettre l’information au public est fragile, à moins que la presse soit libre de suivre des pistes, de communiquer avec des sources et d’évaluer l’information acquise ». En somme, « les activités de collecte d’informations font partie intégrante de la liberté de la presse, car elles sont essentielles au droit et à la capacité d’exposer au public les faits et les idées qui composent l’histoire ». Les juges ajoutent que « sans protection contre toute ingérence indue dans la collecte d’informations, l’accès du public aux fruits du travail de la presse est diminué, tout comme sa capacité à comprendre les questions d’actualité, à en débattre et à se forger des opinions sur elles, ce qui nuit à sa capacité de participer de manière significative au processus démocratique ».

Définir ce qu’est la presse

Les juges abordent la difficile question de la définition de la presse. Ils conviennent que déterminer « quelles activités ont droit à la protection est parfois difficile à la lumière de la prolifération de nouvelles formes et sources de médias ». Reconnaissant la difficulté de cerner ce qui, de nos jours, est un média, ils réaffirment la nécessité de protéger « le droit de recueillir et de diffuser l’information dans l’intérêt du public, sans l’intervention indue du gouvernement ». Cela invite à se tenir loin de la tentation de définir trop strictement ce qui constitue un média. Ce qui est constitutionnellement protégé est le droit d’accéder aux informations et de les diffuser au public sans entraves.

Tous ces propos émanent des quatre juges minoritaires dans la décision rendue vendredi. Mais les cinq juges majoritaires n’expriment pas de désaccord avec les énoncés généraux de leurs collègues. En fin de compte, malgré le résultat spécifique de la décision rendue par la Cour suprême, il convient de saluer le message clair de la Cour à l’égard du rôle de de la liberté de la presse dans le processus démocratique. Comme le remarque Manon Cornellier, cela ouvre des pistes pour l’avenir !

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