La Bolivie s’éveille à l’oenotourisme

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Le 4×4 a peiné pour atteindre la parcelle escarpée, en surplomb de Villa Abecia. Sous le soleil printanier, le vignoble de Manuel Daroca, 3 hectares baptisés Cepas de mi abuelo (Les ceps de mon grand-père), embaume les figuiers qui le bordent. Levant la tête, le quinquagénaire désigne les vignes dont les grappes pendent à deux mètres de haut. « Je les ai installées en pergola car un pied produit ainsi trois fois plus qu’en rangée, et les fruits peuvent profiter du soleil toute la journée. C’est ce qui rend notre muscat d’Alexandrie si sucré », explique, enthousiaste, le viticulteur bolivien.

Depuis les vignes de Manuel, le panorama est renversant. La vallée de los Cintis, l’une des trois régions productrices de vin en Bolivie, couvre d’un ruban verdoyant le fond d’un canyon de roches rouges long de 80 km. Le raisin, cultivé sur 300 hectares, profite ici de conditions exceptionnelles. « La Bolivie a des terroirs uniques marqués par l’altitude, qui varie entre 1 600 et 2 800 mètres. Associé à un fort ensoleillement, cela donne un raisin très concentré en polyphénols et des vins aux arômes prononcés et à la robe intense, qui se boivent plutôt jeunes« , explique Carmen Buitrago, seule femme sommelière de Bolivie, diplômée d’oenologie en Italie et descendante d’une longue lignée de vignerons locaux.

Une histoire de famille

Ici, la vigne est une histoire de famille : quelques rangs parfois plus que centenaires, qui se transmettent de génération en génération avec les alambics d’antan en étain. La vallée de los Cintis, à mi-chemin entre Potosi et Tarija dans le sud du pays, est considérée comme le berceau de la production vinicole bolivienne. Le savoir-faire de la vinification est arrivé au XVIe siècle avec les religieux accompagnant les conquistadors espagnols et, depuis, la Bolivie n’a jamais cessé de produire du singani, une eau-de-vie aromatique à base de muscat d’Alexandrie, et du vin, même si ses crus pâtissent de l’ombre des géants voisins, l’Argentine et le Chili. Très modeste en quantité, avec encore certaines faiblesses techniques, la production nationale réserve néanmoins de bonnes surprises.

À mesure que les crus boliviens gagnent en reconnaissance, les propriétaires de bodegas – comme on appelle ici les domaines vinicoles – s’organisent pour accueillir les visiteurs. « Les Français sont parmi les plus intéressés », note Marcelo Vacaflores. Producteurs depuis quatre générations, les Vacaflores viennent d’ouvrir, à Camargo, un ravissant espace de vente et de dégustation à deux pas de l’église du village. Leur voisine Fabiana Buitrago, dont la famille réalise le Singani San Remo, fait quant à elle volontiers visiter la plus ancienne bodega de la région, la Palca Grande, dont les murs massifs remontent à 1670. Construit par l’un de ses ancêtres, aujourd’hui inutilisé, le bâtiment abrite d’antiques fûts de bois et, à l’occasion, des repas aux chandelles. À trente minutes de là, le parador Vina de Pereira, maison d’hôtes tenue par deux soeurs ayant restauré la propriété familiale, offre, avec sa piscine, une halte d’une qualité jusque-là inconnue dans cette vallée reculée. »Tout cela n’existait pas il y a encore deux ans », se réjouit Santos Romero, guide pour Thaki Voyage, l’une des rares agences de voyages francophones à proposer des séjours dans la région. En 4×4 privé avec guide personnel, l’aventure se combine aisément avec les autres merveilles de la Bolivie que sont le salar d’Uyuni, les sommets de la cordillère royale ou le lac Titicaca.

Un océan de vignes

Là où Camargo s’éveille tout juste à l’oenotourisme, Tarija, avec ses vastes bodegas vendant leur production dans tout le pays et parfois au-delà, marque un temps d’avance. Depuis la vallée de los Cintis, il faut rouler trois heures à travers l’auguste cordillère de Sama et son désert de pierre culminant à 4 000 mètres pour rejoindre la plus grande ville du Sud et le confortable hôtel Los Parrales. Dans cette vallée tempérée, la culture vinicole, plus récente, est en croissance constante et couvre aujourd’hui 3 600 hectares. Une route pavée pittoresque, la « ruta del vino », serpente entre les domaines Campos de Solana, Casa Real, Kuhlmann et Aranjuez, pour les plus connus.

Tous proposent des visites guidées et des espaces de dégustation. L’accueil le plus complet est sans doute celui d’Aranjuez, spécialiste du tannat, un cépage français que ses propriétaires ont introduit avec succès à Tarija en 2000. « Le tannat s’est plu en Bolivie autant que le malbec en Argentine, explique Carmen Buitrago. Les vins réalisés avec ce cépage sont les plus aboutis en termes d’élégance, d’arôme et d’équilibre entre une acidité maîtrisée et une tannicité délicate. » Aranjuez, qui détient 100 hectares de vignes et projette d’en créer 150 supplémentaires, vient d’inaugurer un circuit partant de sa ravissante bodega mêlant architecture traditionnelle et moderne, jusqu’au vignoble Finca del Origen, à une dizaine de kilomètres. Adeptes de biodynamie, les propriétaires ont aménagé des espaces verts et un centre de dégustation au coeur d’un océan de vignes. La vue plongeante sur les rangs de ceps avec la cordillère de Sama en arrière-plan devrait se déguster sans modération.

Carnet de route

Partir:  Agence francophone, Thaki Voyage propose des séjours haut de gamme et sur mesure dans toute la Bolivie. Possibilité de combiner le circuit oenotourisme avec des ateliers culinaires et d’autres étapes, comme le salar d’Uyuni, le lac Titicaca, une ascension dans la cordillère avec des guides formés en France, la ville coloniale de Sucre ou une croisière dans l’Amazonie. www.voyages-bolivie.com

Dormir: Dans la vallée de los Cintis, l’hôtel Parador Vina de Pereira : jolie vue sur la vallée et la rivière, excellent petit déjeuner, piscine, possibilité de dîner en prévenant à l’avance. hotelparadorvinadepereira.com À Tarija, hôtel Los Parrales : 4 étoiles avec vue sur toute la ville, chambres spacieuses et confortables, piscine. www.losparraleshotel.com

Se Restaurer: El Fogon del Gringo, réputé dans tout Tarija pour ses viandes grillées de qualité (« parillas »). Café Belen (Tarija) : salades composées, sandwichs frais et desserts maison, une carte vitaminée dans un cadre soigné et confortable.
Visiter: Sur Tarija, Viva Tours propose des circuits à la journée ou à la demi-journée pour visiter les bodegas. www.vivatours.com.bo 

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La France ambitionne de devenir la référence mondiale pour l’oenotourisme

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Vue aérienne de Saint-Émilion.

Mardi, « à la demande » du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Atout France (l’agence chargée du développement touristique de l’Hexagone) a organisé les premières Assises nationales de l’oenotourisme au Palais des Congrès de Paris.

Après une journée de débats et de témoignages d’acteurs des filières viticoles et touristiques, Hervé Novelli, président du conseil supérieur de l’oenotourisme, a présenté 20 axes de développement pour le secteur. Le vin et l’oenotourisme « réconcilient la mondialisation – soit le flux touristique, et le local – soit l’identité territoriale », a résumé M. Novelli. « Aujourd’hui, les vignobles deviennent des destinations à part entière. Nos 10.000 caves sont un facteur-clé de développement pour nos régions », a renchéri Jean-Baptiste Lemoyne, secrétaire d’État au quai d’Orsay chargé du Tourisme.

Quelque 10 millions d' »oenotouristes » – soit des visiteurs venus à la découverte des vins et vignobles français – sont accueillis dans l’Hexagone chaque année, dont 4,2 millions d’étrangersCe marché représente 5,2 milliards d’euros de recettes par an, les vignobles les plus fréquentés étant celui de Bordeaux, la Champagne, l’Alsace, la Bourgogne et le Val de Loire« Cela déplaît au président des Etats-Unis mais la France est, encore aujourd’hui, le premier pays exportateur de vin au monde en valeur », a relevé M. Lemoyne, en allusion aux tweets de Donald Trump dénonçant il y a quelques jours le déséquilibre commercial entre la France et les Etats-Unis. Le secrétaire d’Etat a cependant admis le « retard » de l’Hexagone en matière de structuration de l’offre oenotouristique »: « c’est un fait, la Californie ou même la Rioja, de l’autre côté des Pyrénées, possèdent des offres attractives ».
Pour Sheng Liu, directeur général de Dufan Voyages Paris qui propose des services aux touristes chinois, et qui est intervenu lors de ces Assises, la réputation des vins et vignobles français n’est plus à faire, et « Bordeaux, la Bourgogne et la Champagne sont les régions que les Chinois ont le plus envie de visiter ».

Consommation « raisonnable »

Mais selon lui, certains points restent à améliorer, comme « le mode de paiement, notamment UnionPay (principal fournisseur de cartes bancaires en Chine, NDLR) qui n’est pas disponible chez tous les commerçants, et aussi la livraison à domicile qui n’est pas proposée partout ».

Pour Atout France, ces premières Assises donnent « le coup d’envoi d’une politique visant à favoriser le développement de l’oenotourisme« , car l’Hexagone a « l’opportunité de prendre le leadership mondial sur cette filière ». Les 20 mesures mises en avant – qui ne sont pas encore budgétées – visent l’amélioration de la qualité de l’offre, la professionnalisation de la filière ou encore la levée de « freins » réglementaires. Sur ce dernier point, l’exemple des « vendanges touristiques », qui peuvent être « assimilées à du travail irrégulier », ou la « réflexion » à mener sur « les conditions de construction de bâtiments à vocation touristique sur des terres agricoles ».

En matière de classement, les exigences du label « Vignobles et Découvertes » dont bénéficient 67 destinations doivent être « renforcées ». De leur côté, les grandes chaînes hôtelières françaises pourraient également, via un accord-cadre, intégrer l’oenotourisme comme une « proposition incontournable de leur offre ». Enfin, les acteurs de la filière pourraient également s’engager à promouvoir une consommation « responsable »: « Au-delà d’une simple action gustative, l’oenotourisme est un moyen de promouvoir une consommation raisonnable, et peut être une chance pour mieux consommer », a estimé M. Lemoyne.

D’ici à 2020, le gouvernement ambitionne d’atteindre les 100 millions de visiteurs étrangers, contre 87 millions l’an dernier.

Avec AFP

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