Un système de défense contre l’ingérence lors des élections

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Le gouvernement Trudeau assure avoir tiré des leçons de l’ingérence électorale perpétrée chez ses alliés. Et pour s’en prémunir, il compte avertir pour la première fois les électeurs canadiens si de telles tentatives sont menées pendant la prochaine campagne électorale. Un engagement que saluent les experts, mais qui inquiète l’opposition, qui aimerait décider elle aussi si de telles « bombes politiques » ont à être dévoilées.

La ministre des Institutions démocratiques ne se faisait pas d’illusions, mercredi, quant au contexte dans lequel se déroulera l’élection du mois d’octobre. « Nous sommes membre du G7, de l’OTAN, des Five Eyes ; nous serions naïfs de supposer que nous ne sommes pas la cible d’une cyberattaque », a consenti Karina Gould en présentant le plan de match de son gouvernement.

Pour répondre à ces menaces, le fédéral réunira un groupe de hauts fonctionnaires qui les évalueront, au cours de la période électorale, et qui avertiront le public canadien s’il y a un réel risque que l’élection fédérale soit perturbée. La menace devra être « importante », posée par des activités « secrètes, clandestines ou criminelles ». Elle pourrait être posée par un « acteur intérieur », ont admis des fonctionnaires lors d’une séance d’information. Mais celui-ci devrait propager de la désinformation avec une « intention malveillante », et pas simplement susciter un débat démocratique, ont-ils plaidé.

Le greffier du Conseil privé, le conseiller du premier ministre pour la sécurité nationale et le renseignement, et les sous-ministres de la Justice, de la Sécurité publique et des Affaires étrangères décideront s’ils sonnent l’alarme.

« Soyons clairs : il ne s’agit pas d’arbitrer les élections, a insisté la ministre Gould. Il s’agit d’alerter les Canadiens lorsqu’un incident compromet leur droit à une élection libre et juste. S’il se passe quelque chose pendant la campagne électorale, les Canadiens pourront être assurés que les bonnes personnes ont décidé de le rendre public, que l’information est juste et que l’annonce n’est pas de nature partisane. »

Les partis d’opposition ont cependant aussitôt critiqué le processus des libéraux, déplorant qu’il soit confié à cinq hauts fonctionnaires nommés par le premier ministre.

Le néodémocrate Nathan Cullen réclame que le directeur général des élections fasse lui aussi partie du groupe décisionnel. « Je ne vois pas pourquoi la personne dont l’unique mandat est d’organiser des élections justes et libres ne serait pas impliquée dans cette conversation », a-t-il argué.

La conservatrice Stephanie Kusie demande que les partis politiques soient du groupe. « Il est important, pour qu’on ait un processus démocratique juste, que ces décisions ne reposent pas uniquement sur le gouvernement Trudeau. »

Les experts ont cependant rejeté l’idée que ces hauts fonctionnaires soient partiaux, rappelant que les sous-ministres — bien qu’ils soient nommés par le premier ministre — ont servi sous divers gouvernements au fil d’une longue carrière.

Stephanie Carvin, professeure adjointe en sécurité nationale à l’Université Carleton, évoque en outre l’exemple de la dernière campagne présidentielle américaine. Barack Obama avait souhaité révéler l’ingérence russe, mais les républicains avaient refusé. La preuve qu’une participation politique peut rendre l’exercice partisan, note-t-elle.

Une protection suffisante ?

L’annonce des libéraux est une « étape importante », selon Stephanie Carvin, mais elle ne s’attaque pas à toute la panoplie de formes que peut prendre l’ingérence étrangère. Outre le piratage informatique ou les robots du Web, des États pourraient aussi faire planter le réseau Internet le jour du vote, évoque-t-elle. Une énième menace que les espions canadiens ne peuvent pas contrer sans l’adoption du projet de loi C-59 (à l’étude au Sénat), qui élargit leurs pouvoirs.

« Cela ne préviendra pas l’ingérence. La question est de savoir si cela pourra empêcher qu’il y ait de réels dommages », commente Wesley Wark, professeur invité de sécurité et de renseignement à l’Université d’Ottawa. Tout dépendra de l’ampleur des menaces et de leur degré de perfectionnement. « Mais les Canadiens peuvent être rassurés du fait qu’on ne sera pas la plus grande cible d’ingérence étrangère électorale. »

Et les réseaux sociaux ?

Autre grosse lacune du plan libéral : rien n’est prévu pour contrer la désinformation sur les réseaux sociaux, déplore la professeure adjointe de communications à l’Université d’Ottawa Elizabeth Dubois. La stratégie du gouvernement prévoit tout au plus d’« encourager » Facebook et Twitter à mettre en oeuvre des mesures pour lutter contre ce fléau.

Une situation « inquiétante », selon Mme Dubois, « parce que ce sont de grandes multinationales qui agissent dans l’intérêt de leurs actionnaires et pas nécessairement dans l’intérêt du Canada ».

Le gouvernement aurait pu forcer les compagnies à interdire ou à tout le moins permettre de détecter le contenu promotionnel payé — comme les publications d’influenceurs ou l’utilisation de réseaux de robots informatiques qui aiment ou partagent certaines publications. Ottawa aurait aussi pu forcer les compagnies à signaler la désinformation sur leurs réseaux. Mais le gouvernement aurait eu à intervenir plus tôt, car à neuf mois des élections il est déjà trop tard, souligne la professeure.

Pourtant, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a lui-même noté qu’un gazouillis sur cinq pendant le dernier mois de la campagne présidentielle américaine était généré par des robots informatiques et que, lors de la campagne allemande, sept articles sur dix portant sur Angela Merkel et partagés sur Facebook étaient faux.

Le gouvernement libéral prévoit par ailleurs des campagnes pour sensibiliser le public (avec un budget de 7 millions). Les agences de renseignement offriront des briefings secrets aux partis politiques pendant la période électorale afin de les aviser des menaces qui planeront.

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La GRC critiquée pour son travail lors du voyage de Justin Trudeau en Inde

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La présence d’un ex-extrémiste sikh aux côtés des Trudeau, lors du désastreux voyage en Inde du premier ministre l’hiver dernier, aurait pu être évitée. La GRC a sous-estimé la menace que Jaspal Atwal représentait pour la famille de Justin Trudeau, conclut le tout premier rapport d’un comité secret sur la sécurité nationale.

Une photo de Jaspal Atwal en compagnie de Sophie Grégoire-Trudeau à Mumbai avait fait les manchettes, en février, en plein séjour du premier ministre en Inde. Une seconde invitation à M. Atwal avait par conséquent été annulée. Mais plusieurs se demandaient depuis comment l’épouse du premier ministre avait pu se retrouver aux côtés d’un homme condamné pour avoir tenté d’assassiner un ministre indien en 1986 à Vancouver.

Le rapport du Comité des parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement, déposé lundi aux Communes, indique que la Gendarmerie royale du Canada avait été avertie pas moins d’une semaine avant ces réceptions mondaines que Jaspal Atwal pourrait être en Inde pendant la visite officielle de M. Trudeau. La GRC a aussitôt sommé son équipe de la côte ouest de vérifier s’il avait quitté le Canada. Le message n’a cependant pas eu de suites, tombé dans la messagerie téléphonique d’un agent en congé.

La police fédérale n’a de surcroît pas avisé le peloton de protection qui suit le premier ministre que M. Atwal était probablement en Inde, révèle le rapport. La police était cependant bien aux faits de son dossier criminel et de ses antécédents d’actes violents. « Cela aurait dû être considéré comme un risque pour la sécurité du premier ministre et de sa délégation », souligne le rapport.

Les listes d’invités aux événements du premier ministre à l’étranger ne sont pas systématiquement contrôlées. M. Atwal figurait sur une liste fournie par le bureau de M. Trudeau. Or, sa présence « a accru de façon importante les risques pour la sécurité [du premier ministre et de sa famille] », a relaté un agent de la GRC au comité.

Ce premier rapport du comité ultra-secret est lourdement caviardé. On y apprend notamment qu’un autre Canadien s’est vu retirer son invitation à la réception de Delhi. Son nom est censuré.

Le premier chapitre du document porte en outre sur les allégations d’ingérence étrangère, mais les conclusions sont presque entièrement caviardées.

Caviardé à l’excès

Les partis d’opposition n’ont pas été impressionnés par ce rapport, qui les laisse sur leur faim. « Les Canadiens qui espéraient peut-être obtenir des réponses avec ce rapport seront déçus », estime le conservateur Mark Strahl. « Le bureau du premier ministre a passé ceci au peigne fin pour s’assurer que l’information qu’il voulait garder sous silence ne soit pas publiée. »

« On cherchait des réponses à plusieurs questions, mais finalement, […] il y a tellement d’éléments qui ont été caviardés et cachés aux citoyens que ça soulève encore plus de questions que ça [n’apporte de réponses] », reproche pour sa part Alexandre Boulerice.

Ce comité secret a été créé par le gouvernement Trudeau et se veut un contrepoids aux lois antiterroristes. Les députés et sénateurs qui y siègent sont informés des activités menées par les diverses agences de renseignement. Leurs rapports sont remis au bureau du premier ministre, qui décide ensuite de ce qui peut être rendu public sans compromettre la sécurité nationale.

M. Boulerice croit que ce processus devrait être amélioré « parce qu’il y a trop d’emprise du pouvoir politique, du bureau du premier ministre sur ce qui est publié et ce qui ne l’est pas ».

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