Les médecins sont «prêts» à donner plus de place aux infirmières, selon McCann

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Après avoir longtemps résisté, les médecins sont désormais prêts à donner plus de place aux infirmières pour désengorger le système de santé, croit la ministre de la Santé, Danielle McCann. D’ici un an, on pourrait même voir des infirmières praticiennes spécialisées faire des diagnostics, selon elle.

« L’objectif, c’est que les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) puissent utiliser toutes leurs compétences. Il y en a presque 500 en première ligne. Imaginez le potentiel ! Actuellement, elles doivent se fier au médecin, elles ne peuvent pas poser de diagnostic », a expliqué la ministre de la Santé en entrevue au Devoir. « Imaginez-vous si on dégage ça ! On a l’offre de service qui va être augmentée. »

Récemment, Danielle McCann a officiellement demandé au Collège des médecins de « regarder la possibilité » que les IPS puissent poser un diagnostic. Elle a aussi suggéré au Collège de modifier la règle voulant que les patients vus par une IPS soient tenus de rencontrer un médecin dans les 30 jours suivants.

« Ils doivent me revenir à court terme, dans les prochaines semaines, avec une proposition », dit-elle.

Cette réforme « va peut-être être une petite révolution de l’accès en première ligne », avance la ministre, qui n’exclut pas la possibilité que les IPS puissent commencer à faire des diagnostics d’ici un an. « On va essayer », dit-elle.

Les médecins réalisent que le système ne fonctionne pas. La population n’en peut plus, et je pense que les médecins, y compris la Fédération, [le] réalisent.

Tout en négociant avec le Collège des médecins, Danielle McCann a bon espoir de convaincre les omnipraticiens de changer la façon dont ils sont payés. Elle veut qu’ils prennent en charge plus de patients, mais ne soient pas obligés de les voir en personne. Avec le nouveau système, ils pourraient être consultés par téléphone sans en subir un préjudice financier, par exemple. « Ils sont prêts, on les a rencontrés », dit l’ancienne dirigeante de l’Agence de la santé de Montréal.

La méthode douce

Aux antipodes de Gaétan Barrette pour ce qui est de l’approche, la ministre de la Santé préconise clairement la méthode douce avec les médecins. Depuis son arrivée, elle n’a pas non plus imposé de pénalités aux médecins de famille qui n’avaient pas atteint leurs cibles pour le nombre de patients. Elle a aussi cédé dans le dossier de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) en abandonnant l’idée de rendre publics les noms des médecins qui surfacturent, ce qu’elle avait pourtant promis de faire en début de mandat.

La carotte sera-t-elle plus efficace que le bâton ? C’est le pari que fait Danielle McCann. « Quand je suis arrivée, le ministre était à couteaux tirés avec les fédérations médicales. C’est très important parce qu’on n’avance pas dans ce temps-là. J’ai instauré une collaboration. Le ton a changé », dit-elle.

« Les médecins réalisent que le système ne fonctionne pas. La population n’en peut plus, et je pense que les médecins, y compris la Fédération, [le] réalisent. » Son président, Louis Godin, « dit lui-même qu’il faut faire quelque chose », précise-t-elle.

Quand on lui fait remarquer que les médecins ont souvent résisté aux changements dans le passé, la ministre affirme qu’on verra des « changements graduels » et que le modèle sera « opérationnel d’ici la fin du mandat ».

« On veut soutenir nos médecins de famille. On veut qu’ils prennent en charge davantage de patients, mais on ne veut pas qu’ils s’épuisent. Au contraire qu’ils se déchargent, qu’ils délèguent à d’autres professionnels, dont les pharmaciens. Et qu’ils aient la possibilité dans la prise en charge du patient de consulter le médecin spécialiste sans être pénalisés. » Suivant cette logique, au lieu de voir 500 patients chacun par exemple, ils pourraient en voir 1000 parce que 50 % de leur temps serait libéré, explique-t-elle.

Rencontrée la journée de la publication d’une chronique remettant en question son leadership, elle n’a pas voulu dire quel était l’état de santé dudit leadership. « Vous en pensez quoi, vous ? », s’est-elle contentée de répondre avec un sourire en coin.

Délestée cet automne de trois gros dossiers — les négociations (confiées à Christian Dubé), les CHSLD (Marguerite Blais) et le cannabis (Lionel Carmant), la ministre de la Santé a consacré toute son énergie aux soins de première ligne. La CAQ a promis pendant la campagne que tous les Québécois malades allaient pouvoir avoir une consultation en moins de 90 minutes d’ici la fin du mandat, et c’est là d’abord que les changements se feront sentir, dit-elle.

« Ça ne s’est jamais fait au Québec », dit-elle. « Dégager un potentiel qu’on a chez les professionnels pour vraiment augmenter les services en première ligne. »

De l’air pour les infirmières

Or les effets de cette réforme ne se feront pas sentir demain matin. Que fera-t-elle d’ici là notamment pour aider les infirmières et les préposés aux bénéficiaires qui sont débordés ?

Des fonds « ciblés » seraient prévus dans le budget, avance la ministre. « On va aussi avoir des ressources d’appoint. Il faut attendre le budget pour être plus précis là-dessus. »

Des fonds seront ainsi débloqués pour embaucher des préposés aux bénéficiaires, des aides de service et des infirmières supplémentaires aux endroits où les besoins sont les plus criants.

« On ne peut pas nier qu’à certains endroits on est en dessous du ratio qu’on devrait avoir, vous comprenez, notamment dans certains CHSLD. Nous, on sait où. Donc on ne va pas ajouter des ressources à travers le Québec, mais là où on en a le plus besoin. »

La ministre caquiste a aussi demandé aux Centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) de créer davantage de postes à temps plein pour les infirmières. Certains le faisaient déjà, mais elle souhaite que cela se généralise.

Elle n’a toutefois pas l’intention d’intervenir sur le salaire des préposés aux bénéficiaires, qui demeurent très bas. « On n’est pas à cet endroit-là en ce moment », dit-elle. Pour « valoriser la profession », elle souhaite qu’ils soient formés à même les CHSLD et parle de « payer leur formation, au moins une partie ».

Le budget au printemps devrait aussi inclure les 200 millions de dollars promis pour les soins à domicile, mais il faudra attendre plus longtemps avant qu’il y ait un coup de barre dans le domaine des services en santé mentale.

Danielle McCann veut d’abord consulter. Ainsi, un forum, ou une consultation à l’image de celle organisée par Marguerite Blais sur la proche aidance, sera organisé ce printemps. La ministre souhaite alors tester les idées des proches de personnes malades auprès des experts.

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Des médecins réclament un meilleur contrôle des armes à feu

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Toronto — Des médecins ont créé une nouvelle organisation pour réclamer un meilleur contrôle des armes à feu au Canada, faisant valoir que la violence liée aux armes dévaste la vie de leurs patients et de leurs communautés. Le groupe Canadian Doctors for Protection from Guns affirme que la violence par armes à feu devrait être considérée comme un enjeu de santé publique, tout comme la sécurité routière ou le tabagisme. L’organisation est formée de médecins de famille, d’urgentologues, de chirurgiens traumatologues et de psychiatres. Ceux-ci réclament une interdiction des armes de poing et des armes d’assaut, jugeant que la violence par armes à feu est une « crise de santé publique » qui doit être considérée. Le groupe rappelle que selon Statistique Canada, les crimes violents liés aux armes à feu ont augmenté de 42 % depuis 2013.

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Rémunération des médecins: logique viciée

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La Coalition avenir Québec comptait récupérer un milliard de dollars par an à même la rémunération des médecins spécialistes, qui avait dépassé celle de leurs pairs ontariens. Or selon le dernier rapport de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), cet écart s’est considérablement rétréci. Une bonne partie du milliard virtuel s’est ainsi envolée.

Il est heureux que la CAQ n’ait pas inclus cette somme dans son cadre financier. Mais c’est le principe même de cette parité que le gouvernement Legault doit remettre en cause.

Chargé des négociations avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, attend, d’ici le 1er septembre, les résultats d’une étude approfondie, commandée à l’ICIS, qui tiendra compte de l’ensemble des éléments de l’équation : le coût de la vie plus faible ici ainsi que les différences touchant la productivité et la pratique.

Pour la FMSQ, il s’agit d’une bonne nouvelle : sa présidente, Diane Francoeur, a répété que ses membres ne sont pas trop payés et que le gouvernement Legault « manquera d’arguments ». Pour les contribuables, et pour le réseau de la santé dans son ensemble et ses usagers, il en va tout autrement.

C’est d’autant plus vrai que l’entente avec les médecins prévoit que les résultats de cette étude ne peuvent conduire à une baisse de leur rémunération, seulement à une hausse, ce qu’a vilement accepté le gouvernement Couillard.

Cet accaparement éhonté de fonds publics au profit d’un puissant lobby ne fait qu’accentuer l’iniquité que subissent les autres professionnels du réseau. Tandis que notre caste médicale touche le pactole, les infirmières continuent d’être moins bien payées que leurs consoeurs de l’Ontario.

Il faut sortir de cette logique viciée de la parité financière entre les médecins québécois et ontariens. Même s’il sera difficile de remettre le dentifrice dans le tube pressé par le gouvernement libéral, l’État québécois doit revoir cette rémunération aussi injuste qu’excessive. Les Québécois se sont dotés d’une société plus égalitaire qu’ailleurs en Amérique du Nord et les médecins en font partie. Le gouvernement Legault a promis qu’il ne céderait pas aux lobbies : la prochaine négociation avec les médecins spécialistes est une belle occasion de prouver qu’il ne s’agit pas seulement d’un slogan populiste.

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L’écart salarial se resserre entre médecins spécialistes québécois et ontariens

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L’écart salarial entre les médecins spécialistes québécois et ceux de l’Ontario a diminué, révèle une étude publiée jeudi. Des données qui n’aideront pas Québec à justifier le milliard de dollars « de trop » qu’il compte récupérer du salaire des spécialistes, estime leur fédération.

« On partait avec la prémisse que les médecins spécialistes sont trop payés et trop paresseux, mais [cette étude] vient confirmer notre réelle position », estime la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Diane Francoeur.

Dans son rapport Les médecins au Canada 2017, l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) montre que les médecins spécialistes du Québec ont touché en moyenne 384 000 $ pour l’année 2016-2017, soit 23 778 $ de plus que leurs homologues ontariens. L’année précédente, cet écart était de 36 380 $.

En campagne électorale, la Coalition avenir Québec s’était appuyée sur ce dernier chiffre pour comparer les provinces voisines et ainsi justifier le salaire « trop élevé » des médecins spécialistes québécois.

François Legault avait promis de récupérer un milliard en rouvrant l’entente conclue entre l’ancien gouvernement libéral et la FMSQ au printemps 2018. Mais avant de s’asseoir à la table des négociations, les deux partis ont mandaté l’ICIS de réaliser une étude comparative pancanadienne sur la rémunération médicale. Les conclusions sont attendues d’ici septembre.

Pour la Dre Francoeur, l’étude finale encore en cours sera « plus raffinée » et donnera « l’heure juste ». Le rapport publié jeudi — plus complet que les précédents — est tout de même révélateur et laisse penser que Québec « manquera d’arguments » pour négocier.

De son côté, le gouvernement Legault campe sur ses positions.

« L’étude de [jeudi] indique que les médecins spécialistes du Québec gagnent toujours en moyenne plus de 20 % de plus que leurs homologues ontariens (en tenant compte du coût de la vie), ce qui représente en dollars environ 1 milliard d’écart », soutient Myrian Marotte, attachée presse du président du Conseil du trésor, Christian Dubé. Elle concède toutefois que « la façon de capter les données n’est pas optimale », d’où la nécessité d’attendre les résultats définitifs de l’étude commandée à l’ICIS.

Comparaison incomplète

Aux yeux des experts consultés par Le Devoir, des informations manquent pour établir une réelle comparaison entre les provinces canadiennes.

« Il faut tenir compte du coût de la vie très différent, mais aussi de l’organisation de la pratique en comparant les salaires nets plutôt que bruts », estime Roxane Borgès Da Silva, professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Elle croit de plus que le Québec ne devrait pas uniquement se comparer à l’Ontario, comme le font les gouvernements successifs depuis des dizaines d’années. « Pourquoi ne pas se comparer avec des pays de l’OCDE ou du Commonwealth ? »

Damien Contandriopoulos, professeur à l’École de sciences infirmières de l’Université de Victoria, croit même que la comparaison n’a pas lieu d’être.

« Arrêtons cette psychose au Québec de vouloir s’aligner avec l’Ontario », lance-t-il, expliquant que cette « obsession » est partie d’une idée fausse selon laquelle les médecins québécois partaient pour l’Ontario pour être mieux payés. « On a plutôt besoin d’une réflexion collective sur ce qu’on estime être une rémunération juste des médecins, et raisonnable pour la société », avance-t-il.

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Fausses factures des médecins: la RAMQ tarde à corriger la situation

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La Régie de l’assurance-maladie (RAMQ) tarde à prendre toutes les mesures requises pour s’assurer que les chèques versés aux médecins correspondent bien aux services rendus aux patients.

Dans son rapport annuel 2018-2019, déposé vendredi à l’Assemblée nationale, la vérificatrice générale (VG), Guylaine Leclerc, s’impatiente en constatant que malgré un rapport accablant sur l’absence de contrôle dans la rémunération des médecins, paru en 2015, la RAMQ ne s’est que partiellement amendée.

Faute de contrôles efficaces, la régie ne peut donc donner « l’assurance raisonnable » que toutes les sommes versées aux médecins, à partir de présentation de factures, correspondent réellement à des services fournis ou des soins prodigués.

« Nous considérons les progrès comme insatisfaisants en raison du fait qu’après trois ans nous aurions pu nous attendre à ce que la situation ait évolué de manière plus significative », écrit la vérificatrice.

Certains « volets essentiels » des recommandations formulées par la VG en 2015 n’ont pas fait l’objet d’améliorations sensibles, selon elle.

Depuis 2015, la RAMQ a revu son processus d’analyse de la facturation et mis en place des contrôles visant à repérer les dossiers présentant un risque de fraude, notamment lorsqu’il s’agit de rembourser les mesures incitatives, soit les diverses primes offertes aux médecins. Mais elle n’a toujours pas atteint ses objectifs annuels quant au nombre de dossiers présentant des « écarts de facturation » à analyser.

Le Québec compte 21 000 médecins inscrits à la RAMQ. Leur rémunération globale a atteint 7,7 milliards de dollars en 2017-2018.

La régie a dû traiter cette année 62 millions de demandes de paiement.

En 2016, on comptait au Québec 184 médecins auxquels la RAMQ versait plus d’un million de dollars en rémunération. Ces médecins millionnaires ont fait l’objet d’une évaluation plus serrée. La régie a pu ainsi récupérer 10 millions versés en trop.

Les sommes remises aux 25 médecins les mieux rémunérés au Québec ont été scrutées à la loupe, pour découvrir qu’ils avaient réclamé 3 millions de dollars de remboursements non justifiés.

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Et si médecins et enseignants confondaient immaturité et trouble de l’attention?

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Les enfants les plus jeunes de leur classe sont plus susceptibles d’être diagnostiqués d’un trouble de l’attention, avec ou sans hyperactivité (TDAH), que les plus âgés de la classe, selon une étude américaine qui devrait alimenter le débat sur les surdiagnostics.

Le sujet est brûlant aux États-Unis, où 5 % des enfants de 2 à 17 ans prenaient des médicaments contre le TDAH en 2016. Les plus petits sont de plus en plus concernés : le taux de diagnostics entre 2 et 5 ans a augmenté de moitié entre 2007 et 2012.

L’étude, publiée dans le New England Journal of Medicine, est importante par sa taille (400 000 enfants) et ingénieuse par la méthode.

Les chercheurs ont comparé les enfants nés au mois d’août et ceux nés en septembre, dans les États américains qui ont une date butoir stricte et exigent que les enfants aient 5 ans au 1er septembre pour qu’ils entrent à l’école cette année-là.

Dans ces États, les enfants nés en août sont systématiquement les plus jeunes de leur classe. Ceux nés en septembre sont les plus âgés.

En épluchant les données relatives à plus de 400 000 enfants nés entre 2007 et 2009, ils se sont aperçus que les enfants nés en août (les plus jeunes d’une classe) étaient 34 % plus nombreux à avoir un diagnostic de trouble de l’attention, par rapport à ceux nés en septembre.

Dans les États sans date butoir, la différence s’évanouit.

« Le quart des enfants nés en août et qui ont un diagnostic de trouble de l’attention n’auraient pas reçu ce diagnostic s’ils étaient nés en septembre », dit à l’AFP le coauteur Anupam Jena, professeur à l’école de médecine d’Harvard.

Cela signifie soit que les plus jeunes sont surdiagnostiqués, soit que les plus âgés sont sous-diagnostiqués. Mais le médecin penche pour la première option.

Les enseignants sont souvent les premiers à signaler un trouble de l’attention. Or les enfants les plus jeunes peuvent exprimer des symptômes similaires aux troubles de l’attention — manque de concentration, distraction…— qui seraient tout simplement dus… à leur immaturité.

Il n’existe pas de test objectif absolu de TDAH. Le diagnostic est fondé sur une évaluation subjective, où l’avis des enseignants pèse.

Ces travaux renforcent des études aux résultats similaires aux États-Unis et dans d’autres pays.

Les enseignants sont donc appelés à la prudence et à la patience par les auteurs de l’étude. Et en cas de doute, « un médecin devrait attendre cinq ou six mois afin de laisser l’enfant mûrir un peu avant de commencer un traitement », dit Anupam Jena.

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Aide médicale à mourir: des formulaires inquiètent le Collège des médecins

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Le Collège des médecins du Québec demande à ses membres de ne pas remplir le formulaire d’aide médicale à mourir qui sera exigé par le fédéral dès jeudi. Les informations requises dévoileraient l’identité des patients, en plus d’alourdir le fardeau administratif de médecins qui risqueraient fort de ne plus l’offrir, estime-t-il.

« Cela pourrait se traduire, pour les patients, par un accès plus difficile à ce soin de fin de vie », plaide le Collège.

Les renseignements demandés incluent le numéro d’assurance-maladie du patient et son code postal. Des données sont aussi recueillies sur les médecins qui prodiguent l’aide médicale à mourir, ont fait savoir des représentants du Collège en point de presse à Montréal mercredi matin.

Les médecins partout au Canada devront remplir ce formulaire dès jeudi, alors qu’entre en vigueur le règlement fédéral sur la surveillance de l’aide médicale à mourir.

Or, le fédéral n’a pas du tout tenu compte qu’au Québec, l’aide médicale à mourir est déjà prodiguée depuis près de trois ans, et que la loi provinciale oblige déjà les médecins à remplir un formulaire. Le Collège juge ce dernier supérieur à celui du fédéral : il n’y a pas de renseignements permettant d’identifier les patients et il permet de surveiller la conformité de l’acte à la loi ainsi que d’évaluer la qualité des soins offerts.

La pénalité pour les médecins qui ne remplissent pas le formulaire fédéral ? Jusqu’à deux ans de prison, a indiqué Mauril Gaudreault, le président du Collège des médecins. « C’est abusif et inutilement contraignant », estime-t-il.

Surtout qu’au Québec, cela marche très bien depuis presque trois ans, sans pénalité pour les médecins, a-t-il fait remarquer.

Peu de gens réalisent l’énorme fardeau professionnel et émotionnel que cela comporte pour les médecins d’offrir l’aide à mourir : « ils n’ont pas besoin d’un fardeau administratif de plus », a commenté le Dr Alain Naud. « Il risque d’y avoir beaucoup de médecins qui se désengagent et d’autres qui ne voudront pas s’engager ».

Le Collège avait toutefois une bonne nouvelle à rapporter : il a obtenu confirmation que les pourparlers en cours à ce sujet entre le ministère de la Santé du Québec et Santé Canada arrivent bientôt à échéance. Ces discussions visent à ajuster le formulaire à la réalité québécoise. De plus, le gouvernement du Québec a désigné une personne pour recueillir les informations requises et ne devra les remettre à Ottawa qu’à tous les trois mois, ce qui donne un délai pour les négociations. Des fonctionnaires du ministère québécois de la Santé ont aussi reçu le mandat de développer un formulaire en ligne unique.

Québec devra-t-il remettre à Ottawa les données permettant d’identifier les patients ? Cet aspect n’est pas encore réglé, admet le Dr Yves Robert, directeur général du Collège.

Conflits de lois

De façon plus globale, la question du formulaire met en lumière certains conflits entre la loi provinciale sur l’aide médicale à mourir, adoptée en 2014, et celle du gouvernement fédéral, adoptée plus récemment en 2016.

L’un des problèmes émane du fait que les critères d’admissibilité à cette aide ne sont pas les mêmes en vertu des deux lois, ce qui met beaucoup de pression sur les épaules des médecins, juge le Dr Alain Naud, membre du Conseil d’administration du Collège, et impliqué dans le dossier de l’aide médicale à mourir.

On fait porter aux médecins le fardeau d’interprétation des différences entre les deux lois, déplore-t-il.

Il constate que devant les obstacles, des patients se sentent abandonnés, se suicident, ou, pour ceux qui en ont les moyens, continuent de se rendre en Suisse pour obtenir l’aide médicale à mourir.

Le Dr Naud est d’avis que Québec doit revoir sa loi, pour l’ajuster avec tous les changements qui se sont produits depuis. Et selon lui, le fédéral devrait demander l’avis de la Cour suprême sur sa loi, afin de s’assurer de sa validité.

Le Collège ignore combien de médecins prodiguent l’aide médicale à mourir au Québec car il n’y a pas de registre.

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Le gouvernement s’expose à une poursuite s’il gèle la rémunération des médecins

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Si le gouvernement Legault gèle la rémunération des 10 000 médecins spécialistes, il s’expose à une poursuite judiciaire et à l’annulation de l’ajout de services en région.

C’est ce que prévient la présidente de la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ), Diane Francoeur, en entrevue à La Presse.

Le premier ministre François Legault a déclaré que le versement des hausses prévues était suspendu d’ici à ce que soit renégociée l’entente intervenue plus tôt cette année entre la Fédération et le gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Selon Mme Francoeur, geler la rémunération et mettre l’argent en fiducie, ça équivaut à rouvrir l’entente. « Si le gouvernement décide de façon unilatérale de rouvrir l’entente, on va contester devant les tribunaux », assure-t-elle.

Diane Francoeur aura un entretien la semaine prochaine avec le président du Conseil du trésor, Christian Dubé.

Selon Mme Francoeur, il n’y a aucune nouvelle augmentation de tarif au bénéfice des médecins jusqu’en 2023. La seule hausse tarifaire dans l’entente atteignait 5,2 % et a été accordée cet été, avant le déclenchement des élections. Le seul ajout à venir à l’enveloppe de rémunération — si l’on exclut le financement lié à l’arrivée de nouveaux médecins — se chiffre à 125 millions de dollars, selon elle. Soixante-cinq millions doivent servir à payer les chefs de département et d’autres fonctions médicalo-administratives des spécialistes. Et 60 millions sont destinés à un plan pour éviter les ruptures de services en région dans les spécialités de base. Ces sommes devaient être versées au début de 2019.

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Le cancer vu par la lorgnette des médecins

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Comment se positionne la médecine par rapport à la rhétorique du combat qui a envahi la sphère du cancer ? Malaise face à la mort, pression des proches, formation des médecins : plusieurs raisons contribuent à cet état de fait.

Lorsque surgit un événement aussi pénible que la maladie, l’humain a besoin d’amour, mais aussi de mots. « Ce que je tente de faire avec les individus que j’accompagne, c’est de voir quelles représentations, quels mots, quelles images les habitent, quelles représentations sont aidantes pour eux », explique Line St-Amour, psychologue clinicienne en oncologie au CHUM.

Elle se garde, insiste-t-elle, d’« induire une métaphore auprès des patients », même si celle du combat trouve toujours beaucoup d’adhérents. « Ces représentations-là, guerrières ou pas, tentent de donner un sens à une maladie qui en a peu. Comment accepterait-on de la chimiothérapie, des chirurgies mutilantes si on ne donnait pas un sens à notre démarche ? Une métaphore guerrière peut être utile au début, puis se transformer en autre chose. »

Un discours gagnant

Si le discours sur le combat relève d’une vision biochimique des bonnes cellules qui, en honnêtes soldats, terrassent les mauvaises, et transpose à l’échelle individuelle le combat mené contre le cancer par la recherche scientifique, son omniprésence ne serait pas étrangère à la valeur accordée à la performance, promettant récompenses à ceux qui se lèveront tôt et se retrousseront les manches.

« Ces représentations sont propres à notre société, à notre mode de vie compétitif, très axé sur la réussite, note Mme St-Amour. Le message sous-jacent, c’est que si tu veux, tu peux, que si tu mets l’effort nécessaire, tu vas t’en sortir, alors que lorsqu’on vit la maladie, on n’a pas le contrôle absolu là-dessus. »

Ces représen­tations sont propres à notre société, à notre mode de vie compétitif, très axé sur la réussite

S’ajoutent à ce discours les injonctions invitant les gens à manger bio, à faire de l’exercice et à adopter de saines habitudes de vie. « Le pendant négatif de [cela], c’est qu’elles laissent penser qu’on peut prendre le contrôle sur sa santé, un contrôle qu’on n’a jamais à 100 % », souligne Josée Savard, professeure titulaire et chercheuse au Centre de recherche sur le cancer de l’Université Laval.

Le Dr Philippe Southier, professeur agrégé à l’Université de Montréal et chef du Département de gynécologie-obstétrique du CHUM, se dit profondément agacé par les médias qui déclarent des patients « perdants ou gagnants » dans leur lutte contre le cancer. « Est-ce qu’on peut un seul instant dire que Jack Layton ou Jacques Brel sont des perdants ? Non, ils ont été des vivants ! » Ce dernier attribue cette façon d’envisager le cancer à la formation médicale. « Les médecins sont formés pour être dans l’action, dans le combat contre la maladie. Ça influence le regard qu’on porte sur les patients », opine ce membre du conseil d’administration de la Fondation québécoise du cancer.

Est-ce qu’on peut un seul instant dire que Jack Layton ou Jacques Brel sont des perdants ? Non, ils ont été des vivants !

Courage à géométrie variable

En décembre 2011, Paul Grand’Maison a perdu son épouse, Nicole, quelques semaines avant leur 38e anniversaire de mariage. Ses derniers moments ont été parmi les plus intenses de leur vie commune.

Selon le médecin de famille, le fossé qui sépare les soins curatifs et palliatifs contribue à nourrir un sentiment de défaite chez les malades qui, sans espoir de guérison, doivent mettre fin à leurs traitements ou préfèrent les arrêter. « Quand ses médecins ont décidé qu’il n’y avait plus rien à faire [pour Nicole], c’est comme s’ils la laissaient tomber », regrette le professeur à la retraite de la Faculté de médecine de l’Université de Sherbrooke. « C’est comme s’ils avaient eux-mêmes l’impression d’avoir perdu, alors que ce n’était pas nécessairement un échec médical, mais seulement l’évolution normale d’une vie. »

Cette vision dichotomique des traitements au sein de la profession fait que les patients ont l’impression que de les arrêter, ça veut dire cesser de se battre, « se résigner », fait valoir le coauteur de l’essai Guérir est humain (Médiaspaul, 2016). « Au contraire, choisir la meilleure action à adopter, c’est faire preuve de courage. On peut trouver courageux ceux ou celles qui “combattent” jusqu’à la fin. Mais ceux qui voient la réalité en face, pour vivre pleinement le temps qui reste, sont tout autant des exemples de courage. »

Pour Véronique Poulin, hémato-oncologue à l’hôpital régional de Saint-Jérôme, le désarroi des proches d’un malade face à cette situation qui leur échappe contribuerait à la préséance de la sémantique du combat. « J’entends souvent des patients me dire : “Mes enfants veulent que je continue ma chimio, mais moi, je suis tanné, je suis épuisé. Si ce n’était pas de mes enfants qui pensent que je capitule, que je baisse les bras, j’arrêterais”. »

Croire que le combat sincère triomphera de tous les obstacles, c’est aussi nier ce vers quoi nous cheminons tous, croit Line St-Amour, qui anime des groupes de soutien pour la Fondation Virage. « Ça me surprend toujours quand des patients de 40, 45, même de 60 ans me disent qu’ils se sentaient invincibles. Il faut être en mesure de la regarder en face, la mort. »

La psychologue invite néanmoins les patients à être indulgents quand les encouragements d’amis ou de membres de leur famille sonnent creux.

« Les gens se sentent bien démunis face à un proche malade. Les mots leur manquent. Il faut voir derrière ces paroles la main tendue qui se manifeste parfois maladroitement. Il ne faut jamais hésiter à demander : “Quels sont les mots, les images, qui sont porteurs de sens pour toi ?” plutôt que d’imposer ceux que l’on pense être les bons. »

Le cancer en chiffres au Québec et au Canada

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Rémunération des médecins: Legault prend le taureau par les cornes

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Le premier ministre François Legault n’a pas tardé à décréter un gel de la rémunération des médecins spécialistes, le temps d’obtenir les résultats d’une étude, confiée à l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), comparant leur rémunération avec celle de leurs pairs des autres provinces.

En campagne électorale, la Coalition avenir Québec avait évalué à un milliard par an la somme qu’un gouvernement caquiste projetait de récupérer en ramenant les fastueux émoluments des médecins spécialistes au niveau de ceux de leurs confrères ontariens. Selon les calculs du parti, les médecins spécialistes, dont la rémunération moyenne dépasse désormais 440 000 $ par an, empocheraient 22 % de trop.

La Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) — et c’est un refrain que reprend le chef de l’opposition officielle, Pierre Arcand, qui a négocié la dernière entente de février 2018 à titre de président du Conseil du trésor — soutient que cette entente, qui s’étend jusqu’en 2023, ne comporte aucune augmentation de rémunération et ne comprend que des honoraires versés pour un volume accru — hausse du nombre des médecins et des patients traités —, la « gestion du réseau » et une meilleure couverture des soins de base, notamment en région. Derrière la première réaction de la FMSQ, on voit déjà poindre la menace d’une réduction de services quand le gel se matérialisera. Espérons que ces privilégiés parmi les privilégiés ne pousseront pas l’odieux jusqu’à faire pâtir les patients.

Il est vrai cependant qu’imposer un tel gel est plus simple à dire qu’à faire. Il faut rappeler que c’est le syndicat de médecins qui, à la faveur d’une aberration historique, délie les cordons de la bourse : elle reçoit une enveloppe de rémunération globale qu’elle redistribue à ses membres en appliquant des règles byzantines.

Avant tout, il faut voir dans l’annonce de ce gel une nécessaire déclaration politique. Nous savons maintenant que c’est le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, qui se chargera de l’opération et que le gouvernement caquiste place la révision à la baisse de la rémunération des médecins spécialistes en haut de sa liste de priorités.

C’est tout à l’honneur de François Legault de vouloir rapidement passer de la parole aux actes au regard d’une situation qui ne se résume pas à un simple débordement budgétaire. Il s’agit plutôt d’un enjeu d’équité et de justice sociale. Et du respect que l’on doit aux contribuables.

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