Ottawa renforcera le suivi des implants médicaux

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Ottawa renforcera la surveillance et le suivi des implants médicaux utilisés par les Canadiens afin de s’assurer que ces appareils sont sécuritaires et ne représentent aucun risque pour leur santé ou même leur vie.

Plus d’inspecteurs sur le terrain, meilleur contrôle des appareils des fabricants étrangers et obligation des hôpitaux et cliniques privés à signaler les incidents liés aux implants : Santé Canada a dévoilé son Plan d’action relatif aux instruments médicaux jeudi matin.

Les fabricants devront également aviser Santé Canada, dans un délai de 72 heures, lorsque des organismes de réglementation étrangers publient un avertissement sur les risques graves liés à l’utilisation d’un implant.

Toutes ces mesures devront se mettre en place dans les six premiers mois de 2019.

Une annonce qui survient moins d’un mois après le dévoilement de l’enquête internationale « Implant Files », menée par 250 journalistes de 36 pays, qui a révélé les lacunes du contrôle des implants médicaux et leurs impacts.

Censés aider les patients à survivre ou à améliorer leur qualité de vie, des appareils médicaux – comme des pompes à insuline, des stimulateurs cardiaques ou encore des prothèses de hanche – ont mis en danger la vie de nombreuses personnes dans le monde.

Au Canada, 1400 personnes ont perdu la vie, et 14 000 autres ont été blessées au cours des 10 dernières années à cause de leur implant.

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Moins d’attente pour des traitements médicaux spécialisés au Québec

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Les patients québécois ont attendu près de cinq semaines de moins que l’année dernière pour recevoir des traitements médicaux spécialisés en 2018, selon le plus récent rapport de l’Institut Fraser, publié mardi.

L’étude Waiting Your Turn : Wait Times for Health Care in Canada s’est une nouvelle fois penchée sur le temps d’attente des patients canadiens dans 12 spécialités médicales, entre la rédaction de l’ordonnance par un médecin généraliste, la consultation avec un spécialiste et le début des traitements.

Le temps d’attente médian au Québec était de 15,8 semaines cette année, comparativement à 20,6 en 2017, une année qui avait d’ailleurs atteint un record. Même constat à l’échelle canadienne, où 19,8 semaines étaient nécessaires en 2018 pour avoir un traitement, contre 21,2 l’année précédente.

« C’est une agréable surprise de voir une diminution globalement dans le pays, même si les chiffres augmentent dans certaines provinces. Au Québec, ça fait au moins cinq ans qu’on n’a pas vu un si bas temps d’attente », explique Yanick Labrie, chercheur associé à l’Institut Fraser.

La province s’est même hissée en troisième place cette année, derrière la Saskatchewan (15,4 semaines) et l’Ontario (15,7 semaines).

Trop d’attente

« Réjouissons-nous au moins cette année, mais ce sont des délais toujours préoccupants. Quatre mois [au Québec], c’est bien trop long. Certains patients sont sur des listes d’attente et pendant ce temps leur état se détériore considérablement », s’inquiète le chercheur.

Et ce n’est qu’une moyenne. Il faut par exemple attendre 33,9 semaines — plus de 9 mois — pour une neurochirurgie et 23,8 semaines — près de 6 mois — pour une chirurgie orthopédique.

M. Labrie rappelle que le temps d’attente enregistré en 2018, à l’échelle des provinces et du pays, a plus que doublé comparativement à 1993, année où l’institut a commencé à compiler ces données. À l’époque, il fallait 9,3 semaines au Canada pour obtenir un traitement médical spécialisé et 7,3 semaines au Québec.

« Les problèmes d’accès aux soins de santé sont structurels et récurrents à travers tout le pays. Il y a encore beaucoup à faire rien que pour atteindre l’efficacité de certains pays européens dont on devrait davantage s’inspirer », conclut M. Labrie.

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Un contrôle des implants médicaux défaillants

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Pompe à insuline, stimulateur cardiaque (pacemaker) ou prothèse de hanche : des implants médicaux censés aider les patients à survivre ou améliorer leur qualité de vie ont entraîné la mort de plus de 1400 Canadiens et blessés plus de 14 000 autres au cours des dix dernières années.

Ces produits ont été approuvés par Santé Canada sans aucune preuve de leur efficacité ni de leur sécurité, révélait dimanche une enquête de Radio-Canada/CBC menée en collaboration avec le Consortium international des journalistes d’investigation (ICJI), à l’origine des Panama Papers et des LuxLeaks.

Plus de 250 journalistes de 36 pays ont mené l’enquête pendant plus d’un an pour révéler les lacunes du contrôle des implants médicaux et les dommages considérables qu’ils engendrent dans leurs pays. Au terme de cette analyse d’envergure baptisée « Implant files », les journalistes ont pu affirmer, chiffres et témoignages à l’appui, que le nombre d’incidents liés à ces dispositifs médicaux était partout en hausse.

Aux États-Unis, qui disposent d’un recueil de déclarations, ces incidents auraient été multipliés par cinq entre 2008 et 2018, selon l’ICJI. En dix ans, 82 000 personnes en seraient mortes et 1,7 million blessées.

Un phénomène qui s’explique par la facilité et la rapidité avec laquelle ils entrent sur le marché — au Canada et ailleurs — sans aucune réelle surveillance. Contrairement à un médicament, qui doit passer l’épreuve des longs essais cliniques avant d’être commercialisé, l’homologation des implants médicaux ne requiert pas nécessairement d’études sur des êtres humains avant d’entrer dans les salles d’opération.

D’après le chirurgien et chercheur torontois David Urbach, cité par Radio-Canada/CBC, les implants sont essayés sur de courtes périodes et essentiellement sur des animaux ou des cadavres. Les patients deviennent ainsi des cobayes à leur insu.

« Dans beaucoup de cas, les demandes d’homologation de nouveaux dispositifs médicaux sont fondées sur des générations antérieures de dispositifs médicaux similaires et déjà approuvés », confirme Santé Canada au média canadien.

Manque de transparence

Au fil des mois d’investigation, les journalistes de l’ICJI ont constaté que les chiffres obtenus étaient en fait loin de la réalité. À l’exception des États-Unis — qui ont leur propre recueil de déclarations —, les données sont très incomplètes dans la majorité des autres pays où le secret commercial est très souvent invoqué pour expliquer une telle situation. Difficile ainsi de connaître avec précision le nombre et la nature des incidents, de distinguer les modèles d’implants en cause ou encore de retrouver les patients qui pourraient être en danger.

Au Canada par exemple, il revient aux fabricants et aux importateurs de dispositifs médicaux de signaler toutes les plaintes reçues ou tout problème lié à leur usage. Un exercice qui laisse bien souvent à désirer.

Radio-Canada/CBC, qui a eu accès à la base de données de Santé Canada, rapporte que, dans la dernière année, au moins 15 % des rapports obligatoires ont été remis par de nombreuses compagnies « après les délais de 10 à 30 jours obligatoires prescrits par la loi ». « Dans au moins 21 cas, des décès potentiellement liés à des dispositifs médicaux ont été signalés à Santé Canada plus d’un an après qu’une compagnie eut été mise au courant de la situation », précise-t-on.

Interrogé à ce sujet par le diffuseur public, Santé Canada a admis que peu d’incidents sont rapportés et qu’une modification de loi serait nécessaire pour que les hôpitaux aient notamment l’obligation de signaler tout problème. Des règles qui pourraient entrer en vigueur dès 2019.

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