Pacte pour la transition: l’enjeu de la mobilisation

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Un peu moins d’une semaine après son lancement, le Pacte pour la transition, auquel sont associés le metteur en scène Dominic Champagne et quelque 400 personnalités du monde artistique, a recueilli plus de 180 000 signatures ; l’objectif, c’est qu’un million de Québécois le signent. S’il est vrai que le gouvernement Legault doit résolument engager l’État dans la lutte contre les changements climatiques et la protection de l’environnement, la mobilisation de la société civile, et des citoyens en général, sur cet enjeu n’est pas accessoire : au contraire, elle est au coeur du nécessaire changement de société auquel il nous faut procéder.

D’aucuns ont critiqué ces « donneurs de leçon » aux visées élitistes, ces « nantis » qui cultivent leur bonne conscience « utopiste » mais qui taisent leurs contradictions. Ce serait oublier, d’une part, que ces premiers signataires ne roulent pas tous sur l’or, loin de là, et que, d’autre part, la lutte contre les changements climatiques est aussi l’affaire des privilégiés, pas seulement des moins nantis, davantage même parce que leur empreinte écologique est la plus lourde. Quant aux contradictions, elles sont le fait de l’ensemble de la société. Que cette initiative vienne d’artistes, où est le mal ? Quand ce Pacte pour la transition recueillera plusieurs centaines de milliers de signatures, voire un million, il deviendra un mouvement populaire.

Ce pacte a ceci d’original qu’il combine un engagement individuel à des demandes adressées aux gouvernements. Ainsi, autant il importe que l’État agisse afin de respecter ses engagements climatiques, autant l’individu doit assumer sa part. La lutte contre les changements climatiques n’est pas seulement l’affaire des gouvernements ; le citoyen a un rôle essentiel à jouer et doit déployer des efforts.

Ce pacte « n’est pas un engagement à être parfait mais un engagement solennel à réduire notre empreinte écologique », peut-on lire dans le document. Rien de draconien ou de sectaire ici : simplement, le signataire s’engage, « à la mesure de [sa] réalité et de [ses] capacités », à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) pour les deux prochaines années en faisant des gestes concrets : diminuer la consommation de pétrole en utilisant moins la voiture, consommer moins de viande d’élevage et plus d’aliments biologiques et produits localement, améliorer la performance énergétique de son domicile, réduire sa production de déchets et le recours au plastique.

Parce qu’ils font eux-mêmes des gestes, les signataires acquièrent une forme de crédibilité quand ils s’adressent aux trois ordres de gouvernement. Ce qu’ils leur demandent n’a d’ailleurs rien de farfelu et tombe sous le sens, soit, notamment, évaluer les impacts climatiques des décisions gouvernementales, concevoir un plan pour respecter l’Accord de Paris, lancer un grand chantier d’efficacité énergétique et d’électrification au Québec, adopter une politique sur la protection de la biodiversité et respecter les engagements en matière d’aires protégées.

Au Québec, on se targue d’être un modèle en matière de lutte contre les changements climatiques. Ce n’est pas le cas. Nous pouvons compter sur l’hydroélectricité pour dorer notre image, mais pour le reste, le Québec affiche un médiocre bilan.

Si le Pacte pour la transition connaît du succès, il exercera une salutaire pression politique sur les élus. Sans signer le document — l’initiative est celle de citoyens et doit le rester —, le gouvernement Legault doit appuyer cette mobilisation qui va dans le sens d’objectifs nationaux et prendre au sérieux un mouvement populaire qui, bien qu’embryonnaire, trace la voie pour la suite des choses.

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