Un nouveau pont sera nécessaire pour le tramway de Québec

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L’aménagement d’un tramway à Québec va nécessiter la construction d’un nouveau pont au-dessus de la rivière Saint-Charles à l’entrée du quartier Limoilou, révèle une analyse remise au ministère du Développement durable par la Ville de Québec.

« Des impacts peuvent aussi être anticipés sur la rivière Saint-Charles, car un nouveau pont devra être construit pour permettre le passage du tramway à la hauteur du pont Drouin actuel », peut-on lire dans l’avis de projet transmis par la Ville de Québec au ministère du Développement durable.

À l’heure actuelle, le pont Drouin accueille les voitures et les autobus qui circulent entre les quartiers Saint-Roch et Limoilou. Or ce pont n’aurait pas la capacité de supporter un tramway, d’où la nécessité de le remplacer par une nouvelle structure.

L’avis de projet transmis au ministère résume tous les impacts appréhendés du projet sur l’environnement. On y mentionne aussi que la Ville devra « détruire des milieux humides » dans le secteur Le Gendre, à l’extrémité ouest du parcours.

Le document d’une quinzaine de pages avance que l’impact environnemental serait limité parce que la plus grande partie du parcours doit être aménagée dans des rues déjà existantes.

140 000 tonnes de GES

Évalué à 3 milliards de dollars, le réseau structurant prévoit la construction d’une ligne de tramway de 23 kilomètres reliant le nord-est au sud-ouest de la ville, du boulevard Louis-XIV à Charlesbourg à l’avenue Legendre en passant par le centre-ville et le boulevard Laurier. La Ville souhaite démarrer les travaux en 2022 et offrir le service à partir de 2026.

Selon ses estimations, le recours à ce tramway électrique permettrait de retirer 34 571 voitures du réseau routier le matin et de faire baisser les émissions de gaz à effet de serre de 140 000 tonnes par année.

Sur le plan archéologique, on prévoit déjà que le projet affectera « des bâtiments d’intérêt patrimonial de même que des vestiges archéologiques » puisque le tracé passe par les sites patrimoniaux de Charlesbourg et celui du Vieux-Québec. Une étude à ce sujet doit être réalisée cette année. Une autre étude est par ailleurs déjà en cours sur les arbres d’une valeur « exceptionnelle » susceptibles d’être affectés par le projet.

Dans le document, la Ville réitère sa demande pour ne pas être soumise à un processus complet d’évaluation environnementale et propose notamment de mener des consultations « ciblées » avec certains groupes de citoyens.

Or le gouvernement a déjà fait savoir que le projet ferait l’objet d’une évaluation environnementale malgré tout. Cette dernière serait toutefois limitée à une durée de 13 mois, comme ce fut le cas pour le Réseau express métropolitain (REM) à Montréal.

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Une nécessaire politique de prévention des mauvais traitements envers les 0-5 ans

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Selon un sondage Léger, 75 % de la population souhaite que les tout-petits soient une priorité pour nos décideurs publics. L’accès à des services de garde de qualité, à des logements sociaux, à des milieux de vie sécuritaire, aux transports collectifs et la réussite éducative sont les enjeux les plus souvent pointés du doigt. Fort bien, mais une ombre immense au tableau demeure, ombre que personne ne nomme : les mauvais traitements envers nos tout-petits.

Entre 2008 et 2015, le taux de signalements concernant des enfants de cinq ans ou moins est passé de 37,2/1000 à 52,2/1000, une augmentation de 40 %. Dans certaines régions, cette hausse frôle les 50 % et le taux dépasse de trois fois la moyenne nationale. Les dernières années ne font pas exception à la règle : 5 % de plus entre 2015 et 2017. Et si on remonte plus loin, nous devons nous rendre à l’évidence : la situation, loin de s’améliorer, ne fait que s’empirer, et ce, depuis fort longtemps.

Ces chiffres devraient nous faire frémir, mais l’idée que cette augmentation des signalements serait tout simplement due à une plus grande sensibilité et à une plus grande vigilance de la population vient vite nous rassurer. Trop vite. Selon cette hypothèse, il n’y aurait pas plus d’abus ou de négligence grave envers les enfants qu’avant ; la population, plus alerte, signalerait davantage, voilà tout. Cependant, les données dont nous disposons ne soutiennent pas vraiment cette explication. D’une part, la plus grande partie des signalements n’est pas le fait de la population, mais plutôt d’organismes ou de services publics comme la police, les organisations communautaires, les établissements scolaires ou les services de première ligne, que l’on ne peut soupçonner d’avoir manqué de vigilance antérieurement. D’autre part, si cette augmentation dépendait d’une plus grande sensibilité du public, on observerait des bouffées de signalements à l’occasion de campagnes consacrées à cet enjeu, et non pas cet accroissement régulier et constant.

Accepter l’intolérable ?

Mais, à supposer que l’on admette pour un instant qu’une vigilance accrue de la population explique cette hausse, ceci ne devrait pas nous mener à conclure que cela est normal ou acceptable pour autant. Sinon, selon cette philosophie, nous aurions à considérer comme triviale, banale ou normale une augmentation, par exemple, des cancers du sein puisque cela serait simplement dû à l’amélioration de nos stratégies de détection. Cette conclusion ne nous viendrait pas à l’esprit, et encore moins l’idée que l’on ne peut rien y faire. C’est pourtant ce qui arrive en ce qui a trait aux mauvais traitements envers les tout-petits, même si nous savons que la violence physique, psychologique ou sexuelle, la négligence grave, l’abandon laissent des traces profondes et pour longtemps chez beaucoup des enfants qui en sont victimes. Des vies entières sont hypothéquées. Certains en meurent. Nous nous en affligeons à chaque rapport annuel des directeurs de la protection de la jeunesse et nous passons à autre chose. Comme au vendredi fou par exemple.

Nous acceptons l’intolérable, y compris l’inaction de nos gouvernements devant ces statistiques. La dernière occasion ratée par un gouvernement du Québec pour susciter une mobilisation générale de la population et adopter une stratégie nationale de prévention de la maltraitance envers les enfants remonte à 2016. Cette année-là, le gouvernement adoptait la Politique québécoise de prévention en santé. On peut y trouver un très bref état de situation concernant les mauvais traitements envers les enfants en 2014-2015, mais aucun objectif de réduction, et conséquemment aucune stratégie précise qui nous y amènerait.

L’occasion est belle pour un nouveau gouvernement « des familles » et pour son ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, de faire montre d’un leadership affirmé et de nous engager, tout autant que nous sommes, dans une action concertée pour réduire le taux de mauvais traitements envers les enfants.

Nous connaissons parfaitement les éléments auxquels il faut nous mesurer pour y arriver. La science est très claire à ce sujet : absence de modèles compétents et d’information dans la vie des parents les plus vulnérables, problèmes de santé mentale de tout ordre, fossé culturel, présence d’un enfant qui présente des difficultés particulières, manque de ressources matérielles nécessaires à une vie décente, isolement social. C’est connu, comme le sont les stratégies à mettre en place pour contrer ce problème : lutte constante et soutenue contre la pauvreté et les conditions de vie qui lui sont associées, programmes costauds de soutien à l’exercice du rôle parental dès avant la naissance jusqu’à beaucoup plus tard dans la vie des parents les plus vulnérables, campagnes médiatiques intensives, engagement des élus locaux et de leurs commettants, les solutions ne manquent pas. Encore faut-il se donner un objectif national clairement énoncé par un gouvernement qui y met toutes les ressources nécessaires dans le cadre d’une politique de prévention articulée.

Nous l’avons fait avec succès pour le tabagisme, pour le suicide, pour les accidents mortels de la route, pour le sida. Pourquoi pas pour la maltraitance envers nos tout-petits ?

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Une nécessaire mise au point sur la francophonie canadienne

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Saviez-vous qu’il y a quatre millions d’anglophones au Québec ? C’est pourtant en suivant la même méthode qui permet de conclure qu’il y a 2,7 millions de francophones canadiens vivant à l’extérieur du Québec qu’on arrive à ce nombre… surprenant. Depuis ce qu’il convient d’appeler « l’affaire Denise Bombardier », on répète à satiété qu’il y aurait 2,7 millions de « francophones » vivant au Canada à l’extérieur du Québec. Ce nombre provient du recensement de 2016 et correspond aux 2 741 720 personnes affirmant avoir la capacité de soutenir une conversation en français, peu importe s’il s’agit pour eux d’une langue maternelle (1 074 985 personnes) ou d’une langue seconde.

C’est la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA), le principal organisme porte-parole des francophones outre-Outaouais, qui a fait le choix de ne plus compter le nombre de francophones en fonction de la langue maternelle il y a de cela quelques années. C’est elle qui affirme ainsi qu’il y aurait 2,7 millions de francophones au Canada hors Québec, et c’est ce chiffre qu’a repris Dany Turcotte à l’émission Tout le monde en parle dimanche dernier. Ce choix se défend. Il est vrai que la notion de langue maternelle exclut du nombre de « francophones » certaines personnes qui participent pleinement à la vie française au Canada. De la même manière qu’il ne serait pas abusif de dire de Judy Richards ou de Jim Corcoran qu’ils sont « francophones » même s’ils ne sont pas de langue maternelle française, on retrouve au Canada anglais des personnes qui vivent en français, à la maison ou au travail, mais pour qui le français n’est pas la langue maternelle. Ces gens étaient effectivement exclus de la définition de « francophones » si l’on ne retient que le critère de la langue maternelle et on pouvait se retrouver avec une image faussée de la réalité de la vie française au Canada.

Une définition élastique

Sauf que… soyons sérieux. Ce chiffre pose d’innombrables problèmes, dont le plus évident : les « francophones » ainsi définis ne se diraient jamais eux-mêmes « francophones ». En apprenant l’anglais, êtes-vous soudainement devenu un « anglophone » ? S’il est de l’intérêt de la FCFA, dont le financement provient presque exclusivement de Patrimoine canadien, d’adopter une définition aussi élastique de la réalité française à l’extérieur du Québec, tout analyste lucide voit immédiatement les problèmes que pose pareille définition. S’il y a 2,7 millions de francophones dans le ROC, comment expliquer qu’il n’y a que 165 000 élèves qui étudient en français dans l’ensemble des écoles primaires et secondaires françaises du pays ? S’il y a 2,7 millions de « francophones » dans le ROC, l’assimilation est beaucoup plus importante qu’on ne le croyait puisqu’on ne retrouve alors « que » 678 130 personnes dans les trois catégories suivantes ayant trait à l’usage du français à la maison (ne parlent que le français à la maison, le parlent le plus souvent ou le parle à égalité) ? Et puis, si « parler français » fait de vous un « francophone », parler anglais fait logiquement de vous « un anglophone ». Comme pas moins de 2 629 665 de ces « francophones » hors Québec parlent aussi l’anglais, ne peuvent-ils pas être logiquement considérés comme des « anglophones » par les provinces canadiennes, qui pourraient ainsi chercher à économiser en n’offrant plus de services en français ?

La question du nombre de francophones à l’extérieur du Québec est une question malheureusement politisée qui refait surface à peu près tous les dix ans et qui donne droit, chaque fois, à des caricatures de part et d’autre. D’un côté les souverainistes québécois obtus, qui n’ont probablement jamais mis les pieds de l’autre côté de la rivière Outaouais mais qui se réjouissent perfidement de voir disparaître le fait français à l’extérieur du Québec, comme si cela faisait avancer leur cause d’un iota. De l’autre, des porte-parole de la francophonie canadienne ou des politiciens fédéralistes qui se déchirent la chemise d’indignation devant pareils propos et qui versent dans la caricature inverse en jurant qu’on vit en français de la même manière à Medecine Hat qu’à Val-d’Or.

Visions délirantes

La réalité de la francophonie canadienne et acadienne à l’extérieur du Québec ne correspond à aucune de ces deux visions délirantes. Pour ceux qui préfèrent regarder le verre à moitié plein, sachez que depuis l’adoption de la Charte canadienne des droits et libertés, les francophones comptent sur un réseau institutionnel scolaire solide et dynamique. Ils ont des écoles françaises d’un bout à l’autre du pays appuyées par un milieu associatif diversifié et proactif dans à peu près tous les domaines de la vie communautaire. Il existe une vie culturelle acadienne et canadienne-française admirable, avec de nombreuses maisons d’éditions, compagnies de théâtre, réseaux de salle de spectacle, des festivals et des artistes qui font rayonner la culture par-delà les frontières. Mais le verre est aussi à moitié vide : s’il existe bel et bien des écoles françaises partout à travers le pays, les enfants s’y parlent très souvent en anglais dans la cour d’école. Moins de la moitié des « ayants droit » fréquentent les écoles françaises du pays, et un grand nombre quitte l’école française après le primaire. En Ontario, une part anémique des programmes universitaires sont offerts aux francophones de la province et la situation est bien pire dans l’Ouest canadien. Enfin, le poids proportionnel des francophones par rapport à l’ensemble de la population, peu importe la définition que l’on retient, est en constant déclin partout à travers le Canada, de trop nombreux francophones, surtout dans les familles linguistiquement exogames, choisissant de ne pas transmettre la langue française à leurs enfants.

On ne réglera pas les très sérieux problèmes des francophonies acadienne et canadiennes en magouillant les chiffres, comme on ne justifiera pas l’indépendance du Québec en prononçant par avance l’oraison funèbre des francophones dans le reste du Canada. De grâce, cessons de faire des francophones du Canada les faire-valoir d’une cause, et essayons plutôt de travailler ensemble pour surmonter les nombreux défis qui se présentent à ceux qui essaient depuis 400 ans, de part et d’autre de frontières arbitraires qui s’imposent à eux, de vivre tant bien que mal en français sur ce continent anglophone.

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La nécessaire inclusion dès la petite enfance

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Il y a déjà quelques mois, une multinationale bien connue décidait de mettre fin à son programme de plateaux de travail pour des travailleurs présentant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme. La population s’est alors indignée, et ce, à juste titre. Comment éviter d’en arriver à de telles décisions ? Une réflexion sur l’activité socioprofessionnelle et l’urgence d’offrir des débouchés à ces travailleurs est importante. Cette réflexion ne doit cependant pas s’y limiter. Participer activement à sa collectivité, dans des milieux inclusifs, est un défi à chaque période de la vie.

Pour les jeunes enfants, il s’agit de l’accès et de la participation à des milieux de garde inclusifs. Cela signifie l’accès au milieu de garde de son quartier, avec ses amis du coin. Des efforts en ce sens ont été réalisés au cours des dernières décennies. Des programmes gouvernementaux québécois existent pour faciliter l’accueil et la participation des enfants ayant des limitations significatives et persistantes. Des résultats de recherche au niveau international soulignent d’ailleurs les bénéfices de cette fréquentation.

Un milieu de garde inclusif profite à TOUS les enfants, qu’ils aient ou non des incapacités. De même, la qualité des milieux de garde inclusifs est aussi bonne sinon meilleure que dans les milieux qui n’accueillent pas les enfants ayant des incapacités.

Cependant, pour un certain nombre, cette participation est encore trop souvent marquée par des difficultés. Tout d’abord l’accès, puisque la décision d’inclure ou non un enfant ayant des incapacités est laissée au milieu de garde. De nombreux milieux ont fait le pari réussi d’accueillir tous les enfants, quelles que soient leurs caractéristiques, tandis que d’autres hésitent encore. Le manque de formation et de ressources est fréquemment invoqué comme un obstacle majeur. De même, le succès des pratiques inclusives en milieux de garde nécessite une collaboration efficace et la capacité de faire équipe pour des interventions spécialisées compatibles avec le milieu de garde.

Portrait nécessaire

Bien entendu, des solutions originales existent, mais d’autres restent à développer. Peu de données sont actuellement disponibles sur les mesures déjà mises en place. Il est donc urgent de disposer d’un portrait des pratiques éducatives inclusives réelles et actuelles en milieux de garde afin de déterminer des cibles prioritaires d’amélioration.

Rappelons que le projet de favoriser l’accès au milieu de garde pour tous les enfants, y compris ceux ayant des besoins de soutien plus importants, est un objectif collectif qui interpelle les décideurs politiques, mais aussi chacun de nous dans notre ouverture à la différence. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles l’expérience qui est offerte aux très jeunes enfants de côtoyer des amis tous différents et semblables est de toute première importance.

Il s’agit également d’offrir à tous les enfants du groupe ou du milieu de garde une expérience concrète et quotidienne d’interactions qui se construit au fil des saisons et des années. Ces jeunes enfants qui auront partagé des jeux, des repas, des disputes et des activités avec leurs amis présentant des incapacités seront leurs compagnons scolaires, leurs voisins, leurs collègues ou leurs employeurs de demain. Ce travail de tous les jours par le personnel éducateur et la direction, en complicité avec les parents et les autres partenaires, doit être mis en valeur.

C’est quotidiennement, à travers les routines et les jeux spontanés ou organisés, que ces personnes contribuent à l’atteinte des objectifs de développement durable de l’UNESCO pour que tous les enfants aient accès à des activités de développement de qualité. En somme, des efforts doivent être déployés pour s’engager à offrir des expériences de participation sociale de qualité aux jeunes enfants présentant des incapacités.

Dans cette perspective, aujourd’hui 22 octobre prochain aura lieu le 1er Symposium provincial portant sur l’inclusion en milieux de garde. Cet événement regroupera des directions de milieux de garde, du personnel éducateur, des intervenants des milieux scolaires, de la santé et des services sociaux, des parents, des représentants des ministères et autres organismes concernés par une inclusion de qualité. D’importantes questions seront abordées : quelles adaptations des pratiques éducatives ? Quelles conditions à mettre en place afin de favoriser la collaboration entre les intervenants ? Comment dépister les enfants présentant des besoins de soutien plus importants ? Quel est le rôle de la formation initiale et continue ? À suivre !

* Cosignataires et membres de l’équipe de recherche Partenariat pour des milieux de garde inclusifs : Claude Dugas, Annie Paquet, Stéphanie Girard, Myriam Rousseau, Michel Rousseau, Suzie McKinnon et Annie-Claude Dubé.

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Prêtres pédophiles: une enquête est nécessaire

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Par quel miracle le Québec échapperait-il à la damnation des prêtres abuseurs ayant fait des milliers de victimes mineures ? Ce constat est improbable, et si l’on vogue dans une apparente quiétude d’esprit ici-bas, c’est uniquement parce que nous n’avons pas encore crevé l’abcès. Le temps est venu d’émerger de cette paix de façade en tenant une commission d’enquête.

Dans Le Devoir de mardi, l’archevêque de Montréal, Christian Lépine, affirme que « si le processus judiciaire juge que c’est ce qu’il faut faire », il collaborera et ouvrira ses livres. Là où dans le monde la double tragédie des sévices sexuels commis par des prêtres et camouflés par les autorités religieuses a été dévoilée, les archives du clergé ont souvent démontré que des systèmes de codification ou d’annotation avaient été mis en place pour protéger les prêtres fautifs. Ici aussi, cette matière doit être scrutée à la loupe.

Puisque l’Église ne veut pas d’elle-même fouiller ses placards, il faudra ordonner la tenue d’une enquête qui permettra de mener au Québec, comme ailleurs ce fut fait, un examen complet. Jusqu’à maintenant, selon une recension effectuée par notre journaliste, quelque 600 victimes et 134 abuseurs au Québec ont été identifiés par le truchement des actions collectives. « La pointe de l’iceberg », disent les experts qui s’intéressent au dossier. Plus rien ne justifie que le Québec demeure de manière volontaire dans cet aveuglement.

D’autres nations ont choisi de mener des enquêtes, et chaque fois, cela a permis de retrouver des victimes et de pointer des religieux coupables. Chaque fois, le silence approbateur de l’Église catholique fut mis en cause.

L’Irlande fut parmi les premières à lancer une commission d’enquête en 1999 portant sur les abus sexuels perpétrés sur des mineurs. Dix ans de travaux ont permis de mettre au jour un système de châtiments aussi divers que cruels visant des enfants, le tout endormi sous une coriace culture du secret et la couverture systématique des abus par les évêques en place.

En Australie, le rapport de la commission royale d’enquête publié en 2017 n’est rien de moins qu’une brique accablante. « C’est une tragédie nationale, perpétrée pendant des générations dans nombre d’institutions de confiance », écrivent les auteurs après quatre ans de travaux. Au moins 15 000 victimes sont sorties de leur mutisme et 4000 institutions sont ébranlées. L’exercice a permis de conclure que 7 % des prêtres avaient commis des abus sexuels sur des enfants.

Plus récemment, une enquête de deux ans menée par le procureur de la Pennsylvanie a identifié 300 prêtres abuseurs et 1000 victimes, pour des abus commis de 1940 à 2010. L’affaire a fait grand bruit, et là comme ailleurs a permis aussi de comprendre comment la hiérarchie catholique avait tout fait pour étouffer ce système.

Ici aussi, la diligence d’une commission d’enquête serait capitale. Il faudrait l’accompagner de l’abolition du délai de prescription, cette période à l’intérieur de laquelle une victime peut porter plainte contre son présumé agresseur. Au Québec, elle est de trente ans depuis 2013, mais cet allongement du délai n’est pas rétroactif, et échappe donc aux victimes potentielles ici visées.

Ailleurs au Canada — hormis à l’Île-du-Prince-Édouard et au Québec —, ce boulet prescriptif n’alourdit pas la démarche des victimes qui décident de sortir du silence. Malgré une ouverture manifeste de l’Église catholique à reconnaître des errements inacceptables, certaines communautés continuent de brandir ce délai de prescription pour échapper à la justice, ce qui bien sûr annule toute forme de contrition. La CAQ se dit prête à abolir ce délai, ce qui annonce peut-être enfin un mouvement politique. Car le silence et l’inaction, à leur manière, ont des allures de scandale.

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