Les propositions des scientifiques du Pacte pour la transition

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La Conférence annuelle sur les changements climatiques tenue cette année en Pologne s’est déroulée sous tension : GIEC, gilets jaunes, Brexit, élection de Bolsonaro au Brésil, Trump. Quoi faire maintenant ?

Cet automne, nous nous sommes associés au Pacte pour la transition lancé par Dominic Champagne. Nous avons consulté d’autres chercheurs et experts provenant du milieu universitaire afin d’établir une feuille de route susceptible d’inspirer les orientations du gouvernement québécois pour effectuer une transition cohérente, juste et efficace.

Cet énoncé scientifique, qui nous rallie tous, s’appuie sur le même constat que le premier ministre : l’atout que constitue notre énergie renouvelable. En exploitant les avantages du Québec, dus à son électricité à faibles émissions de GES, la transition énergétique doit servir à stimuler un virage vers une activité économique plus sobre en carbone, à améliorer la santé publique et être porteuse de justice sociale.

Établir une gouvernance efficace

Pour assurer le respect des cibles d’émission des gaz à effet de serre (GES), nous recommandons que le cabinet du premier ministre devienne le grand maître d’oeuvre des actions concertées de l’ensemble des politiques, notamment par l’instauration d’un budget carbone qui permettra la cohérence de nos actions.

Les politiques climatiques doivent évidemment être l’occasion d’une transition juste en veillant à ne pas creuser les écarts sociaux et en tenant compte des conditions différentes des citoyens et citoyennes de partout au Québec. Il n’est ni nécessaire ni souhaitable de demander les mêmes efforts aux citadins et aux ruraux, aux personnes aisées et défavorisées, ni de polariser la population dans des débats stériles quand les solutions porteuses existent.

Lancer un grand chantier de la mobilité

Pour répondre aux défis et aux besoins de déplacement des personnes et des marchandises, il serait avisé d’allier savoir-faire et sens de l’innovation et de concevoir tout projet en prenant soin d’améliorer les conditions de transport tout en réduisant les impacts négatifs des transports (émission de GES et de polluants nocifs pour la santé et l’agriculture, étalement urbain, accidents de la route).

Accélérer l’industrialisation verte

La transition s’appuie sur l’électrification et la décarbonisation des procédés industriels. Elle favorise également « l’économie circulaire », fondée sur la production de biens à partir de stratégies régionales et qui évite notamment le gaspillage des matières premières et une utilisation ingénieuse et judicieuse des ressources, moteur de création d’emplois. La transition mise sur la force des entreprises québécoises et favorise autant l’industrie lourde que l’économie sociale.

Un demi-siècle après la nationalisation de l’électricité, nous en appelons à une nouvelle Révolution tranquille au Québec. Les changements de comportement — par exemple l’abandon graduel des véhicules gros consommateurs de carburants — mèneront à d’indubitables bénéfices : une économie moderne et saine, un air plus pur et des enfants plus en santé. Transition énergétique n’est pas synonyme de déchirements et de désolations : bien menée, elle accroîtra le bien-être collectif. Il faut s’y engager. Et au plus vite.

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Il n’y a rien à craindre dans ce Pacte sur les migrations

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Dans son texte publié le 11 décembre dans Le Devoir, André Sirois défend l’idée que le Canada ne devait pas signer le Pacte de l’ONU pour les migrants. Si les critiques que soulève Monsieur Sirois touchent juste, elles ne remettent cependant pas en question la valeur pratique, politique et morale du Pacte mondial pour les migrants.

L’auteur soulève d’abord un constat sur la réalité des migrations : elles iraient croissantes ; et surtout, elles proviendraient de l’Afrique subsaharienne, où l’explosion démographique risque d’entraîner une ruée vers les sociétés riches occidentales. Mais c’est justement ce constat qui conduit l’ONU, tout d’abord, à promouvoir une coopération globale en vue de faire face à ce qui visiblement risque d’être notre avenir, la migration mondiale (objectif 11, 12 et 21) : Il ne s’agit pas d’encourager la migration, mais d’assurer dans un premier temps une migration sécurisée et contrôlée. Loin de se limiter à une régulation globale de la migration mondiale, le pacte va plus loin : il propose des mesures « pour lutter contre les facteurs négatifs et les problèmes structurels qui poussent les personnes à quitter leurs pays d’origine. » (objectif 2). Ce qui impliquera nécessairement de faire face au problème démographique. Plus encore, le pacte propose un cadre légal de coopération entre les États en vue « de faciliter le retour et la réadmission des migrants en toute sécurité et dignité, ainsi que leur réintégration durable » (objectif 21) : on le voit : il ne s’agit nullement d’encourager un établissement permanent et inconditionnel dans les pays d’accueil. Donc, pas de panique !

Ruée africaine?

En ce qui concerne la ruée de la jeunesse africaine vers l’Occident, le démographe et sociologue du Collège de France, François Héran, a démontré, dans « Comment se fabrique un oracle. La prophétie de la ruée africaine vers l’Europe », que non seulement la majorité du phénomène migratoire est intra-africaine, mais que cette théorie sur l’envahissement africaine ne reposait que sur des peurs et des considérations politiques. À ce niveau également, il faudrait relativiser nos analyses sur l’impact de la « bombe » démographique, et poser plutôt la question de savoir comment dans la situation actuelle d’une migration croissante, protéger la vie et la dignité des migrants. C’est l’urgence d’une telle interrogation qui anime l’objectif général du Pacte de l’ONU. D’où d’ailleurs son mérite moral et pratique.

Enfin, je m’étonne de voir André Sirois comparer le mécanisme décisionnel de l’ONU comme une machine à saucisses. Je ne connais pas un seul traité, un seul Pacte des Nations unies, qui ne soit pas le fruit d’intenses délibérations et le résultat d’une haute collaboration entre les experts. Si les décisions des organisations internationales ne sont pas contraignantes, ce n’est pas tant leur fonctionnement qu’il faut mettre en cause que les logiques de puissance et de conquête hégémonique entre les grandes puissances qui paralysent la gouvernance globale de notre monde. Et c’est précisément l’intérêt politique du Pacte de convier les États à atténuer leurs tensions par un sens retrouvé d’une coopération internationale capable de garantir la sécurité et la vie des migrants.

Quant à la mauvaise perception de l’immigration dans nos sociétés, ce serait une erreur politique que d’y répondre par des discours sur l’ouverture ou la tolérance. Mais si nous ne voulons pas d’immigration, surtout issue des zones non occidentales du monde, il faudrait peut-être s’intéresser à l’impact de notre politique étrangère sur la vie des populations dans ces différentes régions du monde d’où proviennent les migrants.

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Le Bloc aussi a des doutes sur le pacte des Nations unies sur les migrations

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Après Maxime Bernier et le Parti conservateur, c’est au tour du Bloc québécois d’exprimer des réserves quant au Pacte pour des migrations sûres, ordonnées et sécuritaires des Nations unies. Selon le Bloc, le document aurait dû faire l’objet d’un débat avant que le Canada y souscrive. Surtout, il craint que le texte international ne soit utilisé par les tribunaux canadiens pour infléchir peu à peu le droit.

Le Pacte a été officiellement signé à Marrakech lundi matin lors d’une rencontre à laquelle ont assisté 159 pays — dont le Canada —, réputés favorables au projet. Le document n’a pas été soumis à un vote, mais pourrait l’être la semaine prochaine à New York. Le Bloc estime que le Canada aurait dû s’abstenir.

« Il y a des principes très louables dans ce pacte-là, notamment d’intervenir sur les déterminants de ces grands flux migratoires, que ce soit la vente d’armes, les changements climatiques, les dictatures, toute la question des droits humains, explique le député bloquiste Luc Thériault. Sauf que, ceci étant dit, il y a quand même des pays qui considèrent qu’il y a un flou et que ça pourrait porter atteinte à leur souveraineté. Je pense qu’il y aurait eu lieu de faire un débat et de clarifier tout cela. » M. Thériault a tenté lundi de faire adopter une motion à la Chambre des communes déplorant cette absence de débat, mais il n’a pas obtenu le consentement unanime nécessaire.

Le Pacte se veut une invitation aux pays de la planète à adopter les meilleures pratiques en matière de gestion des migrations humaines. Il établit 23 principes, certains très généraux — « lutter contre les facteurs négatifs et les problèmes structurels qui poussent des personnes à quitter leur pays d’origine » — et d’autres plus prescriptifs — « assurer l’accès des migrants aux services de base » ou « ne recourir au placement en rétention […] qu’en dernier ressort ».

Lors de sa conception en 2016, le Pacte avait été appuyé par tous les pays de la planète, sauf les États-Unis. Mais depuis quelques semaines, plusieurs États s’en sont retirés. L’Australie, par exemple, s’inquiète du passage sur l’incarcération, alors qu’elle emprisonne des migrants, enfants inclus, sur des îles isolées. Le Brésil a aussi annoncé son retrait lundi. L’Italie et la Suisse ont choisi de retarder leur adhésion au Pacte afin de laisser le temps à leurs Parlements respectifs d’en débattre, justement.

Au Canada, le chef du nouveau Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, a le premier multiplié les sorties pour dénoncer ce qu’il considère être un « dangereux traité ». Le chef conservateur, Andrew Scheer, a emboîté le pas, déplorant que le Pacte « accorde à des entités étrangères une influence sur le système d’immigration du Canada ».

Le Pacte mentionne pourtant clairement qu’il est « juridiquement non contraignant » et qu’il permet à chaque pays de développer ses propres politiques migratoires. Mais M. Scheer estime que ces garanties n’empêcheront pas les tribunaux de s’inspirer du document onusien pour éclairer leurs décisions et peu à peu faire changer le droit canadien. Le Bloc abonde.

« Il faudrait clarifier si, effectivement, la Cour suprême ne pourrait pas revenir et imposer sa volonté. Il y a donc des choses à clarifier », a indiqué M. Thériault.

À Marrakech, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a dénoncé « les nombreux mensonges » ayant été véhiculés à propos du Pacte. « Nous ne devons pas succomber à la peur », a-t-il lancé.

Avec l’Agence France-Presse

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Le Canada ne doit pas appuyer le pacte sur les migrations

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Selon les médias, le premier ministre Justin Trudeau, reprenant la formule de Michel Rocard, ancien premier ministre français, aurait déjà déclaré que le Canada ne peut pas accueillir toute la misère du monde. Il faut espérer qu’il se remémorera cette réflexion avant d’amener le Canada à appuyer cette semaine le pacte mondial sur les migrations, qui risque de devenir ensuite une résolution de l’ONU le 19 décembre prochain. Avant d’appuyer ce pacte, il conviendrait d’avoir un débat pour savoir d’où il vient, ce qu’il vise vraiment et quelles seront ses conséquences. On est loin de cela.

Qui sont ces migrants et combien sont-ils ? Un premier chiffre, récent : selon le Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU, dans son récent rapport intitulé Global Trends Forced Displacement in 2017, au 15 mai 2018, il y avait plus de 68,5 millions de « migrants forcés » de par le monde. Ce chiffre ne comprend pas les migrants volontaires, immigrants, réguliers ou illégaux, travailleurs étrangers, etc. Un autre chiffre : l’Organisation internationale du travail nous apprenait la semaine dernière que 164 millions de travailleurs dans le monde sont des migrants (ce qui prive les pays d’origine d’autant de main-d’oeuvre). C’est beaucoup. Et ce nombre ne fait que croître (il était de 65 millions en 2015).

Autre exemple : selon l’historien Bernard Lugan, spécialiste de l’Afrique, « d’ici à 2030, l’Afrique va voir sa population passer de 1,2 milliard à 1,7 milliard, avec plus de 50 millions de naissances par an. En 2100, avec plus de 3 milliards d’habitants, le continent africain abritera un tiers de la population mondiale, dont les trois quarts au sud du Sahara. Pour des centaines de millions de jeunes Africains, la seule issue pour tenter de survivre sera alors l’émigration vers l’Europe ». Et on pourrait ajouter vers le Canada. C’est ça, les migrations dont on parle : des dizaines, puis très rapidement des centaines de millions de personnes. Sans compter leur multiplication exponentielle par un taux de natalité plusieurs fois plus élevé que celui de la population d’accueil.

Imposer des devoirs

Qui va s’engager à les accueillir aux conditions du pacte ? Déjà plus du tiers des membres de l’ONU, dont les États-Unis, ont refusé de valider le pacte. C’est beaucoup cela aussi. Surtout si l’on considère qu’il est fréquent que les États membres de l’ONU appuient, voire signent, des accords ou des déclarations tonitruantes qu’ils ignorent complètement par la suite. On ne sait pas assez qu’une grande partie des membres de l’ONU ne sont pas des démocraties, que beaucoup sont des dictatures féroces, et que ces pays se soucient très peu de l’application des principes humanitaires défendus officiellement par l’ONU. La réalité est que, à la suite d’expériences malheureuses, les migrants sont de plus en plus mal vus par les populations d’accueil. Une bonne partie des États membres de l’ONU — et parmi les plus riches — n’acceptent déjà pas de migrants, ou n’en acceptent qu’un nombre symbolique, et ce n’est pas le pacte qui va les faire changer d’idée ou qui va y amener des migrants. En fait, le pacte va plutôt servir à imposer des devoirs et des conditions encore plus nombreuses et plus exigeantes aux pays qui se soucient déjà de l’accueil des migrants. En clair, un tel pacte permet à des États, à des organisations, voire à des individus, d’imposer aux contribuables d’autres États des devoirs et des obligations financières qu’eux-mêmes n’assumeront jamais. Toute l’expérience de l’ONU est là pour le prouver.

Comment peut-on en arriver là ? Le mécanisme est assez simple : n’importe quel individu, État ou organisation peut établir un document qu’il souhaite voir adopter par l’ONU. Ensuite, il n’a qu’à le mettre dans la machine à saucisses : présentation à un colloque ou à un groupe de travail, puis, avec un ou deux ambassadeurs sympathiques, à un sous-comité, à un comité, à une sous-commission, à une commission puis finalement à l’Assemblée générale, laquelle, avec un peu de chance l’adoptera, en y faisant peut-être quelques modifications. (Il peut même arriver que le texte adopté par l’AG soit changé par des fonctionnaires insatisfaits avant d’être envoyé à l’impression ; dans un tel cas, il y a peu de chances que le changement soit repéré.) C’est comme cela qu’on peut faire dire à l’ONU à peu près n’importe quoi. On a un peu l’impression que c’est ce qui est arrivé dans le cas du pacte sur les migrations. Dans ces conditions, on ne peut que souhaiter que le Canada s’abstienne d’appuyer un texte aussi peu sérieux, extravagant et fantaisiste.

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Manifestation tendue contre le pacte de l’ONU sur les migrations à Ottawa

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Des centaines de militants de droite opposés à l’adhésion du Canada au Pacte de l’Onu sur les migrations et des groupes pro-immigration se sont affrontés samedi lors d’une manifestation devant le Parlement d’Ottawa, selon un journaliste de l’AFP sur place.

Environ 200 membres de groupes d’extrême droite et une centaine de contre-manifestants ont échangé des insultes sur la pelouse enneigée devant le Parlement, par un froid glacial.

Des échauffourées ont éclaté au début de l’événement en milieu de journée, mais la police anti-émeute est rapidement intervenue pour séparer les deux camps et un manifestant a été interpellé. La foule a alors commencé à scander « refusez le pacte sur l’immigration », alors que le camp opposé criait « honte » et « les réfugiés sont les bienvenus, que les racistes rentrent chez eux ».

Sylvain Brouillette, porte-parole du mouvement identitaire la Meute, a estimé que le pacte de l’ONU menaçait les politiques d’immigration nationales — une opinion partagée par le chef de l’opposition conservatrice Andrew Scheer, mais fermement dénoncée par les partisans du pacte.

« Le Canada a été bâti sur l’immigration, on a appris à vivre ensemble et on a trouvé une façon de le faire pour que ça se déroule bien. Nous n’avons pas besoin d’un pacte migratoire pour venir nous dire quoi faire et changer une recette qui fonctionne », a déclaré M.Brouillette.

Aditya Rao, un passant, s’est arrêté pour écouter les arguments, mais a conclu que les manifestants étaient mal avisés.

« Je n’en reviens pas, » a-t-il dit à l’AFP. « Ces personnes râlent devant toute cette migration chaotique, mais se plaignent en même temps d’un effort pour la rendre ordonnée et sûre. »

Non contraignant, le texte devrait être formellement adopté les 10 et 11 décembre prochain à Marrakech, au Maroc.

Ce « pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières » recense des principes et des droits déjà existants (défense des droits humains, des enfants) et formule 23 objectifs pour aider les pays à faire face aux migrations, en facilitant l’information, l’intégration des migrants, l’échange d’expertises.

L’Italie, l’Autriche, la Bulgarie, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, l’Estonie, la Lettonie, la Suisse, l’Australie, Israël et la République dominicaine ont décidé de ne pas se rendre à Marrakech.

Les États-Unis s’étaient retirés de l’élaboration du Pacte en décembre dernier.

De son côté, Justin Trudeau entend signer l’accord proposé par l’ONU.

« Accueillir les gens venus du monde entier grâce à un système d’immigration rigoureux est ce qui a fait du Canada un pays fort, et c’est quelque chose dont le monde a toujours davantage besoin », a déclaré le premier ministre canadien.

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Le pacte des vivants | Le Devoir

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En réponse au texte « Lutte écologique et lutte contre l’injustice sociale » publié le 10 novembre

Une affaire de riches, donc, ce Pacte pour la transition ?

Il est utile de rappeler qu’il y est spécifié qu’il s’agit d’un appel à fournir sa juste part, en échange de laquelle les signataires demandent au gouvernement de fournir la sienne.

Sa juste part peut être, oui, de ne pas prendre l’avion cet hiver : sacrifice de riche.

Ou, comme Isabelle, d’apprendre à cuisiner, d’acheter moins emballé, d’enfiler un chandail de plus si elle a froid et… de faire appel à un organisme pouvant l’aider, gratuitement, à mieux chauffer son appartement et à payer moins cet hiver.

Isabelle est née dans Hochelaga-Maisonneuve, dans une famille bancale et écorchée vive.

Elle est une de ces enfants suivis depuis tout petits par le pédiatre social Gilles Julien.

Isabelle a réussi à pousser droit dans une misère noire dont je vous épargne les détails, douloureux.

Quand je l’ai amenée en promenade au mont Royal, elle s’était exclamée : « Wow, c’est beau la campagne ! » Elle avait 12 ans. C’était la première fois qu’elle prenait le métro, la première fois qu’elle sortait de son quartier.

Aujourd’hui, Isabelle a 25 ans et une deuxième année du primaire.

Elle vient de suivre une formation comme aide aux bénéficiaires et est employée dans un hôpital.

Elle est amoureuse de Jeff, qui travaille en construction.

Et elle porte leur premier enfant, qui naîtra cet hiver.

Isabelle n’a jamais pris l’avion. Elle rêve d’aller un jour en Floride avec son kid. Et je le lui souhaite. Mais en attendant, elle a pris le temps de décrypter le Pacte pour la transition. Ça a été long parce que lire, c’est long pour elle.

Mais elle l’a lu en entier et l’a signé, parce qu’elle s’engage à être plus sensible à sa façon de traverser une journée. Plus sensible à sa façon de consommer. Plus sensible au monde dans lequel elle donnera naissance à un enfant, avec fierté, même si les grands discours annoncent maintenant que naître est une défaite.

Isabelle signe le Pacte parce qu’elle demande au gouvernement qu’elle a choisi d’être sensible à la vie.

Le Pacte pour la transition n’est pas une affaire d’élite. Le Pacte pour la transition est une affaire de vivants, point final.

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Tirer sur le messager du Pacte

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La pluie de commentaires acerbes au sujet du Pacte écologique pour la transition, mis en oeuvre par le metteur en scène Dominic Champagne, reflète un malaise. Tant d’attaques personnelles à tort ou à raison contre les artistes et les autres signataires du contrat déterminés à réduire leur empreinte écologique laissent songeur…

Champagne se fait reprocher de se prendre pour un prophète et d’attaquer les voix qui ne vont pas dans le sens de sa cause (là-dessus, il devrait se calmer). L’homme de théâtre a débarqué en fin de semaine comme une tonne de briques à l’émission radio La soirée est encore jeune en cassant le party. Et comment Guy Laliberté, fondateur du Cirque du Soleil richissime, avec son île privée, ses subventions indues, ses propriétés en or, son tourisme de l’espace, ose-t-il donner des leçons d’écologie ? se demandent les uns et les autres.

Ces vedettes vertes sont pleines de défauts, c’est entendu… Alors, à quoi bon les suivre dans leur combat ? D’ailleurs, pourquoi, un coup parti, changer d’un iota son train de vie quand le voisin de chalet au gros 4X4 et aux barbecues fumant tout l’été nous envoie sa boucane dans le nez ? Comment notre petite goutte d’eau pourrait-elle éteindre des incendies en Californie ?

Et pourquoi se serrer la ceinture chez soi quand la Chine, suffoquant sous le smog, refuse de revenir au temps des vélos et des cyclopousses, quand Trump protège les intérêts des multinationales, quand le tiers-monde croule sous les déchets jamais ramassés, quand l’Indonésie détruit ses jungles avec leurs habitants à poil et à plume, quand Trudeau défend son pipeline Trans Mountain ?

Sauf que, si on reproche aux riches, aux « casseux de party », aux prophètes mal embouchés, aux vedettes peinturlurées, aux pays mal culottés, de secouer leurs puces pour améliorer un tant soit peu le sort de la planète, celle-ci se vengera encore plus vite. En attaquant avec zèle ces imparfaits, ces gras du bide, ces donneurs de leçons qui amorcent un geste de bonne volonté, on se dédouane, balayant la mauvaise conscience sous le tapis, cognant sur le messager de l’Apocalypse quand on a tous une sale gueule et de la suie sur les mains.

Si seuls les plus blancs que blanc peuvent s’engager, il n’y aura pas grand monde à bord du train. S’il faut attendre que le voisin se déleste pour en faire autant, le désastre va s’accentuer.

De fait, signer le Pacte ou pas importe peu. Ce qui compte, c’est la prise de conscience et les résolutions à tenir devant son miroir d’abord, ce juge de bien mauvaise foi.

Pourtant, on a saisi que la planète fonce dans le mur. On a entendu les cris des scientifiques, regardé des documentaires et des reportages, lu des articles, au mieux quelques livres, voyagé et vu le pire, mais à force d’entendre que le bonheur se confond avec les propriétés à pignons, les grosses bagnoles, le yacht au lac, les tondeuses à gazon, les écrans de fumée, chacun y a cru. Sacrifier ceci et cela qui touchent à mon bien-être ? Non, non, non !

Alors, on dit que ceux qui s’y frottent sont des crapules, des empêcheurs de tourner en rond ou des illuminés, qu’il est trop tard de toute façon pour améliorer le sort du monde. On crie : « Nettoyez ailleurs, mais pas dans ma cour ! »

 

On veut le beurre et l’argent du beurre à minuit moins une. C’est comme cette histoire d’Amazon, principal commanditaire du Prix des collégiens au Québec et en place pour de bon. Bien ! Il fallait financer cette vitrine littéraire, qui aide la relève des écrivains à s’imposer en créant de nouvelles générations de lecteurs. De là à accueillir Amazon, plateforme étrangère flottant au-dessus des lois, terreur des librairies et des éditeurs dans sa petite cour…

Le milieu littéraire, mal à l’aise, a protesté, et voici le Prix des collégiens suspendu jusqu’à nouvel ordre, après que ses bonzes eurent vainement cherché des sous dans ce secteur désargenté.

Au fond, les dirigeants du Prix des collégiens se sont retrouvés dans la même posture que les festivals de films face à Netflix. Sans le géant vorace, ils perdent du terrain. Avec lui, ils affaiblissent le circuit des salles. Et allez tenir tête au vent qui souffle… Pénalisés de toutes les façons.

Les folles mutations du monde entrent en conflit avec nos anciennes structures, nos us et coutumes, dans le milieu culturel comme dans chaque foyer. Nous voici en plein brouillard, sautillant sur un pied, cherchant à retenir nos acquis, mais happés par le futur. Peut-être devrait-on admettre d’abord notre propre confusion, avant de charger les autres. Les nouvelles plateformes font partie de nos vies. La destruction éventuelle du monde est entre nos mains. Et que proposons-nous au juste pour la suite des choses ? Oui, vous. Oui, moi.

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Pacte pour la transition: de la parole aux actes

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Novembre 2018 représentera-t-il pour l’environnement ce qu’octobre 2017 constitue désormais pour le harcèlement sexuel ? Un tournant, un grand ras-le-bol, un soudain sentiment de responsabilité, voire de culpabilité, le tout rehaussé d’un star power inouï ?

À la suite du lancement du « pacte de transition écologique », tout indique, au Québec tout au moins, une prise de conscience importante. Encore aux dernières élections, le souci de l’environnement traînait loin derrière la santé, l’éducation et même l’immigration pour l’ensemble de l’électorat. Or, quelque 180 000 signataires et des dizaines de milliers de manifestants à Montréal et ailleurs, un samedi frisquet de novembre, doivent bien vouloir dire quelque chose.

Le pacte, lancé par Dominic Champagne et (grande) compagnie, a plusieurs mérites. Celui, d’abord, de forcer la main d’un gouvernement qui, ici comme ailleurs, n’a jamais prêté beaucoup d’attention à l’environnement, en poussant, et c’est l’ingénuité de la chose, sur l’engagement citoyen. Reconnaissant que nous sommes tous plutôt fainéants en matière environnementale — tout le monde opine du bonnet mais personne ne bouge —, l’intention ici est de motiver les gens à agir pour que les politiciens se sentent obligés d’agir à leur tour.

On verra, selon la formule consacrée du premier ministre Legault, quel effet aura la pression populaire. Mais, en attendant, et c’est un autre aspect important de cette initiative citoyenne, la conversation emprunte une tout autre avenue. Nous ne sommes plus ici dans les prévisions scientifiques, l’énumération dantesque de la fonte des glaces, la disparition des espèces, l’érosion des sols, les orages violents, les réfugiés climatiques… On quitte l’avenir apocalyptique qui nous attend, et les charges contre le système capitaliste qui nous y mène, pour examiner, concrètement, ce qui peut être fait par chacun d’entre nous. Maintenant. On passe « de la parole aux actes », d’un futur hypothétique à un présent on ne peut plus réel.

La réalité d’aujourd’hui est la suivante : chaque individu, petit ou grand, pauvre ou riche, laisse une trace sur Terre, une « empreinte carbone » que nous ne pouvons plus feindre d’ignorer. Faites le test (les calculateurs de carbone pullulent en ligne). C’est passablement perturbant. Déconde constater, malgré vos habitudes assidues de recyclage, votre consommation de viande franchement insignifiante et votre amour du vélo, qu’il faudrait néanmoins 2,5 planètes pour subvenir à vos besoins. Oui, bien sûr, l’industrie lourde pollue bien davantage et certains pays bien plus que d’autres. Mais à quoi sert ce genre de calcul ? Ce relativisme politique nous mène tout droit à Maxime Bernier et à des élucubrations du genre « le CO2 nourrit les plantes », ou encore à Justin Trudeau qui investit dans l’oléoduc tout en professant son amour de l’environnement.

Un des grands mérites du pacte de transition est de nous obliger justement à penser différemment, voire à élargir la conscience humaine. L’être humain a été conçu, jusqu’à maintenant, en trois dimensions : le physique, le mental et le spirituel. La sensibilité écologique ajoute une autre façon de se concevoir dans le monde. Il ne s’agit pas seulement de la relation que nous entretenons vis-à-vis de nous-mêmes, en d’autres mots, mais d’une relation que nous entretenons avec l’extension de nous-mêmes, avec ce qui est vivant autour de nous, une notion que seuls les Autochtones ont entretenue jusqu’à maintenant, mais sans nécessairement la traduire de façon toujours très concrète.

En rappelant que la plupart des gestes que nous posons innocemment tous les jours (laisser les lumières allumées, acheter des asperges du Pérou…) ont une incidence sur l’environnement, le pacte nous force à calculer nos pas différemment et, surtout, à penser globalement. Or, cette surconscience écolo, cette intuition de ce qui est plus grand que soi-même et, en même temps, de ce bas monde, est assez nouveau pour la conscience humaine.

Finalement, le pacte nous convie à une grande tâche collective, à accomplir quelque chose tout le monde ensemble. La dernière fois que j’ai senti l’effervescence de la danse en ligne, ce sentiment qu’on est des milliers à vouloir la même chose en même temps, c’était lors de l’éclosion du mouvement des femmes il y a 40 ans. Il y a eu d’autres grandes envolées collectives, bien sûr, le Québec étant plutôt spécialiste en la matière, mais disons qu’il y a un bail qu’on ne s’est pas serré les coudes pour « changer le monde ».

Essayez-le pour voir. Individuellement et collectivement, ça fait un bien fou.

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Pacte pour la transition: l’enjeu de la mobilisation

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Un peu moins d’une semaine après son lancement, le Pacte pour la transition, auquel sont associés le metteur en scène Dominic Champagne et quelque 400 personnalités du monde artistique, a recueilli plus de 180 000 signatures ; l’objectif, c’est qu’un million de Québécois le signent. S’il est vrai que le gouvernement Legault doit résolument engager l’État dans la lutte contre les changements climatiques et la protection de l’environnement, la mobilisation de la société civile, et des citoyens en général, sur cet enjeu n’est pas accessoire : au contraire, elle est au coeur du nécessaire changement de société auquel il nous faut procéder.

D’aucuns ont critiqué ces « donneurs de leçon » aux visées élitistes, ces « nantis » qui cultivent leur bonne conscience « utopiste » mais qui taisent leurs contradictions. Ce serait oublier, d’une part, que ces premiers signataires ne roulent pas tous sur l’or, loin de là, et que, d’autre part, la lutte contre les changements climatiques est aussi l’affaire des privilégiés, pas seulement des moins nantis, davantage même parce que leur empreinte écologique est la plus lourde. Quant aux contradictions, elles sont le fait de l’ensemble de la société. Que cette initiative vienne d’artistes, où est le mal ? Quand ce Pacte pour la transition recueillera plusieurs centaines de milliers de signatures, voire un million, il deviendra un mouvement populaire.

Ce pacte a ceci d’original qu’il combine un engagement individuel à des demandes adressées aux gouvernements. Ainsi, autant il importe que l’État agisse afin de respecter ses engagements climatiques, autant l’individu doit assumer sa part. La lutte contre les changements climatiques n’est pas seulement l’affaire des gouvernements ; le citoyen a un rôle essentiel à jouer et doit déployer des efforts.

Ce pacte « n’est pas un engagement à être parfait mais un engagement solennel à réduire notre empreinte écologique », peut-on lire dans le document. Rien de draconien ou de sectaire ici : simplement, le signataire s’engage, « à la mesure de [sa] réalité et de [ses] capacités », à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) pour les deux prochaines années en faisant des gestes concrets : diminuer la consommation de pétrole en utilisant moins la voiture, consommer moins de viande d’élevage et plus d’aliments biologiques et produits localement, améliorer la performance énergétique de son domicile, réduire sa production de déchets et le recours au plastique.

Parce qu’ils font eux-mêmes des gestes, les signataires acquièrent une forme de crédibilité quand ils s’adressent aux trois ordres de gouvernement. Ce qu’ils leur demandent n’a d’ailleurs rien de farfelu et tombe sous le sens, soit, notamment, évaluer les impacts climatiques des décisions gouvernementales, concevoir un plan pour respecter l’Accord de Paris, lancer un grand chantier d’efficacité énergétique et d’électrification au Québec, adopter une politique sur la protection de la biodiversité et respecter les engagements en matière d’aires protégées.

Au Québec, on se targue d’être un modèle en matière de lutte contre les changements climatiques. Ce n’est pas le cas. Nous pouvons compter sur l’hydroélectricité pour dorer notre image, mais pour le reste, le Québec affiche un médiocre bilan.

Si le Pacte pour la transition connaît du succès, il exercera une salutaire pression politique sur les élus. Sans signer le document — l’initiative est celle de citoyens et doit le rester —, le gouvernement Legault doit appuyer cette mobilisation qui va dans le sens d’objectifs nationaux et prendre au sérieux un mouvement populaire qui, bien qu’embryonnaire, trace la voie pour la suite des choses.

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Allez-vous signer le Pacte? | Le Devoir

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Les changements climatiques commencent à nous rejoindre : sécheresses, inondations, incendies de forêt, érosion des berges du Saint-Laurent, etc. Les canicules mortelles de cet été nous l’ont aussi rappelé. Il est urgent d’agir si nous voulons éviter le pire : le secrétaire général des Nations unies disait en septembre qu’il ne nous reste que deux ans pour changer de cap ! Allons-nous rester là, sans rien faire, sous prétexte d’impuissance, à attendre la catastrophe ?

Nous avons maintenant un moyen concret d’agir : le Pacte pour la transition. Initiative de la société civile lancée par le metteur en scène Dominic Champagne et quelques centaines de personnalités et de scientifiques québécois, ce Pacte est plus qu’une pétition ; c’est un engagement personnel et collectif, pris par les signataires, de faire chacun les gestes que nous pouvons faire, dans notre quotidien, pour réduire notre impact sur la planète (transport, alimentation, chauffage, consommation, déchets, plastique, etc.). Et parce que la somme de tous nos gestes individuels ne suffira pas pour gagner ce combat contre les changements climatiques, le Pacte exige aussi de nos gouvernements qu’ils prennent les mesures politiques et collectives urgentes qui sont indispensables pour éviter le pire.

Les avantages du Pacte sont évidents : il mobilise les citoyens autour d’une grande corvée commune (il est toujours plus facile d’agir quand on sait qu’on n’est pas seul dans son coin) ET il fait pression sur les décideurs (politiques et économiques) pour qu’ils agissent aussi à leur niveau. On sort de l’attentisme, où chacun se dit « J’agirai quand les autres auront commencé », pour se mettre tout de suite au travail et affirmer, publiquement par le Pacte, « Je m’engage à agir dès maintenant et, par ce geste, je pousse nos gouvernements à agir à leur tour ». Comme dit le Pacte, il est temps de passer « de la parole aux actes ».

En moins de trois jours, 150 000 personnes ont signé le Pacte. Les auteurs de l’initiative espèrent un million de signatures. Nous sommes 8,6 millions de Québécois. Allez-vous signer le Pacte ?

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