Guide alimentaire: un coup de pouce pour prévenir les troubles alimentaires?

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Écouter sa faim, un message mis en avant dans le nouveau Guide alimentaire canadien, vient donner un coup de pouce à la prévention des troubles de l’alimentation, estiment des experts. Mais cette approche intuitive n’est pas un remède miracle pour les personnes souffrant d’un problème alimentaire plus sévère.

La nouvelle mouture du guide, présentée la semaine dernière par la ministre de la Santé Ginette Petitpas Taylor, a complètement changé d’approche comparativement à ses versions précédentes. Fini les portions alimentaires, place aux proportions, une directive considérée comme moins compliquée et surtout moins restrictive. Le guide encourage également les Canadiens à prendre le temps de cuisiner, de savourer leurs aliments et de renouer simplement avec la sensation de faim et celle de satiété.

Des conseils que les professionnels donnaient déjà aux personnes à risquede développer un trouble alimentaire ou ayant un trouble alimentaire « léger ».

« Manger sainement, c’est ne jamais priver son corps d’un aliment dont on a envie, ni se restreindre sur les quantités. C’est aussi trouver du plaisir à être à table et à manger. Le guide consolide ce qu’on disait dans le milieu, c’est un pas en avant », lance Guylaine Guevremont, nutritionniste et fondatrice de la clinique Muula, qui aide les gens à en finir avec les problèmes alimentaires.

Au Québec, 300 000 personnes sont susceptibles de développer un trouble alimentaire — comme l’anorexie, la boulimie ou encore l’hyperphagie — selon l’organisme Anorexie et boulimie Québec. Ces troubles alimentaires se caractérisent par l’adoption de comportements extrêmes vis-à-vis de la nourriture et du poids. Ils peuvent parfois entraîner de graves conséquences sur la santé psychologique et physique des personnes concernées.

L’habitude de la restriction alimentaire fait en sorte que ces personnes [souffrant de troubles alimentaires] ne savent plus reconnaître qu’elles ont faim ou qu’elles sont rassasiées

À cet égard, les anciennes versions du Guide alimentaire canadien, basées sur la notion de portions alimentaires, n’aidaient pas à se prémunir contre de tels maux.

« Demander aux gens de calculer, de peser presque, c’est encore une règle qui vient nous dire quoi manger, comment manger, quelle quantité manger », critique Emie Therrien, nutritionniste-diététiste au programme d’intervention LoriCorps de l’Université du Québec à Trois-Rivières, qui offre un encadrement aux personnes atteintes de troubles du comportement alimentaire.

Place à l’intuition

À son avis, le nouveau guide ressemble davantage à l’approche de l’alimentation intuitive, préconisée dans son programme. « On apprend aux gens à avoir du plaisir à table, à se reconnecter avec leur corps en mangeant à leur faim et à s’arrêter quand ils en ont assez, comme lorsqu’ils étaient encore nourrissons », explique-t-elle.

La nutritionniste-diététiste rappelle que l’être humain est à la base un « mangeur intuitif », capable de savoir s’il a faim ou non. Ces signaux innés disparaissent toutefois avec le temps, influencés par l’environnement dans lequel on grandit, les messages véhiculés dans la société et face au jugement des autres.

Guylaine Guevremont abonde dans le même sens. « Le nouveau guide présente des habitudes plus saines. Et en ramenant sur la place publique ce message qu’il faut prendre plaisir à manger et écouter son corps, ça pourrait changer la donne d’ici quelques années, et éviter que certains tombent dans une alimentation restrictive à l’extrême », espère Mme Guevremont, bien consciente toutefois que les troubles alimentaires sont multifactoriels et ne dépendent pas uniquement d’un modèle d’alimentation présenté dans un guide.

L’alimentation intuitive n’est toutefois pas la panacée.

Les personnes souffrant de troubles alimentaires plus sévères ont depuis longtemps perdu la capacité de reconnaître leurs signaux intérieurs, nuance Nathalie St-Amour, docteure en psychologie et directrice de la clinique St-Amour.

« L’habitude de la restriction alimentaire fait en sorte que ces personnes ne savent plus reconnaître qu’elles ont faim ou qu’elles sont rassasiées, dit-elle. Leur trouble alimentaire vient fausser leur jugement et l’approche intuitive est pour elles inutile. »

Interrogations

Le nouveau guide a d’ailleurs déjà fait des inquiets en l’espace de quelques jours, assure-t-elle, alors que plusieurs patientes ont appelé à la clinique de Mme St-Amour, craignant de « trop manger » au regard des nouvelles directives. La disparition du groupe alimentaire réservé aux produits laitiers a aussi soulevé nombre d’interrogations.

« Parmi les complications médicales de l’anorexie, il y a l’ostéoporose. Et pour contrer ça, il faut favoriser la consommation de produits laitiers pour faire le plein de calcium. Ça devient un défi de plus pour nous de faire comprendre à cette clientèle l’intérêt des produits laitiers dans son cas. »

Mme St-Amour explique que les professionnels de la santé doivent préparer des plans alimentaires en fonction de chaque personne et de son trouble alimentaire.

« Il y a tout un travail de rééducation à faire pour mettre de côté leurs obsessions. Il faut leur prescrire quoi manger, repartir de zéro. C’est seulement plus loin dans le processus qu’on peut envisager l’approche intuitive », précise-t-elle.

Le chef du programme des troubles de l’alimentation de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, le Dr Howard Steiger, partage son opinion. Il se dit pour l’imposition des portions lorsque les troubles alimentaires sont avancés, le défi n’étant plus de s’assurer que le patient mange sainement, mais tout simplement qu’il s’alimente.

« L’approche intuitive ne fonctionne pas dans ces cas-là. Une anorexique n’aura jamais faim. Et une boulimique aura toujours faim », laisse-t-il tomber.

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Un coup de pouce d’Ottawa pour les Franco-Ontariens

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La bataille autour des services francophones ontariens se transportera-t-elle sur le terrain juridique ? L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) s’est en tout cas réjouie mardi de la remise sur pied par Ottawa du Programme de contestation judiciaire, qui servira notamment pour ce type d’action.

« C’est une excellente nouvelle pour nous de voir ce programme rétabli », a indiqué au Devoir le président de l’AFO (principal représentant des Franco-Ontariens), Carol Jolin. « Dans notre cas, on va réunir jeudi des juristes [spécialisés en droits linguistiques] pour voir quelles sont les actions possibles, et si le programme peut nous aider par la suite. »

La Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) a aussi applaudi au retour du Programme de contestation judiciaire (PCJ), qui avait été utilisé par les opposants à la fermeture de l’hôpital Montfort il y a une vingtaine d’années. « À la lueur des événements de la semaine dernière en Ontario », il s’agissait selon la fédération d’une « urgence ».

« Les francophones de l’Ontario sont en train de s’organiser pour résister et pour faire valoir leurs droits — sans compter toutes les autres causes qui attendent déjà un peu partout au pays, a souligné le président de la FCFA, Jean Johnson. Il faut qu’ils puissent avoir accès au PCJ s’ils en ont besoin. »

Ce programme a connu une histoire mouvementée : créé en 1978, aboli en 1992, rétabli en 1994, aboli de nouveau en 2006 (mais partiellement remplacé par un autre programme d’appui aux droits linguistiques). Les libéraux fédéraux avaient annoncé en février 2017 qu’ils restauraient le PCJ, tout en élargissant son mandat.

Il aurait fallu plus de dix-huit mois pour concrétiser cet engagement : la gestion du programme a d’abord été confiée à l’Université d’Ottawa ; un comité est ensuite parti à la recherche de candidatures pour composer les deux comités d’experts indépendants du PCJ (un pour les dossiers liés aux langues officielles, l’autre pour les droits de la personne).

La ministre des Langues officielles, Mélanie Joly, a confirmé mardi que la composition de ces comités est terminée. Le financement est déjà là — 5 millions par année, dont un minimum de 1,5 million réservé aux dossiers linguistiques. Ne reste qu’à élaborer les « critères d’admissibilité et les lignes directrices du financement », ce qui serait une question de « semaines ».

« Il y a aujourd’hui un outil de plus qui est à la disposition de la communauté franco-ontarienne pour se défendre devant les tribunaux », a soutenu Mme Joly en point de presse.

Plus large

Mais il n’est pas certain pour autant que les Franco-Ontariens choqués par la décision du gouvernement Ford d’annuler le projet de création d’une université francophone et d’abolir le Commissariat aux services en français se qualifieraient, a pris soin d’ajouter la ministre. Ce sera au comité d’experts d’évaluer toute demande. Pour autant qu’Ottawa soit fâché des coupes de Doug Ford — ce que le premier ministre Trudeau a réitéré mardi —, son aide à la contestation sera indirecte.

Le PCJ accorde du financement aux gens ou aux groupes qui veulent recourir au système judiciaire pour « faire valoir leurs droits linguistiques ». C’est le comité d’experts qui reçoit les demandes et évalue leur pertinence. « Au fil des ans, le programme a contribué à clarifier et à faire valoir ces droits, qui sont garantis en vertu de la Constitution canadienne », rappelait le gouvernement Trudeau mardi.

Mélanie Joly a souligné qu’il sera désormais possible de faire financer des causes touchant notamment le « soutien à la vitalité des communautés linguistiques ».

Sur le front politique, Mme Joly a autrement confirmé qu’elle aura un entretien vendredi avec Caroline Mulroney, ministre ontarienne déléguée aux Affaires francophones. Cette dernière a autrement refusé une invitation d’un comité parlementaire fédéral d’aller défendre la décision de Queen’s Park à Ottawa. Plus largement, le dossier a continué mardi d’alimenter les divisions entre conservateurs et libéraux, et ce, aux deux paliers de gouvernement.

Une cause ?

Au-delà du PCJ, des constitutionnalistes consultés par Le Devoir ne s’entendent pas à savoir si les Franco-Ontariens ont entre les mains une cause juridique.

« C’est clair que oui », pense Frédéric Bérard, codirecteur de l’Observatoire national en matière de droits linguistiques (Montréal). « Non », répond pour sa part l’autre codirecteur de cet observatoire, Stéphane Beaulac. « Je crois qu’en principe, c’est un oui pour l’université, mais que ce serait plus compliqué pour le Commissariat », avance Érik Labelle Eastaugh, directeur de l’Observatoire international des droits linguistiques (Moncton).

« Il y a des similitudes avec le cas de Montfort, selon M. Bérard. On a protégé l’hôpital en vertu de l’article 16 de la Charte canadienne — qui consacre l’égalité du français et de l’anglais —, pour arriver à la conclusion qu’on ne pouvait réduire les services aux francophones. Il me semble que le même raisonnement peut s’appliquer pour le rôle du commissaire », dont les fonctions seront transférées vers l’Ombudsman.

M. Labelle Eastaugh voit lui aussi des ressemblances avec Montfort… mais pour le cas de l’université, cette fois. « Si c’est une décision administrative, comme dans le cas de Montfort, elle peut faire l’objet d’un contrôle judiciaire pour voir si cela se fait dans le respect du droit et des principes de la Constitution. »

Stéphane Beaulac estime quant à lui que « les protections constitutionnelles n’incluent pas le fait d’avoir un Commissaire aux services en français, ou une université en français ».

Le débat que l’AFO tiendra jeudi s’annonce ainsi contrasté… et ses conclusions, incertaines.

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Montréal donnera un coup de pouce aux commerçants éprouvés par les chantiers

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Montréal a dévoilé mercredi les modalités de son nouveau programme d’aide aux commerçants affectés par les chantiers de construction. S’ils répondent aux critères d’admissibilité, les commerçants pourraient recevoir jusqu’à 30 000 $ par année de la Ville.

Les commerçants devront assumer le premier 15 % de perte de bénéfice brut. Ils n’auront pas à soumettre d’états financiers vérifiés pour bénéficier d’une aide financière, mais ils devront fournir une déclaration de revenus. La Ville procédera à des audits pour vérifier la véracité des informations transmises.

Ce programme, qui totalise 25 millions de dollars jusqu’en 2021, comportera un volet rétroactif au 1er janvier 2016 pour les chantiers de la Ville déjà terminés ou en cours comme ceux de Laurier Ouest, Jarry Est et Peel.

La période de rétroactivité a été fixée au 21 septembre 2017 pour les chantiers de la Société de transport de Montréal (STM), comme c’est le cas de celui de la rue Bishop.

Le projet de règlement, qui a été approuvé par le comité exécutif mercredi matin, devra être adopté par le conseil municipal en décembre. La Ville désignera en janvier prochain les premières artères qui seront désignées comme admissibles au programme. Elle s’attend à recevoir les premières demandes d’aide dès janvier. Les paiements devraient commencer à être versés à partir du printemps 2019.

Il s’agit du premier programme du genre au Canada, a souligné Robert Beaudry, responsable du développement économique au comité exécutif de la Ville.

Les commerçants ayant fermé boutique et ceux ayant fait faillite ne seront pas admissibles au programme.

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