L’humain est-il prêt pour la voiture autonome?

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Un texte de Karl-Philip Vallée

Il serait faux de dire que je n’ai ressenti aucun inconfort quand on m’a demandé de prendre un égoportrait derrière le volant de cette voiture en mouvement. Mais l’ingénieur assis à côté de moi s’est empressé de me rassurer : nous sommes sur un circuit fermé et il s’agit d’une expérience scientifique. Dans ce contexte, c’est légal.

Comme vous le voyez, je n’ai même pas pris le temps de sourire quand on m’a demandé de prendre un égoportrait dans la voiture autonome. Photo : Radio-Canada/Karl-Philip Vallée

L’objectif est précisément d’évaluer mon aisance à bord d’un véhicule autonome en mesurant mes réactions à toutes sortes de tests psychologiques.

Mon niveau d’adrénaline augmente à nouveau alors que ma voiture dépasse celle qui se trouve devant moi. La manoeuvre est contrôlée, mais je dois tout de même refouler mon envie de reprendre le volant alors que mon véhicule retourne s’installer dans la voie de droite juste comme on entre dans une courbe à gauche. Cette légère appréhension, comparable à l’envie qui me saisit parfois de remplacer mon conducteur derrière le volant lorsqu’il est trop imprudent, me suivra d’ailleurs tout le long de l’expérience.

Le test est organisé par les chercheurs de Jalon Montréal, un organisme dont la mission est entre autres de réfléchir à l’avenir de la mobilité urbaine pour anticiper ses défis. Pour eux, ce n’est qu’une question de temps avant que les véhicules autonomes se retrouvent sur nos routes, et il est urgent d’aller au-delà de la simple question technologique pour se concentrer davantage sur les attentes des gens. Peu à peu, ils commencent à voir émerger des tendances.

Un sentiment de confiance excessif

À force d’expériences et d’observations, Sebastien Beaudoin et Mickael Brard, respectivement directeur des grands projets et chef de projet à Jalon Montréal, ont remarqué que les attentes du grand public envers les voitures autonomes sont souvent en décalage avec la réalité. En d’autres mots, plusieurs personnes croient à tort que des voitures actuellement sur le marché peuvent se conduire sans intervention humaine.

Le niveau d’autonomie des voitures autonomes est mesuré sur une échelle de 0 à 5. Actuellement, la plupart des véhicules sur nos routes se trouvent au niveau 0 (aucune autonomie) ou 1 (assistance à la conduite, à l’aide d’un régulateur de vitesse, par exemple). Le niveau 5, c’est la voiture complètement autonome, sans pédales ni volant. Elle ne nécessiterait aucune intervention humaine et vous pourriez aller jusqu’à dormir pendant le trajet sans danger.

Dans les dernières années, le fabricant Tesla a commercialisé des voitures capables d’atteindre le niveau 2. Lorsque leur mode de pilotage automatique est enclenché, ces voitures sont capables de non seulement réguler leur vitesse, mais aussi de l’adapter pour maintenir une distance sécuritaire avec les autres véhicules et même de changer de voie pour effectuer un dépassement.

Les deux voitures utilisées lors de l’expérience de Jalon Montréal, une Chevrolet Volt et une Tesla Model S.  Photo : Jalon Montréal

Mais contrairement à ce que laisse entendre le nom de ce système d’assistance (autopilot ou pilote automatique), les Tesla sont très loin de pouvoir se conduire sans intervention humaine. Le conducteur doit garder ses mains sur le volant et se tenir prêt à réagir en cas d’urgence.

Des accidents impliquant des conducteurs qui n’ont pas suivi les règles de sécurité du fabricant ont causé des blessures graves et même la mort.

L’inflation des attentes par les grandes entreprises est majeure. Les membres de l’industrie se concentrent vraiment sur le fait d’être les premiers à commercialiser un véhicule intelligent.

Sebastien Beaudoin, directeur des grands projets à Jalon Montréal

Ce marketing quelque peu agressif expliquerait en partie le sentiment de confiance excessive que ressentent certains conducteurs de voitures semi-autonomes.

Un cadre législatif quasi inexistant

Malgré ma méfiance et mes attentes très mesurées envers cette technologie, je suis moi-même tombé dans le panneau pendant l’expérience, lorsqu’on m’a fait remarquer qu’une deuxième voiture m’avait rejoint sur la piste.

Après seulement 15 minutes à bord, je me suis aperçu que je commençais à perdre la conscience de l’environnement extérieur. Distrait par mon téléphone et par les tâches qu’on me demandait d’accomplir, je n’avais presque jamais regardé mes miroirs depuis le début de l’expérience.

Anecdotique, ce moment d’inattention? Au contraire. Il illustre les défis pour les conducteurs de s’adapter à cette nouvelle technologie. Il démontre aussi le chaos qui pourrait accompagner la période transitoire précédant l’adoption massive des voitures autonomes.

Il a soulevé chez moi une panoplie de questions. Dois-je toujours vérifier mon angle mort lorsque ma voiture autonome veut dépasser un autre véhicule? À quelle fréquence dois-je effectuer la maintenance des capteurs sur mon véhicule? Qui est responsable si je suis impliqué dans un accident dû à un malfonctionnement du logiciel interne de ma voiture?

Des voitures autonomes parcourent déjà les rues de certaines villes, aux États-Unis. Photo : Getty Images/AFP

L’industrie des voitures autonomes fait face à des défis de taille, non seulement en matière d’éducation du public, mais aussi en ce qui a trait au cadre législatif.

Au Canada, où les provinces partagent la responsabilité des transports avec le palier fédéral, tout reste à faire. Seuls l’Ontario (depuis 2016) et le Québec (depuis 2018) permettent la présence de véhicules autonomes sur leurs routes, mais seulement dans le cadre de projets pilotes très stricts.

Un rapport du comité sénatorial permanent des transports et des communications déposé en janvier dernier suggérait d’ailleurs au gouvernement canadien d’établir rapidement une stratégie nationale en matière de véhicules autonomes. Celle-ci se fait toujours attendre.

Ces retards législatifs n’empêchent pas les constructeurs de presser le pas. General Motors compte commercialiser sa première voiture sans volant ni pédales dès l’an prochain, et les autres constructeurs ne sauraient être bien loin derrière.

Les vertus alléguées des voitures autonomes

Cet empressement est peut-être exacerbé par les nombreux espoirs que suscitent les voitures autonomes.

Réduction de la pollution et de la congestion, amélioration de la qualité de vie et du bilan routier, multiplication de l’autopartage et du covoiturage. On ne compte plus les vertus que l’on porte aux véhicules autonomes.

Certaines personnes évoquent par exemple l’idée de ne plus jamais avoir à chercher de stationnement, car les voitures autonomes pourraient être renvoyées à la maison pendant la journée.

Mais pour que ces scénarios bienfaiteurs se réalisent, encore faut-il savoir les préparer.

De nombreuses personnes estiment que les voitures autonomes amélioreront la qualité de vie des automobilistes tout en réduisant les accidents.  Photo : Volvo

Mickael Brard est d’un optimisme très prudent face à des théories du genre. Dans le cas de la voiture qui retourne à la maison pendant la journée, il souligne que non seulement son propriétaire ne réduirait pas la congestion, mais il pourrait contribuer à la doubler en augmentant la circulation dans le sens inverse de l’heure de pointe habituelle. Selon lui, les conséquences à grande échelle seraient déséquilibrées par rapport au bénéfice individuel potentiel que cette idée pourrait apporter.

Jalon Montréal se penche actuellement sur ces conséquences positives et négatives potentielles de l’arrivée des voitures autonomes afin de tenter d’éviter les écueils. Ces problèmes pourraient être nombreux, notamment dans l’industrie du transport de marchandises et dans celle du taxi, où des emplois sont menacés.

Les chauffeurs de taxi et ceux d’Uber, actuellement en conflit, pourraient bientôt se retrouver du même côté de la bataille si leurs employeurs choisissent de les remplacer par des véhicules autonomes.

Quoi qu’il en soit, je suis ressorti de l’expérience en un seul morceau, mais avec plus de questions que de réponses. En quittant le stationnement du centre d’essais pour véhicules automobiles – dans ma voiture ordinaire, cette fois – deux constats m’ont paru certains par rapport à l’arrivée des véhicules autonomes : les bouleversements seront nombreux et il est urgent d’y réfléchir.

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Le MTQ se dit déjà prêt pour l’hiver, avec un budget total de 275 millions

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L’hiver est à nos portes, et le ministère des Transports du Québec se dit déjà fin prêt pour intervenir sur les routes de la province.

Ainsi, le MTQ a complété sa préparation au cours des dernières semaines en vue de la prochaine période hivernale.

Le ministère assure que les camions de déneigement sont prêts à prendre la route, que les entrepôts de sel sont remplis et que le personnel est sur un pied d’alerte.

Incidemment, le sel qui sera nécessaire cette année représente l’équivalent de 65 terrains de football recouverts d’un mètre de sel.

Plus de 32 000 kilomètres de routes devront être entretenues, dont 20 % par le ministère et 80 % par contrats, incluant les municipalités.

Le budget total prévu pour l’hiver 2018-2019 est de 275 millions de dollars.

Parallèlement, le MTQ invite les usagers de la route à s’assurer dès maintenant que leur véhicule est bien adapté pour faire face aux premières intempéries hivernales.

La date limite pour faire poser les pneus d’hiver est le 15 décembre. Elle sera devancée au 1er décembre l’an prochain.

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Fausses nouvelles : Facebook prêt pour les élections au Canada

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Un texte de Gino Harel et Luc Tremblay d’Enquête

À quelques jours des élections québécoises et à un an du scrutin fédéral, Kevin Chan, directeur des politiques publiques de Facebook Canada, se veut rassurant.

« En 2016, Facebook n’était pas conscient du genre de défis que posaient ces nouvelles formes de cybermenaces », explique-t-il en entrevue à Radio-Canada, ajoutant que son entreprise s’est « beaucoup améliorée ».

Depuis deux ans, on a investi beaucoup en personnel, en temps et en technologie pour attaquer ce problème de front.

Kevin Chan, Facebook Canada

En prévision des élections au Canada en 2019, Facebook dit avoir mis en place une adresse courriel d’urgence pour les candidats et les partis politiques, afin de les prévenir de risques de piratage de leur page.

Le Canada est aussi le premier pays où Facebook a activé ses nouveaux mécanismes de transparence publicitaire. La publicité achetée par des comptes russes avait été au coeur des révélations entourant les ingérences de l’étranger dans la campagne américaine.

Facebook n’attend pas des élections pour agir, assure par ailleurs Kevin Chan. « En ce moment même, au Canada comme ailleurs dans le monde, notre système trouve de faux comptes et les désactive », dit-il.

La semaine dernière, le Globe and Mail rapportait que Facebook a fermé deux comptes qui diffusaient du contenu en marge des élections municipales de Vancouver. L’un des comptes a été désactivé pour avoir enfreint la politique d’authenticité de Facebook. L’autre page a été fermée pour avoir contrevenu aux règles sur le contenu commercial indésirable, qui interdit l’utilisation de faux comptes.

Kevin Chan, directeur des politiques publiques de Facebook Canada Photo : Radio-Canada

L’élection américaine sous la loupe

Des enquêtes policières, des audiences devant le Congrès américain et des mises en accusation de citoyens russes ont mis au jour l’ampleur d’importantes opérations de désinformation menées durant la campagne présidentielle de 2016.

Selon les autorités américaines, de faux comptes Facebook créaient de toute pièce des groupes d’activistes qui organisaient de vraies manifestations dans la rue.

L’exemple le plus frappant est une manifestation qui s’est déroulée à Houston, au Texas, en avril 2016. Des partisans de la liberté de religion faisaient face à des partisans de la liberté d’expression. Ils avaient été mobilisés par des publications Facebook… contrôlées à distance par des Russes.

« Au terme des élections américaines, on a vu beaucoup d’opérations de désinformation et d’abus sur notre réseau destinés à tromper les gens », constate Kevin Chan.

Photomontage de la manifestation d’avril 2016, à Houston, au Texas Photo : Comité du Sénat américain sur le renseignement

Pas d’attaque repérée au Canada

Il n’y a pas qu’aux États-Unis que Facebook a trouvé de faux comptes dans un contexte électoral. Le géant américain en a désactivé des dizaines de milliers d’autres en marge d’élections en France, en Allemagne et en Italie.

Kevin Chan n’ose pas s’aventurer sur une donnée précise pour le Canada. Il rappelle simplement que Facebook considère qu’à l’échelle mondiale environ 4 % des comptes toujours actifs sur son réseau seraient faux.

Le géant américain a-t-il repéré de faux comptes qui auraient tenté d’influencer, de manière coordonnée, une élection au Canada? « Nous n’en avons pas vu », dit Kevin Chan, tout en précisant qu’il demeure vigilant.

Les malfaiteurs s’adaptent

Quelque 20 000 personnes à Facebook sont aujourd’hui affectées aux enjeux de sécurité. De janvier à mars dernier, 583 millions de faux comptes ont été désactivés, souvent parce que leur authenticité ne pouvait être confirmée.

Encore récemment, Facebook a repéré de faux comptes utilisés à des fins de désinformation. L’entreprise a fermé 32 comptes et pages cet été parce qu’ils avaient ce que Facebook appelle un « comportement inauthentique coordonné ». Certains de ces comptes et leurs faux administrateurs tentaient notamment d’organiser une manifestation à Washington.

Facebook y a vu des similitudes avec les tentatives de manipulation de 2016. Mais cette fois, les malfaiteurs auraient pris des précautions additionnelles pour cacher leurs traces. « Ils utilisaient des réseaux privés virtuels (VPN) et des téléphones cellulaires pour dissimuler leur localisation », explique Kevin Chan, qui estime que ces nouvelles manières de faire sont une réponse aux remparts mis en place par sa compagnie.

C’est un peu comme une course à l’armement. Quand on rehausse notre jeu, on s’attend à ce que nos adversaires le fassent aussi.

Kevin Chan, Facebook Canada

Twitter sur un pied d’alerte

Twitter a aussi fermé de nombreux comptes de son réseau depuis 2016. Des millions de comptes suspects sont vérifiés par la compagnie chaque semaine. « Nous sommes activement engagés auprès des autorités électorales et faisons respecter rigoureusement nos politiques, afin de protéger l’intégrité du débat public en vue des élections », dit la compagnie américaine dans une déclaration envoyée à Radio-Canada. Twitter ajoute n’avoir vu « aucune preuve de campagnes malicieuses et coordonnées » au Canada sur le réseau social.

Des journalistes pour vérifier les fausses nouvelles

Pour vérifier si un article est vrai ou faux, ou encore trompeur, Facebook préfère s’en remettre à des journalistes. Il y a trois mois, la compagnie a lancé un « programme indépendant de vérification des faits » au Canada, en collaboration avec l’Agence France-Presse.

« Non, Justin Trudeau ne s’est pas converti à l’islam », titre cette vérification de faits de l’Agence France-Presse. Photo : Factcheck.afp.com

« Quand un article est jugé faux par un de nos partenaires de vérification des faits, on avise immédiatement les gens qui ont partagé l’article pour leur dire qu’il a été vérifié », explique Kevin Chan.

Si quelqu’un d’autre s’apprête à partager le même article, un message lui rappellera qu’il y a eu vérification des faits.

Facebook parvient à réduire en moyenne de 80 % la diffusion de ces articles qui ont été vérifiés et jugés faux.

Kevin Chan, Facebook Canada

La diffusion du contenu qui se révèle faux est aussi réduite par la suite. Il apparaîtra plus bas dans le fil de nouvelles.

Malgré les risques de désinformation, M. Chan vante les mérites de Facebook comme outil d’engagement civique qui permet aux Canadiens d’être directement en contact avec leurs leaders politiques.

« Je dois admettre qu’aux élections de 2015, j’avais comme politique d’aimer toutes les pages [Facebook]. J’ai aimé tous les partis politiques et autant de candidats que j’ai pu parce que je voulais cette diversité de perspectives », explique-t-il.

Est-ce possible que Kevin Chan ait aimé une fausse publication? « Je pense qu’on est tous à risque », concède-t-il.

Ottawa conscient des risques

Le gouvernement fédéral veut renforcer la loi interdisant aux étrangers d’influencer les électeurs canadiens. Le projet de loi C-76, déposé en avril dernier, précise qu’un État étranger ne pourra exercer d’influence indue sur un électeur. Le projet de loi vise aussi à corriger une faille en empêchant toute entité étrangère de dépenser de l’argent, de quelque façon que ce soit, pour influencer les élections.

Si le projet de loi est adopté, il sera par ailleurs interdit à toute organisation qui vend des espaces publicitaires de diffuser des annonces électorales sachant qu’elles ont été payées avec des fonds étrangers.

La loi actuelle interdit déjà la publication de fausses déclarations sur les candidats afin d’influencer une élection.

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