Les signes religieux, la priorité?

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Cher Monsieur Legault, chers élus caquistes, je tiens d’abord à vous féliciter pour votre récente élection. Cependant, force est de reconnaître que sur le nombre d’électeurs inscrits, c’est quand même moins d’un Québécois sur quatre qui a explicitement exprimé son soutien envers la CAQ. C’est maigre pour soutenir qu’on a reçu un mandat clair et fort de la part des Québécois pour « changer » le Québec. Heureusement, c’est la dernière fois que nous faisons ce genre de calcul et réflexion puisque vous avez promis de modifier le mode de scrutin. Je me réjouis de cette promesse et sachez que nous sommes plusieurs à vous avoir à l’oeil et à attendre un réel changement à ce sujet.

Ici s’arrêtent mes félicitations. Je m’interroge plutôt sur vos premières actions, notamment celle concernant le port de signes religieux. Certes, ce thème fait partie de vos « idées », comme plusieurs autres d’ailleurs, dans votre plateforme électorale. En fait, j’aimerais comprendre pourquoi mettre celle-ci en avant avec un tel empressement au lieu d’autres idées. Va-t-elle amener un réel changement pour une part importante de la population ? Combien d’employés de l’État en situation d’autorité comme les juges, les procureurs, les policiers, les gardiens de prison (et vous y ajoutez les professeurs) portent des signes religieux ? Si on se limite à ces fonctions, on parle de quelques dizaines, voire quelques centaines d’employés. On peut aussi se demander quelle part de la population remet en cause la neutralité de l’État à la vue d’un enseignant qui porte un crucifix ou d’un enquêteur de police qui porte une kippa. Cela soulève-t-il de réels problèmes dans la vie d’une proportion importante de Québécois ?

D’autres enjeux

Par ailleurs, on peut se questionner sur d’autres enjeux qui peuvent toucher bien plus de personnes. Combien d’élèves dans le système scolaire ne sont pas accompagnés d’un éducateur spécialisé alors qu’ils en ont besoin ? Combien d’immigrants sont sous-employés au Québec parce que leurs diplômes ne sont pas reconnus ? Combien d’aidants naturels peinent à s’occuper convenablement des gens qui leur sont chers sans trop d’aide de l’État ? Combien d’organismes communautaires ou environnementaux continuent de pallier le désengagement de l’État pour s’occuper des plus vulnérables ou de dossiers importants pour l’avenir écologique du Québec malgré les coupes subies ces dernières années ? Combien d’entrepreneurs sont inquiets par la pénurie de main-d’oeuvre, qui touche toutes les régions du Québec, pour l’avenir de leur entreprise ? Comment de citoyens sont frustrés quotidiennement par les attentes de toutes sortes dans le système de santé ? Ils sont ici des centaines de milliers à vivre quotidiennement des difficultés de toutes sortes et à remettre en cause, non pas la neutralité, mais l’engagement de l’État.

Et vous, l’un des dossiers sur le dessus de votre pile est celui des signes religieux. Bravo, vous avez sans aucun doute le sens des priorités à la CAQ !

Vous qui vous présentez comme le gardien d’une bonne gestion des dépenses publiques et de la réduction du gaspillage, je me demande combien vous allez engloutir de fonds publics et combien d’argent sera dépensé dans la défense juridique de ce projet.

Et c’est vous qui voulez amener un vrai changement au Québec ? Vous n’apporterez pas de changement ayant des répercussions concrètes dans la vie des Québécois en légiférant sur le port de signes religieux. Pourquoi ? Parce que dans le quotidien des gens, ça ne soulève pas de problèmes. Vous ferez certes plaisir à quelques militants ou chroniqueurs pour qui cette question est une obsession, mais les gens de la classe moyenne, les familles, les entrepreneurs auxquels vous vous êtes tant adressé lors de la campagne électorale ont des préoccupations plus concrètes que celle de voir ressurgir une question, en bonne partie idéologique, débattue pendant plus d’une décennie par les « vieux partis » que vous désiriez tant expulser du pouvoir.

Je ne dis pas que cette question est sans importance et qu’elle ne doit pas être rediscutée une fois de plus (même si j’ai des réserves quant à la possibilité de trouver un consensus qui rallie une majorité sans compromettre les droits de certains), mais pas de là à la mettre en avant 48 heures à peine après votre élection. Est-ce là l’enjeu le plus important d’un gouvernement caquiste ? À quoi cela sert-il ? Dans mon cas, cela m’amène déjà à douter de vos capacités à écouter, pour reprendre vos mots, « les vrais enjeux » qui touchent les Québécois. Monsieur Legault, dans votre discours lundi soir, vous disiez que vous alliez être le premier ministre de tous les Québécois. N’oubliez pas que 75 % d’entre eux n’ont pas voté pour vous.

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Refuser la priorité à un piéton coûte cher

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DROIT DE L’USAGER- Par Me Rémy Josseaume, avocat à la Cour, président de l’Automobile-Club des avocats.

Le non-respect de la priorité due à un piéton est désormais puni d’une perte de six points (au lieu de quatre). Et elle peut être constatée par vidéoverbalisation. En cas de verbalisation estimée excessive, l’automobiliste et le motocycliste ne sont pas complètement sans défense.

1 Il faut tout d’abord savoir quels sont les usagers de la route assimilés à des piétons. On pense naturellement aux parents poussant la poussette de leur enfant. Mais les personnes qui conduisent à la main un cycle ou un cyclomoteur, les personnes handicapées qui se déplacent dans une chaise roulante mue par eux-mêmes à l’allure du pas entrent également dans la catégorie des piétons. De même que les usagers utilisant ces nouveaux moyens de mobilité que sont les rollers, les overboards, les monoroues ou encore les trottinettes.

2 Le piéton demeure prioritaire face à l’automobiliste pour traverser la chaussée, même en dehors d’un passage clouté, à la condition qu’il n’en existe pas à moins de cinquante mètres. En cas d’infraction, la sanction est désormais très lourde: une amende de 135 à 750 euros, un retrait de 6 points sur le permis de conduire, voire une suspension de ce dernier pour une durée de trois ans.

3 Si vous estimez avoir fait l’objet d’une verbalisation abusive, vous pourrez la contester en arguant que le piéton n’était pas «régulièrement engagé» (position immobile ou d’attente sur le trottoir, et pas de manifestation d’intention de traverser) ou était mal situé.

4 En effet, la contravention est contestable dès lors que le piéton transgresse lui-même les règles de circulation piétonne. Cela vaut aussi pour les traversées en dehors des passages réservés, l’ignorance des feux de couleur ou les traversées en diagonale.

5 La preuve contraire au procès-verbal pourra être rapportée par témoins ou constat d’huissier (mesurant, par exemple, l’espace séparant le lieu de verbalisation et le passage piéton le plus proche).

6 Enfin, n’oubliez pas qu’en cas de procès-verbal dressé par vidéoverbalisation, le fait de nier être l’auteur de l’infraction vous permettra de ne pas perdre de points sur le permis de conduire.

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