Le Comité Colbert renforce ses liens avec la Silicon Valley

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Alors que des ateliers d’orfèvrerie sont organisés par des maisons françaises à l’université de Stanford, des patrons californiens viennent à Paris pour découvrir les savoir-faire des fleurons du luxe.

À première vue, il y a peu de points communs entre la Silicon Valley californienne et le monde du luxe français. Sur ce petit bout de territoire situé au sud de la baie de San Francisco, du côté de Palo Alto, on se préoccupe plus de la puissance des microprocesseurs et de la largeur de la bande passante que de la finesse des peaux des sacs à main. Le look des gourous des entreprises du secteur des nouvelles technologies se résume, quant à lui, le plus souvent – exception faite du so chic pull-over noir Issey Miyake que portait Steve Jobs – à un tee-shirt, un pantalon informe et une confortable paire de baskets. Sans parler d’incompatibilité, on peut douter de la solubilité de l’idée de l’art de vivre à la française dans un quotidien d’ingénieurs surconnectés, suractifs, infusés de transhumanisme.

«Nos maisons sont dans une démarche exploratoire dans la Silicon Valley» 

Guillaume de Seynes, président du Comité Colbert et numéro deux d’Hermès

Seulement trois entreprises faisant partie du Comité Colbert – qui regroupe quatre-vingt-deux institutions du luxe français (mode, artisanat, gastronomie, hôtellerie, culture…) – sont à ce jour présentes à Palo Alto. La plupart sont à San Francisco et à Los Angeles. «Nos maisons sont dans une démarche exploratoire dans la Silicon Valley», commente Guillaume de Seynes, président du Comité Colbert et numéro deux d’Hermès.

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Au-delà des apparences, l’attirance mutuelle du vieux monde et du nouveau est bien réelle. Mieux, chacun semble vouloir en savoir plus sur l’autre. Notamment du côté du campus de Stanford, épicentre universitaire de la Silicon Valley. Le Colbert a ainsi décidé de nouer une collaboration avec la prestigieuse institution. Depuis septembre, dans le cadre du programme «Arts Intensive», des artisans des maisons Puiforcat, Christofle et Ercuis dispensent un enseignement lié aux savoir-faire de l’orfèvrerie française. Une façon de montrer aux étudiants que le luxe ne se résume pas à quelques produits clinquants mais rime, lui aussi, avec extrême précision, innovation et passion.

«Crédibilité académique»

«Stanford est attaché à ce que tous ses étudiants aient accès à une expérience significative des savoir-faire créatifs, souligne Matthew Tiews, vice-president for the arts à Stanford. […] L’engagement du Comité Colbert sur le sujet est parfaitement aligné sur notre vision de l’enseignement. L’opportunité offerte à nos étudiants de travailler avec des artisans-experts issus de la famille d’entreprises du Comité Colbert donne une nouvelle dimension à notre offre universitaire en l’enrichissant sensiblement.» Guillaume de Seynes se satisfait, quant à lui, de «la crédibilité académique ainsi acquise (qui) a vocation à s’inscrire dans la durée dans le paysage californien».

«Stanford est attaché à ce que tous ses étudiants aient accès à une expérience significative des savoir-faire créatifs»

Matthew Tiews, vice-president for the arts à Stanford

Dans cette relation basée sur l’échange, début décembre, c’était au tour des Américains – dirigeants d’entreprise, startuppers, cadres supérieurs… – de se rendre à Paris pour découvrir l’univers de la création du luxe français in situ, à l’occasion du Festival Colbert. Soit une série de vingt-trois ateliers mettant en avant le savoir-faire de ces maisons dans l’univers de l’art de vivre. Ainsi, dans le cadre de «Machines and Human Senses», le parfumeur Francis Kurkdjian et la présidente de Krug, Margareth Henriquez, expliquaient, dans les locaux de l’Ircam (Institut de recherche et coordination acoustique/musique), comment la conception des jus et champagnes les plus sophistiqués, réalisés avec des méthodes ancestrales, pouvait être compatible avec des technologies de pointe. «Notre univers ne défend pas le “c’était mieux avant”, soulignait Francis Kurkdjian. Dans le secteur de l’artisanat, la technologie permet souvent d’obtenir une meilleure qualité aujourd’hui qu’auparavant.»

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Outre cette fusion entre des techniques ancestrales et le recours aux outils les plus modernes, un autre aspect a surpris et séduit: l’ancrage des marques françaises dans la longue histoire du pays, les passages de relais successifs au sein de mêmes lignées. «La longévité de nos maisons, notamment incarnée par les familles détentrices des marques parfois centenaires, les a passionnés», reprend Guillaume de Seynes. Quand Microsoft ou Apple, nés il y a moins de cinquante ans, font figure outre-Atlantique de dinosaures, la belle santé de certaines de nos entreprises durant plusieurs siècles ne cesse de fasciner.

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