Intelligence artificielle: risques et défis

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La semaine dernière était lancée la Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’intelligence artificielle (IA). Ce texte fondateur a été développé dans le cadre d’un processus inclusif donnant une large place au dialogue entre les citoyens, les experts, les décideurs publics et les acteurs de l’industrie. La Déclaration détermine les fondements sur lesquels s’élaboreront les cadres régulateurs qui, au cours des années, baliseront ce qu’il est permis ou interdit de faire en ayant recours aux procédés fondés sur l’IA.

L’IA désigne ces capacités de traiter des masses gigantesques de données et d’information, de calculer des corrélations, de prédire, d’apprendre et d’adapter de façon automatisée des réponses aux situations changeantes. Cela permet des avancées majeures qui doivent bénéficier à tous. Le préambule de la Déclaration explique que « pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, il est possible de créer des systèmes autonomes capables d’accomplir des tâches complexes que l’on croyait réservées à l’intelligence naturelle ».

Mais l’IA vient avec son cortège de risques et de défis. C’est pourquoi formuler des principes directeurs pour le développement de ce type d’innovations est un préalable essentiel au développement de règles plus spécifiques qui viendront délimiter les droits et obligations des acteurs concernés par les processus ou les objets carburant à l’IA.

Des principes généraux

La Déclaration se décline en dix principes. On y affirme notamment que le développement et l’usage des systèmes d’IA doivent permettre d’accroître le bien-être de tous les êtres sensibles. Leur utilisation doit se faire dans le respect de l’autonomie des personnes et dans le respect de la vie privée. Les procédés fondés sur l’IA doivent aussi être compatibles avec les liens de solidarité entre les personnes et les générations. Ces systèmes doivent être soumis à l’examen et aux contrôles démocratiques. Ils doivent être compatibles avec la diversité sociale et culturelle. Leurs conséquences doivent être anticipées en fonction d’un principe de prudence. Le recours à de tels outils ne saurait avoir pour conséquence de déresponsabiliser les personnes qui y ont recours.

Ceux qui élaborent les lois ou d’autres normes trouveront dans ces principes directeurs les fondements légitimes au nom desquels certains usages de l’IA peuvent être permis ou interdits.

Les objets comme les véhicules autonomes, les jouets « intelligents » ou les médicaments connectés intégrant des technologies d’IA comportent forcément des normes par défaut. Les objets techniques ne sont pas neutres : ils permettent, autorisent ou interdisent. Les configurations par défaut des objets techniques comportent des régulations souvent mises en place dans le seul souci de répondre au « marché » sans égard aux exigences démocratiques. Ceux qui fabriquent des dispositifs comme les véhicules autonomes devront les configurer en reflétant les principes de la Déclaration.

Des principes à intégrer aux lois

Dans une société démocratique, les lois et les autres régulations, dont celles qui par défaut sont intégrées dans les objets intelligents, doivent reposer sur des justifications. Les valeurs exprimées dans la Déclaration de Montréal reflètent les consensus et justifient les exigences qui pourront être imposées par les lois aux usagers des objets et processus intégrant l’IA.

Des désaccords sont à prévoir sur l’ordre de préséance qui doit s’appliquer lorsque l’un des principes de la Déclaration viendra en conflit avec un autre. Est-ce que l’IA doit avant tout optimiser le bien-être de ceux qui sont déjà favorisés ou contribuer à mutualiser les risques de façon à protéger l’ensemble des membres de la collectivité ? Plusieurs des principes de la Déclaration vont se retrouver au coeur des argumentations que les divers groupes d’intérêts mettront en avant afin de justifier des lois réglementant la configuration des objets « intelligents ».

L’actualisation de certains des principes de la Déclaration va engendrer des remises en question des façons de faire. Par exemple, le principe de participation démocratique devra être concilié avec les revendications des entreprises à l’égard de leurs droits exclusifs sur les données qu’elles collectent et traitent au moyen des procédés d’IA. Il faudra aussi s’interroger sur la portée et les limites du principe d’équité et des exigences du consentement supposément libre et éclairé des individus et par lequel les grands joueurs industriels parviennent à accaparer la valeur des masses de données traitées par les procédés fondés sur l’IA.

Les choix sous-jacents aux dispositifs carburant à l’IA ne sont pas neutres. Cela devrait suffire à exiger leur conformité aux principes de la Déclaration de Montréal.

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Les risques de la fumée secondaire du cannabis sont minimes, selon des études

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Bien des gens redoutent d’être exposés involontairement à la fumée secondaire du cannabis de peur d’échouer à un test de dépistage ou d’être drogués sans le vouloir. Ces craintes sont-elles fondées ?

En raison de son illégalité, les études scientifiques sur le THC, l’une des composantes chimiques actives du cannabis, étaient jusqu’ici assez rares, de petite taille et souvent de faible qualité.

« À la suite de notre analyse de quelques études originales portant sur les effets sanitaires de la fumée secondaire de cannabis, nous constatons que la majorité d’entre elles présentent plusieurs limites », expliquent conjointement les chercheurs Patrick Poulin, Jean-Marc Leclerc et Annie Montreuil, de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), avec qui l’Agence Science-Presse a communiqué par courriel.

Même si les conséquences d’une exposition passive au THC présent dans la fumée secondaire du cannabis sont encore méconnues, quelques éléments se dégagent tout de même des études portant sur les effets physiques et psychologiques pouvant découler d’une telle exposition.

Dépistage positif : les limites

Une revue de la littérature, publiée en 2017 dans le Journal de l’Association médicale canadienne (CMAJ), basée sur 15 études expérimentales dont la qualité est jugée de « faible à bonne », nous apprend que l’exposition à la fumée secondaire du cannabis peut mener à la présence de THC dans les fluides corporels des non-fumeurs.

Plusieurs facteurs auraient une influence sur la quantité qu’on retrouvera dans leur sang, leur urine ou leur salive : concentration en THC du cannabis consommé, nombre de fumeurs présents dans la pièce, nombre de joints fumés durant l’expérience, concentration de fumée, intensité de la ventilation et durée d’exposition.

Les chercheurs de l’INSPQ expliquent que les « études ayant permis de détecter du THC chez des non-fumeurs intégraient une période d’exposition à de la fumée de cannabis provenant de plusieurs fumeurs, pendant quelques heures, dans un milieu fermé vraisemblablement mal ventilé ». Dans la vraie vie, ces conditions d’exposition sont rarement réunies.

Autrement dit, « on est beaucoup moins exposé au THC si on marche à côté d’un groupe qui fume sur le trottoir que si on passe une soirée dans une pièce mal aérée en compagnie de fumeurs de cannabis », explique Fiona Clement, l’une des chercheuses ayant participé à cette revue de la littérature.

« Mais si les conditions sont réunies, un non-fumeur pourrait tout à fait échouer à un test de dépistage de drogue », estime Mme Clement qui est également professeure associée à l’Institut O’Brien pour la santé publique de l’Université de l’Alberta.

Encore faudrait-il que ce dépistage soit effectué rapidement.

Des études ont démontré qu’il était peu probable que les composés du THC soient présents en quantité suffisante pour être détectés après une courte période de temps. C’est le cas, par exemple, de deux études publiées dans le Journal of Analytical Toxicology, la première établissant que le risque d’obtenir un résultat positif à la suite d’un test de salive était limité aux 30 minutes suivant une exposition passive, et l’autre concluant que les résultats positifs sont « probablement rares, limités aux heures qui suivent immédiatement l’exposition et ne surviennent que dans des conditions environnementales où l’exposition est évidente ». En bref, si on se fie aux études, cela semble possible, mais assez peu probable.

Des effets psychoactifs ?

Mais peut-on être intoxiquéà la suite d’une exposition à la fumée secondaire de cannabis ? Dans son article, le CMAJ souligne que, parmi les études retenues pour cette revue de la littérature, certaines rapportent des effets psychoactifs chez les non-fumeurs, mais que ces effets étaient plus faibles que ceux ressentis par les fumeurs.

L’une d’entre elles, également citée sur le site Web du National Institute on Drug Abuse, rapporte « des effets subjectifs légers » qui donnent une « impression de high » et « de légères altérations du rendement dans les tâches motrices » chez les non-fumeurs placés dans un espace confiné avec des gens fumant de la marijuana à haute concentration de THC.

Autrement dit, il semble possible de ressentir certains effets psychoactifs, mais ces effets seraient légers et restreints aux situations d’extrême exposition, peu communes dans la vie de tous les jours.

Limites des études existantes

Bien que les études produites ces dernières années apportent un éclairage incomplet sur les effets de ce type d’exposition, les questions qu’elles soulèvent ne sont pas sans intérêt.

« La légalisation du cannabis pourrait faire en sorte qu’une plus grande proportion de la population soit exposée aux substances actives présentes dans la fumée secondaire de cannabis. Nous pensons que la mise en place des politiques qui protègent ceux qui ne désirent pas être exposés ou qui sont les plus à risque, comme les enfants, est souhaitable, explique Mme Clement. Des recherches afin de mieux comprendre cette exposition passive doivent aussi être menées. »

Que dit la loi au Québec?

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