Recrutons des résidents en médecine d’ici et non des Saoudiens

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Pourquoi les universités canadiennes continuent-elles de recruter des résidents en médecine saoudiens ? N’oublions pas la menace de cette pratique sur notre système de santé. Alors que les hôpitaux essaient désespérément de remplacer plus de 1000 résidents en médecine saoudiens, il est clair que ces postes ne sont pas des ajouts temporaires, mais que les résidents en médecine qui viennent de l’étranger mobilisent d’importantes ressources pour la formation des médecins.

Les Canadiens ont exprimé haut et clair leur opinion voulant que nos ressources médicales et que nos formateurs en médecine soient utilisés pour former des médecins québécois et canadiens qui contribueront à notre système de santé dans le futur.

Si les Québécois veulent plus de médecins, ils doivent insister auprès des politiciens au gouvernement du Québec pour qu’ils financent plus de postes en résidence en médecine et que ces postes soient ouverts à tous les Canadiens qualifiés.

Ceci comprend les Canadiens bilingues qui ont obtenu un diplôme accrédité à l’étranger, sans que ça coûte quoi que ce soit aux contribuables. Espérons que nos écoles de médecine soient progressives et qu’elles voient dans cet événement l’occasion de promouvoir l’éducation et la formation de médecins québécois et canadiens.

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Meurtre d’un journaliste: les Saoudiens, des alliés toxiques

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Le meurtre présumé du journaliste Jamal Khashoggi au consulat de l’Arabie saoudite à Istanbul, en Turquie, vient rappeler à la face du monde l’inconfort dans les relations pernicieuses qu’entretiennent les régimes démocratiques occidentaux avec l’une des pétromonarchies les plus rétrogrades et les plus répressives du Moyen-Orient.

Selon des informations non confirmées, attribuées aux services de renseignement turcs, Khashoggi aurait été interrogé, torturé, tué et démembré par des agents saoudiens, le 2 octobre dernier, dans le consulat de l’Arabie saoudite à Istanbul. Le régime du prince héritier Mohammed Ben Salmane Al-Saoud a nié toute implication dans la disparition de Khashoggi, un ressortissant saoudien tombé en disgrâce en raison de ses critiques du régime.

À la suite d’un entretien avec le prince, lundi matin, le président américain, Donald Trump, a évoqué la possibilité que l’assassinat du collaborateur du Washington Post soit l’oeuvre de tueurs solitaires, une hypothèse qui sied à merveille aux intérêts saoudiens.

Pour M. Trump, c’est la dernière d’une suite d’explications sans l’apparence d’un fil conducteur. Dans les premiers jours de ce funeste feuilleton international, le président américain a minimisé l’importance de la disparition de Khashoggi, en indiquant qu’il n’était pas un citoyen américain. Samedi, il a menacé l’Arabie saoudite d’un « châtiment sévère » s’il s’avère qu’elle est impliquée dans la mort de Khashoggi. Dimanche, il a indiqué qu’il n’avait pas l’intention de suspendre les livraisons américaines d’armes à l’Arabie saoudite, de peur de perturber l’économie américaine. En réponse à cette escalade verbale, l’Arabie saoudite a exprimé son intention ferme de riposter à d’éventuelles sanctions.

   

C’est le fin mot de l’affaire. L’empreinte économique de l’Arabie saoudite sur les États-Unis est suffisamment importante pour que ceux-ci ménagent leurs critiques. La question ne pourrait se résumer à l’importation du pétrole saoudien et à l’exportation des armes américaines. Riyad est aussi un allié américain au Moyen-Orient. Un allié imparfait, répressif, insensible aux revendications pour l’avancement des droits de la personne, en particulier ceux des femmes. Le prince hériter se présente comme un réformateur, alors qu’il libère les forces répressives, à l’échelle intérieure et aussi au Yémen, théâtre d’une guerre impitoyable. Un allié imparfait, mais le seul sur lequel les États-Unis peuvent encore miser pour contenir l’autre puissance régionale au Moyen-Orient qu’est l’Iran.

Ce mélange d’intérêts économiques et géopolitiques explique en partie les réponses mesurées de Paris, de Londres et de Berlin, qui ont exigé une enquête impartiale sur la disparition de Khashoggi. Le Canada vend toujours des blindés à un régime qui flagelle les blogueurs et assassine les journalistes, a déploré aux Communes le député bloquiste Luc Thériault, en référence à l’emprisonnement de Raïf Badawi et à la disparition de Khashoggi.

La ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, n’a pas l’intention de faire marche arrière à ce chapitre. Le gouvernement Trudeau a sans doute gardé un amer souvenir de son intervention maladroite pour exhorter l’Arabie saoudite à libérer des militants pour les droits de la personne emprisonnés à tort, en août dernier. En riposte, Riyad a expulsé l’ambassadeur du Canada, en plus de suspendre les relations commerciales et les vols aériens entre les deux pays. Ainsi, la ministre Freeland s’est contentée lundi de joindre sa voix au concert des nations timorées, en exigeant à son tour une enquête « approfondie, crédible et transparente » sur la disparition de Khashoggi.

 

En résumé, le Canada va défendre l’avancée des droits de la personne, mais pas trop, et surtout pas au point de compromettre des relations diplomatiques déjà tendues à l’excès avec l’Arabie saoudite. Le moment est pourtant propice pour une intervention concertée des régimes occidentaux, dans la tradition du multilatéralisme, afin que le vent des réformes souffle plus fort que celui de la répression en Arabie saoudite. Depuis le printemps arabe, en 2011, le régime cherche à satisfaire les volontés d’émancipation du peuple et à moderniser ses institutions, sans rien céder de son pouvoir monarchique.

L’affaire Khashoggi, ne serait-ce que par l’indignation qu’elle suscite, offre un prétexte pour exiger plus d’efforts des Saoudiens, et non l’inverse.

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