Quand les problèmes sociaux se retrouvent dans la cour de la police

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Les policiers sont de plus en plus amenés à intervenir auprès de populations en situation de grande vulnérabilité et d’itinérance. […] La précarité du marché du travail, l’absence d’un revenu de base décent, la pénurie chronique de logements abordables et les difficultés d’accès au système de santé et de services sociaux contribuent à l’augmentation du nombre de personnes qui se retrouvent en situation de grande précarité, d’itinérance et de désaffiliation sociale. S’ajoutent à cela les enjeux […] vécus par les communautés autochtones et inuites, dont plusieurs membres migrent dans les villes, se butent à de grandes difficultés, perdent leurs repères et se retrouvent en situation d’itinérance. Les autorités s’en remettent de plus en plus au droit pénal et criminel et à la sécurité publique pour « gérer » les problèmes sociaux de pauvreté, de santé mentale, de toxicomanie et d’itinérance.

Le rôle joué par la police est double. D’une part, elle surveille, contrôle, sanctionne et judiciarise de façon disproportionnée les populations marginalisées. Les effectifs destinés à la lutte contre les « incivilités » (consommation d’alcool sur la voie publique ou le tapage), souvent reliées au mode de survie des personnes en situation d’itinérance ou de troubles mentaux ou de dépendance, tendent à augmenter. Intervenir en réponse à un sentiment subjectif d’insécurité suscitée par la présence de personnes marginalisées fait souvent fi du fait que ces dernières ont droit elles aussi à la sécurité publique. Elles sont généralement plus à risque de subir de la violence que d’en causer.

D’autre part, ces mêmes policiers ont également le mandat de venir en aide à ces personnes lorsque des circonstances mettent en jeu leur sécurité ou celle d’autrui, notamment lorsqu’une personne se retrouve en crise ou atteinte de troubles mentaux. Les autorités policières admettent que ces interventions représentent une part significative de leur travail et que la formation policière traditionnelle ne les prépare pas suffisamment à intervenir adéquatement auprès de cette population.

Comment faire mieux ?

[…]

Il est inacceptable que perdurent autant de décès, de dérives, de pratiques de profilage et d’abus à l’égard des populations marginalisées. Les solutions à mettre en place pour améliorer les pratiques policières d’intervention […] sont connues et documentées. Le rapport du coroner Malouin à la suite du décès d’Alain Magloire, celui issu de la consultation publique sur la lutte contre le profilage social et racial de la Ville de Montréal, les publications de groupes de défense de droits […] en proposent plusieurs.

Il faut revoir qui est le plus apte à intervenir auprès des personnes itinérantes ou en crise et investir afin d’augmenter le nombre d’intervenants sociaux et de travailleurs de rue et de proximité. Il faut établir un partenariat solide entre les organisations policières, le système de santé et les organismes communautaires et ainsi bien définir et préciser les rôles de chacun. Il est primordial que tous les agents reçoivent une formation obligatoire sur les réalités et les interventions adaptées auprès des différentes populations vulnérables et marginalisées. […]

Les équipes mixtes spécialisées en itinérance et en santé mentale du Service de la police de la Ville de Montréal (SPVM), réunissant des policiers spécialement formés et des intervenants du réseau de la santé, ont fait leurs preuves […]. Ces équipes ont développé une expertise et des approches plus adaptées. Cependant, elles ne rejoignent pas toutes les personnes dans le besoin et leur approche ne contamine pas suffisamment les pratiques de l’ensemble du corps policier.

Les solutions impliquent une profonde révision des orientations des services de police, notamment celles qui sont liées à la lutte contre les incivilités, des protocoles traditionnels d’intervention et des règles d’engagement de l’arme à feu. Les services de police doivent se donner des directives […] visant à éliminer le profilage social et à diminuer la judiciarisation des personnes marginalisées.

En finir avec l’impunité policière

Pour rétablir les droits fondamentaux des populations vulnérables, réparer le bris de confiance envers l’organisation policière et assurer un contrôle des pratiques policières par les citoyens, il faut en finir avec l’impunité policière, rendre plus accessible et démocratique le système de recours, et sanctionner les comportements problématiques au sein du corps de police.

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Maires et mairesses otages des commentaires haineux sur les médias sociaux

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Outil indispensable du politicien 2.0, le réseau social peut vite déraper. Le maire de Tracadie l’a appris à ses dépens.

Denis Losier s’active sur Facebook tous les jours à travers ses pages personnelle et professionnelle. Mais son activité prendra fin lundi soir.

Je prends la décision de fermer mon compte parce qu’au niveau familial, ce n’est pas facile, admet le maire de Tracadie.

Dans la société on a l’intimidation, sur les médias sociaux c’est de la cyberintimidation.

Denis Losier, maire de Tracadie
Denis LosierDenis Losier, maire de Tracadie Photo : Radio-Canada

M. Losier avait adopté Facebook comme tant de ses homologues pour communiquer avec le plus grand nombre de concitoyens, mais il avait sous-estimé la virulence des électeurs.

Les gens pensent qu’on a toutes les solutions, c’est faux, révèle le maire. On est des humains.

Il ne craint pas la critique, mais la forme qu’elle prend sur une page Facebook ou Twitter est plus déshumanisante.

Oui, on a fait les manchettes dans les journaux, à la radio, à la télé, mais les médias sociaux sont une porte d’entrée qui fait plus mal parce que c’est beaucoup de gens en même temps, explique le maire.

Combattre la haine avec le sourire

Denis Losier n’est pas la seule victime de cette haine déversée par les trolls et agitateurs sur les médias sociaux.

Bien décidés à poursuivre leur présence en ligne, les trois maires du Grand Moncton ont participé à une lecture publique de gazouillis disgracieux à leur égard dans le cadre du festival Hubcap samedi.

@aseamans1 je me demande la part du budget qu’elle dépense pour teindre ses cheveux, a déclamé la mairesse de Riverview, Ann Seamans, devant les spectateurs.

Je suis blonde naturelle, a-t-elle répliqué, avec un sourire narquois.

La méchanceté, l’humour et le pathétique se côtoient parfois dans les envolées de moins de 280 caractères sur Twitter.

@mayormoncton le centre-ville sent la pourriture, c’est peut-être “Dawn of the Dead” Arnold, a lu la mairesse de Moncton, Dawn Arnold, en éclatant de rire.

J’ai de la difficulté à croire que des gens peuvent écrire des choses aussi virulentes et agressives envers ma collègue la mairesse de Moncton, s’est étonné le maire de Dieppe, Yvon Lapierre.

Tous s’entendent, c’est dans les sections commentaires des médias traditionnels en ligne que se retrouvent les mots les plus durs, malgré les modérateurs qui gèrent la nétiquette.

C’était presque cathartique de lire les tweets terribles, s’est étonnée Dawn Arnold. La mairesse de Moncton n’a jamais songé à fermer ses comptes Facebook, Instagram et Twitter pour autant.

Je suis plus résiliente qu’au début, c’était difficile pour moi.

Dawn Arnold
La mairesse de Moncton, Dawn Arnold.La mairesse de Moncton, Dawn Arnold. Photo : Radio-Canada

Le temps lui a appris que tous ces commentaires n’avaient absolument rien de personnel. Dans certaines publications, l’auteur ne savait même pas que Moncton a élu une femme comme mairesse.

Il y a des commentaires sur mes vêtements, mais mes vêtements viennent de [la friperie] Frenchy’s, soulève Mme Arnold avec ironie.

Heureuse de l’effet libérateur de la lecture publique, la mairesse de Moncton compte répéter l’expérience pour éduquer le public à converser respectueusement en ligne.

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Un nouveau conformisme à l’ère des médias sociaux

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La manière dont est produit le conformisme actuel tient dans une importante mesure au fonctionnement même des médias sociaux, et plus précisément à des biais cognitifs auxquels ils peuvent nous faire succomber. Le point de vue de Deb Roy, un spécialiste américain de la question, est aussi le mien : « Nous nous sommes tous retirés dans des recoins virtuels ultrapartisans, ceci en bonne partie à cause de ces compagnies possédant Internet et les médias sociaux, lesquelles déterminent ce que nous voyons en fonction de ce sur quoi nous avons préalablement cliqué et qui nous redonnent ensuite plus de contenu similaire. En bout de piste, les points de vue opposés aux nôtres sont écartés et nous nous retrouvons uniquement avec du contenu qui renforce ce que nous pensions dès le début. » […] À cause de nos biais cognitifs, nous tendons à ne plus voir ou entendre que ce qui confirme notre position, et à ne plus voir ni entendre ce qui risquerait de l’infirmer ou de nous amener à la nuancer. Nous tendons à adopter une même solution ou une même réponse face à un problème donné, et à l’appliquer systématiquement […].

Ces effets sont bien documentés et nous font courir un grave danger : celui de devenir aveugles à ce qui pourrait bien ne pas conforter notre point de vue ou notre vision des choses mais serait néanmoins vrai, ou partiellement vrai. Pensez à cette masse d’informations qui passent devant nos yeux et qu’on « retweete », republie ou commente, parfois instantanément ou presque. La conversation démocratique est ici autant mise à mal que la pensée critique individuelle. Une étude récente parue dans Nature mettait d’ailleurs en garde contre le fait que le faux, dans ce monde virtuel, se propage plus rapidement que le vrai, toutes catégories d’informations confondues (et plus encore le faux concernant le politique…), et que ce sont les humains, et pas les robots, qui en sont la cause. […] Je soutiens que la polarisation et la radicalisation sont des effets probables de ces modes de pensée, de discussion et d’interaction et que le conformisme prend alors des formes passablement inédites, et pas seulement par leur ampleur.

Théories de l’identité

Mais il me semble que, à en rester là, on manque quelque chose d’important qui caractérise le conformisme actuel ; et c’est pour le mettre en évidence que j’avance ma deuxième hypothèse, qui concerne les théories dites de l’identité. […] Le postmodernisme désigne, comme on le sait, un ensemble de thèses avancées par des auteurs français à partir des années 60 et qui se sont répandues dans les universités, puis ailleurs dans notre culture. […]

S’expriment aussi dans le postmodernisme une grande sensibilité envers le langage en tant qu’il déploie le pouvoir ; l’idée que les idéaux des Lumières, malgré ce qu’il peut sembler, sont en réalité oppressifs et constituent le masque du colonialisme, du sexisme, du patriarcat, du capitalisme, du racisme et ainsi de suite ; un relativisme des valeurs fondé sur un rejet de l’idée de progrès chère aux Lumières parce qu’elle serait illusoire ; un rejet du libéralisme politique et de sa prétention universelle ; et une prééminence accordée à la subjectivité. Ces idées ont ouvert la voie aux politiques actuelles de l’identité. Elles modifient considérablement les termes dans lesquels se conçoivent et se mènent les luttes sociales et politiques. Là où, au nom d’un universalisme libéral, on réclamait pour l’individu la fin des injustices qu’il subissait par défaut d’étendre à lui ce qu’avance cet universalisme, on en vient à ne considérer l’individu qu’en tant que membre d’un sous-groupe donné, à demander que l’on accorde de la valeur, voire toute la valeur à ce qui caractérise ce groupe et son expérience particulière. […] Je ne peux pas me risquer ici à soupeser les mérites respectifs de ces deux approches, l’universalisme libéral, largement inspiré des Lumières, et les politiques de l’identité, inspirées du postmodernisme. Mais il me semble clair que les théories de l’identité, en l’absence de critères objectifs de vérité et de valeur, risquent fort de conduire à des discussions très polarisées, où la sensibilité au langage occupe une grande place, et où des accusations de faute morale sur fond de vertu autoproclamée prendront aisément la place des faits et des arguments.

Le conformisme actuel ressemble souvent à cela, chacun étant renvoyé à son groupe et sommé de s’y identifier et d’entrer dans la lutte — à partir d’injonctions morales données comme aussi vertueuses que décisives et de sommations à se taire adressées aux récalcitrants. Les appels à l’émotion, les postures victimaires, l’invocation de l’expérience personnelle, la censure tiennent alors trop souvent lieu d’arguments.

 

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Santé et services sociaux: se redonner une vision

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D’abord, s’occuper des personnes. S’occuper des personnes, c’est d’abord s’occuper des patients. Le nouveau gouvernement a la responsabilité énorme de réussir à garantir l’accès aux services dans des temps raisonnables, que ce soit pour un médecin de famille, un rendez-vous avec un spécialiste, la visite aux urgences, le diagnostic d’un enfant autiste, l’obtention de services professionnels psychosociaux, etc.

S’occuper des personnes, c’est aussi s’occuper des professionnels, des gestionnaires, de tout le personnel du milieu de la santé. Le réseau a vécu des changements drastiques depuis plus de quatre ans. Le taux d’absentéisme dans le réseau est très élevé et témoigne d’une perte de sens, d’une démotivation. Il est grand temps qu’on se préoccupe de la mobilisation du personnel.

La gouverne du réseau doit changer radicalement. Le fameux mode de gestion top down doit cesser. Cette période a été marquée par les normes et l’approbation de tout par le ministère. Le rôle du ministère est pourtant d’orienter, de planifier, d’évaluer et de contrôler, mais la gestion doit être laissée aux établissements qui donnent les services.

Les établissements doivent maintenant se rapprocher de leur communauté et associer plus étroitement les citoyens et citoyennes à l’organisation des services. Une démocratisation de la santé s’impose. C’est à cette condition qu’il sera possible d’introduire des innovations, de réaliser et de tester de nouveaux projets, de nouvelles approches modernes.

Préparer l’avenir

Pour réussir à bien s’occuper des personnes, il faut se redonner une vision et préparer l’avenir. Il faut redéfinir une vision basée sur les services et non sur les structures. Faute d’une telle vision, on intervient à la pièce, problème par problème. Il y a un vaste chantier à mettre en place pour évaluer où nous en sommes quant à l’accès, à l’intégration des services, à la continuité et à la fluidité.

Ce chantier doit se pencher sur les besoins futurs des Québécois en matière de santé d’ici 10 ans. La réalité des besoins évolue avec le vieillissement et de nouveaux problèmes de santé et de bien-être émergent. Les personnes bénéficient de nouveaux traitements, vivent plus vieilles. Les besoins changent. La façon de traiter, de soigner évoluera de plus en plus rapidement. Pensons aux nouvelles technologies, aux nouveaux médicaments, à la télémédecine, à l’intelligence artificielle, etc. Des procédures aujourd’hui spécialisées deviendront demain des services de proximité qui seront accessibles en clinique ou à domicile.

Il faut prendre le temps de définir les services de demain. Une approche globale et interdisciplinaire s’imposera de plus en plus et les différents types de professionnels devront partager le service auprès des clients. Les usagers seront de plus en plus informés et exigeants quant au traitement de l’information les concernant. Nous assisterons à un virage et à une approche plus ancrés dans le milieu de vie des individus. Les professionnels seront appelés à aller plus souvent à domicile. Ce sera la nouvelle norme.

Comment relever le défi ? En réunissant des experts, des gestionnaires, des citoyens, des usagers, des intervenants, et en prenant le temps de regarder l’avenir de façon pragmatique, de se donner des objectifs et de faire un plan de match. Cela peut se faire dans un temps relativement court, tout en nous inspirant de ce qui se passe ailleurs.

Ce n’est qu’avec une telle vision que le contrat social avec les différents professionnels, dont les médecins, et avec leurs syndicats, pourra être revu pour notamment décloisonner des tâches professionnelles, déléguer des actes et faciliter le travail interprofessionnel.

Cette vision devrait aussi promouvoir la contribution pleine et entière des citoyens et citoyennes à leur santé et au système de santé et de services sociaux.

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Des logements sociaux dans l’ancien hôpital chinois de Villeray

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Montréal entend faire l’acquisition de l’ancien hôpital chinois situé dans Villeray afin de le convertir en logements sociaux. La Ville versera 3,6 millions de dollars pour l’immeuble laissé vacant depuis près de 20 ans.

Le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal tente depuis des années de vendre l’immeuble, jugé excédentaire. Lors du lancement d’un appel public de propositions en 2014, les autorités avaient reconnu que les acheteurs ne se bousculaient pas pour mettre la main sur l’immeuble compte tenu des frais liés à sa mise à niveau.

Ces coûts étaient alors estimés à plus de 7 millions.

En avril dernier, Montréal a cependant manifesté son intérêt pour l’immeuble et déposé une lettre d’intention d’acquisition, indiquent des documents de la Ville que Le Devoir a pu consulter.

Le site représente « une rare opportunité » par sa localisation et sa superficie, peut-on lire dans ces documents. Situé au 7500 de la rue Saint-Denis, à l’angle de la rue Faillon, l’immeuble a une superficie de 1800 mètres carrés. Il se trouve dans un des trois arrondissements montréalais où les besoins en matière de logements sociaux sont les plus criants.

La Ville estime que le bâtiment pourrait accueillir entre 35 et 55 logements sociaux et communautaires. Elle entend toutefois revendre l’immeuble à un organisme sans but lucratif en habitation — dont l’identité n’est pas encore connue — qui se chargera de la réalisation d’un projet de logements. D’ici cette vente, la Ville assumera les coûts de maintien et de sécurisation de l’immeuble, ce qui représente un montant de 156 000 $ par année.

L’immeuble sera vendu à la Ville sans caution judiciaire, bien que les dépenses que la Ville assumera pour sa décontamination se limiteront à 150 000 $. Toute dépense excédentaire sera soustraite du prix de la transaction. Les documents de la Ville ne donnent pas de détails sur l’état du bâtiment.

Au rôle foncier, la valeur de la propriété atteint 4,15 millions, mais, selon la Ville, sa valeur marchande est plutôt de 3,5 et 3,9 millions. Un bail lie l’hôpital à un locataire, TM Mobile Inc., mais la Ville souhaite que cette entente soit résiliée avant de conclure la transaction.

La controverse de 2010

L’hôpital de la rue Saint-Denis avait été construit dans les années 1960 afin de mieux desservir les patients d’origine chinoise, qui se trouvaient trop à l’étroit dans leur bâtiment situé au centre-ville. Dans les années 1980, les autorités ont toutefois jugé que l’hôpital était trop loin de sa clientèle vieillissante. Celui-ci a donc de nouveau été relocalisé, cette fois sur l’avenue Viger.

En 2010, la Régie régionale de la santéet des services sociaux du Nunavik (RRSSSN) avait entrepris des démarches afin d’aménager un centre d’hébergement dans l’ancien hôpital inutilisé depuis 1999.

Ce service devait accueillir les Inuits venus à Montréal pour recevoir des soins spécialisés. Mais l’opposition avait été vive de la part de certains résidents qui redoutaient des problèmes de toxicomanie et de criminalité dans le quartier. Des tracts avaient même été distribués.

De son côté, la mairesse d’arrondissement de l’époque, Anie Samson, avait remis en question le choix du site, disant craindre des incivilités. La controverse avait finalement incité la RRSSSN à renoncer à son projet.

Objectif 12 000 logements

Depuis son élection l’an dernier, la mairesse Valérie Plante insiste sur l’importance de réaliser des logements sociaux et abordables. Lors de la campagne électorale, elle avait d’ailleurs promis la construction de 12 000 logements sociaux et abordables au cours de son mandat de quatre ans.

Depuis l’adoption de la loi sur le statut de métropole, Montréal détient davantage de pouvoirs en matière d’habitation.

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Conséquences cachées de la loi 10 sur les services sociaux aux jeunes

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Dans le bilan du gouvernement libéral, on ne cessait de parler des médecins, des hôpitaux, laissant toujours dans l’ombre les impacts de la loi 10 sur les services sociaux. Bien sûr, l’hypercentralisation des décisions à Québec, avec l’abolition des agences régionales de santé et de services sociaux et la fusion massive d’établissements pour créer les immenses CISSS et CIUSSS ont été relatés. Le but était d’économiser en mettant ensemble les services administratifs et de soutien de tous ces établissements. Je souhaite attirer l’attention sur un milieu que je connais bien, celui des centres jeunesse.

La recette miracle des économies semble toujours être de fusionner les établissements, sans égard aux bouleversements que cela engendre pendant des années sur tout le personnel concerné et sur la qualité des services offerts aux jeunes et à leurs parents. Cette recette a été imposée à répétition aux établissements publics donnant des services sociaux et de réadaptation aux jeunes en difficulté, qui, dans les années 1980, ont connu plusieurs regroupements ou fusions avant que la réforme de 1993 ne les fusionne tous par région pour devenir les centres jeunesse (CJ).

À Montréal, de longues années de chaos se sont succédé avant qu’une organisation solide tant au plan clinique qu’administratif prenne forme. Malgré des compressions exigées chaque année, le centre jeunesse avait réussi à offrir des services cohérents, soucieux des droits et besoins de ses usagers. Sans être un établissement parfait, il avait réussi à rassembler ses acteurs venus d’horizons divers dans une mission commune aux valeurs partagées, avec des assises cliniques et scientifiques en évolution.

Voilà en 2015 que se déploie la loi 10, signifiant pour les CJ une fusion avec des établissements de tout autre nature, faisant passer le nombre d’employés d’environ 3 000 à 15 000. Cette fois, il n’est plus question de marier quelques professions au service d’une clientèle précise, mais bien d’arrimer 45 professions et techniques, majoritairement dédiées à la santé et pour une clientèle aux besoins disparates, de 0 à… 105 ans.

Humains en souffrance

Dans cette fusion orientée santé, les particularités de l’intervention auprès de jeunes en difficulté comportementale et relationnelle n’ont reçu ni attention ni compréhension. Le mot d’ordre est « optimiser, uniformiser, harmoniser », donc réduire le plus possible les coûts en ménageant les apparences. La méthode de gestion préconisée est celle qui prévaut en usine : la méthode dite « Toyota » ou « Lean »; les processus sont analysés comme sur une chaîne de montage et on fait la chasse aux pertes d’énergie, de temps ou d’argent.

Si cela est souhaitable, cela ne devrait pas se faire en s’imaginant que des humains en souffrance, parfois assez désorganisés, vont se comporter comme des boîtes de conserve. Travailler auprès de personnes ayant des difficultés personnelles multiples et tenter de leur venir en aide avec humanité et compétence requiert un travail d’équipe multidisciplinaire et du temps pour réfléchir. Travailler en relation d’aide suppose justement une relation, et la difficulté pour la créer dans ce contexte semble importer peu aux décideurs.

Dans la vision de la haute administration, ces particularités sont vues comme des dépenses inutiles, si bien que le centre jeunesse a été dépouillé d’une quantité importante d’effectifs qui soutenaient les intervenants, donnant maintenant leur temps à d’autres clientèles que les jeunes en difficulté. La vision du gouvernement a été de ne préserver que les services directs aux usagers, pour pouvoir dire à la population « On n’a rien enlevé à la clientèle », mais c’est une vérité trompeuse, car nombre de professionnels (formation, services professionnels, juridiques, recherche, pour ne nommer que cela) ne sont plus là pour collaborer à la qualité des services aux usagers. Les intervenants et leurs gestionnaires sont laissés sans le soutien requis pour faire face aux défis de l’intervention avec une clientèle souvent involontaire.

Loin de moi l’idée de dire que la clientèle des CJ est la seule qui s’est fait prendre des ressources en coulisses, sans bruit. La loi 10 a obligé nombre d’établissements à perdre leur identité, à disséminer leur personnel et à désintégrer ce qui était souvent des communautés de travail à échelle humaine où on aimait oeuvrer. Toutefois, la mission services sociaux est toujours passée loin derrière la santé et cette mégaréforme démantèle en silence ce que des générations d’intervenants ont peiné à bâtir.

Gérer les services de l’État en matière de services sociaux et de santé comme une entreprise qui doit faire du volume chiffré est une garantie assurée de déshumanisation, tant pour les usagers que pour le personnel.

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