Sortir de l’économie surdimensionnée | Le Devoir

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Paru cet automne, le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a fait couler beaucoup d’encre. Mais il faut bien constater, après coup, que rien de clair ni de structuré n’en ressort de la part de nos politiques. Il faut pourtant bien réduire nos émissions de carbone de 45 % d’ici 2030.

On tourne en rond au Québec comme partout ailleurs, dans les milieux politiques comme dans celui des affaires. On ne sait pas par quel bout commencer parce qu’il n’y a pas de compréhension du problème fondamental pourtant gros comme l’éléphant dans la pièce : le consumérisme ! Non pas la seule consommation individuelle, mais plutôt le système économique sous-jacent dans lequel nous sommes empêtrés, depuis l’extraction jusqu’au site d’enfouissement, qui ne propose rien d’autre qu’une abondance sans fin de produits obsolètes sans prise en compte des limites des ressources et des exutoires.

Einstein disait qu’on ne peut pas trouver de solution à un problème avec le même schéma de pensée qui a servi à le créer. Alors, tenter de plaquer de nouvelles façons de se déplacer, de s’alimenter, d’aménager le territoire, d’y travailler et de s’y loger sur la même structure économique (le consumérisme) est irréaliste. Donner l’illusion que l’on peut développer des façons de vivre soutenables dans l’économie mondialisée qui règne est illusoire. Il faut être réaliste : la mondialisation a atteint une taille surdimensionnée, et tenter de la rendre soutenable est impossible. C’est pourtant à cette folle idée que les leaders nous convient tous les jours, idée qu’avec plus d’efficacité et une meilleure productivité on réglera tout.

Le rapport du GIEC est on ne peut plus clair, mais ses scientifiques se gardent bien de donner la recette pour nous éviter la catastrophe qui se dessine à l’horizon parce qu’elle n’est pas scientifique, elle est politico-socio-économique : s’extraire de cette économie surdimensionnée, un « consumerexit ». Ça commence par changer d’échelle en se redéployant à une échelle compatible à celle de la planète. Et ce changement d’échelle prend forme par le redéploiement soutenable de l’économie locale (soutenable étant le mot-clé) afin de métamorphoser nos façons de faire, de produire, de fabriquer, de distribuer et de vendre pour qu’elles soient soutenables sur le plan environnemental, social et économique. Il faut faire moins (le nécessaire) et mieux, émettre le moins possible de carbone, concevoir pour fabriquer localement des objets de tous les jours soutenables, ceux de la maison, du bureau, et de nos loisirs.

La capacité est là au Québec comme dans d’autres provinces (en fait, presque partout) pour fabriquer cette « soutenabilité » : nous avons de nombreuses petites et moyennes entreprises d’usinage et de transformation capables d’exécuter localement, demain matin, ce que nous savons concevoir, c’est-à-dire tout ; il suffit d’intégrer le mot soutenable au processus. Et puis, nous, nous avons des montagnes de matériaux à disposition qui s’empilent en ballots derrière les centres de tri, presque gratuits et surtout décarbonés (comparés aux matériaux provenant de l’extraction des ressources naturelles et des procédés subséquents), qu’il suffit de collecter et de trier correctement cette fois-ci ; et il y a plus encore si l’on se tourne vers les écocentres, où il suffit de démonter tous les produits et équipements qu’on y apporte pour obtenir des matériaux de qualité supérieure. RecyQuébec peut-elle, à l’instar d’Hydro-Québec, devenir la prochaine grande entreprise d’État ? Moins 45 % d’émissions de carbone d’ici 2030 est un défi énorme, et les solutions pour y arriver sont là.

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Maisons «shoebox»: sortir de la boîte

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Depuis le mois de mai 2018, les demandes de permis pour des projets de transformation et de démolition des maisons dites shoebox ont été gelées par les élus dans l’arrondissement Rosemont–La Petite-Patrie, afin de prendre le temps d’élaborer un règlement qui les encadrerait. […]

Selon l’arrondissement, il semble que, bon an mal an, de 6 à 12 maisons de ce type font place à de nouvelles constructions. À ce rythme, on voit d’abord mal l’urgence d’imposer soudainement un moratoire aussi total, alors qu’il y en a environ 560 dans Rosemont–La Petite-Patrie seulement et plusieurs centaines d’autres dans le reste de la ville. Une urgence d’autant plus discutable lorsqu’on sait que près de 40 % de ces maisons de l’arrondissement sont déjà en grande partie protégées, puisqu’elles sont situées dans des « secteurs significatifs », rendant leur démolition déjà très compliquée.

Ensuite, le projet de règlement qui a finalement été présenté le 2 octobre vise à conserver la presque totalité des façades actuelles, tout en permettant des agrandissements de deux à trois étages de hauteur, en retrait de la façade préservée. Par une série de règles strictes, il enfermerait dans un carcan tous les projets d’agrandissement ou de transformation, en imposant une recette rigide qui enlèverait toute possibilité de solution architecturale originale ou créative à chacune.

Précisons que ce projet fut rédigé à l’interne, sans consultation auprès des propriétaires, ni auprès d’architectes externes ou d’organismes de protection du patrimoine. L’intention des élus est d’étendre par la suite ce règlement à l’ensemble des autres arrondissements.

Valorisation

Mais à la base, de quoi parle-t-on au juste ?

Les particularités architecturales principales des façades des shoebox sont d’être composées d’un seul étage, d’avoir une porte au centre d’un parement de brique et d’être munies de deux fenêtres souvent de petites dimensions de chaque côté de la porte. Ces particularités valent-elles vraiment la peine d’être sauvegardées ? Ces caractéristiques enrichissent-elles tant le paysage urbain qu’il vaille la peine d’imposer aux propriétaires un règlement particulier, en plus de ceux qui existent déjà, pour les perpétuer?

Malgré toute l’estime que nous pouvons porter aux ouvriers qui sont venus s’établir dans le quartier au début du XXe siècle et qui ont construit ces maisons pour se loger du mieux qu’ils le pouvaient, force est de constater que ces habitations ont été bâties avec des matériaux modestes et économiques qui n’étaient certainement pas destinés à perdurer plusieurs décennies.

Ces maisons ont-elles une valeur sociale ou historique ? C’est une question qui pourrait être posée à des spécialistes de ces domaines. Mais ont-elles une valeur architecturale hors du commun ?

Quand nous pensons à une shoebox, certains voient une petite maison munie d’un joli couronnement, une façade avec un jeu de briques élaboré, une belle marquise de bois, parfois une galerie et un escalier invitant. Bien qu’une partie de ces maisons possèdent ces particularités, la réalité est tout autre pour la grande majorité d’entre elles. La plupart ont aussi subi plusieurs transformations au cours des décennies, parfois heureuses, mais souvent pauvres et sans considération pour le bâti d’origine.

Non seulement ce règlement empêcherait de créer de nouveaux bâtiments harmonieux qui répondraient aux besoins de leurs propriétaires, mais il mettrait plutôt en valeur des façades en fait banales et sans intérêt architectural véritable, dans une étrange nouvelle typologie stéréotypée, un « façadisme » qui ne serait satisfaisant pour personne.

La grande majorité des propriétaires n’ont jamais pensé un seul instant qu’ils acquéraient un bien patrimonial en achetant une modeste shoebox, pour la simple et bonne raison que la grande majorité n’en a pas les qualifications. Plusieurs les ont acquises parce qu’elles permettent des agrandissements et des transformations intéressantes pour eux et leur famille, en tenant compte des normes énergétiques du XXIe siècle et non celles du siècle passé. Le règlement leur imposerait soudainement des contraintes importantes et souvent même insurmontables, à grands frais et à l’encontre de leurs objectifs légitimes. Il serait aujourd’hui injuste de leur faire porter tout le poids financier d’une restauration et d’une cristallisation sentimentale que les élus veulent imposer, alors qu’aucune étude historique sérieuse ni aucune étude d’impact économique sur la valeur de leurs propriétés n’a été faite.

Pour valoriser ces habitations et leur donner leur juste place, il serait plus judicieux de les documenter par des relevés photographiques exhaustifs et d’encourager les propriétaires, par des incitatifs financiers et sur une base volontaire, à restaurer les quelques maisons — et autant que possible pas juste les façades — qui en valent vraiment la peine.

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Sortir de l’électoralisme, prise II

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L’élection du 1er octobre dernier n’a cessé de se donner comme l’ultime parole démocratique dont nous devrons nous accommoder pour les quatre années à venir. Or, la scène électorale n’est pas seulement absolue, elle est aussi relative. Elle est absolue parce qu’elle impose ses règles, son hégémonie et se donne comme unique expression légitime reconnue par l’État de la diversité des choix et des options démocratiques. Mais elle est en même temps relative dans la mesure où elle s’articule à une autre scène, celle de la société civile, espace de rêves et de combats, d’intérêts libres et souvent sauvages, de rivalités et de conflits, institutionnalisés ou pas.

La scène électorale, parce qu’elle est sélective, occulte pour une grande part la richesse multiforme de la société civile et sa capacité de penser le réel dans sa contingence. La dernière élection a été symptomatique à cet égard. Elle a représenté un des plus grands camouflages des aspirations humaines qui définissent une société. Aspirations humaines ? Oui, rêves d’égalité et de sens, société en contrôle sur ses propres excès, soif d’autodétermination, soif de culture et de rapports à soi plus éclairés, etc.

L’élection, au-delà du vaste marchandage qu’elle est devenue, est le rétrécissement dans des cages d’oiseaux de tous les projets dignes de la vision humaniste que l’on peut échafauder quand la politique électoraliste nous laisse un peu respirer. Cet espace de rêves n’a pas été le moindrement esquissé, ni par le parti élu ni par ses adversaires. La contrainte électoraliste a pesé sur tous les partis.

Or le Parti québécois ne devrait pas être un parti comme les autres. Quand on le sort des rouages de la ruse politicienne, le PQ, par sa propre vocation qui est d’incarner l’expression démocratique la plus fondamentale, la formation en État, ce parti se doit d’être exemplaire par sa capacité de profondeur, de prévision, par le sens de sa responsabilité sociale à l’égard de tous, par l’obligation de faire lien entre le rêve et la réalité, ce qui ne signifie pas justement de quitter l’un au profit de l’autre. Si on se doit de saluer sa tentative réfléchie pour tenter une alliance avec le parti qui l’a par la suite dénigré et diminué, il n’a pas su puiser dans ce qui l’avait porté à souhaiter une convergence avec Québec solidaire pour sortir de son isolement. Il faut se ressaisir. Il faut occuper une autre scène que la scène strictement parlementaire. Il ne s’agit pas de diminuer l’importance de l’instance législative et de ses acteurs, forme indispensable d’une saine démocratie.

Cependant, pour le Parti québécois, la scène électorale, à condition de ne pas se laisser enfermer dans les diktats de la politique politicienne, ne devrait être autre que l’expression plus ou moins réduite, plus ou moins vive, d’un projet plus large, ce souffle qui devrait émerger de la société dans ce qu’elle est un horizon de liberté, de rêve, un désir. Rêver, c’est la capacité de se situer dans un au-delà de ce qui se donne comme évidence, fatalité, c’est saisir le caractère contingent de ce qui se donne comme vérité absolue en voulant inscrire une réalité nouvelle, transformer cette contingence.

Trois chantiers

Je voudrais proposer trois chantiers qui devraient faire rêver les acteurs d’une nouvelle mobilisation favorable au lien parti/société. A) En tout premier lieu, il va de soi, relancer le projet de souveraineté, foyer d’ardeur et de conviction d’une bonne partie de la société québécoise qui impose de se demander comment ramener dans les rangs de la société civile, avant ceux du parti, les forces vives que le calcul électoral a éloignées de son mouvement. B) Entreprendre ensuite le renouvellement de la forme/parti, en y faisant place à la créativité de la société civile qui devrait lui présider. C) Enfin, en troisième lieu, viser le passage de l’idéologie des droits individuels à la formation en sujet(s) politique(s) par la valorisation de la volonté critique, par le développement du sens de l’autonomie politique qui devrait passer par la conscience de construire une nation propre en vue de se donner un État plutôt que par le souci d’enjoliver un dit « État fédéré ».

Le PQ, celui des vingt dernières années, a rampé sur les acquis d’un héritage à repenser. Sa forme, son discours, de plus en plus instrumental, ont de plus en plus aveuglé sa base sur ses propres forces. Sortir de la forme/parti pour s’ouvrir à la forme/société, c’est déjà laisser entrer à l’Assemblée nationale un discours plus subversif que ce que prescrivent les calculs de rentabilité électorale. La part du Parti québécois à la tribune parlementaire devrait être une parole d’élévation. Le Québec en lui-même est une chance démocratique en Amérique du Nord. Le Québec n’est pas réductible à une scène électorale.

*Anne Legaré a fait carrière comme professeure de science politique à l’UQAM et elle a publié Le Québec, une nation imaginaire aux Presses de l’Université de Montréal en novembre 2017. Elle avait publié dans la page Idées du Devoir le 17 janvier 2018 un article intitulé « Le PQ : sortir de l’électoralisme ».

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Sortir du marécage | Le Devoir

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On verra bientôt si François Legault était sérieux quand il a promis d’être « rassembleur ». Peu importe que le dossier de la laïcité ait été rouvert de façon préméditée ou par inadvertance, il faudra maintenant procéder rapidement.

Alors que le chef de la CAQ avait été talonné sur le sort réservé aux candidats à l’immigration qui échoueraient au « test des valeurs » ou à l’examen de français, il n’avait pas eu à expliquer ce qu’il adviendrait des représentants de l’État en position d’autorité qui persisteraient à porter des signes religieux.

Durant la campagne électorale, c’est comme si les partis s’étaient entendus pour éviter le marécage dans lequel ils s’étaient embourbés à tour de rôle au cours de la dernière décennie, y entraînant l’ensemble de la société québécoise. La récente élection offre l’occasion d’un nouveau départ.

Un des porte-parole de la CAQ durant la période de transition, Simon Jolin-Barrette, qui héritera peut-être du dossier de façon permanente, a indiqué qu’une « clause grand-père » qui protégerait les droits acquis pourrait être incluse dans le futur projet de loi.

Il n’en demeure pas moins qu’en étendant l’interdiction du port de signes religieux aux enseignants, le nouveau gouvernement Legault s’éloignerait sensiblement du « consensus » autour de la recommandation de la commission Bouchard, qui la limitait aux agents de l’État exerçant un « pouvoir de coercition » : juges, procureurs de la Couronne, policiers, gardiens de prison, à l’exclusion des enseignants.

« Bien vivre ensemble dans une société diversifiée exige que l’on apprenne à trouver normal un éventail de différences identitaires », expliquait-on dans le rapport. D’ailleurs, s’ils ont indéniablement autorité sur leurs élèves, les enseignants ne sont pas des représentants de l’État.

  

Contrairement au gouvernement Marois, qui n’a pas su faire les compromis qu’imposait son statut minoritaire, celui de François Legault pourrait très bien utiliser sa majorité parlementaire pour imposer ses vues.

Sous peine de replonger dans le marécage et de s’empoisonner la vie durant tout son mandat, M. Legault a cependant intérêt à viser le plus large appui possible, même s’il est illusoire d’espérer l’unanimité.

Un jour ou l’autre, il lui faudra sans doute avoir recours à la disposition de dérogation pour mettre la nouvelle loi à l’abri des contestations judiciaires. Cette disposition doit cependant être renouvelée tous les cinq ans. Plus l’appui à la loi sera fort, plus un prochain gouvernement hésitera à ne pas reconduire celle-ci. On saurait gré à M. Legault de ne pas programmer un nouveau psychodrame.

Si le PLQ est sérieux dans son désir de renouvellement, le départ de Philippe Couillard lui offre l’occasion de revoir sa position sur les signes religieux. D’entrée de jeu, le premier ministre sortant avait décrété que la recommandation de la commission Bouchard-Taylor constituait une violation des droits fondamentaux, ce qui a puissamment contribué à déconnecter son parti de la majorité francophone.

Il n’est pas trop tôt pour amorcer un rapprochement. Même assorti d’une « clause grand-père », un projet de loi incluant les enseignants ne trouvera sans doute pas grâce aux yeux du PLQ, mais en se ralliant au rapport Bouchard-Taylor, il donnera au moins le signal qu’il n’est plus insensible au besoin d’affirmation identitaire des francophones.

 

Le départ de Jean-François Lisée permettra aussi au PQ de se repositionner. Il y a un an, le chef péquiste s’était heurté à une vive opposition au sein de son propre caucus quand il avait voulu présenter un projet de loi qui étendrait l’interdiction du port de signes religieux non seulement aux enseignants, mais aussi aux éducatrices en garderie. M. Lisée ouvrait également la porte à l’interdiction du visage couvert dans tout l’espace public.

« J’ai constaté qu’il n’y avait pas un consensus assez large pour faire ce choix politique maintenant », avait-il déclaré. Ce choix serait encore moins avisé aujourd’hui. Depuis la charte des valeurs de 2013, les positions successives du PQ ont largement contribué à l’échec du rapprochement avec Québec solidaire. Une reprise des discussions, dont dépend l’avenir du mouvement souverainiste, passera nécessairement par un certain assouplissement.

Le programme officiel de QS prévoit toujours que tous les agent(e)s de l’État sans exception peuvent porter des signes religieux, à la condition de ne pas faire de prosélytisme. À l’Assemblée nationale, les députés solidaires ont cependant appuyé une motion présentée par la CAQ qui demandait qu’ils soient interdits aux juges, aux procureurs, aux policiers et aux gardiens de prison.

Il y a là une contradiction qu’il faudra bien résoudre. Durant la campagne électorale, les porte-parole de QS ont expliqué qu’il fallait consulter la plateforme électorale plutôt que le programme pour savoir ce qui guidera le parti durant le prochain mandat. Le problème est que la plateforme est muette sur la question des signes religieux.

Le départ de Philippe Couillard offre au PLQ l’occasion de revoir sa position sur les signes religieux.

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