Un système de défense contre l’ingérence lors des élections

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Le gouvernement Trudeau assure avoir tiré des leçons de l’ingérence électorale perpétrée chez ses alliés. Et pour s’en prémunir, il compte avertir pour la première fois les électeurs canadiens si de telles tentatives sont menées pendant la prochaine campagne électorale. Un engagement que saluent les experts, mais qui inquiète l’opposition, qui aimerait décider elle aussi si de telles « bombes politiques » ont à être dévoilées.

La ministre des Institutions démocratiques ne se faisait pas d’illusions, mercredi, quant au contexte dans lequel se déroulera l’élection du mois d’octobre. « Nous sommes membre du G7, de l’OTAN, des Five Eyes ; nous serions naïfs de supposer que nous ne sommes pas la cible d’une cyberattaque », a consenti Karina Gould en présentant le plan de match de son gouvernement.

Pour répondre à ces menaces, le fédéral réunira un groupe de hauts fonctionnaires qui les évalueront, au cours de la période électorale, et qui avertiront le public canadien s’il y a un réel risque que l’élection fédérale soit perturbée. La menace devra être « importante », posée par des activités « secrètes, clandestines ou criminelles ». Elle pourrait être posée par un « acteur intérieur », ont admis des fonctionnaires lors d’une séance d’information. Mais celui-ci devrait propager de la désinformation avec une « intention malveillante », et pas simplement susciter un débat démocratique, ont-ils plaidé.

Le greffier du Conseil privé, le conseiller du premier ministre pour la sécurité nationale et le renseignement, et les sous-ministres de la Justice, de la Sécurité publique et des Affaires étrangères décideront s’ils sonnent l’alarme.

« Soyons clairs : il ne s’agit pas d’arbitrer les élections, a insisté la ministre Gould. Il s’agit d’alerter les Canadiens lorsqu’un incident compromet leur droit à une élection libre et juste. S’il se passe quelque chose pendant la campagne électorale, les Canadiens pourront être assurés que les bonnes personnes ont décidé de le rendre public, que l’information est juste et que l’annonce n’est pas de nature partisane. »

Les partis d’opposition ont cependant aussitôt critiqué le processus des libéraux, déplorant qu’il soit confié à cinq hauts fonctionnaires nommés par le premier ministre.

Le néodémocrate Nathan Cullen réclame que le directeur général des élections fasse lui aussi partie du groupe décisionnel. « Je ne vois pas pourquoi la personne dont l’unique mandat est d’organiser des élections justes et libres ne serait pas impliquée dans cette conversation », a-t-il argué.

La conservatrice Stephanie Kusie demande que les partis politiques soient du groupe. « Il est important, pour qu’on ait un processus démocratique juste, que ces décisions ne reposent pas uniquement sur le gouvernement Trudeau. »

Les experts ont cependant rejeté l’idée que ces hauts fonctionnaires soient partiaux, rappelant que les sous-ministres — bien qu’ils soient nommés par le premier ministre — ont servi sous divers gouvernements au fil d’une longue carrière.

Stephanie Carvin, professeure adjointe en sécurité nationale à l’Université Carleton, évoque en outre l’exemple de la dernière campagne présidentielle américaine. Barack Obama avait souhaité révéler l’ingérence russe, mais les républicains avaient refusé. La preuve qu’une participation politique peut rendre l’exercice partisan, note-t-elle.

Une protection suffisante ?

L’annonce des libéraux est une « étape importante », selon Stephanie Carvin, mais elle ne s’attaque pas à toute la panoplie de formes que peut prendre l’ingérence étrangère. Outre le piratage informatique ou les robots du Web, des États pourraient aussi faire planter le réseau Internet le jour du vote, évoque-t-elle. Une énième menace que les espions canadiens ne peuvent pas contrer sans l’adoption du projet de loi C-59 (à l’étude au Sénat), qui élargit leurs pouvoirs.

« Cela ne préviendra pas l’ingérence. La question est de savoir si cela pourra empêcher qu’il y ait de réels dommages », commente Wesley Wark, professeur invité de sécurité et de renseignement à l’Université d’Ottawa. Tout dépendra de l’ampleur des menaces et de leur degré de perfectionnement. « Mais les Canadiens peuvent être rassurés du fait qu’on ne sera pas la plus grande cible d’ingérence étrangère électorale. »

Et les réseaux sociaux ?

Autre grosse lacune du plan libéral : rien n’est prévu pour contrer la désinformation sur les réseaux sociaux, déplore la professeure adjointe de communications à l’Université d’Ottawa Elizabeth Dubois. La stratégie du gouvernement prévoit tout au plus d’« encourager » Facebook et Twitter à mettre en oeuvre des mesures pour lutter contre ce fléau.

Une situation « inquiétante », selon Mme Dubois, « parce que ce sont de grandes multinationales qui agissent dans l’intérêt de leurs actionnaires et pas nécessairement dans l’intérêt du Canada ».

Le gouvernement aurait pu forcer les compagnies à interdire ou à tout le moins permettre de détecter le contenu promotionnel payé — comme les publications d’influenceurs ou l’utilisation de réseaux de robots informatiques qui aiment ou partagent certaines publications. Ottawa aurait aussi pu forcer les compagnies à signaler la désinformation sur leurs réseaux. Mais le gouvernement aurait eu à intervenir plus tôt, car à neuf mois des élections il est déjà trop tard, souligne la professeure.

Pourtant, le ministre de la Sécurité publique, Ralph Goodale, a lui-même noté qu’un gazouillis sur cinq pendant le dernier mois de la campagne présidentielle américaine était généré par des robots informatiques et que, lors de la campagne allemande, sept articles sur dix portant sur Angela Merkel et partagés sur Facebook étaient faux.

Le gouvernement libéral prévoit par ailleurs des campagnes pour sensibiliser le public (avec un budget de 7 millions). Les agences de renseignement offriront des briefings secrets aux partis politiques pendant la période électorale afin de les aviser des menaces qui planeront.

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Les oubliés du système hospitalier

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J’ai récemment vécu une chirurgie « lourde » pour un cancer très rare. J’ai séjourné pas moins d’une vingtaine de jours à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont. Vingt jours où la souffrance personnelle côtoie intimement celle de colocataires.

La cohabitation oblige à temporairement se décentrer de soi pour entendre les cris de douleur qui sont ceux des patients recroquevillés, tentant d’apaiser l’inconfort, les doutes, la peur.

L’environnement physique y est hostile et peu hospitalier. L’étroitesse des lieux, l’ameublement défraîchi et la permanence du bruit ne sont en rien des variables contribuant au rétablissement.

Paradoxalement et heureusement, il y a la présence des gens, de ce personnel soignant qui à mes yeux n’obtient pas la reconnaissance méritée. Ces travailleurs qui sont confrontés à la souffrance humaine et qui, au meilleur de leurs compétences, se montrent attentifs, réconfortants, encourageants, et ce, malgré un horaire à l’enseigne de la sursollicitation.

Mon processus de récupération, je le dois aux infirmiers/infirmières, préposées/préposés, résidentes/résidents et médecins spécialistes. De ce passage obligé, je retiens une dette envers chacun d’eux qui m’a donné de son temps, son expertise, ses soins, son attention quand j’ai pleuré de découragement… La position de vulnérabilité du patient le rend peu disponible à la réciprocité relationnelle. Tout se passe de façon unidirectionnelle : du personnel vers le patient. Je profite de mon mieux-être pour vous redonner à mon tour, en soulignant mon admiration et en espérant être la voix de ceux qui n’ont ni le temps ni les mots pour exprimer leur gratitude.

 

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Améliorer les relations entre les plaignantes et le système

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Lundi, une première rencontre non partisane a réuni à Montréal des représentant.e.s de chacun des partis politiques du Québec qui ont discuté de la possibilité de mettre en place un tribunal spécialisé sur les crimes sexuels. Cette initiative serait une première au pays. Un tel tribunal serait une réponse potentielle au faible taux de confiance qu’accordent les victimes de violence sexuelle, ainsi que la population en général, à la manière dont le système de justice pénale traite les cas de violence sexuelle. En effet, les statistiques montrent que l’agression sexuelle est un des crimes les moins signalés en droit canadien, un fait qui est attribuable en partie à ce manque de confiance. Dans la mesure où ce projet irait de l’avant, les points suivants devraient être pris en compte afin d’améliorer les relations entre les plaignant.e.s et le système judiciaire.

Premièrement, un tel tribunal devrait disposer des ressources nécessaires afin que les plaignant.e.s soient mieux informé.e.s et aient ainsi un meilleur accès à la justice.

Présentement, à bien des égards, les victimes se sentent souvent désorientées devant un système complexe où l’information qui leur est véhiculée est souvent incomplète. Un tribunal spécialisé pourrait avoir comme avantage d’offrir des services intégrés, une forme de point de rencontre où les victimes pourraient avoir accès à l’ensemble de l’information sur les services de soutien disponibles, ainsi que les différents aspects relatifs au processus judiciaire. Trop souvent, les victimes ne sont pas assez préparées pour affronter le système pénal et ont des attentes différentes envers ce dernier. S’il est bien ressourcé, ce tribunal pourrait leur offrir des outils afin qu’elles puissent mieux comprendre le processus pénal, les décisions rendues, les diriger dans des processus potentiellement connexes et mieux les préparer en tant que témoins potentiels.

Deuxièmement, un tel tribunal devrait avoir un personnel formé de manière interdisciplinaire afin de bien saisir la complexité de la violence sexuelle.

La crédibilité des témoins se forge souvent par les perceptions que l’on se fait d’individus appartenant à certains groupes sociaux et aux relations de pouvoir complexes en présence. Ainsi, il serait important que les professionnel.le.s du tribunal spécialisé soient sensibilisé.e.s à la réalité, souvent intersectionnelle, des groupes de personnes qui sont plus fréquemment victimes et surreprésentées pour ce type de violence, soit les femmes, les personnes autochtones, les minorités visibles, les travailleuses et travailleurs de rue et les personnes transgenres.

Une telle formation inclusive permettrait également de s’assurer que les services offerts aux victimes correspondent réellement à leurs besoins, qui peuvent varier.

Finalement, la mise en place d’un tribunal spécialisé ne devrait pas entraîner le confinement de cet enjeu à ce seul espace juridique et social. Il faudrait s’assurer que l’éducation juridique et sociale sur la violence sexuelle et la résolution de ce problème ne soit pas confiée uniquement à quelques professionnel.le.s spécialisé.e.s.

La communauté juridique entière, ainsi que l’ensemble de la société devraient être continuellement sensibilisés aux enjeux complexes de la violence sexuelle, car pour qu’il y ait un véritable changement systémique, tous les acteurs doivent faire partie de sa résolution.

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L’avenir des universités passe par un système d’éducation fort

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L’éducation occupe l’avant-scène des préoccupations depuis quelque temps, et tous les regards sont notamment tournés vers le nouveau gouvernement de François Legault, qui a promis d’en faire la priorité parmi les priorités. Les universités, dans la foulée, n’ont pas manqué de rappeler que leur avenir passe par un réinvestissement. Il fait consensus que l’écart avec les universités canadiennes gagnerait à être réduit. Mais pour cerner le réel enjeu pour la survie de nos établissements universitaires, on doit poser son regard bien en amont des lignes comptables. Aujourd’hui, je lance un appel à toute la société québécoise pour qu’ensemble, on fasse de la valorisation de la connaissance et de l’éducation un objectif commun, unanime et enthousiaste.

En tant que directeur général d’un établissement universitaire de recherche et de formation aux deuxième et troisième cycles, je me trouve tout au bout de la chaîne du système d’éducation québécois. À ce titre, je m’en sens solidaire et redevable, et j’applaudis lorsqu’une réelle volonté d’améliorer l’école québécoise est mise en avant. J’espère d’ailleurs que l’on cessera d’opposer investissement dans un système d’éducation préscolaire, primaire et secondaire fort et financement des établissements postsecondaires. Un investissement dans nos écoles ne peut que devenir un investissement indirect dans nos universités. Ce que les écoles produisent, c’est la matière première future des universités : des jeunes curieux, intéressés par le savoir, la connaissance, la culture et la science.

Je veux exprimer ma solidarité avec tous les enseignantes et enseignants, les directions d’écoles et les acteurs du système d’éducation. Nous faisons partie d’un même système et c’est d’une seule voix que nous devons demander un réinvestissement pour tous.

Société la plus éduquée

Le Québec accuse un retard historique en matière d’éducation. Dans les années 1960, nous nous sommes donné collectivement l’objectif de combler le fossé avec les autres pays développés et le reste du Canada. Nous avons ouvert des polyvalentes, créé le réseau des cégeps et, il y a 50 ans, le réseau de l’Université du Québec, dont l’INRS fait partie. C’était ambitieux de mener tous ces chantiers à bien et nous avons pourtant réussi. Le Québec a parcouru un grand bout de chemin, mais nous ne pouvons toutefois plus nous satisfaire de rattraper la moyenne canadienne ou des pays de l’OCDE. Nous devons rêver maintenant de devenir la nation la plus éduquée au monde.

Le résultat d’une société éduquée, c’est une culture riche et vivante, ce sont des créateurs reconnus à travers le monde, des scientifiques de renom dont les découvertes font notre fierté, des citoyens engagés dans la vie démocratique, capables de créer des entreprises innovantes et performantes.

L’INRS forme les chercheurs de demain dans des domaines cruciaux tels l’environnement, les télécommunications, les nouveaux matériaux, la santé et la culture. L’INRS se classe premier au Québec en intensité de recherche, soit le financement obtenu par nos professeurs. Malgré cela, je ne peux m’empêcher de m’inquiéter : qui seront nos étudiants, demain, si en tant que société, nous ne déployons pas davantage d’efforts pour valoriser le savoir et l’école, dès le préscolaire ?

Évidemment, comme directeur général de l’INRS, je rêve de retrouver chez moi une demande sans cesse croissante de formation à la recherche dans des créneaux stratégiques pour le développement du Québec. Pour cela, nos écoles doivent parvenir à donner davantage le goût des études aux jeunes du Québec. L’avenir de mon université appelle le Québec tout entier à entretenir ce goût du savoir, le goût de l’université et de la recherche. Pour y arriver, la reconstruction et le réinvestissement en éducation doivent devenir prioritaires. Il nous faut valoriser le métier d’enseignant, mieux les rémunérer, les appuyer, leur construire des écoles inspirantes, et c’est ainsi que nous pourrons, à terme, espérer attirer davantage d’étudiantes et d’étudiants dans mon établissement universitaire et permettre à l’INRS d’accomplir la mission émancipatrice que la Révolution tranquille lui a confiée. Et pourquoi tout cela ? Pour mener ensemble le Québec au titre de nation la plus instruite et la plus émancipée du globe.

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Système de paye Phénix: un scandale qui perdure

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Cela fera bientôt trois ans que le système de paye Phénix et la centralisation du traitement de la paye de plus de quarante ministères fédéraux plongent dans l’incertitude financière des dizaines de milliers de fonctionnaires. Le gouvernement fait état de progrès, mais ils sont nettement insuffisants.

Dans son dernier budget, le gouvernement a annoncé le remplacement du système de paye Phénix, une opération qui prendra du temps. D’ici là, il faut continuer de verser leurs salaires aux quelque 300 000 fonctionnaires fédéraux. Il serait temps qu’on le fasse correctement.

Plus de la moitié de ces employés connaissent des problèmes, certains depuis deux ou trois ans. Certains ont été privés de leur salaire pendant des semaines, voire des mois. D’autres ont reçu des paiements en trop. Plusieurs n’ont pas été payés pour leurs heures supplémentaires ou ont reçu des relevés d’emploi ou d’impôt erronés… Il n’est pas rare, dans la capitale fédérale, de rencontrer un fonctionnaire qui hésite à prendre sa retraite, à accepter une promotion ou à prendre un congé sans solde par crainte de voir son dossier de paye dérailler et sa santé financière, être compromise.

Dès la première phase de l’implantation du système Phénix et de la centralisation du traitement de la paye en février 2016, on a vu les ratés. Alerté par les syndicats, le gouvernement a quand même procédé à la seconde et dernière phase en avril 2016. Avec les retombées malheureuses que l’on connaît. Selon le rapport publié par le gouvernement le 27 décembre 2018, le Centre des services de la paye de la fonction publique dénombrait 283 000 transactions de paye à traiter en surplus de sa charge normale de travail. (Un employé peut avoir plus d’une transaction en attente.) Douze mois plus tôt, le nombre de transactions en attente était de 367 000.

Il y a donc eu progrès, mais l’arriéré demeure encore inacceptable, et le gouvernement est lent à déployer des solutions qu’il sait pourtant efficaces. Inspiré par les ministères qui ont toujours gardé leur équipe de traitement de la rémunération et qui ont eu moins de problèmes, Ottawa a mis sur pied des équipes spécialisées dans trois des quarante-six ministères relevant du Centre des services de la paye et de ses bureaux satellites.

En un an, les « mouvements en attente » ont diminué de 39 % dans les ministères participants, ce qui a incité à étendre l’expérience aux autres ministères touchés, rapportait Radio-Canada la semaine dernière. Mais vingt-deux attendent toujours. Le gouvernement promet que tous auront une équipe d’ici mai prochain. Espérons maintenant qu’il tiendra parole, et plus rapidement que prévu.

Le gouvernement reste en revanche muet sur l’indemnisation des fonctionnaires dont la santé ou la situation financière a été ébranlée. Un des rares engagements pris n’a pas été respecté. On promettait dans le budget 2018 de revoir la loi qui exige des fonctionnaires payés en trop qu’ils remboursent non seulement la somme reçue, mais aussi les taxes salariales payées en trop par l’employeur. Rien n’a bougé sur ce front.

L’Alliance de la fonction publique du Canada veut qu’on mette fin à cette pratique, qu’on indemnise les fonctionnaires pour les dommages financiers et psychologiques causés et qu’on tienne une véritable enquête publique sur cette affaire. Et elle compte bien maintenir la pression jusqu’aux élections et demander des comptes durant celle-ci. On ne peut le lui reprocher.

Le gouvernement a embauché du personnel supplémentaire, mais ce n’est visiblement pas suffisant. Bien que complexe, la stabilisation du système de paye prend trop de temps à se matérialiser et ce sont les fonctionnaires qui écopent. Des employés que le gouvernement semble encore réticent à dédommager, alors qu’il devrait l’avoir fait depuis un bon moment déjà.

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L’éducation des adultes, l’enfant pauvre du système québécois

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L’édition du 28 novembre du journal Le Devoir nous apprenait que la Commission scolaire de Montréal (CSDM) détourne les budgets de l’éducation des adultes vers les services aux élèves en difficulté des secteurs primaire et secondaire. La présidente de la CSDM justifie cette priorité en affirmant que ces secteurs ont un manque à gagner de 33 millions pour offrir des services adéquats aux élèves en situation de handicap, ayant des difficultés d’adaptation ou d’apprentissage et à ceux qui sont en classe d’accueil et de francisation. La CSDM fait le choix de combler le sous-financement du secteur des jeunes au détriment des ressources du secteur des adultes où, pourtant, les besoins pour les jeunes sont majeurs. Ma recherche doctorale menée dans un Centre d’éducation des adultes auprès de personnes âgées de 18 à 25 ans le démontre sans équivoque.

Les défis auxquels font face les jeunes adultes des centres d’éducation des adultes (CEA) ne sont pas seulement de nature pédagogique. Les jeunes qui raccrochent à l’éducation des adultes proviennent massivement de milieux défavorisés. Les données du ministère de l’Éducation indiquent que, pour la cohorte de 2015-2016, seulement 52,7 % des élèves en milieu défavorisé ont obtenu leur diplôme d’études secondaires (DES) en cinq ans. Les jeunes adultes en situation de pauvreté qui ont participé à ma recherche disent aussi avoir vécu plusieurs difficultés familiales durant leur enfance (problèmes de consommation des parents, de santé mentale, comportements violents). Ces épreuves sociales ont laissé des marques dans leur parcours de vie. L’intimidation ou les violences parentales vécues par le passé continuent de « leur jouer dans la tête », pour reprendre leur expression. À l’adolescence, après le décrochage, plusieurs d’entre eux ont expérimenté des emplois aliénants qui les ont fait stagner dans leur développement psychologique. Certains ont vécu d’intenses expériences de consommation de drogue ou mené des activités lucratives dangereuses.

Pour eux, le raccrochage scolaire est chargé de plusieurs espoirs. Les jeunes souhaitent se stabiliser à la suite d’une série de ruptures et de transitions. Le raccrochage représente aussi l’occasion de se former pour obtenir un travail qui corresponde à leurs désirs et qui leur permette de se sortir d’une situation de pauvreté. Pourtant, les taux de diplomation à l’éducation des adultes ne sont pas réjouissants. Une directrice d’un CEA de l’île de Montréal témoignait récemment sur les ondes de Radio-Canada qu’à peine 20 % des personnes de moins de 25 ans qui s’inscrivent à son centre obtiennent finalement leur DES. Parmi les causes de ces insuccès, il importe de souligner le manque de soutien offert aux élèves inscrits à l’éducation des adultes, une conséquence du sous-financement de ce secteur, mais aussi du régime pédagogique : l’enseignement individualisé.

Jeunes isolés

En effet, ma recherche démontre que les besoins relationnels des jeunes à l’éducation des adultes sont importants. Or, ils sont isolés dans le régime pédagogique individualisé. Considérant les besoins mis en lumière par la recherche, le constat est que trop peu de professionnels s’emploient à accompagner les jeunes adultes dans leurs difficultés scolaires, mais aussi dans leurs difficultés personnelles. N’est-il pas inconséquent de demander à ces élèves de réussir dans des conditions d’apprentissage moins favorables qu’au secteur des jeunes où ils ont échoué ? Dans les conditions actuelles, le secteur de l’éducation des adultes peine à atteindre ses objectifs de lutte à l’exclusion sociale. Les recommandations de ma recherche visent à développer les services d’accompagnement individuel et de groupe dans les Centres d’éducation des adultes. En attendant une politique actualisée (la dernière date de 2002) et un réinvestissement à l’éducation des adultes, les milieux communautaires pallient les besoins en investissant leurs savoirs et d’importantes ressources éducatives dans les CEA.

Ces initiatives entre les milieux de la recherche, de l’éducation formelle et communautaires sont importantes. Par contre, elles ne suffiront pas à combler les besoins dans un contexte de sous-financement. Les milieux éducatifs savent ce dont ils ont besoin pour atteindre d’ambitieux objectifs de réussite scolaire. Il en revient au nouveau ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur de fournir aux acteurs de ce secteur les ressources dont ils ont besoin pour lutter contre l’exclusion sociale, relever le niveau de formation générale de la population et, plus spécifiquement, de favoriser une transition positive des jeunes à la vie adulte.

Les jeunes adultes rencontrés dans ma recherche décrivent leur expérience dans les centres d’éducation des adultes comme une épreuve supplémentaire dans un parcours de vie déjà ponctué de nombreux obstacles. Plutôt que d’amputer des ressources qui leur sont pourtant destinées, il faut au contraire investir intensivement l’accompagnement lors de cette étape cruciale d’une histoire de vie qu’est le retour en formation.

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Grand test du système d’alerte d’urgence en après-midi

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Un texte de Vincent Champagne

En mai dernier, un premier test du système En Alerte avait connu des ratés, aucun téléphone sans fil n’ayant reçu d’alerte au Québec. Le test avait aussi été quelque peu défaillant en Colombie-Britannique et en Atlantique.

Ces alertes d’urgence sont déjà diffusées à la radio et à la télévision depuis 2015. Le son est strident et désagréable : on ne peut que s’arrêter pour se demander ce qui se passe.

Depuis avril, ces mêmes sons et alertes sont aussi diffusés sur les téléphones et, mine de rien, plus d’une centaine ont été expédiés à travers le pays en quelques mois seulement, indique Martin Bélanger, directeur des services d’alertes au public chez Pelmorex, l’entreprise qui gère le système En Alerte.

Ces messages peuvent être envoyés pour toutes sortes de raisons, mais ils ont un dénominateur commun : lorsqu’une situation représente un risque pour la vie. En septembre, elles ont par exemple été envoyées aux citoyens de la région de la capitale nationale lorsque des tornades majeures ont déferlé sur la région, provoquant d’importants dommages.

Elles peuvent aussi être émises en cas d’enlèvement d’enfant – il s’agit des alertes Amber – pour des incendies incontrôlés, des risques biochimiques, des menaces terroristes ou si une crise civile devait survenir.

Aujourd’hui, à 13 h 55 (heure locale) dans tout le Canada, mais à 14 h 55 au Québec, le message sera bien inoffensif, mais il permettra à chaque citoyen de vérifier s’il est joint par le système d’alerte.

Des conditions techniques requises

Les alertes Amber, notamment, sont traitées par le système En alerte, et acheminées aux abonnés par le biais de leur fournisseur de téléphonie mobile. Photo : Radio-Canada

« Ce ne sont pas toutes les personnes qui ont un appareil sans fil qui vont recevoir une alerte », précise toutefois M. Bélanger. Il faut en effet que son téléphone « soit compatible, qu’il ait le système d’exploitation le plus récent et qu’il soit connecté au réseau LTE » auquel sont connectés 98 % des Canadiens, explique-t-il.

Le test du jour est donc l’occasion de vérifier si le message est capté par son téléphone. Les grands fournisseurs tels que Bell, Fido, Eastlink, Rogers, Telus, Videotron et autres, ont tous une page web où il est possible de vérifier si son téléphone est compatible et quelle version du système d’exploitation est requise pour en bénéficier.

Le CRTC exige que 50 % des nouveaux appareils désormais vendus au Canada soient compatibles avec En Alerte et que cette proportion atteigne 100 % d’ici avril 2019.

Un appareil qui ne serait connecté qu’au seul réseau wifi ne recevra pas d’alerte, indique M. Bélanger.

Les responsables précisent qu’il faut agir avec prudence si l’on reçoit une alerte pendant que l’on conduit. Il est interdit de tenir un téléphone à la main lorsque l’on est au volant. « Rangez-vous sur l’accotement dès que vous le pouvez pour prendre connaissance de l’alerte », précise le site web d’En alerte.

Un processus en trois étapes

C’est le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) qui impose aux télés et radiodiffuseurs ainsi qu’aux fournisseurs de services sans fil de distribuer ces alertes aux citoyens. On ne peut d’ailleurs pas s’en désabonner.

C’est toutefois une des multiples autorités gouvernementales qui émet une alerte. Par exemple, Environnement et Changement climatique Canada peut décider d’alerter des résidents d’une région donnée de l’imminence d’une tornade ou d’une autre catastrophe naturelle. Elle rentre dans le système le type d’alerte, la zone d’expédition et le message à transmettre aux citoyens.

L’entreprise Pelmorex, qui est aussi derrière la chaîne Météomédia, reçoit l’alerte, la traite en quelques secondes afin de vérifier sa conformité technique, puis la réexpédie aux diffuseurs à travers le pays.

Une fois réceptionnée, l’alerte est diffusée par les radios, les télévisions, les câblos-distributeurs et fournisseurs de services internet à leurs abonnés. Il n’est pas nécessaire de s’inscrire au service : les alertes sont expédiées à tous les appareils compatibles.

S’il est utile et peut sauver des vies, il reste que le système d’alerte n’est pas à l’abri d’erreurs. En janvier, les Hawaïens l’ont appris à leurs dépens, lorsqu’un message les avisant faussement de l’arrivée imminente de missiles a semé la panique dans l’île.

Plusieurs systèmes et « procédures » devraient empêcher une telle erreur au Canada, affirme Martin Bélanger.

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François Legault admet sa méconnaissance du système d’immigration

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François Legault a justifié sa méconnaissance des rouages du système d’immigration par le fait qu’il n’ait jamais travaillé dans la capitale fédérale, Ottawa.

Le chef de la Coalition avenir Québec a admis ne pas connaître sur le bout des doigts les responsabilités dévolues au gouvernement fédéral — l’octroi de la résidence permanente par exemple. « Je ne les connais pas autant que les responsabilités du gouvernement du Québec. J’ai travaillé 17, 18 ans à l’Assemblée nationale. Je n’ai jamais travaillé à Ottawa », a-t-il souligné dans une mêlée de presse dimanche.

L’aspirant premier ministre a toutefois assuré à la presse que le processus de délivrance des certificats de sélection du Québec (CSQ) n’a plus de secrets pour lui.

Le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, s’est empressé de relever ce « petit cadeau » que son adversaire caquiste lui a offert. « Il a avoué quelque chose d’assez incroyable : que dans le fond, il ne comprenait pas l’immigration comment ça marche. […] Il a dit : excusez, ça fait 20 ans que je suis là-dedans, je n’ai jamais travaillé avec le fédéral, je n’ai pas tout à fait compris le système », a lancé le premier ministre à moins de 24 heures de l’ouverture des bureaux de vote. « Ben, il est temps de s’en apercevoir, rendu au 39e jour de la campagne. Parce qu’on a besoin de gens, on a besoin de monde, on a besoin de bras au Québec parce qu’on a une pénurie de main-d’oeuvre partout », a-t-il poursuivi.

Le chef caquiste retient comme leçon de la campagne électorale qu’il peut en « apprendre plus ». « Je suis prêt à en apprendre plus », a-t-il conclu.

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