Le vérificateur général du Canada, Michael Ferguson, est décédé d’un cancer

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Le vérificateur général du Canada au cours des sept dernières années, Michael Ferguson, est décédé d’un cancer. Il avait 60 ans.

 

Son bureau a confirmé la mort de M. Ferguson, samedi après-midi. Il était entouré de sa femme Georgina et de ses fils Malcolm et Geoffrey au moment de son décès.

 

« Ceux et celles qui ont eu le plaisir de connaître M. Ferguson conservent le souvenir d’un homme de tête comme de coeur, à la fois humble, chaleureux et réfléchi. Il se préoccupait avant tout de livrer des audits porteurs de valeur pour la fonction publique, avec le souci constant de servir l’intérêt des Canadiennes et Canadiens », peut-on lire dans le communiqué de presse publié par le Bureau du vérificateur du Canada.

 

Une porte-parole du bureau a précisé que M. Ferguson recevait des traitements pour son cancer, mais qu’il n’avait pas pris de congé de maladie. « Il demeurait très impliqué dans la gestion du bureau. Tout ça est assez soudain », a dit Françoise Guyot, la directrice des communications externes.

 

En novembre, M. Ferguson n’avait pas présenté une conférence de presse ou accordé des entrevues lors de la publication de ses rapports automnaux.

 

Craig Scott, un professeur d’université qui était membre d’un groupe qui le conseillait, a indiqué que M. Ferguson avait fait une récidive d’un cancer au cours des dernières semaines. « J’étais stupéfait », a-t-il reconnu.

 

M. Ferguson avait été nommé à ce poste par le premier ministre d’alors, Stephen Harper, en novembre 2011.

 

Dans un premier temps, les partis de l’opposition avaient refusé d’appuyer cette nomination, car M. Ferguson ne parlait pas le français. Le haut-fonctionnaire a réussi à apprendre la langue de Molière, ce qu’ont soulevé de nombreux élus.

 

« Il s’était engagé à apprendre le français. J’avoue avoir une grande admiration pour lui parce qu’un an plus, lorsqu’il fait son premier rapport, eh bien, il le fait dans les deux langues. Il avait tenu promesse. Ça, c’est tout en son honneur », s’est rappelé le député bloquiste de Bécancour — Nicolet — Saurel, Louis Plamondon en entrevue à La Presse canadienne.

 

Le député néo-démocrate de Rimouski-Neigette — Témiscouata — Les Basques, Guy Caron, a renchéri en affirmant que M. Ferguson avait « fait une bonne impression sur le public particulièrement pour le fait qu’il a appris le français très rapidement d’une manière tout à fait adéquate. »

 

M. Ferguson avait aussi acquis un respect général grâce à la qualité de ses rapports sur les dépenses gouvernementales. Il s’éloignait souvent du protocole installé par ses prédécesseurs lorsqu’il présentait ses rapports en exprimant sa frustration sur l’obsession gouvernementale du processus au détriment des résultats.

 

Avant d’être nommé, il avait occupé plusieurs postes au gouvernement du Nouveau-Brunswick, dont le poste de contrôleur pendant cinq ans, le poste de vérificateur général du Nouveau-Brunswick pendant cinq ans aussi, et les postes de sous-ministre des Finances et de secrétaire du Conseil de gestion pendant un an.

 

Il a obtenu son baccalauréat en administration de l’Université du Nouveau-Brunswick en 1980.

 

Des réactions unanimes

Le premier ministre fédéral Justin Trudeau s’est dit « profondément attristé d’apprendre le décès de Michael Ferguson ».

 

« Nous nous souviendrons de son dévouement indéfectible à la promotion d’un gouvernement ouvert et transparent qui rend des comptes aux Canadiens, a-t-il déclaré. Au cours des sept dernières années, son travail important en tant que vérificateur général a contribué à renforcer notre démocratie et à maintenir l’intégrité de nos institutions publiques à laquelle les Canadiens s’attendent. »

La présidente du Conseil du Trésor, Jane Philpott, a dit que M. Ferguson était « un grand serviteur du Canada et du Nouveau-Brunswick ».

 

Le député conservateur de Louis-Saint-Laurent, Gérard Deltell, n’avait que des bons mots pour décrire le disparu. « C’est un homme dont la charge était très sérieuse et très rigoureuse et il l’incarnait à la perfection. M. Ferguson était celui qui incarnait très bien la fonction de servir l’État et de servir les Canadiens. C’est un homme droit, un homme rigoureux et un homme honorable qui agissait avec noblesse dans son action. Il était une inspiration pour moi », a-t-il déclaré en entrevue à La Presse canadienne.

 

Son chef Andrew Scheer partageait l’opinion générale. « Il a servi les Canadiens avec honneur et dévouement durant sa remarquable carrière et il nous manquera », a-t-il écrit sur Twitter.

Le chef néo-démocrate, Jagmeet Singh, a qualifié la nouvelle de « terrible ».

 

« Michael Ferguson était une force incontournable ; il contribuait à garantir que le gouvernement travaille dans le meilleur intérêt de la population canadienne. Il nous manquera énormément », a-t-il écrit sur Twitter.

Pour M. Caron, le vérificateur général avait démontré sa volonté de servir. « Il l’a fait de façon exceptionnelle en s’assurant que le gouvernement soit tenu imputable de ses décisions. Dieu sait qu’il a été une épine aux pieds du gouvernement à maintes reprises », a-t-il fait valoir.

 

De son côté, le député Plamondon dit avoir toujours trouvé que ces rapports étaient « très étoffés, très pertinents ».

 

« Il prenait un ministère en particulier et il l’examinait à fond. Jamais il n’a été contredit sur des faits qui ont été énoncés. C’est une grande perte parce que c’était un homme incontestable et incontesté. Il était bien établi. Je crois que son mandat aurait été prolongé tant qu’il était compétent. C’était un homme charmant, distingué et très cultivé. »

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Vérificateur général: un triste fil conducteur

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Les rapports du vérificateur général Michael Ferguson ont le mérite non seulement de mettre en relief des lacunes administratives découvertes, mais aussi de faire ressortir les problèmes d’incurie systémique. Le rapport rendu public mardi n’y échappe pas en illustrant le fossé séparant les politiques officielles des moyens mis en oeuvre pour les réaliser. Alors qu’on croit avoir des solutions à portée de main, des considérations politiques, des contraintes financières ou le manque de vision à long terme en retardent ou en empêchent la réalisation.

Trois chapitres du rapport sont éloquents à cet égard, en particulier celui sur les avions de combat. M. Ferguson ne s’attarde pas à tout l’imbroglio toujours irrésolu du remplacement des vieux CF-18. Il se demande plutôt si le Canada pourra respecter ses engagements renouvelés auprès de l’OTAN et de NORAD malgré les risques associés à la flotte de CF-18.

Les libéraux se sont posé la question en 2016 et ont répondu par la négative. Ils ont alors décidé, en attendant l’achat de toute une flotte d’avions neufs, d’en acquérir quelques-uns, soit 18 Super-Hornets de Boeing. Après l’attaque commerciale de Boeing contre Bombardier, l’idée a été abandonnée au profit de l’achat de CF-18 australiens.

Le vérificateur général révèle qu’aucun des scénarios ne permettrait d’atteindre l’objectif. En fait, les libéraux ont même ignoré l’avis de la Défense. Elle-même disait que l’achat des 18 Super-Hornet « n’aiderait pas l’Aviation […] à satisfaire la nouvelle exigence opérationnelle et qu’il aggraverait la pénurie de personnel ». Elle a maintenant prévu de dépenser 3 milliards, en plus des budgets existants, pour prolonger la vie de sa flotte de CF-18 et acheter, utiliser et entretenir les avions australiens. Mais ces investissements « ne suffiront pas pour lui permettre d’avoir chaque jour un nombre suffisant d’appareils disponibles afin de répondre au niveau d’alerte le plus élevé du NORAD et d’honorer dans le même temps l’engagement du Canada envers l’OTAN », souligne M. Ferguson.

Une conclusion s’impose. On n’en serait pas là si le processus d’achat n’avait pas été influencé depuis 20 ans par toutes sortes de calculs politiques, s’il n’avait pas déraillé sous les conservateurs et s’il ne piétinait pas indûment sous les libéraux.

 
 

La gestion des biens patrimoniaux, que ce soit les monuments, les lieux ou les bâtiments historiques, illustre à sa manière ce genre de manque de vision à long terme. Parcs Canada, Pêches et Océans Canada et la Défense possèdent plus de 70 % des édifices fédéraux désignés patrimoniaux. Malgré les avertissements lancés en 2003 et en 2007 par le vérificateur général, les efforts de restauration ne sont pas faits en fonction de l’état des édifices, dont souvent on ignore tout, et ça, quand on sait combien on en possède ! L’information fournie au Parlement et aux Canadiens est par conséquent inexacte ou incomplète. Pour faire bonne figure, on augmente le nombre d’édifices désignés, mais pourquoi ? « En raison de l’absence de fonds supplémentaires à des fins de conservation, un plus grand nombre d’édifices risquent de se retrouver dans un état de délabrement », écrit le vérificateur.

M. Ferguson s’est aussi intéressé à la mise en liberté dans la collectivité des délinquants détenus dans une prison fédérale. La Commission des libérations conditionnelles décide si un délinquant doit en bénéficier alors que Service correctionnel Canada (SCC) a la responsabilité d’appliquer la décision. « Ce programme prévoit des logements, des services de santé et le personnel nécessaire pour surveiller les délinquants et ainsi les aider à réussir leur réinsertion sociale en toute sécurité pour la collectivité », explique le vérificateur.

Or, on y a de plus en plus recours. En quatre ans, le nombre de délinquants dans la collectivité a augmenté de 17 %, alors que la population globale de délinquants, elle, est restée stable durant la même période. Mais même si les centres d’hébergement sont presque aux maximum de leur capacité, SCC n’a pas de plan à long terme pour répondre à la demande.

Comme à l’accoutumée, le gouvernement et les organismes concernés disent accepter « toutes » les recommandations de M. Ferguson. On attendra avant de se réjouir. Chaque année, le vérificateur général examine ce qu’il est advenu de certaines de ses recommandations pour trop souvent constater que plusieurs sont restées lettre morte. Il serait désolant que l’histoire se répète encore.

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