La CAQ doit sa victoire à une volonté de changement, révèle une enquête

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La Coalition avenir Québec (CAQ) doit sa nette victoire du 1er octobre à la volonté de changement plus qu’à n’importe quel élément de son programme, révèle une enquête post-électorale dévoilée jeudi. Et même : près de 40 % des électeurs caquistes se disent opposés à la promesse phare de François Legault de réduire les seuils d’immigration.

« Tous les partis se font des illusions et se pètent les bretelles en disant, une fois élus, que les gens ont voté pour l’ensemble de leurs politiques, relève en entretien la chercheuse Claire Durand, responsable de ce projet d’analyse des résultats du vote. On voit ici que ce n’est pas vrai », dit-elle en pointant notamment la donnée sur l’immigration.

Les données du sondage commandé aux fins de l’étude montrent que le vote ayant porté François Legault au pouvoir était d’abord circonstanciel — dans ce cas-ci, motivé par la volonté de changer de régime. Quelque 55 % des répondants qui ont dit avoir voté pour le CAQ ont spontanément choisi ce terme (« changement ») pour expliquer leur choix.

« L’appréciation générale des politiques et des idées » de la CAQ a autrement motivé le choix de 17 % des électeurs caquistes. L’autre raison évoquée par un nombre conséquent de répondants — il s’agissait d’une question ouverte — fut celle d’avoir choisi « le moins pire parti » (8 %).

Ceci fait dire à la sociologue Durand que « le vote pour la CAQ apparaît d’abord et avant tout comme un vote négatif », même si la volonté de changement « n’est pas nécessairement négative en soi ». « La suite montrera si ça devient un parti où il y a un appui pour les politiques. »

L’enquête de Mme Durand et de son collègue André Blais se base sur un sondage mené en ligne et par téléphone par la firme Ipsos auprès de 842 personnes (673 d’entre elles ont indiqué être allées voter). Les résultats ont été publiés jeudi dans Options politiques, unepublication de l’Institut de recherche en politiques publiques.

Tous les partis se font des illusions et se pètent les bretelles en disant, une fois élus, que les gens ont voté pour l’ensemble de leurs politiques. On voit ici que ce n’est pas vrai.

 

Les résultats indiquent que les libéraux et les solidaires ont profité d’un vote plus ancré dans le contenu de leur plateforme respective. Près de 36 % des répondants ayant voté libéral ont indiqué « l’appréciation générale » des idées de la formation comme principal facteur de choix. Un tiers des solidaires ont fait de même.

Pour les libéraux, on note aussi que la position du parti en économie a motivé le choix de 13 % des électeurs, alors que l’idée que le Parti libéral du Québec était le « moins pire » des choix a convaincu 12 % d’entre eux.

Au Parti québécois (PQ), le portrait est plus diffus. Selon le sondage, un électeur sur cinq a fait son choix en fonction de l’appréciation générale du programme ; 20 % indiquent que c’est le candidat local qui a motivé son vote ; près de 14 % ont mentionné la question nationale comme facteur ; et 10 % ont voté PQ parce que c’était la moins mauvaise des options.

Reste Québec solidaire, qui a vu ses appuis doubler au soir des élections. Outre l’appréciation générale du programme, on note que les électeurs solidaires ont fait leur choix en soutien aux propositions environnementales du parti (21 %) ; que la volonté de changement a été un facteur pour 16 % d’entre eux ; et que les valeurs du parti (10 %) ou l’adhésion idéologique à celui-ci (9 %) ont aussi influencé le vote.

Immigration

Deux autres questions posées dans le sondage permettent de voir que les Québécois peuvent voter pour un parti sans être d’accord avec tout ce qu’il propose.

Thème important de la dernière campagne, la question des seuils d’immigration divise la population : 42 % des répondants au sondage pensent qu’il faut maintenir les seuils actuels ; 14 % aimeraient les augmenter ; et 44 % estiment qu’il faut les diminuer, comme le propose le gouvernement Legault (d’environ 52 000 immigrants à 40 000).

Les électeurs caquistes sont majoritairement en faveur d’une réduction des seuils (61 %)… mais cela laisse tout de même un tiers de ceux-ci en faveur du statu quo, et plus de 5 % qui aimeraient une augmentation du nombre d’immigrants.

Autre point de convergence entre les électeurs libéraux et solidaires : environ les trois quarts d’entre eux sont opposés à une réduction des seuils d’immigration. Au Parti québécois (dont la position en campagne laissait présager une volonté de réduire les seuils, mais sans chiffre précis), les électeurs se partagent en deux parts égales entre opposants et partisans d’une telle mesure.

Globalement absente de la dernière campagne électorale — après un demi-siècle de domination des débats —, la question nationale n’a pas été un facteur de choix important le 1er octobre. Mais l’étude de Claire Durand montre que la quasi-totalité des électeurs libéraux sont au diapason de la position du parti sur cet enjeu ; elle révèle aussi que les deux tiers des caquistes sont opposés à l’indépendance.

Et si les trois quarts des péquistes sont pour l’indépendance, les solidaires se montrent pour leur part plus divisés : 47 % en faveur, et 53 % en défaveur.

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Accueil de la réfugiée saoudienne: «une victoire nette pour le gouvernement Trudeau»

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Fortement médiatisée, l’arrivée en sol canadien de la jeune ressortissante saoudienne Rahaf Mohammed al-Qunun — que la ministre des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, est elle-même venue accueillir à l’aéroport de Toronto samedi — a suscité de nombreuses réactions, tant élogieuses que critiques. Et bien qu’il soit encore trop tôt pour évaluer les répercussions à long terme de ce battage médiatique, certains analystes estiment déjà qu’au-delà du geste humanitaire, cela pourrait permettre au gouvernement libéral de gagner des points auprès de la population canadienne en ce début d’année électorale.

« C’est une victoire nette pour le gouvernement de Justin Trudeau, souligne le rédacteur en chef du magazine Global Brief et chercheur associé à la chaire Raoul-Dandurand, Irvin Studin. Comprenez-moi bien, ce n’est pas surprenant de la part du Canada, mais dans une perspective électorale, c’est un geste qui, une fois médiatisé, fait très bien paraître le parti au pouvoir. »

« C’est un geste très concret sur le plan humanitaire, renchérit le professeur d’histoire des relations internationales à l’Université de Montréal Samir Saul. [Qui plus est] qui s’inscrit en ligne directe avec l’image que désire projeter le Canada [tant son gouvernement que sa population] sur la scène internationale. En ce sens, il s’agit d’une décision politique à fort impact. »

Relations tendues

D’autant plus que, selon ce spécialiste du monde arabe, la forte attention médiatique accordée à la jeune réfugiée de 18 ans risque d’envenimer les relations déjà tendues entre le Canada et l’Arabie saoudite. Encore plus si elle persiste au cours des prochains jours.

« Si les choses se calment, on pourra reléguer l’événement à la sphère du privé, mais si ça se poursuit — et c’est mon intuition —, ça revient un peu à jeter de l’huile sur le feu », affirme-t-il.

À terme, cela pourrait même, selon lui, inciter Riyad à rompre le contrat d’exportation de blindés de 15 milliards de dollars qui lie toujours les deux États.

« Ultimement, c’est peut-être même ce que le gouvernement Trudeau souhaite, avance Samir Saul. Après tout, ce contrat [signé en 2016] est tout ce qu’il reste entre les deux pays et il place le Canada face ses contradictions. Trudeau a été très critiqué, tant sur la scène internationale qu’à l’intérieur du pays, pour cette décision. Après, il ne peut pas rompre ce contrat lui-même, mais il ne serait sans doute pas malheureux qu’il disparaisse. »

Un avis que ne partage toutefois pas la conjointe de Raïf Badawi, celle-ci ne craignant pas que les récents événements ne détériorent encore davantage les relations diplomatiques entre les deux pays — et nuisent par le fait même à la cause de son mari. « Je suis contente pour elle. Je suis vraiment fière du Canada aussi, a indiqué à La Presse canadienne Ensaf Haidar. C’est ça, les pays démocrates. »

Parcours

Rappelons que Rahaf Mohammed al-Qunun a fui vers la Thaïlande la semaine dernière, disant vouloir échapper à sa famille violente. Elle s’est fait connaître sur les réseaux sociaux grâce à une campagne lancée depuis sa chambre d’hôtel de Bangkok, où elle s’était barricadée. Le mot-clic #SaveRahaf a rapidement fait le tour du monde.

Après un branle-bas de combat du Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés, le premier ministre Justin Trudeau a finalement annoncé vendredi que le Canada lui ouvrirait ses portes, et elle est arrivée à Toronto le lendemain.

Entre-temps, une campagne de sociofinancement a été lancée afin de faciliter sa réinstallation en sol canadien. Plus de 10 000 $ avaient déjà été amassés en fin de journée dimanche.

Avec La Presse canadienne

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Souveraineté: la victoire de la CAQ ouvre la porte à quatre années de reconstruction

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Les théoriciens de l’impasse souverainiste, qui cautionnaient la mise en veilleuse par le PQ de son option fondatrice en affirmant qu’il s’agissait là du seul choix raisonnable possible, ont aujourd’hui, plus que jamais, le résultat de leurs enseignements sous les yeux. Le Parti québécois, s’étant enlevé sa raison d’être, s’est confiné presque à la marge électorale ; il a cassé l’opposition PQ-PLQ, puis ouvert le chemin pour un François Legault qui ne pouvait que le battre à plates coutures dans une stratégie d’acceptation du statu quo constitutionnel qui soit électoralement payante. En effet, pendant que le PQ se vidait de ses appuis indépendantistes sans gagner d’autres électeurs par ailleurs puisqu’il demeurait souverainiste sur papier, la CAQ, elle, a pu recueillir beaucoup de votes d’indépendantistes désormais démobilisés, aussi bien que de non-indépendantistes rassurés par sa position assumée en faveur du maintien du Québec dans le Canada.

Quant à l’option de l’indépendance, elle s’est retrouvée entre les seules mains de Québec solidaire qui, devant l’effondrement péquiste, l’émergence d’une nouvelle génération politique et une grande soif de changement, a connu la meilleure soirée électorale de son histoire, mais demeure pour l’instant un parti logé à l’enseigne de l’utopie pour de nombreux Québécois. QS, depuis l’entrée en scène de Gabriel Nadeau-Dubois, a adopté une position indépendantiste concrète et claire ; toutefois, si on a aussi senti, de la part du député de Gouin, une volonté de tirer QS vers quelque chose de plus rassembleur, les résultats à cet égard sont encore peu mesurables. QS demeure un parti très niché dont les propositions souvent hyper idéologiques sont un repoussoir important ; les solidaires arriveront-ils à se recentrer et à adopter une politique plus mature et minimalement pragmatique ? C’est bien possible à moyen et long termes, bien qu’on ne puisse en être certain. Une telle chose supposerait la disparition du PQ — un processus déjà bien entamé — et constituerait un pas important vers le retour d’un grand parti indépendantiste au Québec, tel que le souhaitaient les fondateurs d’Option nationale, fin 2011.

Une révolution des esprits

Les péquistes, toutefois, peuvent encore, théoriquement, espérer reprendre un tel rôle. Cependant, Il faut admettre qu’à ce moment-ci, l’élan favorable est du côté de QS, qui impressionne désormais par la jeunesse de sa base. Il faut également noter que le PQ est très solidement ancré dans la théorie de l’impasse souverainiste et donc, profondément convaincu que la position adoptée par Pauline Marois, puis poussée un cran plus loin par Jean-François Lisée, est la seule possible. Il faudrait une véritable révolution des esprits pour arracher cette vision défaitiste des instances, de la députation et de l’électorat dur de ce parti.

Pour l’heure, le mouvement indépendantiste, bien que devant une nouvelle donne, n’est pas nécessairement plus mal pris qu’au soir du 30 septembre. Si une victoire du PQ avait toutes les chances de mener à quatre années de dure gouvernance et d’immobilisme coûteux, la victoire de la CAQ ouvre désormais la porte sur quatre années de reconstruction, et ce, alors que l’appui à l’indépendance se maintient toujours à un niveau plus qu’appréciable, qui supplante largement les résultats électoraux tant du PQ que de QS et même du PLQ. Bref, tout est encore possible, mais la patience et le travail sont de mise.

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L’élection de la CAQ, la victoire du Québec moyen

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L’élection du 1er octobre 2018 fut à bien des égards historique. Le relâchement de la tension autour de la question nationale a permis à un nouveau parti de prendre le pouvoir, la CAQ, et à un autre, QS, d’émerger comme une force politique. Les deux partis qui se sont partagé le pouvoir depuis 50 ans sont à des creux historiques.

Les observateurs de la scène politique québécoise, y compris des commentateurs chevronnés, se perdent en conjectures pour expliquer ce vote. Mais il suffit d’analyser quelques données socio-démographiques pour comprendre que la CAQ l’a emporté en misant sur le Québec modéré.

Comment comprendre ces élections en cinq étapes faciles :

Étape 1 : Procurez-vous les données macro (big data) du recensement de 2016.

Étape 2 : Triez les circonscriptions selon la proportion de la population non francophone. Vous observerez que 27 des 28 (ainsi que 29 des 34) circonscriptions ayant la plus forte proportion d’électeurs non francophones* sont allées au Parti libéral. Les exceptions s’expliquent ainsi :

Jean-Talon est la circonscription où les évaluations foncières sont les plus élevées en dehors de l’île de Montréal. Roberval est la circonscription du premier ministre sortant, tandis que l’élection dans Gaspé est contestée.

La conclusion : le vote du Parti libéral est essentiellement le fait des non-francophones et d’un niveau socio-économique très élevé. Il s’agit d’un vote qui s’éloigne sensiblement du Québec moyen, constitué d’une majorité de francophones à revenu moyen.

Étape 3 : Enlevez les circonscriptions non francophones du PLQ et triez vos données en fonction de la proportion de locataires dans la circonscription. Vous observerez que les 8 circonscriptions ayant la plus forte proportion de locataires sont allées à QS, de même que 9 des 10. L’exception étant Rouyn-Noranda–Témiscamingue. Ainsi, la proportion de locataires (dont beaucoup d’étudiants) explique presque entièrement le vote solidaire.

Étape 4 : Mettez les circonscriptions non francophones et/ou à forte proportion de locataires de côté, et jetez un coup d’oeil aux indicateurs socio-économiques. Le premier constat est que le vote péquiste est généralement caractérisé par une très faible perspective socio-économique.

Trois des quatre circonscriptions où les transferts gouvernementaux occupent une plus grande place dans le revenu des ménages sont péquistes, la quatrième étant Gaspé, où un dépouillement judiciaire a lieu, peut-être au profit du Parti québécois. De plus, 8 des 19 circonscriptions où le taux d’emploi chez les hommes est le plus faible sont péquistes (9 sur 19 si Gaspé bascule vers le PQ). La seule circonscription péquiste où les perspectives socio-économiques sont moins défavorables est Marie-Victorin, où Catherine Fournier l’a emporté avec seulement deux points de pourcentage d’avance.

Étape 5 : Faites la liste des circonscriptions caquistes et vous constaterez que ce sont des circonscriptions très diverses et très représentatives du Québec « moyen », c’est-à-dire ni très riche ni très pauvre, plutôt francophone et pas disproportionnellement locataire.

En conclusion, on peut affirmer que les trois partis d’opposition se sont marginalisés par rapport au Québec moyen. Le Parti libéral est devenu essentiellement le parti des riches et surtout des non-francophones. Le Parti québécois est devenu le parti des électeurs qui dépendent le plus des transferts gouvernementaux, tandis que Québec solidaire est le parti des locataires, souvent de jeunes étudiants.

La CAQ aura réussi de son côté à se brancher solidement sur le Québec moyen, ce qui a assuré sa victoire éclatante.

(*) Nous excluons les langues autochtones aux fins de l’analyse.

* L’auteur a été consultant au cours de la dernière campagne en tant qu’analyste stratégique de l’opinion publique pour la CAQ. Il était auparavant vice-président au sein de la maison de sondage CROP.

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