Errements sur les oeuvres qui vont dans les musées

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Réflexions autour du jugement Manson de la Cour fédérale, qui réduit le critère d’intérêt national aux seules oeuvres canadiennes.

La culture est un concept qui recoupe des éléments très différents. Fernand Dumont en a traité, tout comme Lussato et Messadié. On trouve d’un côté la culture traditionnelle, ethnologique ou passive et l’ensemble des éléments qui ont été développés par les individus pour survivre dans le contexte physique ou matériel qui est le leur. On pense ici, par exemple, à la langue, avec son accent et des mots particuliers, comme à des habiletés particulières, savoir marcher dans la neige, comment et quoi manger ou comment se comporter avec les autres. Cette culture est apprise dès l’enfance, elle nous conditionne et est propre aux gens qui vivent dans une société donnée, c’est pourquoi on l’appelle ethnologique. On n’a pas d’effort à faire pour l’acquérir, c’est pourquoi on l’appelle passive. La plupart des gens se sentent à l’aise dans leur culture, même s’il y a des exceptions avec des personnes qui préfèrent être ailleurs que dans leur culture d’origine.

À l’opposé ou presque, on trouve la culture critique ou active. Un immigrant doit apprendre la langue de sa culture d’accueil et, s’il a passé un certain âge, il n’arrivera jamais à la parler sans accent, contrairement à ses enfants. De plus, il doit apprendre des codes de comportement parfois très proches des siens, mais parfois très éloignés. Quand nous voulons apprendre des langues étrangères, ou à cuisiner selon de nouvelles règles, ou simplement à manger différemment, nous devons faire un effort. Plus l’écart avec notre culture est grand, plus c’est difficile. Manger avec ses doigts en Afrique ou en Inde n’est pas facile pour nous, mais certains Chinois arrivent mal à manger avec des couverts. Mettre des gants pour qui ne l’a jamais fait est une expérience qui fait rire ceux qui en ont mis depuis l’enfance.

Au-dessus des catégories

Cette deuxième conception de la culture n’est pas nationale. Chopin n’est ni polonais ni français, il est au-dessus de ces catégories, sa musique peut rejoindre des gens de partout, à condition qu’ils aient été en contact avec ce genre de musique. Les oeuvres de Chagall ne sont ni russes ni françaises, dans la mesure où elles font partie d’un patrimoine universel. Le jugement Manson confond allègrement les deux catégories en restreignant aux oeuvres de peintres canadiens la protection des oeuvres. Les musées sont un lieu de culture critique, où l’on apprend à ouvrir son esprit, à s’ouvrir sur le monde, ce qui peut être le contraire de se limiter aux oeuvres « nationales ».

Les peintures de Krieghoff montrent des paysages québécois, tout comme celles de Kahlo montrent sa souffrance dans un contexte mexicain, mais elles proposent à l’étranger tout comme au national une vision différente du monde, permettant à l’observateur d’ouvrir son esprit sur du nouveau. Les ceintures fléchées sont très mignonnes, mais elles ne sont plus utilisées pour serrer des manteaux, elles sont des oeuvres d’art en soi, et trouvent leur sens loin de leur raison d’être initiale. La culture critique demandera toujours un effort, mais c’est elle qui contribue à nous ouvrir au monde. Un musée qui n’aurait que des oeuvres locales verrait son intérêt limité à des perspectives ethnologiques, un musée pénalisé pour acquérir des oeuvres dites « étrangères » serait appauvri dans son offre. C’est la mission même des musées qui est remise en cause par une confusion de valeurs, privilégiant la dimension ethnologique nationale à celle des étrangers dans un contexte où c’est inapproprié. Si l’on veut favoriser l’ouverture sur le monde, il faut évidemment permettre à tous de s’ouvrir sur le monde.

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Nos fils vont très bien, merci.

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C’est une période effrayante pour les hommes », a dit le président. « Je m’inquiète pour mes fils », a tweeté Donald Trump fils. Cette époque est anxiogène pour des pans entiers de la société américaine — et par contagion, au-delà de ses frontières. Le président américain a publiquement imité l’accent portoricain, critiqué un juge parce qu’il portait un nom latino, fustigé les musulmans à maintes reprises au point de pouvoir faire avaliser un moratoire sur les politiques d’asile, il a mis en doute le courage d’un prisonnier de guerre au Vietnam et raillé le handicap d’un journaliste.

Les femmes ne sont donc qu’une des cibles de la diatribe présidentielle. Mais elles ont sans doute des raisons d’avoir peur. Car cet homme est téflon. Il s’est vanté de pouvoir agripper les parties génitales des femmes qui le laisseront faire, 17 femmes l’ont accusé d’agression sans altérer l’appui d’une majorité de républicains ; récemment, il a remis en question l’intelligence d’une journaliste latina, et tourné en dérision les propos de la Dre Ford. Avec derrière lui, chaque fois, cette foule hilare. Ces rires. Semblables à ceux qu’évoque Christine Blasey Ford.

La nomination du juge Kavanaugh est ainsi devenue le point focal de cette « guerre des sexes », comme celle de Clarence Thomas, qui avait consacré l’élection d’un plus grand nombre de femmes au Congrès. Sa confirmation pourrait électriser l’électorat féminin — majoritaire aux États-Unis.

Avant même cet épisode, elles sont plus nombreuses dans ce cycle électoral à être candidates aux postes de gouverneurs, aux législatures d’État, à la Chambre, au Sénat. Et le vent pourrait souffler dans leurs voiles.

En effet, dans une élection où la santé et ses coûts sont un enjeu central, les femmes sont souvent vues comme des agents de changement. L’économie pourrait également rebattre les cartes, car la Chine a choisi, dans la guerre commerciale qui l’oppose au président américain, de cibler ses hausses de taxes sur les comtés et États pro-Trump : ainsi, la carte de l’impact des mesures chinoises se superpose presque exactement à la carte électorale de 2016.

Or, si 61 % des femmes blanches sans diplôme postsecondaire et 52 % des femmes blanches tous niveaux de scolarité confondus ont voté pour Donald Trump en 2016, un réalignement est déjà perceptible. Les femmes mariées, traditionnellement conservatrices (certaines études comme celle publiée dans Political Research Quaterly l’an passé par Stout, Kretschmer et Ruppanner montrent le poids des choix du mari dans leurs décisions électorales) désapprouvent de manière croissante le président (10 points en 22 mois selon Greenberg). Elles se rapprochent ainsi des femmes ayant un diplôme postsecondaire : ces dernières représentent, selon le States of Change Project, un cinquième de l’électorat et se sont clairement identifiées à la Dre Ford. Parmi elles, les Blanches qui ont souvent oscillé côté républicain sont 63 % — fait inédit — à basculer dans l’escarcelle démocrate.

 

Pour autant, cela ne paraît pas inquiéter les républicains. Cette vague rose est surtout bleue, selon Kelly Dittmar : il y a en effet une hausse de 127 % du nombre de candidates démocrates, contre 28 % chez les républicaines. Or, dans les 67 districts les plus disputés pour la Chambre des représentants, les femmes ont, selon le Cook Report, collecté en moyenne 500 000 $ de moins que les hommes, et les femmes démocrates drainent moins d’argent de l’extérieur de l’État que leurs alter ego masculins. Le danger féminin est donc moindre du point de vue républicain.

Et ce, d’autant plus qu’un sondage Marist College-NPR-PBS Newshour montre que l’enthousiasme républicain pour les mid-terms va croissant — égalant désormais celui des démocrates. Plus encore, les dons au Comité national républicain du Congrès ont, selon Politico, presque triplé au cours de la semaine des auditions de Ford et Kavanaugh. Ajoutons à cela que les républicains, qui tiennent nombre de législatures fédérées, ont dessiné des cartes électorales rocambolesques qui leur sont favorables, et que certains États purgent leur liste électorale tambour battant tandis que les procédures pour infirmer ces décisions s’apparentent parfois aux 12 travaux d’Astérix.

Bien sûr, il se pourrait que les républicains sous-estiment la capacité de mobilisation des femmes, advenant la confirmation de Kavanaugh. Il se pourrait qu’ils minorent la peur des femmes, face au spectre qui planera sur le droit à l’avortement… ou leur colère quant au mépris des victimes d’agressions sexuelles qui a transparu dans l’enceinte sénatoriale. Mais il est également envisageable qu’on surestime la rage des femmes, d’autant que le discours sur la « peur des hommes » est susceptible de trouver un écho chez les mama grizzliessoccer moms comme dans l’électorat américain… simplement parce que parler de consentement n’est pas chose aisée.

Jamais la volatilité de l’électorat (et sa faible prédictibilité) n’a été aussi palpable.

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