Les yeux doux | Le Devoir

[ad_1]

On aurait préféré entendre Andrew Scheer déclarer lui-même qu’un gouvernement conservateur serait disposé à ajouter la réunification des familles aux pouvoirs que les précédentes ententes sur l’immigration ont reconnus au Québec.

Le premier ministre François Legault a une fâcheuse tendance à faire dire à ceux qu’il rencontre en tête-à-tête des choses dont ils sont les premiers surpris, comme pourrait en témoigner l’ancienne première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, qui avait appris par les médias qu’elle était disposée à associer sa province aux ambitieux projets hydroélectriques du chef de la CAQ.

On ne sait pas non plus ce que M. Scheer pense des changements à la législation fédérale que nécessiterait la création du nouveau « certificat transitoire » que M. Legault voudrait créer, ni de la facture qu’il entend envoyer à Ottawa pour payer les coûts des services en santé et en éducation dispensés aux immigrants qui échoueraient aux tests de français et de valeurs qu’ils devront subir. On ne sait même pas si M. Legault lui en a parlé.

Le peu qu’a dit le chef conservateur à l’issue de la rencontre de jeudi entre les deux hommes ne laisse cependant aucun doute sur le peu d’enthousiasme que lui inspire l’interdiction des signes religieux. Sans parler de l’utilisation de la disposition de dérogation, à laquelle le gouvernement caquiste pourrait devoir se résoudre et qui soulèverait un tollé au Canada anglais. Son ami québécois deviendrait alors bien encombrant.

 

Depuis le début, M. Scheer souhaite plaire à M. Legault. Il a commencé à lui faire du plat dès son élection à la tête du Parti conservateur, comme Stephen Harper en avait fait avant lui à Mario Dumont, alléchés l’un et l’autre par le bassin d’électeurs de l’ADQ alors et de la CAQ aujourd’hui.

La nette victoire conservatrice de juin dernier à l’élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord a donné un signal encourageant, mais l’élection du 1er octobre dernier fait maintenant rêver M. Scheer à un nouvel axe bleu qui donnerait à son parti des assises solides au Québec.

Au printemps dernier, il avait déjà fait des avances qui se voulaient autant de réponses à des demandes formulées dans le « nouveau projet pour les nationalistes du Québec », qui tient lieu de politique constitutionnelle à la CAQ. Il se disait ouvert à une déclaration de revenus unique et à l’octroi de pouvoirs additionnels en matière de culture et d’immigration, sans toutefois préciser lesquels.

Dans une lettre ouverte, le chef conservateur avait également lancé un appel aux « nationalistes qui en ont assez des chicanes et des crises existentielles du Bloc québécois » et qui croient à ce « Québec fort au sein d’un Canada uni », auquel M. Legault s’est également converti.

 

Le départ de Martine Ouellet a permis au Bloc de se rafistoler tant bien que mal, mais l’analyse que faisait son ancien chef, Michel Gauthier, demeure pertinente. À partir du moment où la souveraineté est renvoyée aux calendes grecques, le PCC est sans doute le parti susceptible de prendre le pouvoir qui a traditionnellement défendu une conception du fédéralisme plus respectueuse de l’autonomie des provinces que celle des libéraux, même si le concept des deux nations cher à Robert Stanfield a été évacué depuis longtemps…

Bon nombre d’anciens péquistes qui sont passés à la CAQ en sont arrivés à une conclusion semblable : à défaut de faire du Québec un pays, elle arrivera peut-être à arracher de nouveaux pouvoirs à Ottawa. Au pire, elle préservera les acquis et défendra son identité.

Si le PCC peut apparaître comme un moindre mal, M. Scheer est simplement un nouvel acteur plus souriant dans la reprise du vieux film qui aurait pu s’intituler « Les yeux doux ». Dans un discours mémorable prononcé devant les membres de la Chambre de commerce de Québec en décembre 2005, Stephen Harper avait promis d’ouvrir une nouvelle ère de « fédéralisme d’ouverture », dont le principe serait même enchâssé dans une charte.

Un gouvernement conservateur allait éliminer le déficit fiscal entre Ottawa et les provinces, encadrer le « pouvoir de dépenser », reconnaître au Québec des « responsabilités spéciales » en matière de langue et de culture, de même que le droit d’être représenté à l’UNESCO avec un statut semblable à celui dont il bénéficiait au sein de la Francophonie. Même Jacques Parizeau y avait vu des avancées importantes, c’est dire.

La déception a été à la mesure de l’espoir créé. Le déficit fiscal n’a été éliminé qu’en multipliant les baisses d’impôt, qui n’ont pas fait entrer un sou dans les coffres des provinces. La limitation proposée du « pouvoir de dépenser » ne s’appliquait qu’à des programmes tombés en désuétude, le siège à l’UNESCO n’était qu’un strapontin au sein de la délégation canadienne et on n’a jamais vu l’ombre d’un nouveau pouvoir en matière de langue et de culture. Faut-il réellement revoir ce film ?

Depuis le début, M. Scheer souhaite plaire à M. Legault. Il a commencé à lui faire du plat dès son élection à la tête du Parti conservateur, comme Stephen Harper en avait fait avant lui à Mario Dumont, alléchés l’un et l’autre par le bassin d’électeurs de l’ADQ alors et de la CAQ aujourd’hui.

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس

Vous ne devrez plus quitter votre drone des yeux

[ad_1]

Un texte de Noémie Moukanda

Les prémisses de ces nouvelles règles ont été présentées lors de la conférence Systèmes télécommandés Canada, mardi, à Vancouver.

La conférence Systèmes télécommandés Canada se tient à Vancouver jusqu’au 1er novembre. Photo : Radio-Canada/Noémie Moukanda

Il n’y aura plus de distinction dans l’utilisation de ces aéronefs sans pilote de moins de 25 kg, explique le gestionnaire des normes de vols et des opérations de drones au sein de l’aviation civile de Transports Canada, Ryan Johnson. Ces drones peuvent servir à des fins de loisir, de travail ou de recherche.

Ensuite, ces appareils doivent toujours rester dans le champ de vision de leurs utilisateurs. Le drone ne peut donc pas voler en temps nuageux ou brumeux, derrière des bâtiments ou des arbres.

Le troisième changement significatif concerne la taille du drone. Transports Canada établit trois catégories d’utilisation en fonction des zones d’opération.

Est-ce que les opérations sont près de l’aéroport et présentent un risque pour les autres avions. Est-ce que les opérations sont près des personnes ?

Ryan Johnson, gestionnaire des normes de vols et des opérations, Transports Canada

Pour Charles Vidal, qui est lié à Systèmes télécommandés Canada et au Conseil national de recherches Canada, ce nouveau cadre « permettra de désengorger le système ».

Charles Vidal, gestionnaire de projets au sein du Conseil national de recherches Canada Photo : Radio-Canada/Noémie Moukanda

De la même manière que les gens ont un permis de conduire pour leurs voitures, les gens auront un permis de pilotage de drone. Ça va permettre d’accélérer et de rendre les opérations de drones plus routinières et faciles d’accès.

Charles Vidal, gestionnaire de projets, Conseil national de recherches Canada

Par ailleurs, Transports Canada compte sur l’éducation et la formation pour que les utilisateurs de drones ne mettent pas en péril la sécurité publique.

Le ministère mettra en place un programme de certification. Les détenteurs d’un drone devront passer un examen pour opérer leurs engins volants. In fine, le gouvernement requerra que tout drone soit enregistré. Et pour y parvenir, Transports Canada travaille en collaboration avec les vendeurs de ces robots volants, sans pour autant obliger quiconque à vérifier que l’acheteur est certifié pour opérer le drone. Le vendeur sera juste un autre point de renseignement qui facilitera l’éducation du détenteur de drone.

Transports Canada mise sur une approche plus éducative que coercitive, car la popularité des drones est synonyme « d’attirer des personnes dans le domaine des technologies et d’aviation ». Ray Johnson croit en effet que cela ouvre des portes « à des carrières dans ce domaine ».

Ray Johnson, gestionnaire des normes de vols et des opérations au sein de l’aviation civile de Transports Canada Photo : Radio-Canada/Noémie Moukanda

Respect de la loi

Toutefois, la Gendarmerie royale du Canada s’assurera que les utilisateurs de drone respectent la législation en place.

On a lancé un projet pilote avec la GRC. On a formé plus de 250 officiers de police et on va élargir ce programme avec les autres partenaires, comme la police municipale.

Ryan Johnson, gestionnaire des normes de vols et des opérations, Transports Canada

Cette partie plus coercitive entrera en vigueur lorsque le règlement sera adopté, d’ici la fin de l’année, espère Ray Johnson. À la première infraction et selon son ampleur, un utilisateur risque une amende d’un minimum de 350 $.

Transports Canada n’a pas le mandat d’assurer la vie privée. Mais ces nouvelles règles, affirme Ray Johnson, auront un large éventail d’avantages qui devraient garantir un respect de la vie privée. En effet, les drones doivent garder leurs distances par rapport aux habitations et aux gens.

Ils doivent être éloignés d’au moins 30 m de toute personne ou de tout véhicule et voler à plus de 5 mètres de hauteur, précise le gestionnaire des normes de vols et des opérations de drones au sein de l’aviation civile de Transports Canada.

[ad_2]

Source link

قالب وردپرس