Affaire Huawei: à l’ordre, M. McCallum

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Depuis l’arrestation de la directrice financière de Huawei à Vancouver le 1er décembre, le Canada répète que l’examen de la demande d’extradition des Américains relève des tribunaux et que ces derniers sont indépendants du pouvoir politique. En une seule conférence de presse mardi, l’ambassadeur du Canada en Chine, John McCallum, a ébranlé cette ligne de défense canadienne face aux coups de boutoir de Pékin.

M. McCallum rencontrait la presse sinophone de Toronto pour lui expliquer le processus d’extradition, mais comme au temps où il était ministre, il a digressé. Il s’est permis de commenter la cause de Mme Meng Wanzhou, allant jusqu’à mentionner de « solides arguments » que la défense pourrait invoquer devant un juge pour fort probablement éviter l’extradition.

M. McCallum n’avait pas à partager son analyse en public, il devait la réserver à ses patrons. S’agit-il alors d’une gaffe ou d’un geste étudié pour tenter d’apaiser les autorités chinoises ? Les deux scénarios ont vite été évoqués, mais une déclaration faite hier soir par l’ambassadeur a dissipé tout doute à cet égard. Ses propos étaient les siens et il dit être « désolé » d’avoir ainsi « semé la confusion », qu’il s’est « mal exprimé » et que ses paroles « ne reflètent pas fidèlement [sa] position sur la question ». Et d’ajouter : « Comme le gouvernement l’a toujours dit clairement, il n’y a eu aucune intervention politique dans ce dossier. »

« En tant qu’ambassadeur du Canada en Chine, je n’ai aucun rôle à jouer dans l’évaluation des arguments, ni à me prononcer sur le processus d’extradition. La priorité du gouvernement du Canada, ainsi que la mienne, est d’obtenir la libération des deux Canadiens détenus arbitrairement en Chine et de veiller à la protection des droits de tous nos citoyens », conclut-il.

Invité à réagir à quelques reprises depuis mardi, le premier ministre Justin Trudeau s’en est tenu à sa défense de la primauté du droit et de l’indépendance de la justice. Il a évité de désavouer son ambassadeur et, du coup, de l’affaiblir. Il a aussi refusé la demande de renvoi de M. McCallum formulée par le chef conservateur, Andrew Scheer. Cela aurait été en effet mal avisé alors que la situation sur le terrain est délicate et urgente pour au moins trois Canadiens.

Le premier ministre devait toutefois rappeler M. McCallum à l’ordre, ce qui a visiblement été fait. Et c’est tant mieux, car le ministère chinois des Affaires étrangères disait voir dans ses propos la preuve que l’affaire Meng n’est pas judiciaire mais politique. John McCallum n’est plus ministre ni agent libre, mais diplomate, et il doit le comprendre. La crise actuelle est trop grave pour tolérer d’autres faux pas.

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Charles Tisseyre, Peter Simons et Henri-Paul Rousseau nommés au sein de l’Ordre du Canada

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La gouverneure générale du Canada, Julie Payette, a annoncé jeudi une centaine de nouvelles nominations au sein de l’Ordre du Canada.

Par voie de communiqué, le bureau de la gouverneure générale a précisé qu’il s’agissait de 103 nominations, parmi lesquelles on retrouve notamment le président du Cirque du Soleil, Daniel Lamarre, le chef de l’entreprise La Maison Simons, Peter Simons, le journaliste scientifique Charles Tisseyre et l’économiste Henri-Paul Rousseau.

L’Ordre du Canada a voulu reconnaître M. Tisseyre et « son dévouement à la vulgarisation scientifique et à la défense des médias d’information ».

M. Lamarre est récompensé pour « sa contribution à l’univers des communications et du divertissement », tandis que M. Simons a été choisi « pour son leadership dans le monde des affaires et son militantisme au profit de l’industrie du commerce de détail ».

Les récipiendaires seront invités à recevoir leur insigne au cours d’une cérémonie « qui aura lieu à une date ultérieure », indique-t-on dans le communiqué.

Créé en 1967, l’Ordre du Canada rend hommage aux personnes dont les services « transforment la société ».

Les nominations sont faites par le gouverneur général, selon les recommandations du Conseil consultatif de l’Ordre du Canada.

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Nouvelle rebuffade judiciaire pour l’ancienne réforme de «la loi et l’ordre» des conservateurs

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La Cour suprême du Canada inflige un autre revers à la réforme conservatrice de la justice criminelle. Le plus haut tribunal du pays invalide la suramende compensatoire, amende que le gouvernement de Stephen Harper avait obligé les juges à imposer aux contrevenants, même les plus pauvres, incapables de payer. Il s’agit au moins de la quatrième fois que le programme conservateur est ainsi déboulonné par les juges.

La suramende compensatoire existe au Canada depuis 1988. Elle consiste à infliger une amende supplémentaire au contrevenant reconnu coupable afin de financer les programmes d’aide aux victimes d’un crime. La suramende est l’équivalent de 30 % de l’amende infligée au délinquant ou, dans les cas où aucune amende n’est imposée, un montant de 100 $ ou 200 $ par infraction, selon sa gravité. Le Code criminel permettait aux juges de faire preuve de discrétion dans l’imposition de cette suramende, mais en 2013, le gouvernement conservateur de Stephen Harper l’a rendue obligatoire. C’est ce caractère implacable qui a été contesté devant les tribunaux.

Les quatre causes entendues par la Cour suprême concernent sept contrevenants vivant tous dans une extrême pauvreté et souffrant à divers degrés de problèmes de toxicomanie ou de santé mentale. Le cas le plus flagrant est celui du Québécois Alex Boudreault. Ce jeune homme de 21 ans, sans diplôme secondaire, sans abri et sans emploi, avait été inculpé de huit chefs d’accusation ainsi que pour quatre non-respects des conditions. La suramende qu’on lui avait imposée totalisait 1400 $. Quant à Daniel Larocque, un jeune de 22 ans issu des services à l’enfance et souffrant de maladie mentale et de problème de toxicomanie, il avait écopé d’une suramende de 700 $. Or, une fois son logement et son épicerie payés avec ses prestations d’invalidité, il ne lui restait que 136 $ par mois.

Un délinquant qui refuse de payer sa suramende peut être incarcéré, mais pas s’il ne peut pas payer. Toutefois, pour prouver cette incapacité, il doit comparaître devant un tribunal. Or, il arrive que des personnes soient placées en détention en attente de leur audience. Cette possibilité d’emprisonnement qui plane presque à vie sur une personne sans moyens constitue donc, estime la Cour suprême, une peine démesurée et disproportionnée par rapport au crime.

« Les effets de la suramende, lorsque combinés, créent des circonstances exagérément disproportionnées, sont incompatibles avec la dignité humaine et sont à la fois odieux et intolérables. En d’autres termes, ils sont cruels et inusités, et ils violent en conséquence [la Charte des droits et libertés] », écrit la juge Sheilah Martin au nom de la majorité de sept magistrats.

Pour prouver le caractère « exagérément disproportionné » de la suramende, la juge Martin évoque une situation hypothétique raisonnable, celle d’un Inuit condamné à payer 900 $ alors qu’il touche 250 $ par mois. Ce cas est qualifié d’hypothétique parce qu’il ne faisait pas partie de ceux soumis à la Cour suprême, mais il est bien réel et a été porté à l’attention d’un autre tribunal canadien. La suramende, souligne la juge, représenterait pour cette personne quatre mois de revenus.

« Pour quelqu’un qui gagne le revenu médian au Canada selon les niveaux de 2015 (70 336 $), une amende équivalente, rajustée en fonction de ce revenu, atteindrait plus de 23 000 $. […] Or, malgré le montant exorbitant que cela représente, de telles personnes à revenus élevés seraient probablement encore en mesure de subvenir à leurs besoins essentiels. On ne peut cependant en dire autant des appelants représentatifs pour lesquels les frais de subsistance de base se rapprochent du montant de leurs revenus ou l’excèdent. […] Une amende qui prive à ce point une personne de ses moyens de subsistance est excessive au point de ne pas être compatible avec la dignité humaine. »

L’effet du jugement est immédiat : les suramendes sont radiées du Code criminel. Les suramendes sont annulées pour les sept contrevenants et pour tous les autres à l’avenir. Quant à ceux qui peinent à payer une suramende existante et s’adressent régulièrement aux autorités pour en demander le report, ils pourront fort probablement invoquer le jugement pour en demander le report sine die.

Les deux juges dissidents, Suzanne Côté et Malcolm Rowe, estiment pour leur part que la suramende aurait dû être conservée. La juge Côté minimise les effets pervers de la suramende en rappelant que les contrevenants peuvent participer à un programme de paiement étalé dans le temps et qu’ils ne sont incarcérés en attente de leur audience que s’il est dans l’intérêt public de le faire. La juge se demande si le jugement de ses collègues « est susceptible d’avoir pour effet la remise en question de la constitutionnalité d’autres amendes obligatoires imposées à des contrevenants qui peuvent, ou non, avoir les moyens de payer ».

Un quatrième revers

Pour les conservateurs, il s’agit au moins de la quatrième fois que leurs réformes en matière de justice sont déboutées. La Cour suprême a invalidé en 2015 les peines minimales instaurées pour les crimes impliquant des armes à feu. Le jugement instaurait une logique pour tester les automatismes du Code criminel qui risque d’être utilisée pour juger d’autres peines minimales. C’est d’ailleurs cette logique qui a été utilisée vendredi pour invalider la suramende, qui consiste elle aussi en une forme de sentence automatique.

La Cour suprême a aussi invalidé en 2014 la réforme faisant en sorte que le temps passé derrière les barreaux en attente de son procès ne pouvait plus être crédité en double en cas de condamnation de l’inculpé. Enfin, toujours en 2014, la Cour suprême a invalidé le caractère rétroactif d’une réforme conservatrice retirant à certains prisonniers le droit à une remise en liberté hâtive.

Le gouvernement libéral de Justin Trudeau avait prévu d’abolir la suramende compensatoire, mais le projet de loi pour le faire (C-75) n’a pas encore été adopté. Le bureau de la ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a indiqué vouloir lire le jugement pour déterminer son impact sur C-75.

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Pour que l’ordre règne | Le Devoir

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À la télévision, dans les jours précédant « l’acte IV » du mouvement des gilets jaunes, on avait l’impression d’assister à une pièce de théâtre, à une chorégraphie bien huilée. Les têtes de pipe attendues rassemblées autour d’une table : chroniqueurs d’opinion, un « pour », un « contre », un envoyé du gouvernement, un gilet jaune, différent chaque fois. Toujours un peu mal à l’aise, en retrait, le dos très droit comme à l’église. Trop de politesse, pas assez de concision. La maîtrise des codes télévisuels n’est pas innée, c’est normal, mais l’écart visible n’est pas seulement relatif à l’expérience. C’est une distance de classe, qui s’insinue jusque dans le langage ; la difficulté de traduire la fatigue, la colère, la peur de manquer de nourriture, d’argent pour sa retraite, dans les termes technocratiques qui dominent le discours politique et médiatique.

Ainsi, on enchaîne les questions comme sur un formulaire : pourquoi n’avez-vous pas de porte-parole, allez-vous structurer votre organisation, que faites-vous du droit de circuler librement sur le territoire, et les casseurs, surtout, qu’allez-vous faire des casseurs ?

La figure du casseur est une construction fascinante. Cette créature, semble-t-il, vit tapie dans l’ombre en attendant le bon moment. Des « opportunistes profitant des douleurs sincères », pour reprendre les mots d’Emmanuel Macron dans le discours dégoulinant de pathos prononcé hier soir. Comme s’il était impensable et injustifiable qu’une personne honnête explose de rage lorsqu’on lui rend la vie insupportable, qu’on lui lance des lacrymogènes au visage et que la police fasse agenouiller des adolescents, les mains derrière la tête, parce qu’ils manifestent devant leur lycée.

Samedi à Paris, la tension était élevée. Rien à voir avec l’atmosphère bon enfant qui, durant le printemps étudiant chez nous, subsistait malgré la lassitude et la répression policière. On a fouillé mon sac et mes poches, je n’avais rien qui puisse être lancé, sauf peut-être une banane, mais on m’a dit que les casques, les masques, les gants étaient saisis — même aux journalistes. Les déplacements jusqu’aux points de rassemblement sont laborieux. Pour bouger, il faut passer d’une souricière à l’autre. Et là où ça bloque, ça pète.

Autour des Champs-Élysées, on entend, par intervalle, les chars qui chargent et les grenades qui explosent. L’air est comme de la soupe aux pois. Près des barrages, il faut courir lorsque les projectiles viennent et que la foule détale. Je m’essouffle et ma gorge pique. Soudain, des cris : une vingtaine de manifestants se ruent sur un seul. Je n’ai pas aimé le bruit de son corps s’écrasant sur le béton. Un homme brandit une barre de fer, je crains qu’il l’utilise. Je demande ce qui se passe à deux jeunes ayant mis la main à l’échauffourée. Le type voulait faire de la casse. Un flic infiltré, on pense. Vraiment ? On ne sait pas, mais il y en a plein, et c’est toujours pour faire du grabuge.

Puis, une curiosité : une femme, début vingtaine, a un carré rouge épinglé sur son gilet jaune. En référence au Québec ? Oui, m’explique-t-elle, elle milite contre l’augmentation appréhendée des droits d’inscription à l’université. Et vous êtes solidaires des gilets jaunes ? Tout à fait. « Moi, je remercie Macron. Il a réussi à nous rassembler comme personne, de l’extrême droite à l’extrême gauche. » Après, ajoute-t-elle, on ne fera pas de fleur à l’extrême droite, et il faut le dire, la police tape tous les jours sur les gens des banlieues, et personne ne va voir. Elle est éducatrice. « Moi, j’ai des petits de sept ou huit ans qui courent dès qu’ils voient la police. Ils ne savent pas pourquoi, mais ils courent. » Mais sa solidarité est totale avec les gilets jaunes, oui.

C’est ce qui m’interpelle le plus dans l’évolution de ce mouvement : la tentative de faire converger des luttes qu’on tend souvent à placer en opposition, généralement pour discréditer la gauche et ses éléments les plus marginalisés. Chez nous comme en France. Samedi, il y avait des gens venus pour la Marche mondiale pour le climat, martelant que la fin du monde et la fin du mois constituent un même combat, des salariés venus de province autant que des militants du comité Justice pour Adama Traoré [homme de 24 ans mort lors d’une interpellation par la police], qui articulent la solidarité entre les classes populaires de la France profonde et celles des zones périurbaines où le racisme et les abus policiers s’ajoutent à la violence ordinaire de la pauvreté.

Si les soulèvements des gilets jaunes sont un symptôme du dysfonctionnement du néolibéralisme plus qu’elles n’en sonnent le glas, ils nous montrent bien que l’opposition entre les revendications des petits salariés, des écolos, des femmes ou des immigrés est factice ; qu’il existe bien un adversaire commun, très clairement identifié, d’ailleurs, par quiconque se trouvait samedi dans les rues de Paris. Refuser de le reconnaître confine au statu quo et à la reproduction de la violence.

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Chronique d’Aurélie Lanctôt: «Le progrès, dans l’ordre»

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J’en conviens, il est ironique de parler encore de la légalisation du cannabis pour s’étonner du spectacle auquel nous avons assisté cette semaine. N’empêche. Mercredi, dès l’aurore, mon Devoir m’envoie une alerte pour m’inviter à suivre sa couverture de la légalisation sur toutes ses plateformes. J’y serai, oui, sur toutes, toutes les plateformes. À la radio de nos impôts, on est en poste devant les succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC). On évalue la longueur de la file, on décrit la composition de la file, le magasin, les sacs remis dans le magasin, ce qu’on trouve sur le site Web du magasin. J’ouvre Twitter, une autre plateforme, encore plus de contenu, toujours, bien remplir les boîtes de contenu. Vite, j’ai encore des questions.

Pas de chance, ai-je pensé, pour la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, qui tombait aussi ce jour-là. « Vous savez, chaque année, le 17 octobre, ce n’est pas facile de faire parler de la pauvreté. On a l’habitude que ça ne fasse pas les manchettes », nuance Virginie Larivière, porte-parole du Collectif pour un Québec sans pauvreté, peu surprise qu’on passe sous silence les soucis des plus vulnérables d’entre nous. « L’important, c’est les activités en marge de la ronde médiatique, ajoute-t-elle. Le rassemblement devant l’Assemblée nationale, les prises de parole de personnes en situation de pauvreté. » Faire vivre la solidarité autour de ceux qui en arrachent, oui.

J’ai l’impression que nous en avons appris plus cette semaine sur la logique qui préside au fonctionnement de nos médias que sur la capacité de la société civile et des institutions à accueillir la légalisation du pot. Il y avait pourtant quelque chose de fascinant à observer les hoquets d’un système se mettant soudain au diapason de la société. En direct, le tâtonnement des institutions qui tentent d’asseoir et d’assumer leur contrôle sur cette substance dont il faut désormais parler dans les termes de la légalité.

Le correspondant du New York Times à Montréal, Dan Bilefsky, rapportait ainsi les propos d’un badaud en file devant une succursale de la SQDC : « Le Canada est encore une fois un leader progressiste mondial ! » Mais qu’en est-il vraiment ? Il me semble plutôt que nous avons vu cette semaine les reflux d’un progressisme de façade, qui, en déployant un imposant arsenal réglementaire, essaie de dissimuler son malaise.

Bien sûr, la légalisation du cannabis a extirpé quelque chose au champ de la criminalité. À mon sens, les gestes de décriminalisation sont souvent souhaitables pour faire de la société un espace plus tolérant, plus ouvert, moins étouffant pour les individus. Mais il est présomptueux de croire qu’il suffit de lever l’interdit juridique pour dissiper un tabou. Le cas qui nous occupe est probant : un appareil technocratique et rigide s’est aussitôt emparé de ce que le droit pénal a relâché.

Au lieu d’avoir une réflexion ouverte et nuancée sur la marginalisation produite et reproduite par la criminalisation des drogues, l’utilisation de la marijuana pour soulager des souffrances physiques là où l’industrie pharmaceutique échoue, ou même sur le rôle de l’État dans le choix des individus quant à leur état de conscience, on s’est replié sur nos habituelles lubies régulatoires. Au Québec, du moins, on distille la panique morale suscitée par la légalisation du cannabis dans une espèce d’hygiénisme social suranné : microgestion, paramétrage culpabilisant de la consommation, encadrement de la visibilité même de cette plante soi-disant acceptée.

Nos sociétés dites progressistes prétendent s’être débarrassées de la morale bourgeoise et du fétiche de la loi et l’ordre. Pourtant, les voilà qui reviennent en douce par l’administration bureaucratique de tout, y compris, semble-t-il, de notre état de conscience, à l’intérieur même cadre de la légalité. Le progrès, bien sûr, mais dans l’ordre.

Je relisais hier un essai du médecin et neurologue Oliver Sacks, publié en 2012 dans le New Yorker. Il y parle de ses propres expériences avec la drogue, sans verser ni dans la banalisation ni dans la moralisation. Il souligne que la recherche d’un état qui transcende l’ordinaire, la quête d’absolu et de sens, sont au coeur de l’expérience humaine. Il admet avoir longtemps canalisé, à tort, cette quête dans la prise de drogue, jusqu’au jour où la littérature s’est substituée aux délires chimiques. Mais toujours, cette recherche de quelque chose qui nous dépasse. On ne dit évidemment pas que la drogue est un moyen d’évasion comme un autre. Il me semble néanmoins qu’on met ici le doigt sur une dimension qui manque cruellement à tous ces débats sur la marijuana : une dimension humaine, empathique et profonde. Quelque chose qui transcende le paternalisme et l’horizontalité bornée de l’obsession réglementaire.

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Legault promet du changement «dans l’ordre»

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Le premier ministre désigné, François Legault, s’est avancé sur le devant de la scène politique québécoise. Au lendemain d’une victoire électorale décisive de la Coalition avenir Québec, il a demandé à la fonction publique de se mettre en ordre de marche.

« Je suis impatient, avec mon équipe, de me mettre au travail », a déclaré M. Legault dans le cadre solennel du domaine Cataraqui, à Québec, mardi. « Oui, le gouvernement de la CAQ va faire des changements, mais on va faire ça dans l’ordre. »

L’homme politique de 61 ans a esquissé les premiers « chantiers » de son équipe ministérielle en économie, en éducation et en santé. Dans le lot : « Remettre de l’argent dans le portefeuille des Québécois […] rapidement. »

En éducation, M. Legault a fixé comme priorité le dépistage précoce des enfants à risque de présenter des difficultés d’apprentissage. Pour ce faire, le gouvernement caquiste misera non seulement sur les enseignants des maternelles 4 ans — qu’il veut déployer aux quatre coins du Québec —, mais également sur les éducateurs en services de garde éducatifs à l’enfance, a-t-il annoncé. « Ce qui est important pour moi, c’est que tous les enfants qui ont des difficultés d’apprentissage soient dépistés avant l’âge de 4 ans et qu’on commence à leur donner des services au plus tard à l’âge de 4 ans. […] On va voir avec les CPE, les garderies, les maternelles ce qu’on est capables ensemble de faire pour que le plus rapidement possible tous les enfants reçoivent des services quand ils en ont besoin », a-t-il expliqué depuis l’antichambre du pouvoir. Cela dit, la promesse d’offrir une place en prématernelle à tous les enfants de 4 ans figure toujours au programme de la CAQ. « C’est sur cinq ans », a poursuivi M. Legault, qui se décrit comme « un gars pragmatique ».

En santé, M. Legault compte voir le gouvernement fournir « des services, avec dignité, à nos aînés » en CHSLD, élaborer un « plan rapide pour rénover les CHSLD » et convenir avec la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) de mesures permettant d’offrir « un bien meilleur accès aux médecins de famille [et] aux infirmières, en première ligne ». « L’idée, c’est de le faire ensemble, mais que ça donne des résultats, rapidement », a précisé M. Legault en conférence de presse.

Par ailleurs, à quinze jours de la légalisation du cannabis au Canada, le chef de la CAQ a exprimé son intention de porter l’âge légal de consommation de 18 à 21 ans. « Nous allons essayer de nous assurer qu’il n’y a pas de “vacuum” », a-t-il dit sans plus d’explications. Le temps presse.

Rémunération des médecins

En revanche, le gouvernement caquiste ne lancera pas les hostilités avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) de sitôt. Il renégocierait leur rémunération, mais pas avant de disposer de l’analyse comparative Québec-Ontario commandée sur le sujet à l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS). Or, celle-ci est attendue d’ici le 1er septembre 2019. M. Legault a demandé mardi à son candidat au poste de secrétaire général du gouvernement, Yves Ouellet, de « voir si on peut accélérer » les travaux de l’ICIS.

M. Legault a aussi éloigné le déploiement de grands pans du programme politique de la CAQ qui ont fait grand bruit au cours des dernières années ? à commencer par celui sur l’abolition des commissions scolaires. « Ce ne sera pas fait à très court terme », a indiqué M. Legault tout en soulignant l’importance de « rassurer la communauté anglophone » sur le fonctionnement des centres de services qui supplanteraient les commissions scolaires.

Il n’est pas pressé de légiférer non plus pour interdire aux employés de l’État en position d’autorité ? les enseignants, les policiers, les juges et les gardiens de prison ? de porter des signes religieux. Afin de mettre à l’abri une éventuelle loi de contestations judiciaires, M. Legault s’est dit disposé à recourir, si nécessaire, à la disposition de dérogation de la Constitution. Qu’adviendrait-il d’une enseignante ou d’une policière qui porte le hidjab ? « Nous voulons offrir des emplois dans des bureaux pour les personnes qui veulent continuer de porter leurs signes religieux », a répondu sans détour l’élu.

Promesses maintenues

La réduction du nombre d’immigrants admis au Québec, de 52 000 à 40 000, s’opérera dès 2019, a indiqué M. Legault, promettant d’« en prendre moins, mais en prendre soin ».

Le premier ministre désigné a aussi réitéré mardi sa promesse de soumettre, au cours de la prochaine année, un projet de loi visant à instaurer un mode de scrutin proportionnel mixte régional à l’Assemblée nationale, comme il s’était engagé à le faire auprès du Parti québécois, de Québec solidaire et du Parti vert du Québec.

« Je suis convaincu qu’on va être capables de tenir parole sur nos engagements », a affirmé M. Legault, espérant voir les employés de l’État « adhér[er] aux changements qu’[il] veut faire ». « On a une fonction publique qui est compétente. Je veux qu’on travaille ensemble à faire avancer le Québec », a-t-il souligné à une semaine du Sommet de la Francophonie en Arménie.

M. Legault y rencontrera pour la première fois le chef du gouvernement canadien, Justin Trudeau, avec qui il s’est brièvement entretenu lundi soir. Mardi, il a fait le point avec les ministres fédéraux Chrystia Freeland et Dominic Le Blanc, qu’il a assurés de « [sa] volonté de bâtir un Québec plus fort à l’intérieur du Canada dans une relation gagnant-gagnant ».

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