Les états d’âme de QS

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Les bonnes nouvelles sont plutôt rares pour le PQ, qui ne sait manifestement pas si et comment il pourra assurer sa survie. Dans l’état où il se trouve présentement, il ne peut pas constituer une solution de remplacement sérieuse à la CAQ, qui monopolise le terrain nationaliste. Dans un premier temps, il doit au moins redevenir le premier choix des souverainistes. À cet égard, les états d’âme de Québec solidaire sur le port de signes religieux sont encourageants.

Le gouvernement Marois a cru à tort que la laïcité pourrait prendre le relais de la question linguistique comme moteur de la souveraineté. Il n’en demeure pas moins que la charte de la laïcité a provoqué le débat le plus intense que le Québec ait connu depuis l’adoption de la loi 101, il y a plus de quarante ans.

Il n’existe toujours pas de consensus sur l’étendue de l’interdiction qu’il convient d’imposer au port de signes religieux. Au départ, on voulait les bannir de toutes les administrations publiques, y compris les municipalités, les universités, les cégeps et les hôpitaux. L’irréalisme d’une telle ambition est vite apparu, mais la conviction que la laïcité de l’État doit s’incarner au moins en partie dans ses employés est restée.

La très grande majorité des Québécois estiment que les signes religieux devraient être interdits à tout le moins aux juges, aux policiers, aux gardiens de prison et aux procureurs de la Couronne, comme le recommandait la commission Bouchard-Taylor. Même dans le cas des enseignants, la question n’est plus tellement de savoir s’ils devraient être exemptés, mais plutôt s’ils devraient bénéficier d’une clause dite « grand-père » qui préserverait les droits acquis.

 
 

Compte tenu de sa clientèle anglophone et allophone, sans laquelle il aurait presque disparu le 1er octobre dernier, personne n’a dû être surpris de voir le PLQ réitérer son opposition à toute interdiction. Si l’électorat de QS est très majoritairement francophone, il ne faut cependant pas sous-estimer l’appui dont le parti bénéficie chez les non-francophones, dont certains militent très activement en faveur du libre-choix.

Consciente de l’évolution de la société québécoise, l’aile parlementaire de QS s’était ralliée aux recommandations du rapport Bouchard-Taylor, dans lesquelles Amir Khadir disait voir un « équilibre » acceptable. À l’époque, le caucus solidaire ne comptait cependant que deux députés, alors qu’ils sont maintenant dix. Au moins un d’entre eux, Vincent Marissal, a déclaré que l’interdiction le mettait « mal à l’aise », y compris dans le cas des agents de l’État qui détiennent un « pouvoir de coercition ».

La position de M. Marissal est peut-être en porte à faux avec l’opinion publique, mais il peut légitimement prétendre s’appuyer sur le programme officiel du parti, qui se lit ainsi : « C’est l’État qui est laïque, pas les individus. Québec solidaire accepte le port de signes religieux par les usagers et les usagères des services offerts par l’État. En ce qui concerne les agents et agentes de l’État, ces derniers peuvent en porter pourvu qu’ils ne servent pas d’instrument de prosélytisme et que le fait de les porter ne constitue pas en soi une rupture avec leur devoir de réserve. Le port de signes religieux peut également être restreint s’ils entravent l’exercice de la fonction ou contreviennent à des normes de sécurité. »

 
 

« Il faut voir comment on interprète l’application de ce programme », a plaidé Manon Massé à l’issue de la journée de réflexion sur la journée que QS a tenue en fin de semaine dernière à Trois-Rivières. L’interprétation qu’en a faite l’aile parlementaire au cours des dernières avait cependant toutes les apparences d’une déformation. Lors du conseil national de mars prochain, « on ne va pas absolument rien changer à notre programme », mais plutôt l’« actualiser », a expliqué Mme Massé. Cela vous paraît clair ? À moi non plus.

Ce flou a été soigneusement entretenu au cours de la dernière campagne électorale. La plateforme de QS était totalement muette sur le sujet et ses porte-parole ne l’ont jamais abordé. Quand le gouvernement Legault déposera son projet de loi, il ne sera cependant plus possible de ménager la chèvre et le chou.

Il n’est pas question de se laisser influencer par les sondages, a lancé Mme Massé. À la bonne heure, mais le PQ ne demande qu’à pouvoir dire que QS est prêt à sacrifier l’identité québécoise à son credo multiculturaliste. Cela risque de faire très mauvais effet dans les régions où QS a réussi une étonnante percée le 1er octobre.

Chez les partisans d’une refondation du PQ qui permettrait de relancer le mouvement souverainiste sur de nouvelles bases, on ne se fait aucune illusion sur la possibilité d’une fusion avec QS. On préférerait d’ailleurs le vider de ses membres, comme René Lévesque l’avait fait jadis avec le RIN. Si QS veut se disputer les non-francophones avec le PLQ, grand bien lui fasse !

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Paris dans tous ses états

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Ce week-end, les shows masculins se sont révélés riches, éclectiques et spectaculaires… bien que passablement perturbés par un autre style de défilés.

La Fashion Week masculine de janvier à Paris est la partie immergée d’un inimaginable iceberg. D’un secteur économique important, d’une industrie avec des ramifications à l’échelle de la terre, d’une multitude de métiers divers et variés qui touchent, de près ou de loin, à la mode. Cet événement international, dont les images font le tour du monde, en attire d’autres. Dans les halls de la Porte de Versailles, au Pavillon Vendôme, à l’Hôtel d’Évreux, au Palais Brongniart, dans une multitude de galeries et d’appartements du Marais transformés en show-rooms, pléthore de marques font salon afin de dévoiler leurs collections de prêt-à-porter et d’accessoires à des acheteurs venus de tous les pays.

En parallèle, se tient le salon Maison & Objet au Parc des expositions de Paris Nord Villepinte, un sommet à lui seul. Et quand tous ces professionnels ne courent pas d’une présentation à l’autre, ils hument l’air de Paris, visitent des nouveaux lieux, recherchent des jeunes marques, craquent et dépensent… Tout cela, bien entendu, en temps normal. Samedi, en raison des manifestations des «gilets jaunes», la capitale française était impraticable dans certains quartiers. Les dirigeants des maisons et la Fédération de la haute couture et de la mode avaient pris les devants en aménageant le calendrier des défilés, mais l’impact reste colossal, inestimable et durable aussi pour cette profession.

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Il en faudrait cependant plus pour entamer l’énergie d‘Olivier Rousteing chez Balmain. Ajourné de quelques heures, le show se tient au Tennis Club de Paris, transformé en immense dance floor revêtu d’un sol miroir. Le minimum nécessaire pour dévoiler 98 silhouettes en noir et blanc (dont une dizaine intégrant du denim délavé). Un record, pas tant en nombre – il y en avait plus lors du précédent défilé dans les salons du ministère des Affaires étrangères – qu’au niveau du style, d’une extrême diversité, tout en se tenant plus que jamais. La performance débute par le soir, en smoking déstructuré jouant sur le positif négatif. Puis viennent la ville, le jour, des dégaines plus cool sans verser dans des excès streetwear, tweed aux nuances dégradées, cuir et jeans avec des coutures et des ourlets peints en contraste à main levée. Sur des hoodies et des cabas, le trentenaire imprime en lettres capitales des «Don’t put your blame on me», «I hope (s)he loves the boys», «You only know my name, not my story», messages qui ne sont pas lancés à la cantonade. Olivier Rousteing est extrêmement suivi sur les réseaux sociaux. À l’occasion du défilé, Balmain lançait d’ailleurs sa propre application en partenariat avec Apple, une tribune où la verve du directeur artistique français devrait battre des records.

Pour la première fois, Loewe présente la collection masculine de Jonathan Anderson sous forme de défilé

Chez Sacai, Chitose Abe a toujours eu envie d’en découdre avec les conventions vestimentaires. Samedi matin, l’atmosphère lunaire qui entoure sa présentation – avancée à 9 heures pour ne pas pâtir des rassemblements publics tandis que les alentours du Grand Palais, proche de l’Élysée, sont bouclés à la circulation depuis l’aube -, n’a aucun lien avec l’esprit, moins chahuté, de sa collection. Les chocs de couleurs et de motifs sont restreints tout en veillant à ne pas dévoiler deux looks similaires. L’individualité est le motto de la saison qui couvre l’automne et l’hiver avec des pièces pour tous les temps et tous les froids, de l’habit de pluie dans des tissus calques à des grosses doudounes et parkas incrustées de fourrure ou de jacquard qui renouvellent le genre.

Pour la première fois, Loewe présente la collection masculine de Jonathan Anderson sous forme de défilé. Un passage à la vitesse supérieure dans la mode homme pour la griffe madrilène du groupe LVMH, dont le directeur créatif irlandais s’acquitte haut la main. Normal, il a lancé sa marque personnelle à partir de ce dressing, en 2008 sur les podiums de Londres, avec une audace qui a rapidement fait son nom. Quelque dix ans plus tard, cette fantaisie débridée revient en force à Paris. À la maison de l’Unesco, l’espace est décoré d’une sculpture monumentale de l’Allemand Franz Erhard Walther. Elle intègre des fragments de vêtements comme des gabarits de coupe utilisés par les tailleurs. La proposition joue également sur ce passage de formes à-plat à des habits en volumes, avec des pulls aux bords non cousus, des chemises sans boutons aux longs poignets, des souliers qui se prolongent en chaps portés non zippés à l’intérieur de la jambe. À chaque passage, plusieurs idées. Cette créativité folle est rafraîchissante. Défilent aussi des chemises et des blousons très sobres et portables avec une seule grande poche en cuir contrasté, ainsi que les sacs Puzzle et Gate dans des formats et des cuirs plus que parfaits.

Avec les réserves Perret dédiées aux meubles d’époque (sièges, fauteuils) du Mobilier national pour cadre, la collection Hermès aurait pu paraître écrasée

L’imagination de Thom Browne est tout aussi bluffante. Et ne parlons pas trop de ses mises en scène, qui régaleraient un psy! Le set du défilé tapissé de plastique bulle à la manière d’une cellule capitonnée invite peut-être à ne pas trop creuser de ce côté-là? Le show commence par huit garçons en tenue de cuisinier confectionnée dans cette même matière. Puis, des mannequins habillés de compilations de vêtements, parfois en jupe ou en robe droite ou en costume et manteau parfaitement taillés, se présentent. Depuis l’été dernier, le designer américain est entré dans le giron du groupe italien Zegna, le leader mondial du prêt-à-porter masculin. Au final, les 38 silhouettes apparaissent reproduites en taille miniature au centre du podium… En résumé, des poupées du sexe fort.

Avec les réserves Perret dédiées aux meubles d’époque (sièges, fauteuils) du Mobilier national pour cadre, la collection Hermès aurait pu paraître écrasée. Mais elle est d’une beauté exceptionnelle, reposant sur de solides assises – c’est le cas de le dire! – et une main experte. L’hiver prochain, Véronique Nichanian se remet en question, elle bouscule ses lignes sans perdre de vue cette simplicité sophistiquée signant les succès maison. Dès les premiers passages, un trois-quarts présente des poches plaquées doublées d’autres décalées de quelques millimètres en cuir contrasté. Les boots à découpes perforées sont renforcées par une semelle en gomme nuancée. Des liserés métallisés soulignent quelques ourlets. Des formes géométriques sont surpiquées en tout petit sur des chemises, tricotées aux mailles de pulls en cachemire, incrustées en format géant dans des blousons en agneau. Ces figures anguleuses sont adoucies par des coupes plus rondes, des matelassages légers, des peausseries aux touchers sensuels. Du mouton retourné réchauffe les cols des bombardiers, anime les devants de canadiennes en cerf. Le tout décliné dans un océan de bleus, avec des accents d’orange brûlé, de vert absinthe, de jaune safran ou de rouge H. Subtilement.


La richesse de Dior par Kim Jones

«Mon premier défilé était une déclaration d’intention. Le deuxième précise et développe ce propos: évoquer ce que fut cette maison et ce qu’elle va devenir», confie Kim Jones, avant son très attendu show Dior, suite à un galop d’essai très applaudi comme nouveau directeur artistique de l’univers homme, en juin 2018. Quelques heures plus tard, le premier modèle qui s’avance – les mannequins ne marchent pas, ils prennent la pose sur un tapis roulant traversant l’intégralité de la salle – résume cet exercice entre passé et futur. Il est habillé d’un costume sombre rappelant les grandes années 2000 de Dior Homme sous la direction d’Hedi Slimane. Cette veste est voilée d’un plastron représentant une tête de fauve dessinée pour l’occasion par l’Américain Raymond Pettibon, brodé à la main par pas moins de 15  artisans différents, totalisant quelque mille six cents heures d’ouvrage. Elle souligne des savoir-faire couture préservés et, par ailleurs, évoque les affinités électives du fondateur de la griffe avec des artistes, lui qui avait été galeriste avant de se révéler dans la mode, en 1947.

Il y a aussi cet imprimé léopard qui renvoieci et là à Monsieur Dior. Ainsi que le sac Saddle à l’époque John Galliano, une pochette désormais réinterprétée pour homme, gonflée de ouate et portée en holster. Et ces cols écharpes constitués d’un drapé asymétrique se prolongeant en quille de veste et de manteaux, au temps de Raf Simons sur la mode femme… Les 49 passages ont l’élégance de respecter l’héritage sans pour autant virer au patchwork d’hommages. Kim Jones trace une ligne claire à travers cette collection. Du moins, il sait où il va en multipliant les options. Il s’adresse à plusieurs hommes d’âges différents, de nationalités et de sensibilités cosmopolites avec un dressing particulièrement riche. Il ne laisse également pas insensibles les femmes. Dans la foulée de la présentation, Dior diffusait des images de l’actrice Christina Ricci, de la chanteuse Lily Allen et des mannequins Naomi Campbell, Kate Moss et Natalia Vodianova portant déjà des modèles de la saison en question, assises au premier rang.


De l’art d’être constant

Nombreux sont (encore) les hommes à ne jurer que par les costumes d’un tailleur précis ou les jeans d’un unique label ad vitam aeternam car ils savent que ces pièces leur vont parfaitement. Ainsi, Lemaire a ses adeptes, des initiés affectionnant les habits intemporels de Sarah-Linh Tran et Christophe Lemaire. Pourtant, quelque chose a changé sur l’hiver prochain. «J’avais envie d’une épaule de veste plus tailleur, de cols plus graphiques, de vêtements plus nets…», confie le designer. Une allure de dandy en somme? «Oui, mais austère, surtout pas précieux. Le dandysme est une manière de se tenir droit, une sorte de résistance, à ce moment précis où on recherche la caution streetwear à tout prix.» Le duo a raccourci les pantalons à pli marqué, taillé des blazers dans une soie lavée rose poudre plutôt que dans une draperie classique, contrasté le raffinement de l’ensemble avec de gros pardessus en laine sèche.

La maison Jil Sander, du temps de la fondatrice, avait aussi des inconditionnels de son dressing minimaliste. Après son départ, plusieurs directeurs artistiques se sont succédé… Avec plus ou moins de succès. Depuis 2017, Lucie et Luke Meier s’y attellent, présentant pour la première fois à Paris. Sans conteste, leur collection est une des plus pertinentes, proche des classiques de départ: pulls à cols ronds en maille chinée, impers impeccables et complets trois boutons aux lignes pures dans une gamme de teintes grisées. Un rouge intense et des touches de bleu céruléen tranchent. La silhouette est étirée, les chemises et les pulls allongés, les couches de vêtements se superposent comme l’affectionne l’époque. Autre signe des temps et d’un mélange des genres que n’aurait pas renié Mme Sander, un voile de soie constitué d’aplats de couleurs réveille les costumes noirs des derniers passages.

La bienveillance est le thème de la collection automne-hiver 2019-2020 d’Officine Générale. Un terme élu mot de l’année 2018 en France qui sied à chacune des collections de Pierre Mahéo depuis 2012

La bienveillance est le thème de la collection automne-hiver 2019-2020 d’Officine Générale. Un terme élu mot de l’année 2018 en France qui sied à chacune des collections de Pierre Mahéo depuis 2012. Grâce sa mode altruiste, le styliste s’est d’ailleurs construit une clientèle fidèle. Une humanité que l’on retrouve l’hiver prochain dans «le costume sous toutes ses formes, élément indispensable dont je ne me lasserai jamais», écrit-il dans sa note d’intention, rédigée à la première personne comme une lettre à des amis. Parfaites illustrations: les vestes à poches plaquées, déstructurées pour plus d’aisance et glissées sur des chemises sans col et des pulls en mohair bouloché, les blazers droits «pas si classiques» ou croisés «1-1/2» (pour être exact) à porter ouverts. Également des nouveautés de la saison, comme des blousons d’aviateur en Nylon kaki ou daim beige mais surtout la première paire de sneakers de la marque, qui d’emblée ont tout pour plaire.

Les aficionados d’un certain classicisme devraient également trouver leur compte chez Cerruti 1881. Jason Basmajian imagine le bon pantalon de ville feu de plancher, la paire de boots allant de pair, la parka alliant la juste dose de technique et d’élégance, le chandail en patchwork combinant créativité et confort. En poste depuis 2015, sans forcément afficher de parti pris fort, l’Américain devrait trouver sa clientèle.

Peut-on parler de constance pour une jeune griffe qui n’a que deux ans? Reste que Dilan Lurr, le créateur de Namacheko, montre déjà une certaine obstination à retravailler chaque saison sa maîtrise du tailoring. Une fois encore, il dévoile une série de costumes remarquablement exécutés dont les vestes croisées à manches gigot et taille cintrée sont ravissantes. Le styliste repéré par le concept store The Broken Arm montre aussi un talent pour la maille. Mention spéciale pour les chandails en mohair multicolore à motifs psychédéliques.


L’évolution naturelle de Vetements

Le collectif Vetements emmené par Demna Gvasalia (par ailleurs directeur artistique de Balenciaga) a par le passé défilé sous les stroboscopes d’un club gay, sous le périphérique, dans les rayons des Galeries Lafayette et le Centre Georges Pompidou. Jeudi soir, il avait choisi la Grande Galerie de l’évolution, au Muséum national d’histoire naturelle. Sur la bande-son d’une mégapole en surchauffe (klaxons, sirèneset bruits d’automobiles), une horde de garçons et de filles recroquevillés dans des doudounes carapaces, le visage caché derrière un passe-montagne, une capuche ou un col remonté jusqu’au nez, avancent d’un pas pressé.

La marque qui avait réenchanté le logo et le sweat-shirt promotionnel, il y a peu, s’en sert aujourd’hui pour délivrer des messages souvent politiques, parfois ironiques. Signe des anarchistes peint à l’envers, écusson Interpol, détournement de la première affiche de campagne de Barack Obama ou, sur un sweat, cette phrase «C’est mon anniversaire et la seule chose que j’ai eue est un hoodie hors de prix de chez Vetements». Nombreux ont reprochéau label de détourner l’esthétique des classes ouvrières pour éditer des produits de luxe à destination d’une clientèle (les fameux millennials) qui n’en avait peut-être pas les moyens. Qu’importe, le groupe enfonce le clou. Au milieu des 7000 espèces animales (dont le site Internet du musée précise qu’«elles ne parlent pas mais disent tout»), il donne à voir l’allégorie d’une jeunesse anxieuse à l’heure de la montée des populismes, de l’urgence climatique et de la menace terroriste, et sa vision des mutations contemporaines.

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De nouveaux états généraux sur le fait français au Canada?

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La suppression du Commissariat aux services en français et l’annulation du projet d’Université de l’Ontario français, annoncées par le gouvernement ontarien le 15 novembre dernier, ont provoqué une impressionnante levée de boucliers en milieu franco-ontarien, dans les autres communautés francophones minoritaires, mais aussi au Québec. La mobilisation a récemment conduit le premier ministre Ford à reculer d’un demi-pas, sans toutefois que cela ait suffi à calmer la grogne et à désamorcer ce qui a pris les allures d’une véritable crise politico-linguistique, une crise comme on n’en avait plus vu, au Canada, depuis au moins une vingtaine d’années.

La vigueur du sentiment d’indignation qu’ont exprimé depuis plus de quinze jours de nombreux acteurs en provenance des milieux politique, universitaire et journalistique du Québec et l’élan de solidarité auquel ils se sont spontanément livrés à l’endroit des Franco-Ontariens laissent entrevoir, à l’évidence, que la « diaspora » francophone est loin d’avoir totalement déserté la conscience nationale de la « mère patrie ». Un demi-siècle après la Révolution tranquille et l’éclatement de l’ancien projet national canadien-français, il faut bien constater que les minorités francophones continuent d’avoir un sens et de générer un élan historique pour le Québec, et vice versa.

Certains s’en sont étonnés, non sans raison. Depuis les années 1960, en effet, les rapports entre le Québec et les minorités francophones du Canada n’ont pas toujours logé à l’enseigne de l’harmonie et de la compréhension mutuelle. Encore aujourd’hui, on n’a qu’à évoquer le souvenir des « dead ducks » de René Lévesque et du « cadavre encore chaud » d’Yves Beauchemin pour exciter le ressentiment des minorités à l’endroit du Québec. À l’inverse, on a bien vu, au Québec, que les minorités francophones s’étaient ralliées, malgré elles, à la grande réforme constitutionnelle de 1982, après que les tribunaux eurent éventuellement interprété la Charte canadienne des droits et libertés dans le sens de l’élargissement de leur espace institutionnel, surtout en matière scolaire. De part et d’autre, on a souvent imputé à des facteurs essentiellement idéologiques (l’indépendantisme des uns et le fédéralisme des autres) les origines de la grande « rupture » des années 1960.

Le rôle de l’Église

Cette interprétation a toujours procédé, selon nous, d’une méprise. À l’époque où la nation « débordait les frontières », l’idée du Canada français s’était incarnée concrètement dans une organisation sociale au centre de laquelle l’Église jouait un rôle de structuration sociétale primordial. Cependant, la modernisation de l’éthique catholique ayant conduit l’Église, dans les années 1960, à se retrancher dans la sphère spirituelle et pastorale, la structure institutionnelle qui reliait le Québec aux minorités francophones s’effondrait dans le même mouvement. Le conflit idéologique qui s’est installé entre eux a certes contribué à creuser le fossé qui a pu les séparer, mais il s’agissait surtout de la traduction, dans le domaine des idées, d’une mutation sociale et structurelle qui a bouleversé aussi bien les communautés minoritaires que le Québec lui-même.

Or il faut bien constater qu’il subsiste quelque chose de l’idée selon laquelle le Québec et les communautés francophones participent encore d’une même communauté d’histoire, et que le destin du premier n’est pas radicalement étranger à celui des secondes. Ainsi, la mobilisation récente du Québec en faveur des Franco-Ontariens semble moins la manifestation d’une solidarité nouvelle que la réactivation d’un vieux ressort, partiellement enfoui sans jamais avoir été complètement démantelé, qui n’aurait pas perdu sa capacité à vivifier son expérience historique.

Rappelons qu’au lendemain de la Révolution tranquille, les intellectuels et militants nationalistes du Québec n’ont pas cessé de réfléchir à la condition culturelle et politique des minorités francophones, certains allant jusqu’à proposer différents scénarios d’action extraterritoriale à mener auprès d’elles dans l’éventualité de l’indépendance. Les divers gouvernements qui se sont succédé à Québec n’ont-ils pas mis sur pied des instances comme le Secrétariat des peuples francophones d’Amérique (1976-1992) et le Centre de la francophonie des Amériques (2008), entre autres politiques, ententes de partenariat et forums de coordination, pour tenter de combler le vide laissé par le retrait de l’« Église-nation » canadienne-française ? Et c’est sans compter les structures issues de la société civile, comme le Conseil de la vie française en Amérique (1937-2007) et l’Association canadienne d’éducation de langue française (depuis 1947), qui ont continué d’affirmer, contre vents et marées, l’existence d’une nation française continentale dont l’épicentre était le Québec.

En constante reconfiguration

Évitons tout malentendu : le Canada français dans sa forme historique, « groulxiste », n’est plus. Il n’y a nulle nostalgie ici. Cela ne change cependant rien au fait que l’histoire de la francophonie nord-américaine, y compris le Québec, continue d’être traversée d’une tension, elle-même en constante reconfiguration, entre les forces centripètes et centrifuges qui agissent sur son déploiement, sur son action politique et sur la définition de ses représentations collectives.

Que le Québec se (re)découvre, à l’heure actuelle, des affinités électives avec les minorités francophones est donc moins étonnant qu’il n’y paraît à première vue. Peut-être a-t-on compris que la question franco-ontarienne, au fond, engage aussi celle du Québec, car c’est le principe même de la dualité nationale du Canada, comme toujours, qui est en jeu, c’est-à-dire la capacité qu’aura la « nation française d’Amérique », comme l’appelait Fernand Dumont, à s’institutionnaliser autrement qu’à la manière d’une simple province ou d’un archipel de communautés ethnolinguistiques dispersées, fragmentées et errantes. Dans un cas comme dans l’autre, le défi ne consiste-t-il pas à empêcher que leur particularisme « national » ne soit simplement subsumé sous le paradigme du multiculturalisme canadien et que ne soient niées leurs prétentions sociétales ? Peut-être a-t-on aussi compris qu’avec un peu d’imagination, d’empathie et de générosité de part et d’autre, et qu’en écartant les vieux ressentiments comme les vieux fantasmes unitaires, il serait possible de repenser les rapports entre le Québec et les minorités francophones plus explicitement à l’aune du politique et de la fraternité, quel que soit l’avenir constitutionnel du Canada. Cinquante ans après les états généraux du Canada français, le temps serait-il venu d’en convoquer de nouveaux ?

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Le PLQ, le PQ et QS veulent des états généraux sur l’urgence climatique

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Dans un rare élan commun de différentes formations politiques représentées à l’Assemblée nationale, les partis d’opposition ont réclamé jeudi la tenue d’états généraux québécois afin de mettre en avant « l’urgence » de l’action pour lutter contre les changements climatiques. Le Québec est en voie de rater ses objectifs de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

Le Parti libéral du Québec (PLQ), Québec solidaire (QS) et le Parti québécois (PQ) ont ainsi lancé un appel directement au premier ministre François Legault, lui demandant d’envoyer un message en faveur de la protection de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques lors de son discours inaugural prévu la semaine prochaine.

« L’urgence, elle est là, l’urgence climatique, l’urgence environnementale. Ça, c’est clair pour tous. Mais les gens qui se sont mobilisés, les Québécois, Québécoises qui se sont mobilisés, les gens qui sont ici aujourd’hui se mobilisent tous pour la même raison aussi, c’est pour rappeler au gouvernement Legault qui est en place l’importance d’agir », a souligné la députée libérale Marie Montpetit, au moment de la présentation de la déclaration transpartisane pour la transition socio-économique du Québec qui devait être remise à M. Legault jeudi. Un total de 213 candidats défaits ont signé cette déclaration.

« La classe politique ne peut absolument pas rester les bras croisés parce que plus il y a de l’inaction, plus ça nous coûte cher, plus ça devient insurmontable. Alors, je suis contente d’être ici avec mes collègues des oppositions pour lancer un message à M. Legault: la lutte contre les changements climatiques, c’est maintenant ou jamais », a ajouté la députée solidaire Manon Massé.

« Rien n’est plus concret aujourd’hui dans l’espace politique que les conséquences des changements climatiques. Et les candidats, ici, sont venus nous dire: on n’a pas gagné dans cette élection, mais on veut poursuivre le travail à cet égard », a fait valoir pour sa part le péquiste Sylvain Gaudreault.

Les trois partis ont d’ailleurs réclamé la tenue d’« états généraux » sur la question climatique, et ce, afin d’accélérer la mise en œuvre des actions qui permettraient au Québec de respecter ses engagements en matière de réduction d’émissions de gaz à effet de serre.

Est-ce que le gouvernement caquiste entend lutter plus efficacement contre les changements climatiques? « Nous partageons les préoccupations de la population face aux changements climatiques. Contrairement aux libéraux et péquistes qui n’ont pas mené le Québec vers l’atteinte des cibles de réduction auxquelles le Québec s’est engagé, notre gouvernement entend mettre en place des mesures efficaces et performantes qui permettront au Québec de réduire de façon significative ses émissions de gaz à effet de serre », a répondu au Devoir le cabinet de la ministre de l’Environnement, MarieChantal Chassé, par courriel.

Échec en vue

Le Québec est en voie de rater complètement ses objectifs pour 2020, ce qui le place sur une trajectoire de retard encore plus important pour l’horizon 2030.

 

 

Les données du bilan mi-parcours du Plan d’action 2013-2020 sur les changements climatiques sont d’ailleurs claires. Malgré des investissements qui devraient dépasser les 4 milliards de dollars, le Québec pourra, au mieux, « stabiliser » ses émissions d’ici 2020. Cela signifie que celles-ci auront alors reculé d’environ 10 % par rapport à 1990. Or, l’objectif des libéraux, repris par la Coalition avenir Québec, est de 20 %. Et pour 2030, la cible est de 37,5%.

Si une bonne partie de la solution se trouve du côté de l’électrification des transports, un secteur qui compte pour 41 % des GES, le virage tarde à se concrétiser. Au mieux, selon la cible fixée par le précédent gouvernement, le Québec devrait compter 100 000 véhicules électriques en 2020, contre un peu plus de 30 000 actuellement. À supposer que cet objectif soit atteint, ces véhicules représenteront alors une infime partie des 4,5 millions de véhicules que compte la province.

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La moto dans tous ses états

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MONDIAL DE LA MOTO – Voici un ouvrage indispensable pour tirer le meilleur parti de votre visite au Salon de la Moto à Paris. Attention : si vous commencez à le lire, vous ne pourrez pas vous arrêter.

Attention, danger! Ne feuilletez pas l’ouvrage rédigé par Patrick Boisvert et Philippe Guillaume, vous aurez du mal à le refermer! Pas facile, en effet, de quitter ce livre, étonnant compendium de la culture motarde. Sous forme de listes, l’univers de la moto est révélé dans tous ses aspects. On recense ainsi 31 champions du monde, 11 moteurs de caractère, 5 records absurdes, 4 motos qui décoiffent, 10 stars dingues de moto, 25 circuits incroyables, 10 femmes pilotes, et 1 lieu culte pour les bikers. Et aussi 7 musées à visiter, 7 étoiles filantes, 12 événements à ne pas rater, 8 marques centenaires, 16 séries motogéniques, 9 grands rassemblements incontournables (liste non exhaustive)… L’originalité des entrées, la vivacité et la précision de l’écriture, la qualité de l’expertise ainsi qu’une bonne dose d’humour font de ce livre un inédit.

Ph. D.

À la manière d’un peintre impressionniste, il dresse un portrait aux multiples facettes de ceux qui ont conçu les motos, pilotées, stylisées ou même rendues célèbres. Sous un aspect faussement désinvolte, il jette un véritable regard amoureux sur le deux-roues et constitue une encyclopédie moderne de la res motocycletta.

Les auteurs:

Patrick Boisvert, rédacteur-en-chef des magazines Moto 1, Café Racer, et Maximoto, contributeur régulier de journaux tels que Moto Journal, Moto Magazine et Trail Adventure Magazine.

Philippe Guillaume, titulaire d’un doctorat en géographie urbaine, maître de conférences à Sciences Po, mais également détenteur d’un record mondial de vitesse, il a fait de ses deux passions, le journalisme et la moto, son métier.

«List Addict Motos», 190 × 255, 256 pages, Éditons de la Martinière, 25 €.

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