Davos, les pièges de la mondialisation 4.0

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Le Forum économique mondial de Davos (qui commence mardi) fait face à certaines difficultés depuis quelques années. Le système qu’il défend avec enthousiasme depuis sa création en 1971 connaît des ratés, qu’il est d’ailleurs le premier à admettre. La collaboration idéalisée entre le public et le privé qu’il a toujours défendue montre aujourd’hui ses limites.

Ce forum, étant tout de même un lieu où l’on réfléchit, n’est cependant pas à court d’analyses et de solutions. Son fondateur, Klaus Schwab, défend une vision cohérente du monde d’aujourd’hui qui s’expose en deux volets. L’année dernière, il mettait l’accent sur ce qu’il nommait la 4e révolution industrielle, que nous traverserions présentement. La numérisation de données gigantesques, l’hyperdéveloppement de l’intelligence artificielle, les bouleversements provoqués par la virtualisation ont changé en profondeur nos sociétés, notre vie professionnelle comme notre vie intime.

À cette 4e révolution industrielle correspond une mondialisation 4.0, un thème qui sera abordé prioritairement cette année. La première mondialisation se situait avant la Première Guerre mondiale, la seconde pendant les trente glorieuses, avec le modèle d’économie mixte, et la troisième correspond au développement du néolibéralisme à partir des années 1980. La quatrième est profondément marquée par les transformations conséquentes des nouveaux développements technologiques. Mais comme nous y entrons, elle semble pour le moment assez difficile à définir.

Dans un manifeste défendu par Klaus Schwab, la mondialisation 4.0 se ramène plutôt à une série de bonnes intentions. Personne ne peut être contre elles. Plus spécifiquement, il est difficile de s’opposer à celle qui résume toutes les autres, soit la volonté d’entreprendre un « dialogue global » sur des sujets fondamentaux comme la technologie, la cybersécurité, le système monétaire, les politiques en matière de technologie.

Seulement, le Forum de Davos est toujours aussi mal placé pour parler de dialogue, alors que ses invités sont triés sur le volet, que les gens d’affaires représentent un participant sur deux, que l’événement se déroule dans un lieu coûteux et très peu accessible. Tout cela alors que la présence d’une seule langue, l’anglais, écrase toutes les autres.

Présence des GAFA

Certains des problèmes évidents, reliés à cette éventuelle mondialisation 4.0, sont absents dans la réflexion de Schwab, ou à peine abordés. Par exemple, la présence monstrueuse des GAFA, qui dominent comme jamais des secteurs de l’économie et sont possesseurs de quantité invraisemblables de données tout en devenant — pour certaines d’entre elles — les véhicules idéaux pour la transmission de fausses informations. Ou les gouvernements populistes de droite qui se refusent à tout véritable dialogue, élus par des populations frustrées par les politiques prônées par Davos. À commencer par celui de Donald Trump, un des grands absents de ce forum.

Par contre, le problème du réchauffement climatique est clairement reconnu par les organisateurs du Forum, qui s’appuient, comme il se doit, sur le dernier rapport du GIEC. Mais la transition « systémique » doit se faire par un grand partenariat public-privé, alors que les grandes entreprises deviendront des leaders incontournables. On donne comme exemple une alliance de chefs d’entreprise qui, entre autres intentions, se sont engagés à réduire leurs émissions de CO2 de 9 %.

Certes, cette collaboration d’entreprises, dont certaines très polluantes (dans le domaine de l’ingénierie ou de l’alimentation par exemple), est appréciable. Mais elle nous questionne aussi sur un aspect important de la transition écologique : celle-ci pourra-t-elle se faire en maintenant les mêmes hiérarchies, en permettant aux immenses entreprises transnationales de conserver le pouvoir sans partage qu’elles détiennent?

C’est le pari que semble tenir le Forum économique de Davos. C’est aussi celui de nos gouvernements qui, dans les derniers accords commerciaux qu’ils ont négociés, rendent de plus en plus difficile la réglementation du commerce international. Le pari est donc que les entreprises sauront s’autoréglementer, choisir des comportements qui iront dans le sens du bien commun, ne serait-ce que parce qu’elles pourront ainsi réaliser d’importants profits.

Mais le risque est considérable pour l’ensemble de la société. À très peu de moments, les entreprises ont montré qu’elles ont à coeur les intérêts collectifs et qu’elles les défendent de façon volontaire. L’expérience indique que seules de solides réglementations les dirigent vers la bonne voie. Les rencontres à huis clos entre gens d’affaires et politiciens, dans les salons feutrés de Davos, ne favoriseront pas une distance nécessaire pour permettre aux gouvernements d’adopter une position d’autorité.

 

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Coincés dans les griffes de la mondialisation!

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À la fin du XXe siècle, tous semblaient d’accord sur une chose : la nécessité d’ouvrir les marchés au-delà de nos frontières ! C’était là, pensait-on, la voie royale à suivre. Grâce aux nouvelles facilités en matière de communication et de transport notamment, le commerce international était à portée de main. Aussi, se disait-on, pourquoi ne pas en profiter ?

Cette mondialisation a alors permis à bien des nations d’avoir droit à une croissance économique accrue. Le seul hic est que ce progrès économique s’est fait aux dépens du progrès social qui s’est vu entre-temps plombé.

En effet, en favorisant une productivité spécialisée à grande échelle dans les pays les plus avancés technologiquement, la mondialisation créa de multiples poches de chômage, notamment là où la production n’avait pas su évoluer suffisamment pour y participer.

Dès lors, des populations entières se sont mises à se déplacer croyant trouver dans certains pays avancés ce qu’elles avaient définitivement perdu chez elles, soit leur participation par un travail au pouvoir économique.

Mais cette migration massive n’est qu’un élément parmi d’autres du vaste casse-tête mis en place par la mondialisation. La détérioration de l’environnement par nos déchets en fait également partie.

Il faut voir que la concurrence féroce des marchés mondiaux crée une production outrancière, une surproduction qui, alimentée par d’habiles campagnes de publicité, se voit malgré tout éponger par le consommateur à travers l’achat de toutes sortes de produits la plupart du temps non recyclables. Or, ce sont malheureusement ces produits que l’on retrouve aujourd’hui flottant à la surface de nos océans.

Autre exemple, le transport constant de marchandises d’un bout à l’autre de la planète qui exige d’énormes ressources énergétiques, notamment en pétrole. Ce qui évidemment contribue au réchauffement climatique par une hausse marquée des gaz à effet de serre.

Cela sans compter les nouveaux besoins de mobilité du travailleur, qui se voit contraint de voyager de plus grandes distances pour son travail, là précisément où se concentre le nouveau type de production.

Démission politique

Malheureusement, face à ce ballet de marchandises et de personnes, nos politiciens ont aujourd’hui peu ou pas de pouvoir. Signant en notre nom des accords de libre-échange prétendument prometteurs, ils se sont piégés en devant les respecter scrupuleusement sous peine de graves sanctions économiques. D’où de nombreuses pertes d’emplois chez nous !

Malheureusement, face à ce ballet de marchandises et de personnes, nos politiciens ont aujourd’hui peu ou pas de pouvoir. Signant en notre nom des accords de libre-échange prétendument prometteurs, ils se sont piégés en devant les respecter scrupuleusement sous peine de graves sanctions économiques.

À la suite de cela, comme citoyens et comme consommateurs, la question qui se pose maintenant est celle-ci : en préférant l’accès à une multitude de biens « beaux bons pas chers » grâce à la concurrence internationale, n’avons-nous pas signé notre arrêt de mort, non seulement en participant au gâchis environnemental et social qu’il crée, mais également en privant nos politiciens de tout pouvoir d’améliorer le sort de ces travailleurs laissés pour compte ?

Chose certaine, ce n’est pas en faisant mine de bienveillance avec l’accueil de quelques migrants, en recyclant nos bouts de papier ou encore en signant de jolis pactes de transition que nous changerons quoi que ce soit aux énormes problèmes que la mondialisation crée. Et ce qui se passe présentement en France est peut-être le prélude à ce qui se passera bientôt ici.

Tant et aussi longtemps que nous accepterons aveuglément cette concurrence sauvage des libres marchés mondiaux, les problèmes se répandront non seulement ailleurs dans le monde, mais également chez nous !

Seul un retour à une production locale bien encadrée et à une consommation modérée de notre part pourrait nous sauver du désastre mondial qui se profile à l’horizon. Malheureusement, esclaves de campagnes de marketing de tous genres, nous sommes à des années-lumière d’une telle résolution !

Aussi, à la veille de faire nos multiples achats de Noël, ne soyons pas hypocrites. Ayons au moins l’honnêteté de le dire franchement : vive tous les beaux produits pas chers que permet la féroce concurrence des libres marchés mondiaux et… au diable le reste !

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L’angle mort de la mondialisation

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Il n’aura fallu que deux jours avant que François Legault ouvre la boîte de Pandore identitaire. Curieux, alors que les négociations de l’accord États-Unis–Mexique–Canada (AEUMC) se concluent et qu’il s’agit d’un événement majeur. Il aurait été souhaitable que le gouvernement élu soit au rendez-vous, sur ce front.

Lundi, François Legault s’est dit déçu par l’issue des négociations de l’AEUMC et déterminé à défendre les producteurs laitiers. On s’étonne donc de le voir partir dans une croisade que personne n’a demandée tout en demeurant évasif sur la marche qu’il entend suivre pour défendre les intérêts du Québec dans l’accord qui succédera à l’ALENA. Le fait que la CAQ se soit plutôt ruée sur un débat purement symbolique sur le fond et toujours toxique sur la forme — car nous n’avons visiblement rien appris — dit quelque chose d’inquiétant sur son sens des priorités.

Plus généralement, il est déplorable qu’on ne parle jamais des implications profondes des accords comme l’AEUMC dans la conduite des affaires internes de l’État. Il est frustrant que personne, chez ceux qui nous dirigent, ne prenne la peine de faire l’exercice de vulgarisation qui s’impose, afin d’expliquer aux citoyens à quel point ces instruments normatifs supranationaux façonnent nos lois et le fonctionnement de nos institutions démocratiques.

Résolution de conflits

Que révèle le compromis cédé par Ottawa pour conclure les négociations de l’AEUMC ? Que voulait-on préserver à un point tel qu’il est apparu politiquement viable, pour le Canada, de sacrifier la quiétude de ses producteurs laitiers, dont près de la moitié sont Québécois ? Certains ont souligné qu’Ottawa avait choisi de privilégier le secteur automobile par rapport aux agriculteurs — déshabillant ainsi Pierre pour habiller Paul, suivant un simple calcul d’utilité. Il n’est pas saugrenu d’envisager les choses ainsi, mais c’est, à mon sens, un peu court.

Les chapitres 19 et 20 de l’ALENA, qu’on a voulu préserver dans l’AEUMC, sont des mécanismes de résolution des différends. Or il en existe plusieurs types, à l’intérieur de ces accords commerciaux. Le chapitre 11 de l’ALENA, par exemple, offrait un recours aux investisseurs s’estimant désavantagés par rapport aux acteurs locaux, sur le territoire d’un État partenaire. Ce chapitre n’a pas trouvé place dans l’AEUMC, ce qui, pour le Canada, s’avère positif, puisque c’est lui qui, au long du cycle de vie de l’ALENA, a fait l’objet du plus grand nombre de recours intentés par des investisseurs, le forçant à débourser des centaines de millions de dollars.

Le chapitre 20, celui-là reproduit dans l’AEUMC, prévoit pour sa part la résolution des conflits d’interprétation dans l’application de l’accord. Quant au chapitre 19, qui semble avoir cristallisé les tensions à la table de négociation, il nous révèle le paradoxe qui loge au coeur des traités qui, comme l’AEUMC, le PTP ou l’AECG, visent l’intégration approfondie de l’économie de ses partenaires.

Le chapitre 19 permet d’instituer un mécanisme de révision judiciaire hors État — donc soi-disant neutre — si l’un des partenaires adopte une mesure commerciale contrevenant à l’esprit ou à la lettre de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, le bon vieux GATT, avatar juridique par excellence de la mondialisation économique. Or si le Canada a tant besoin d’un tel mécanisme, c’est spécifiquement parce que le président Trump méprise les normes de l’OMC et affiche une tendance décomplexée au protectionnisme. Cela n’a rien d’une contingence économique ni juridique : c’est purement politique.

Paradoxe

Voilà donc le paradoxe : les États acceptent de contraindre leur souveraineté pour participer aux accords comme l’AEUMC. Ils se soumettent à des normes promulguées hors du giron politique, et acceptent de leur donner force de loi. Or lorsqu’on s’assoit à la table de négociations, on voit en fait que tout finit par se réduire à des rapports de force politiques. Les États prétendent préférer le contrat à la Loi, et réduisent volontiers l’exercice politique à l’application d’un calcul, mais il suffit d’un personnage comme Donald Trump pour révéler la fragilité de cet édifice normatif.

D’un côté, c’est épeurant. Mais de l’autre, cela révèle que le pouvoir de la souveraineté est tout sauf obsolète, contrairement à ce qu’on laisse souvent entendre. Il est possible, pour un État, de dire « non », de refuser de sacrifier les agriculteurs, les travailleurs et la protection de l’environnement.

Ç’aurait été bien qu’on aborde cela. Mais nous voilà partis pour une nouvelle ronde d’angoisses identitaires. Si le parti orange qui, depuis mardi, se présente comme la « véritable opposition officielle » et la première force souverainiste à l’Assemblée nationale voulait faire oeuvre utile, il pourrait, déjà, éclairer cet angle mort.

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