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Le nombre de morts par égoportrait ne cesse d’augmenter dans le monde

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Un texte de Mélanie Meloche-Holubowski

L’étude publiée dans le Journal of Family Medecine and Primary Care révèle qu’entre octobre 2011 et novembre 2017, il y a eu 137 accidents pendant un égoportrait, au cours desquels 259 personnes sont mortes.

Un accident a causé à lui seul la mort de 48 personnes.

Pour en arriver à ce nombre, les chercheurs se sont tournés vers les moteurs de recherche, où ils ont tapé des mots-clés comme « mort par selfie », « accident avec un selfie » et autres termes similaires. Ils ont dressé la liste des articles de journaux qui rapportaient ces événements, en anglais seulement.

La mortalité rapportée dans toutes les autres langues et celle qui n’a pas fait l’objet d’un article de journal n’ont pas été considérées.

Le nombre de morts serait bien inférieur à la réalité, déclarent les auteurs, puisque peu d’autorités recensent le fait qu’un égoportrait est la cause du décès.

Tellement absorbées par leur quête de prendre le meilleur cliché d’eux-mêmes, ces personnes sont mortes après avoir été happées par un véhicule, en se noyant ou même après avoir été attaquées par un animal.

Les jeunes sont les plus susceptibles de mourir en prenant un égoportrait; l’âge moyen est de 23 ans. La plus jeune victime n’avait que 10 ans, et le plus âgé 68 ans.

L’Inde est le pays où l’on trouve le plus de morts, un chiffre qui n’étonne pas Agam Bansal, l’un des auteurs de cette étude et étudiant postdoctoral à New Delhi.

Il a d’ailleurs choisi d’étudier ce phénomène après avoir lu dans les journaux des articles faisant état de plusieurs cas de jeunes Indiens tués en tentant de prendre un égoportrait. « Il y a une tendance où les jeunes Indiens prennent des selfies sur un chemin de fer. Ils attendent le dernier moment avant que le train passe pour se prendre en photo. Mais plusieurs ont été happés par un train », explique-t-il

Ces morts auraient pourtant pu être facilement évitées.

Agam Bensal, un des auteurs de l’étude

En Russie, les autorités, inquiètes du nombre croissant de personnes blessées ou tuées par égoportrait, ont lancé une campagne de sécurité publique, rappelant aux gens quelques règles de base : pas d’égoportrait quand on se trouve trop proche d’une falaise ou d’une chute d’eau, ou même d’une ligne à haute tension. Pour sa part, l’Inde a instauré plusieurs zones antiégoportrait.

Campagne de sensibilisation pour rappeler aux Russes de ne pas prendre des égoportraits dans des situations risquées.  Photo : Gouvernement de la Russie

Aux États-Unis, les armes à feu ont causé la plupart des morts.

Il n’y a aucune mort liée aux égoportraits recensée au Canada, mais les médias ont rapporté de nombreux cas de personnes qui ont été blessées ou secourues par les autorités, comme ces deux touristes français qui ont tenté de prendre un égoportrait sur le pont de Québec, ou ce Saskatchewanais qui a été sauvé in extremis de la mort en recevant un coup de pied d’un chauffeur de train.

M. Bansal et son équipe (Chandan Garg, Abhijith Pakhare et Samiksha Gupta) travaillent sur une application destinée à avertir les gens qui prennent des égoportraits lorsqu’ils sont en situation de danger. « J’espère ainsi sensibiliser les gens au fait qu’il peut parfois être risqué de prendre un égoportrait. »

Pourquoi les gens prennent-ils de si grands risques?

Un jeune prend une photo à Mumbai, en Inde. Photo : Associated Press/Rafiq Maqbool

Selon M. Bansal, les gens cherchent tellement à obtenir un maximum de « j’aime » et de commentaires positifs sur les réseaux sociaux qu’ils oublient tout bon sens.

Ce type de comportement inquiète Samuel Veissière, professeur au Département de psychiatrie de l’Université McGill, qui étudie notamment la dépendance aux téléphones cellulaires. « On est vraiment rendu là… », se désole-t-il.

Il tient à préciser que la prise d’égoportrait en soi n’est pas problématique, c’est plutôt la dépendance aux réseaux sociaux qui l’est.

Il est normal de poster un selfie. On aime regarder ce que les autres font, on aime être regardé et être validé. (…) Le problème, c’est qu’on est connecté tout le temps, c’est là, la magnitude du problème. On a du mal à se modérer.

Samuel Veissière, Université McGill

Les téléphones cellulaires poussent de plus en plus les gens à adopter des comportements addictifs – comme prendre un égoportrait dans une situation dangereuse – croit M. Veissière. « Les gens perdent tout [bon] sens. (…) Le cellulaire nous permet d’oublier tout ce qui est autour de nous. » Il compare d’ailleurs l’effet hypnotique des notifications et des alertes sur les téléphones à des machines à sous. « Le cerveau est surexcité, il ne peut pas arrêter. »

Le chercheur de McGill ne croit pas que la dépendance aux égoportraits doit être considérée comme une maladie mentale. Toutefois, il est impératif d’expliquer aux gens les risques pour leur santé mentale et physique.

« C’est tragique, mais ça va prendre d’autres accidents avant que ça change », dit M. Veissière.



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Instagram, comparé à une drogue par certains de ses premiers employés

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« J’ai l’impression que nous sommes tous accros à une drogue qui ne nous gèle plus », affirme-t-elle pour illustrer les changements dans la relation entre les utilisateurs d’Instagram et l’application.

En 2012, Mme Richardson était responsable de mettre de l’avant les meilleurs comptes Instagram du réseau social, un travail de moine qu’elle effectuait avec une grande passion, à la main, sans l’aide d’un algorithme.

« Dans les premiers temps, vous sentiez que votre publication était vue par des personnes qui se souciaient de vous et dont vous vous souciez, explique-t-elle. Ce sentiment est complètement disparu pour moi. »

Une transition douloureuse

À peine deux mois après son arrivée, les cofondateurs d’Instagram, Kevin Systrom et Mike Krieger, ont vendu l’entreprise à Facebook pour environ 1 milliard de dollars américains. Pour Bailey Richardson, ce moment a marqué le début de la fin pour son réseau social préféré.

En peu de temps, l’équipe de Facebook a transformé l’application de fond en comble afin d’augmenter la rétention des utilisateurs. La petite équipe gérée par Mme Richardson n’a pas été épargnée par les changements : la sélection manuelle des comptes à mettre de l’avant allait devoir être automatisée par un algorithme.

Un point de vue subjectif, selon Instagram

Ce choix était une erreur de jugement de la part de Facebook, estime Bailey Richardson, qui croit que l’entreprise ne comprenait pas que le véritable attrait de l’application venait du fait qu’il existait une connexion humaine entre ses membres et son équipe.

Interrogé par le Washington Post, Instagram s’est défendue d’avoir voulu détruire le travail des premiers artisans de l’application. « Nous n’essayons pas de faire en sorte que vous quittiez Instagram en vous sentant moins bien que lorsque vous êtes arrivés », a indiqué Ian Spalter, chef du design d’Instagram.

Selon M. Spalter, les frustrations exprimées par les personnes qui partagent l’opinion de Mme Richardson sont subjectives et d’autres utilisateurs peuvent, au contraire, se réjouir des changements apportés à l’application.

Qu’à cela ne tienne, après l’acquisition d’Instagram par Facebook, l’entreprise et son application ne correspondaient plus à la vision que Mme Bailey en avait auparavant. En 2014, deux ans à peine après son arrivée, elle a annoncé sa démission, tout comme la majorité des employés rencontrés par le Washington Post.

Le malaise des anciens employés

D’autres membres du premier groupe d’employés d’Instagram ont tenu des propos similaires à ceux de Bailey Richardson alors qu’ils étaient interviewés par le journal américain. Trois employés ont eux aussi comparé Instagram à une drogue dont les effets se sont amenuisés avec le temps.

L’un d’entre eux a même dit se sentir mal à l’aise d’évoquer son passé au sein de l’entreprise dans la vie de tous les jours. Presque tous ceux à qui le quotidien américain a parlé ont indiqué se servir beaucoup moins d’Instagram ou l’avoir carrément effacée.

Attiser la dépendance

Leurs préoccupations font écho à celles de personnes influentes de la Silicon Valley qui ont exprimé leurs inquiétudes et leurs regrets ces derniers mois par rapport aux services et produits qu’ils ont mis au point.

Sean Parker, le premier président de Facebook, a notamment affirmé en novembre 2017 que la dépendance à ce réseau social était attisée volontairement.

Un autre ancien haut gradé de Facebook, Chamath Palihapitiya, estime pour sa part qu’il a participé à la création d’« outils qui sont en train de déchirer le tissu social qui définit le fonctionnement de la société. »

L’entreprise de Mark Zuckerberg est actuellement secouée par une vague de départs de ses dirigeants, dont ceux d’entreprises qu’elle a acquises au cours des dernières années, comme Instagram, WhatsApp et Oculus. L’un d’eux, le cofondateur de WhatsApp Brian Acton, milite d’ailleurs activement pour convaincre les gens de supprimer leur compte Facebook.



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La nouvelle polémique autour de Facebook prend de l’ampleur | CHRISTOPHE VOGT

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« Nous sommes très inquiets face aux informations publiées récemment affirmant que votre entreprise a fait appel à des sous-traitants pour punir ou diffuser des informations intentionnellement incendiaires contre ceux qui vous critiquent », écrivent la sénatrice Amy Klobuchar et les sénateurs Mark Warner, Chris Coons et Richard Blumenthal dans une lettre adressée à Mark Zuckerberg, le PDG et fondateur de Facebook.

Les quatre élus estiment que le comportement de l’entreprise force désormais à se demander si elle « pourrait se servir de ses vastes ressources financières et les données accumulées (sur ses utilisateurs) à mauvais escient contre des responsables gouvernementaux et des critiques qui tentent de protéger le public et notre démocratie ».

L’affaire a explosé mercredi avec la publication d’un article du New York Times.  

Dans cette enquête – très à charge contre Mark Zuckerberg et sa numéro deux Sheryl Sandberg pour leur gestion des crises que traverse le réseau depuis plus d’un an – le quotidien révèle aussi que l’entreprise a fait appel aux services de Definers Public Affairs, une entreprise de relations publiques basée à Washington.

Info ou intox ?

Definers est accusée d’avoir diffusé de fausses informations pour tenter de discréditer les divers groupes qui critiquent Facebook et d’avoir tenté de les lier au philanthrope-milliardaire George Soros, bête noire des républicains et cible d’innombrables attaques antisémites.

Facebook a affirmé n’avoir jamais demandé à Definers de faire de la désinformation et M. Zuckerberg a sèchement condamné jeudi le choix de ses collaborateurs en affirmant que les méthodes de Definers ne correspondaient pas à la philosophie de Facebook.

Le fondateur de Facebook puis Mme Sandberg ont aussi affirmé avoir découvert avec le papier du Times que Facebook avait employé Definers et avoir mis fin à la collaboration dans la foulée.

« Je ne savais pas que nous les avions employés et je ne savais rien de ce qu’ils faisaient, mais j’aurais dû », a écrit Mme Sandberg, sur sa page Facebook tard jeudi soir.

Vendredi, Definers est sorti de sa réserve affirmant que la relation avec Facebook n’était pas un secret tout en récusant l’idée d’avoir agi comme officine d’enquête chargée de trouver des cadavres dans les placards des détracteurs de Facebook pour les réduire au silence. Une pratique courante dans le monde politique américain.

Definers a reconnu toutefois qu’« une fraction de son travail consistait à fournir des recherches et des informations sur les accusateurs – de droite ou de gauche ».

« Cette pratique est courante dans de nombreux secteurs et elle est basée sur des recherches dans des documents publics ou des bases de données à la disposition de tous », affirme encore la société qui se dit « fière du travail accompli pour Facebook ».

Enquête indépendante

Mais les explications de Facebook n’ont pas réussi à calmer le tollé.

Bien que M. Zuckerberg, comme Mme Sandberg, qui sont tous deux de confession juive, aient dit leur respect pour George Soros, Patrick Gaspard, le président de sa fondation Open Society Foundations juge que ce n’est pas suffisant.

« Nous demandons et insistons pour que Facebook fasse des excuses publiques, pas seulement à George Soros et la Open Society Foundations, mais à tous les gens qui exercent leur liberté d’expression sur ces questions importantes », a-t-il dit sur la radio publique NPR vendredi.

Dès la veille, il avait exigé que Facebook mène une enquête indépendante sur cette affaire et qu’elle en publie les conclusions.

Mme Sandberg a promis sur la chaîne CBS « de regarder de près ce qui s’est passé » mais a indiqué que ses équipes lui avaient assuré que Facebook n’avait jamais payé pour diffuser des fausses nouvelles.

Pourtant, aux yeux de nombreux observateurs, y compris les quatre sénateurs démocrates, la crédibilité des dirigeants de Facebook est largement entamée.

« Les élus comme le grand public se demandent avec raison si Facebook est capable de se réguler lui-même ? », écrivent-ils dans leur lettre à Mark Zuckerberg.

Ils lui posent sept questions très détaillées sur les pratiques du réseau social et lui demandent « respectueusement » d’y répondre promptement.



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Nintendo nie vouloir bientôt lancer une N64 Classic

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« Je n’exclurais jamais quoi que ce soit, mais ce que je peux vous dire, c’est que ce n’est certainement pas dans notre horizon de planification », a indiqué le haut gradé de Nintendo.

Les rumeurs soutenant le contraire étaient pourtant fortes, après l’obtention d’un brevet au Japon en mai dernier par Nintendo. Les documents accompagnant le brevet mentionnent une « machine de jeux pour téléviseur », des « jeux vidéo » et une « manette pour machine de jeux » et le mot « N64 » y apparaît, selon TechRadar.

Quelques mois plus tard, l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle approuvait l’inscription d’un logo représentant l’iconique manette de la Nintendo 64.

Nintendo a déjà tiré profit de la vague de nostalgie qui frappe l’industrie du jeu vidéo depuis quelques années en lançant des rééditions miniatures de deux consoles rétro : la NES en 2016 et la SNES en 2017. Ces deux consoles ont connu un succès monstre auprès du public, causant dès leur lancement des ruptures de stock mondiales.

Beaucoup d’observateurs et de joueurs estimaient que Nintendo récidiverait cette année avec la suite logique : une console Nintendo 64 miniature.

Reggie Fils-Aime soutient toutefois que les consoles NES Classic et SNES Classic sont apparues sur les tablettes pour redonner un élan aux affaires de Nintendo, qui s’essoufflaient rapidement en 2016 avec le déclin de sa console Wii U. « C’était la raison très stratégique derrière le lancement de la NES Classic [en 2016] », a expliqué M. Fils-Aime à Kotaku.



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