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Au-delà de la Grande Muraille : l’autoritarisme numérique chinois s’exporte | Les cartes week-end

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Un texte de Bernard Barbeau

L’analyse de Liberté sur le Net, qui porte sur 65 pays, souligne que des reculs ont été constatés par rapport à 2017 dans 26 pays, alors que des améliorations l’ont été dans 19 autres. Et, de façon générale, les reculs ont eu des portées plus grandes que les améliorations.

La situation est demeurée stable dans les 20 pays restants. Ceux-ci incluent l’Islande et l’Estonie, ex æquo en tête du classement, et le Canada, qui est troisième.

« Les gouvernements du monde resserrent le contrôle sur les données des citoyens et invoquent les “fausses nouvelles” pour écraser la dissidence, minant la confiance de la population envers Internet et affaiblissant les fondements de la démocratie », affirme le rapport du groupe, qui est financé par le gouvernement américain. Pas moins de 17 pays ont en effet adopté ou proposé d’adopter des lois limitant les droits des médias en ligne.

Il a été démontré cette année qu’Internet pouvait être utilisé pour perturber les démocraties autant que pour déstabiliser les dictatures.

Adrian Shahbaz, directeur de la recherche en matière de technologie et de démocratie à Freedom House

« La propagande et la désinformation empoisonnent de plus en plus la sphère numérique, tandis que la collecte effrénée de données personnelles défie notre conception de la confidentialité », dit M. Shahbaz.

Dans 18 pays, les autorités ont accru leur surveillance des activités en ligne sans la participation d’organismes indépendants, interdisant le cryptage efficace des données afin d’y avoir plus facilement accès.

La répression exportable de Pékin

Pour la quatrième année de suite, c’est le gouvernement communiste chinois qui est montré du doigt comme étant celui qui respecte le moins les droits et libertés sur le web.

Le rapport indique que la situation s’y est en effet détériorée, notamment après l’adoption en 2017 de la loi sur la cybersécurité, qui a renforcé les pouvoirs des autorités sur l’activité en ligne, accru les exigences en matière de censure, imposé la localisation des données, rendu obligatoire l’enregistrement des noms réels des propriétaires de sociétés Internet, forcé ces dernières à assister les agences de sécurité dans leurs enquêtes, et augmenté de façon importante le fardeau financier des entreprises de technologie, des médias indépendants et des blogueurs.

Pékin a également pris des mesures pour limiter l’utilisation des outils permettant de contourner le blocage et le filtrage. Le géant américain Apple s’est d’ailleurs conformé à cette exigence en supprimant des centaines de services de réseau privé virtuel (VPN) de sa boutique d’applications en ligne. Apple et d’autres sociétés internationales ont également respecté les nouvelles exigences en matière de localisation des données.

Le contrôle de la Chine sur Internet a atteint de nouveaux sommets en 2018.

Le rapport « Liberté sur le Net » de Freedom House

La tendance générale à la hausse en matière de censure, de propagande et de poursuites semble viser, entre autres, à mieux contrôler et protéger l’image du président Xi Jinping, à mesure qu’il devient le « chef suprême » du pays, estiment les auteurs du rapport. Même les sites de potins et de nouvelles de divertissement, jusqu’ici épargnés par les mesures gouvernementales, sont maintenant visés.

Et sans surprise, plusieurs dissidents ont été sévèrement punis pour leurs activités en ligne, tandis que les minorités religieuses et ethniques continuaient d’être surveillées et persécutées, en particulier lorsqu’elles ont dénoncé les violations de leurs droits.

« Le régime chinois partage de plus en plus, avec les gouvernements qui ont les mêmes idées que lui, ses technologies et ses méthodes afin de leur permettre de mieux contrôler leurs propres populations », indique d’autre part Liberté sur le Net.

Les auteurs y soulignent « l’extrême efficacité » du système chinois de censure et de surveillance surnommé la « Grande Muraille pare-feu » (Great Firewall).

Le président Xi a annoncé en octobre 2017 un plan visant à faire de la Chine une « cyber superpuissance ». Depuis, les autorités et les entreprises locales ont pris les grands moyens pour exporter les infrastructures techniques et l’expertise qu’elles ont développées. Des responsables chinois ont organisé des formations sur les nouveaux médias ou la gestion de l’information avec des représentants de 36 des 65 pays évalués. Parmi ces pays : l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, l’Égypte, la Jordanie, le Liban, la Libye, le Maroc, l’Ouganda, la Tanzanie, les Philippines, le Vietnam et la Thaïlande. Pas tous des premiers de classe en ce qui a trait aux droits de la personne.

Les internautes en Chine sont souvent confrontés à de la censure en ligne. Photo : AFP/Getty Images/STF

La Chine enseigne ainsi l’autoritarisme numérique au reste de la planète.

La Chine exporte son modèle de censure et de surveillance, ce qui lui permet de contrôler l’information à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de ses frontières.

Michael J. Abramowitz, président de Freedom House

Qui plus est, « comme un nombre grandissant d’infrastructures critiques de télécommunications sont construites par des compagnies chinoises un peu partout dans le monde, il est permis de croire que les services de renseignement chinois auront davantage accès aux données mondiales, et ce, par des méthodes légales ou pas », avance le document.

L’accès, défi géographique pour le Canada

Seules l’Islande et l’Estonie limitent la liberté sur le web moins encore que le Canada.

En Islande, 99 % de la population a accès à Internet, alors qu’en Estonie, il y a plus d’appareils mobiles activés que d’habitants : le taux de pénétration y est de 145 % et les points d’accès Wi-Fi y sont légion. Les deux pays ne font à peu près rien pour limiter l’accès au contenu, exception faite de la pornographie juvénile.

Au Canada, « l’accès à Internet est fiable et abordable pour la majorité de la population », indique le rapport. C’est cependant beaucoup moins vrai pour l’accès à partir d’appareils mobiles, pour lesquels le téléchargement de données est plus dispendieux qu’ailleurs. Les principaux obstacles à l’accès sont géographiques, en particulier dans les territoires nordiques, mal servis en matière de télécommunications. Les gouvernements du pays ont toutefois résolu d’y remédier.

Les rares instances où Ottawa bloque ou filtre le contenu en ligne concernent surtout la pornographie juvénile distribuée sur des sites étrangers, que les autorités canadiennes n’ont donc pas le pouvoir de faire fermer.

Les chercheurs ont noté la tentative de la coalition Franc-Jeu de faire bloquer l’accès à certains sites web de piratage. Au début 2018, la coalition – dont faisaient notamment partie CBC/Radio-Canada, Québecor, Rogers, Bell et l’Union des artistes – a réclamé du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) qu’il prenne les moyens de « remédier au vol de contenu numérique par des sites web de piratage illicite ». Plusieurs intervenants estimaient cependant que les mesures réclamées allaient enfreindre le principe de neutralité du Net et qu’il y avait des risques importants qu’elles soient étendues à des sites autres que ceux donnant dans le piratage.

Le CRTC a finalement estimé ne pas avoir la compétence requise pour mettre en œuvre le plan mis de l’avant par Franc-Jeu, mais il a invité le gouvernement fédéral à se pencher sur la question. Ce dernier a demandé à un comité d’experts de lui formuler en 2019 des recommandations en vue de moderniser ses lois sur les télécommunications et la radiodiffusion.

La Cour supérieure du Québec a par ailleurs invalidé en juillet dernier une loi adoptée deux ans plus tôt renforçant le monopole de Loto-Québec sur le jeu en ligne en bloquant l’accès à plus de 2000 sites concurrents. Là encore, la neutralité du web était au cœur du débat, souligne Liberté sur le Net.

La fin de la neutralité aux États-Unis

Manifestation contre la fin de la neutralité du Net aux États-Unis le 28 novembre 2017. « La neutralité du net, c’est la liberté d’expression », peut-on lire sur la pancarte. Photo : Reuters/Kyle Grillot

Les règles de neutralité qui garantissaient depuis 2015 que les fournisseurs de services Internet traitaient tout le trafic sur un pied d’égalité ont été abrogées fin 2017 aux États-Unis. Depuis, les entreprises de télécommunications américaines peuvent demander à leurs clients de payer pour accéder à certains sites.

Une loi adoptée au printemps dernier, destinée à réprimer les sites faisant la promotion de la prostitution et du trafic sexuel, a conduit les fournisseurs de services à faire des excès de prudence et à censurer, par crainte de sanctions, des contenus pourtant légitimes.

Malgré ces changements, les États-Unis font toujours partie des pays où le web fait l’objet du moins de répression.

Le contrôle du message

En Russie, à l’approche du scrutin qui allait voir Vladimir Poutine obtenir un quatrième mandat en tant que président, en mars 2018, les autorités ont renforcé leur emprise déjà serrée sur Internet. Et Freedom House y a constaté une détérioration pour la sixième année de suite.

Plusieurs lois « inquiétantes » ont été adoptées, dont une exigeant des utilisateurs de médias sociaux et d’autres plateformes de communication qu’ils y associent leurs numéros de téléphone et autres informations personnelles, limitant ainsi l’anonymat en ligne. De plus, les fournisseurs de services doivent maintenant stocker le contenu des communications en ligne de leurs clients pendant une période pouvant aller jusqu’à six mois et laisser les services de sécurité y accéder sans entrave s’ils le veulent.

Lors d’une manifestation pour exiger plus de droits et libertés sur le web en Russie, une femme lance un avion en papier bleu, symbole de l’application Telegram. Ce service de messagerie a été bloqué par Moscou à l’approche des élections présidentielles. Photo : Getty Images/MAXIM ZMEYEV

La répression exercée par le gouvernement a eu l’effet d’une douche froide sur la liberté d’expression, en particulier sur des sujets sensibles tels que la corruption, le conflit en Ukraine, les violations des droits de l’homme, la religion et la communauté LGBTQ.

Moscou a en outre bloqué la très populaire application de messagerie Telegram, au printemps. Les autorités russes reprochaient à Telegram de refuser de lui fournir des clés de décryptage.

L’Iran, classé deuxième au palmarès des pays les plus répressifs sur le web, a également banni Telegram, prétextant une menace à la sécurité nationale.

La Syrie et l’Éthiopie sont toutes les deux troisièmes au rang des régimes répressifs.

Mais alors que la Syrie, à l’instar de l’Iran, a vu ses citoyens s’autocensurer de plus en plus, par crainte de représailles des autorités, l’Éthiopie a été le théâtre d’un certain optimisme après la démission du premier ministre Haile Mariam Dessalegn et l’assermentation de son successeur Abiy Ahmed, signalent les auteurs du rapport.

Le premier ministre éthiopien Abiy Ahmed. Photo : Reuters/Stringer .

« Depuis qu’il a pris le pouvoir en avril, le nouveau premier ministre Abiy Ahmed a projeté l’image d’un réformateur, assouplissant les restrictions imposées aux médias et promettant des réformes démocratiques dans son discours inaugural, relate le rapport. Internet est devenu plus accessible, les réseaux étant moins perturbés et le contenu moins censuré. Et les citoyens ont afflué sur les médias sociaux pour participer à la conversation sur la transformation de leur pays. »

Cependant, « des lois répressives qui ont permis l’autoritarisme demeurent en vigueur, notamment celles conçues pour limiter la liberté d’expression et permettre le contrôle des communications », indique Liberté sur le Net.

Les 65 pays de l’analyse Liberté sur le Net ont été choisis pour constituer un échantillon représentatif du monde en ce qui concerne la diversité géographique, économique et politique. Elle se concentre surtout sur les développements survenus entre juin 2017 et mai 2018. Les cotes sont attribuées en fonction des réponses obtenues à une vingtaine de questions et une centaine de sous-questions.



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Service de traduction de documents PDF en ligne en toute simplicité et abordable – Protranslate est disponible 24 heures par jour et est offert en plus de 60 langues

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Un PDF (Portable Document Format) est un format de fichier qui a été introduit au début des années 90. Il permet de lire, d’échanger et de présenter facilement des documents, et ce, sans avoir recours à du matériel ou à des logiciels supplémentaires. De plus, il est compatible avec tous les systèmes d’exploitation.

Ces fichiers de format flexible sont utilisés à des fins diverses, notamment pour les factures, les manuels, les livres électroniques, etc. La plupart des logiciels permettent d’ailleurs d’enregistrer ou d’exporter les fichiers en format PDF.

Ainsi, avec Protranslate, vous êtes sûr d’obtenir une traduction de qualité à partir d’une traduction professionnelle de PDF lorsque vous choisissez de traduire des PDF en ligne via Protranslate.net. Économiques et faciles à utiliser, les services de traduction de PDF en ligne de Protranslate sont disponibles 24 heures par jours et en plus de 60 langues. En effet, tous les traducteurs de documents PDF de Protranslate :

  • ont plusieurs années d’expérience dans le domaine de la traduction;
  • parlent couramment leur langue maternelle et d’autres langues;
  • répondent aux attentes fixées par le système de test rigoureux de Protranslate.

Traduction de documents PDF

Envoyer des fichiers PDF par voie électronique est facile, mais surtout, il est quasi impossible de les falsifier. En ce qui concerne la traduction des documents PDF dans une autre langue, la possibilité d’utiliser le format du document est parfois négligeable.

Les traducteurs de documents PDF de Protranslate sont là pour vous aider

Protranslate est composé de traducteurs de documents PDF qui peuvent traduire en différentes langues. La présentation de vos documents dans un format Word permet d’accélérer le processus. En effet, cela aide nos traducteurs PDF à traduire vos documents grâce à l’utilisation d’un logiciel doté d’une mémoire de traduction. Une fois traduit dans une autre langue, le document source conserve plus fidèlement le style et l’aspect du document original.

Les chances que vous arriviez à éditer un document PDF par vous-mêmes sont très minces. Cependant, vous n’avez pas à vous inquiéter, car la fonction ROC (Reconnaissance Optique de Caractères) pourra vous aider. Cette fonction consiste à traiter les documents et images numérisés afin de les rendre modifiables. Son seul inconvénient est qu’il n’est recommandé que pour des documents lisibles et clairs. Toutefois, ça vaut toujours la peine de l’utiliser et Protranslate se chargera du reste pour vous.

Avant d’obtenir un fichier converti en format PDF, assurez-vous, dans la mesure du possible, d’obtenir le fichier original, donc modifiable. Le service de traduction offert par les traducteurs diligents de Protranslate sera ainsi plus abordable. Ces derniers pourront s’acquitter de la tâche sans délai supplémentaire tout en veillant à préserver une haute qualité de traduction, et ce, à chaque étape du processus.

Protranslate se distingue par la qualité de son service et par sa capacité à répondre à tous les problèmes liés à la traduction de documents, tout en offrant un service de haute qualité à chacun de ses clients. Protranslate est donc le meilleur choix possible en matière de services de traduction. Ses services sont accessibles et économiques.

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Des vedettes d’Hollywood viendraient en aide à Apple

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Fidèle à ses habitudes, Apple refuse de commenter les rumeurs, mais selon des médias américains, l’entreprise pourrait faire des annonces le 25 mars au siège de Cupertino en Californie. Et elle pourrait frapper fort, avec des vedettes comme Jennifer Aniston, Reese Witherspoon ou le réalisateur J.J. Abrams invitées à l’événement.

Si Apple a déjà un pied dans le domaine de la vidéo avec iTunes ou Apple TV, qui permet l’accès à des plateformes tierces, c’est encore timide. L’étape suivante ne fait plus guère de doute : lancer son propre service en ligne, nourri de programmes exclusifs et de vedettes, qui concurrencera Netflix et Amazon Prime.

À la fin de janvier, le patron d’Apple, Tim Cook, avait de nouveau affirmé ses ambitions dans les contenus originaux, rappelant avoir signé un contrat avec la papesse de la télé américaine Oprah Winfrey. « Je suis super confiant et nous aurons d’autres choses à dire un peu plus tard », avait-il ajouté.

Sur le modèle d’Apple Music, son abonnement de musique en ligne ouvert en 2015, Apple pourrait lancer son équivalent en vidéo d’ici quelques mois, selon la presse américaine.

Arrivé tardivement sur le créneau, Apple Music a néanmoins crû très vite et revendique déjà plus de 50 millions d’abonnés payants.

La firme a d’ailleurs largement construit sa réputation en parvenant à révolutionner le marché, même en arrivant sur celui-ci après les autres, comme il l’a fait avec l’iPod ou l’iPhone.

Des services automatiquement installés

Outre des moyens financiers gigantesques, Apple a une force de frappe incomparable : les 1,4 milliard d’appareils de la marque en circulation, sur lesquels l’entreprise préinstalle ses services.

Ce qui lui a permis, les trois derniers mois de 2018, d’afficher une hausse de 19 % (presque 11 milliards) du chiffre d’affaires tiré de ses services (iCloud, Apple Pay, iTunes, Apple Music etc.).

Le lancement d’une plateforme numérique paraît à ce point incontournable que les analystes de JPMorgan Chase suggéraient récemment à Apple de racheter Netflix, de très loin le leader du marché avec ses 140 millions d’abonnés.

Bien que déjà largement occupé – Netflix et Amazon seront bientôt rejoints par Disney ou WarnerMedia –, le marché de la vidéo en ligne a encore un potentiel de croissance énorme, à mesure que les consommateurs changent leurs habitudes.

Des quotidiens refusent de s’engager avec Apple

Cependant, outre la vidéo, Apple a un autre marché en vue, plus compliqué celui-ci : les médias.

Les relations entre groupes technologiques et les médias sont notoirement difficiles, ces derniers accusant les premiers d’utiliser leurs contenus sans payer ou de les ruiner en captant les revenus publicitaires.

Apple propose déjà une sorte de portail vers la presse, avec Apple News. L’étape suivante serait de proposer un service d’abonnement qui permettrait d’accéder à du contenu de façon illimitée, mais ce projet est loin de faire l’unanimité en raison du pourcentage des recettes exigé par Apple.

Là encore, l’entreprise avait préparé le terrain en rachetant, l’an dernier, Texture, un service d’abonnement illimité à des magazines en ligne, pour 1 $ par mois.

Cependant, les discussions avec certains éditeurs sont difficiles, car selon la presse américaine, Apple exige de conserver la moitié des recettes. Résultat, certains grands titres, comme le New York Times ou le Washington Post, refusent de signer avec le géant californien.

« Même si on peut argumenter que beaucoup d’éditeurs [de presse] perdent [de l’argent] avec leurs abonnements à prix bas, il est difficile de justifier une part de 50 % », estime l’analyste Carolina Milanesi (Creative Strategies).

« Compte tenu des marges de la presse aujourd’hui, même la répartition habituelle d’Apple [des revenus dans les services] 70/30 semblerait un peu cupide, mais la moitié, c’est démentiel », estime pour sa part le blogueur spécialisé dans les technologies, John Gruber.

Apple pourrait proposer un abonnement unique à tous ses services, sur le modèle de Prime d’Amazon. « Cela serait très logique », estime Carolina Milanesi.

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Ces transhumanistes qui promettent l’immortalité

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Un badge défie la gravité au bout de l’annulaire de Dorian Kodelja. Comme dans tous les tours de magie, il y a une explication logique. Celle-ci est tout de même un peu inattendue. Le badge, loin d’échapper aux lois de la physique, est plutôt maintenu entre ciel et terre grâce à un petit aimant que Dorian s’est fait implanter au bout du doigt.

Le jeune homme, doctorant en intelligence artificielle, est un transhumaniste. Il croit que le corps de l’humain peut passer outre à certaines limites, et il est prêt à expérimenter de nouvelles sensations et fonctions avec son propre corps.

Un badge se colle comme par magie sur la main de l'homme.Un aimant est implanté dans le doigt du transhumaniste Dorian Kodelja. Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Cet aimant lui permet maintenant de ressentir les champs électromagnétiques comme ceux émis par les fours à micro-ondes.

« Cela me permet de comprendre ce que ça fait que d’avoir un nouveau sens. Quand mon doigt vibre, je le ressens un peu comme une odeur de brûlé. Mon cerveau s’est adapté à cette nouvelle sensation », explique Dorian Kodelja.

Je ne vois pas mon corps comme un sanctuaire. Je suis prêt à y intégrer plein de choses, du moment qu’elles sont sécuritaires.

Dorian Kodelja
Dorian Kodelja.Le transhumaniste Dorian Kodelja Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Dorian dit qu’il ne voit donc aucun problème à utiliser son corps de toutes les façons afin de tirer profit de la richesse du monde. C’est une partie seulement de l’idéologie transhumaniste, qui va beaucoup plus loin.

Téléverser son cerveau pour ne pas mourir

Le pape du mouvement, l’ingénieur et futurologue Raymond Kurzweil, ambitionne carrément d’en finir avec la mort. Il croit que dans quelques décennies, la puissance informatique et les développements de la science permettront de ne plus mourir… ou à tout le moins de téléverser son cerveau dans le nuage informatique afin de continuer à exister sous la forme d’un pur esprit jusqu’à la fin des temps.

Le spécialiste en intelligence artificielle a cofondé l’université de la singularité et est maintenant l’un des directeurs de Google. L’arrivée de ce théoricien du transhumanisme au sein du géant du web a renouvelé l’intérêt pour le mouvement. L’un des porte-parole de l’Association française transhumaniste, Florent Boissonnet, ne cache pas son enthousiasme.

On commence à penser que ça peut être possible. On va peut-être avoir une annonce de Google concernant un traitement pour augmenter la longévité. Peut-être demain? Dans 5 ans? Peut-être jamais aussi. On ne sait pas.

Florent Boissonnet, de l’Association française transhumaniste
Florent Boissonnet,.
      Florent Boissonnet, porte-parole de l’Association française transhumaniste Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Il cite la compagnie Calico qui veut allonger la vie humaine. Ou encore Neuralink, compagnie du milliardaire Elon Musk, dont les travaux portent sur les interfaces cerveaux-machines. Et des tas d’applications qui sont aujourd’hui réservées à des personnes handicapées ou atteintes de certains problèmes médicaux, mais qui pourraient bien devenir accessibles au commun des mortels d’ici quelques années.

Le rêve d’augmenter l’humain

Un point en commun entre ces projets : il s’agit toujours d’augmenter l’humain. Des chantres du projet transhumaniste comme l’Américain Tim Cannon refusent les limites biologiques de notre espèce. Pendant quelques mois, il s’est même fait insérer, directement sous la peau, un dispositif de la taille d’un iPhone afin de transmettre ses données biométriques directement à son téléphone.

Le scientifique anglais Kevin Warwick va même plus loin en affirmant que, dans l’avenir, ceux qui refuseront de s’augmenter seront handicapés par rapport au reste de la population qui choisira la voie transhumaniste.

En France, l’un des plus influents porte-parole du transhumanisme est probablement le médecin et entrepreneur du web Laurent Alexandre.

Auteur d’un livre intitulé La mort de la mort, il est persuadé que les enfants qui naissent aujourd’hui vivront beaucoup plus longtemps. Il croit qu’ils profiteront d’avancées techniques et biomédicales que l’on n’imagine pas encore, mais qui commenceront à faire leur apparition dans une trentaine d’années, soit quand l’intelligence artificielle dépassera celle des humains, prévoit-il.

Cela pourrait signifier des puces dans le cerveau ou d’autres types d’augmentation. Qu’en sera-t-il alors de l’inviolabilité du corps ou de la dignité humaine? Il croit que ces principes vont fluctuer pour s’adapter à un nouveau contexte.

La plupart des gens accepteront les propositions des transhumanistes. Pour moins souffrir et moins mourir. Nous ne nous verrons pas de la même façon dans le futur. Les modifications dont nous parlons aujourd’hui paraîtront naturelles à nos descendants.

Laurent Alexandre, médecin et entrepreneur du web
Laurent Alexandre est en train de parler au micro devant un lutrin.         Laurent Alexandre, lors d’un dîner-conférence devant les membres du Cercle de l’union interalliée à Paris en novembre 2018 Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Le transhumanisme, une utopie?

Le projet transhumaniste est loin de faire l’unanimité et reçoit de virulentes critiques dans le monde de la science et de l’éthique. Jacques Testart est justement au confluent de ces deux mondes.

Le biologiste, connu comme le père du premier bébé-éprouvette français, est un scientifique, mais aussi un bioéthicien de renom. Il a publié il y a quelques mois un livre intitulé Au péril de l’humain – Les promesses suicidaires des transhumanistes. Pour lui, rien dans l’état actuel de la science ne valide les idées et les projections des transhumanistes.

Ils vous disent qu’on va mettre le contenu de nos cerveaux sur un disque dur. Cela ébahit les gens. Mais la vérité c’est qu’on n’a strictement aucune idée comment faire ça! Il n’y a aucune base scientifique!

Le biologiste Jacques Testart
Jacques Testart.                  Jacques Testart, rencontré chez lui en banlieue de Paris. Photo : Radio-Canada / Janic Tremblay

Il rappelle que l’on ne sait presque rien du génome et du fonctionnement du cerveau. Partisan d’une science lente et précautionneuse, il est persuadé qu’il faudra encore de très nombreuses années avant de voir certains volets du projet des transhumanistes devenir possibles. Mais, de toute façon, il rejette en bloc à peu près tout ce qu’ils proposent.

Pour moi le transhumanisme, c’est le nouveau nom de l’eugénisme. Fabriquer des individus identiques et hyperperformants, moi, j’appelle cela du clonage social.

Le biologiste Jacques Testart

Ses reproches ne s’arrêtent pas là. Pour Jacques Testart, le transhumanisme n’est pas un projet de société, mais plutôt un amalgame d’aspirations individuelles et égoïstes. Il cherche sans les trouver les valeurs collectives et citoyennes dans ce mouvement.

Ce sont des libertariens qui créent de nouveaux mythes en promettant l’immortalité. Il y a même une forme de violence contre ceux qui ne se soumettraient pas à ce nouvel idéal.

Le biologiste Jacques Testart

« Cela ne fonctionnera pas, mais ça fait quand même du mal à notre espèce, car cela isole les gens. Où est l’empathie? Où est la solidarité dans tout ça? Il ne faudrait pas oublier que si Homo sapiens a réussi à s’imposer, c’est surtout grâce à la coopération qui caractérise notre espèce », observe Jacques Testart.




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